Texte libre

imprévisible
investir
les interstices
de leurs territoires
sédentaires
à la manière du sable
partout
chaque trou
ils ne contrôlent pas tout
présence légère
camper à la nomade
au bord des choses
au bord des corps
au bord des morts
sans frénésie
sans appétit
solidaire
choisir une position
sans tourner le dos
à ses frères
ni leur faire face
installer la caravane
provisoire
sans rien déranger
occuper la position
précaire
à l’extrême
de l’inattention
provoquer
le déplacement
à l’épuisement
de la distraction
quand l’habitude
fait voir
un territoire

où l’on avait choisi
un emplacement
sans rien emporter
en laissant tout
en place et en plan
partir
sur la pointe des pieds
crainte de gêner
en faisant du bruit
pas d’itinéraire
à suivre
les pères
ne transmettent pas
leurs repères
pas de voie à ouvrir
les fils
n’héritent pas
de vos repaires
le désert
efface
toute trace
de réussite
hargneuse
tapageuse
de qui a fait
son chemin
ne pas s’attarder
passer à la ligne
n’aimer que
les inachèvements
opter
pour la dérive
et l’inconséquence
seulement habité
par le souffle
inspire

 
expire

J.C.Grosse
La Parole éprouvée
Les Cahiers de l'Égaré

Images Aléatoires

Texte Libre


Les agoras d'ailleurs existent depuis octobre 1995. Elles se sont déroulées, une fois par mois, jusqu'en décembre 2004, à la Maison des Comoni, le théâtre du Revest.
Depuis 2005, les agoras sont nomades. Les intervenants sont multiples: collectif informel d'auteurs, de penseurs, de chercheurs, de gens.
Une douzaine de contributeurs proposent plus ou moins régulièrement des analyses, des articles, des billets d'humeur, des aphorismes.
Les textes mis sur ce blog peuvent être utilisés à la seule condition d'indiquer le nom et la qualité de leur auteur.

Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 11:35
L 270
Février 2010
LES AMPUTEURS
suivi de :
« PLEURE QUI PEUT, PLEURE QUI VEUT »
SIGNÉ B.I…

Les Amputeurs sévissent à Haïti, sectionnant jambes, bras, mains tout ce qui se coupe au nom de la loi du plus faible et de la déraison du plus fort. Le plus fort est dé-raisonné, une variété chirurgicale de docteur Mabuse peut-être. Témoignage rapporté par Annick Cojean, que sans doute beaucoup d’entre vous connaissent pour l’avoir lu dans Le Monde du 30 janvier, une chirurgienne orthopédiste française parle, après avoir eu une discussion avec un chirurgien américain : « Je lui racontais que pour réparer les fractures, je faisais exactement comme en France, en posant des clous et des fixateurs externes dont on dispose désormais en grand nombre … il trouvait ça fou ! Il me disait : “A quoi bon ? Ce pays est trop pauvre. Il n’y aura pas de suivi médical sérieux de vos patients. C’est tellement plus simple de les amputer. C’est propre, définitif…“ … il me parlait d’une sous population ! D’un peuple trop peu évolué pour mériter la médecine des Occidentaux. » témoignage corroboré par deux médecins de pompiers ; l’un d’eux : « Une équipe de médecins texans, déjà repartie, a causé des ravages et fait de la médecine de guerre. » et la chirurgienne s’exclame : « Mais enfin, on ne tranche pas comme ça une jambe ! » eh bien si, comme ça. “Simple, propre et définitif“ comme une exécution capitale, “guillotine amputation » disent-ils en Américain U.S.. Noir c’est noir, pauvre c’est pauvre. Noir et pauvre c’est riche d’amputations ! “Pleure qui veut, pleure qui peut“ ?

HOWARD ZINN est mort, rien dans Le Monde(*) à ma connaissance, le 28 dans Libération un communiqué de l’AFP ; le 30 un articulet signé B.I.(?) Epitaphe selon B.I: « pleure qui peut, pleure qui veut », le mystère s’épaissit : qui est B.I. et que veut-il dire exactement ? Je ne comprends pas, ou trop bien ? Howard ZINN expliquait dans ses ouvrages que l’objectivité de l’historien est un leurre : « Pourquoi devrions-nous absolument chérir “l’objectivité“ ? Comme si les idées étaient innocentes, comme si elles n’étaient pas au service d’un intérêt ou d’un autre ? Bien sûr, nous souhaitons être objectifs si l’on entend par là dire la vérité telle que nous la voyons, sans dissimuler aucune information qui pourrait être embarrassante pour notre point de vue. Mais nous ne voulons pas l’être s’il s’agit de prétendre que les idées ne jouent aucun rôle dans les conflits sociaux contemporains et que nous ne prenons pas parti dans ces luttes. » (Nous le peuple des Etats-Unis… Editions AGONE) ; donc s’approcher d’une honnête vérité qui ne trafique pas la réalité des documents, ne maquille pas les traces, ne met pas sous le boisseau la preuve du contraire. Mais il choisit son angle, sa vision et l’annonce : « …je voulais également mettre en lumière la résistance au pouvoir de l’establishment, le refus des Indiens de mourir et de disparaître, la rébellion des noirs contre l’esclavage, puis contre la ségrégation, les grèves organisées par la classe ouvrière ». (cité par B.I.). B.I : cette ironie de placier empressé qui souligne qu’un homme, qui faisait profession d’historien, dans son pays et pour son peuple, est mort, dans les derniers rangs : Faites ce que vous voulez de cette mort, elle ne représente rien de plus qu’une curiosité ; Séguin c’est O.K., les pleureuses firent leur boulot et pensez si Johnny, devait par le pire des hasard… Mais un type qui s’appelle ZINN en faisait trop peut-être, surtout qu’il ne fatiguait jamais : « Selon un rapport sénatorial du début du XX° siècle, Morgan (créateur de la banque éponyme) au sommet de sa gloire, siégeait dans 48 conseils d’administration tandis que Rockfeller (qu’on ne présente plus aux Français) se contentait de participer à 37 de ces organes de direction.
Dans le même temps le gouvernement américain suivait, presque à la lettre, le comportement de l’Etat capitaliste décrit par Marx : prétendument neutre dans le maintien de l’ordre, il servait, de fait, les intérêts des plus riches.{…} Le rôle de l’Etat consistait alors à régler pacifiquement les conflits qui agitaient la classe la plus aisée, à réprimer l’esprit de révolte chez les plus défavorisés et à adopter des politiques susceptibles de garantir la plus grande stabilité du système. {…} Que le vainqueur soit démocrate ou républicain, il ne se produirait pas de grands bouleversements dans la politique nationale. » ( p. 299 ; “Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours “ Ed. Agone).
Voyez-vous un seul gouvernement au monde, je dis bien un seul, qui ne répondrait pas à cette description ? Evidemment, pour ceux qui ne peuvent ni ne veulent pleurer, tout ça ne vaut pas une croisière du côté de la Maison Blanche habitée par un couple de noirs américains, riches, beaux, intelligents et… démocrates… Noir, riche et démocrate, original et bien profilé politiquement parlant, c’est toujours un bon signe pour les banquiers et Wall Sreet qui, de toute façon, voient la vie en rose..

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Chez nous, vu de l’horizon élyséen, c’est plus crasseux : Arabe et fortuné, ça passe très bien et même on en redemande de la femme voilée livrée en convoi, occupant l’étage entier d’un palace parisien ; de l’esclave noire ou asiatique sous astreinte des Palais des mille et une nuits pétrolifères, on ne s’en dégoûte pas. De la tente caïdale où trône un monarque pompeux et ses amazones on fait un méchant conte oriental. Pour le reste, immigrés sans le sous ni un kopeck, suffit de siffler Besson ; reste la banlieue, on voudrait bien karchériser, ça démange, ça ronge son frein mais rien n'y fait, c’est bloqué…hors de portée…  Qu’en pense B.I. ? Un B.I. d’abord, est-ce que ça pense ?

Robert

(*) J’écrivais cela avant le 3 février. Le Monde daté du 3 rend compte de sa mort de façon aussi « objective » que possible en faisant en sorte de noyer le travail d’historien proprement dit dans le récit d’une vie mouvementée de militant de la “gauche radicale“ américaine.

Néanmoins le commentaire reste digne et bien plus supportable que cette insoutenable légèreté de l’être B.I.

Note de grossel: dernier petit livre d'Howard Zinn à êre paru chez LUX : La mentalité américaine. Au -delà de Barack Obama. On n'oubliera pas: Karl Marx, le retour chez Agone.


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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 20:45
FALCO_Hubert.jpg Il ne s’expose pas beaucoup notre secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants au point qu’on en oublierait presque qu’il fait partie du gouvernement. Toutefois, ses toutes dernières déclarations publiques dans cette fonction ne manquent pas d’intérêt.
 
La première, le 3 novembre 2009, à l’Hôtel des Invalides, à l’occasion de la réception d’un conseiller influent du Président de la République, Patrick Buisson, beaucoup plus discret que les deux cerbères Guéant et Guéno, et pour cause, afin de le remercier de son œuvre « La guerre d’Algérie »  préfacée par Michel Déon. Les moyens et les ressources du ministère de la Défense avaient été mis à sa disposition.

Buisson, Déon, des noms qui ne diront rien aux plus jeunes mais qui sentent bon la restauration nationale, la glorification de l’empire colonial, les guerres qu’il a fallu livrer contre ces peuples indigènes qui avaient le mauvais goût de revendiquer leur indépendance, le rôle « civilisateur » de la France, thèmes de prédilection portés depuis trente ans par Le Pen plein d’admiration pour Buisson qu’il aurait bien aimé avoir comme conseiller mais  il n’en n’avait pas les moyens, ironise-t-il.

Sarkozy va jusqu’à dire de Buisson qu’il fait partie des rares personnes  à qui il doit quelque chose. Il s’est donc attaché ses services pour affûter les arguments susceptibles de lui rallier toute une partie, la plus volatile, de l’électorat du FN. D’autant que ça n’a pas mal marché et qu’il compte bien prolonger la collaboration.

Peut-être même qu’il ne serait pas étranger au débat sur l’identité nationale, à la veille d’élections régionales à risques pour le pouvoir ? Besson étant chargé de monter à l’assaut.

« Qu’est-ce que la France ? » s’est interrogé Falco en s’adressant à ce prestigieux invité.
« C’est sur les champs de bataille et dans l’adversité que la France s’est édifiée au long des siècles…Etre français, c’est d’abord et avant tout se reconnaître dans cette histoire-là, la recevoir en partage et l’assumer… »
« …Vous rendez justice, cher Patrick Buisson, à ces hommes qui ne sont pas de simples pièces sur le grand échiquier de l’histoire. Vous leur redonnez leur épaisseur et leurs couleurs. Vous leur redonnez vie. C’est de tout cela que j’ai souhaité, ce soir, voulu vous remercier. »

Récidivant un mois plus tard, à la cérémonie d’hommage aux « morts pour la France » en Algérie, Maroc et Tunisie, Falco est revenu lourdement sur les «aspects positifs » de la présence française dans ces pays et il a annoncé l’inscription, sur la colonne centrale du mémorial national de la guerre d’Algérie, des noms des victimes de la fusillade de la rue d’Isly à Alger, une semaine après le cessez-le-feu, consécutive à un appel à l’insurrection lancé par l’OAS contre le gouvernement de la République coupable à leurs yeux d’avoir signé les accords d’Evian. Mais pas un mot des victimes des commandos de l’OAS qui perpétrèrent l’attentat du Petit-Clamart contre le Général de Gaulle.

Comme l’exprime  l’association pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS,  « la France ne serait-elle pas entrée en voie de repentance pour avoir permis la décolonisation de l’Algérie ? »

Un peu d’histoire

Falco ne perd pas de vue que le FN a dirigé sa bonne ville de Toulon, de 1995 à 2001, perdue suite à une explosion interne avant la fin de la mandature, sur fond de meurtre d’adjoint en 1995 (Poulet-Dachary), de députée en 1994 (Yann Piat, passée du FN à l’UDF qui avait supplanté le RPR dans le Var), une gestion municipale marquée par de multiples scandales qui ont eu des suites judiciaires.
Il est d’autant plus à l’aise dans ce rôle de recyclage des voix d’extrême droite qu’elles constituent un réservoir non négligeable et qu’il en a directement bénéficié pour son élection à la mairie de Toulon. Ce qui lui a valu la reconnaissance de l’hôte de l’Elysée.

Alors ce capital de voix qui alternent de la droite vers l’extrême droite et réciproquement, Falco le préserve du mieux qu’il peut. Par exemple, le FN avait inauguré, en 2001, un carrefour à la gloire du général Salan, devant l’entrée de l’hôpital des Armées. Un général séditieux, organisateur du putsch d’Alger en 1961, condamné à la prison à vie en 1962 et…amnistié en 1968 ! Astucieux, le FN l’avait libellé « au libérateur de Toulon ».

Falco, alors candidat, s’était engagé, « pour retrouver la concorde » à ce qu’une décision collégiale soit prise lorsqu’il serait aux affaires. Le carrefour en question est devenu depuis l’entrée du nouvel hôpital, face à l’ancien site. La plaque n’y est plus. Promesse tenue ? Pas tout à fait, une autre a été apposée un peu plus haut sur le mur de l’hôpital,  où ne figurent que ces trois lignes : « au colonel Salan, libération de Toulon, 28 Août 1944 » dont on ne sait qui l’a mise là, comme si la ville n’y était pour rien. Le nom de Salan n’a donc pas disparu même s’il n’est plus associé à une voie publique et même s’il a perdu du galon pour ne pas être confondu avec un certain général putschiste !!

Plus significatif encore : un « monument aux martyrs de l’Algérie française » a été édifié sous la municipalité…de droite, en 1980, conduite par le mentor de Falco, Arreckx, à l’occasion du 150è anniversaire du débarquement français en Algérie. Un rassemblement à la gloire des « combattants de l’Algérie française » qui avait fait scandale.

On était, comme par hasard, à moins d’un an de la présidentielle qui devait porter la gauche au pouvoir. Il fallait ratisser large. Giscard qui prétendait « gouverner au centre » ne se faisait pas prier, il avait ce qu’il fallait dans ses rangs.

Y avaient pris la parole : un autre général séditieux, chef de l’OAS, Jouhaud, condamné à mort en 1962 puis à la prison à vie en 1962 et…libéré en 1967. Il était président d’honneur du FN des rapatriés. Lui avait succédé Dominati, secrétaire d’Etat aux rapatriés (qui avait eu un certain Le Chevallier comme directeur de cabinet avant de devenir maire de Toulon une fois passé chez Le Pen) et Arreckx dont le discours ne fut pas en reste.

Rien d’étonnant à ce que les passerelles soient très ouvertes entre les branches de la grande famille de la droite en proie à quelques querelles sur la manière de faire fructifier l’héritage autour des valeurs les plus conservatrices peintes aux couleurs de la mémoire et du progrès.

Le choix de ce conseiller très spécial de l’Elysée, revendiquant la pensée de l’Action française de Maurras, ancien journaliste à Minute, à Valeurs Actuelles, directeur de campagne de De Villiers, aujourd’hui directeur de la chaîne de télévision Histoire et auteur de livres sur l’épopée coloniale, en dit long sur la stratégie de Sarkozy qui, à travers le « débat » sur l’identité nationale cherche à l’évidence à réactiver les réflexes sécuritaires et à stigmatiser une partie de la nation française issue de l’immigration maghrébine et africaine.

Falco illustre dans ses discours comme dans sa pratique, combien la mémoire d’une nation pouvait être sélective et orientée à des fins politiciennes, contribuant ainsi non pas à faire vivre les vraies valeurs de la République mais à les vider de leur sens.

René Fredon

http://www.defense.gouv.fr/sedac/prises_de_parole/discours/reception_patrick_buisson_intervention_de_m_hubert_falco_mardi_3_novembre_2009

http://www.telerama.fr/idees/patrick-buisson-un-conseiller-du-president-tres-a-droite,49134.php

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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 15:05
Le 4 janvier 2010 à partir de 20 H
au Théâtre Toursky à Marseille
pour le 50° anniversaire de sa mort

Albert Camus avec les libertaires
lectures de textes par Richard Martin...

Calendrier 2010
des 4 Saisons d’Ailleurs
et des Cahiers de l’Égaré

À paraître en 2010

Chute d'une noisette
de Christian Girier

en partenariat avec MALTAE
(paru le 5 janvier 2010)
Rue du port du casque obligatoire
d'Évelyne Parisse

photos de Pascal Fayeton

33000 mots pour la Grotte Chauvet
(titre provisoire, collectif d'auteurs)
On ira voir la mer
de Katia Ponomareva et Gilles Desnots
Fantaisies culinaires
de Roger Lombardot
Le hasard et la mort
de Gérard Lépinois
La goutte d'eau et le lac Baïkal
(titre provisoire, collectif d'auteurs)
Envie de Méditerranée
(collectif d'auteurs)
Lettres à une mère
(titre provisoire, collectif d'auteurs)


    Projets 2010 :

-    Soutien à la création de L’Ensemble À Nouveau :

On ira voir la mer,
du 16 au 21 mars 2010
au Comédia à Toulon



Accouchement, surgissement de la vie, c’est d’abord de cela dont il s’agit et des bouleversements qui accompagnent la naissance, pour le nouveau-né arraché à une forme de tranquillité omnisciente, pour les parents confrontés à des choix fondamentaux, à une révélation possible du sens de l’existence, un retour sur mémoire. Pour tous, une solitude habillée de crainte ou d’exaltation, et une question lancinante : et après ?

Sur le plateau se dressent des portes. Derrière ces vitres, d’étranges lueurs font peur aux uns, fascinent, en appellent d’autres.
Eclats de la lumière du jour quand le ventre de la mère s’ouvre à la naissance de l’enfant, souvenir fugace ; soubresauts lumineux d’une mémoire qui peine à revenir, à s’ordonner autour d’un « qui suis-je ? » ; reflets d’un possible qui s’échappe comme une aurore approchée trop rapidement.
Y a-t-il au bout du chemin, pour chacun d’entre nous, une lueur ? Une mer que nous pourrions aller voir ? … pour se ressourcer, chercher à se découvrir, inviter à un voyage où l’on rêve et se cogne, où l’on apprend ou réapprend à consentir et à aimer face à l’immensité … une mer, source de vie et d’inspiration, où l’on pourrait se tenir la main pour continuer, ensemble … à nouveau.


11 novembre 2009
rencontre entre Marcel Conche, philosophe,
et Edgard Gunzig, cosmologiste,

filmée par Jean-Claude Grosse

*************************

Être de bons jardiniers
Pauses Philo
à la médiathèque d'Hyères


samedi 28 novembre 2009
de 14 à 16 H

pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Jacques Lacan, sa conception de l'inconscient
par Jean-Claude Grosse et
Marie-Paule Candillier, psychanalyste


samedi 30 janvier 2010
de 14 à 16 H
pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Claude Lévi-Strauss, les leçons d'un ethnologue
par Jean-Claude Grosse

200px-Levi-strauss-by-pablo-secca.png
jeudi 28 janvier 2010

de 17 H 30 à 19 H 30
Rabelais, le gay sçavoir
Montaigne, former son jugement

par Jean-Claude Grosse

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jeudi 25 mars 2010
de 17 H 30 à 19 H 30
Janus Korczak,
comment surseoir à la violence ?

Joseph Jacotot,
peut-on enseigner sans savoir ?

par Jean-Claude Grosse


samedi 27 mars
de 15 H à 17 H 30

présentation du livre
Gabrielle Russier/Antigone
suivi d'un débat
Profs/élèves: l'amour interdit ?

1-couv-gabrielle-russier-copie-1.jpg
***********************************
5 février 2010
en Corrèze

 entretien de JCG avec Marcel Conche
pour France Culture
(5 émissions de 45 minutes de Laure Adler)

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*****************************
 27 février 2010
de 18 à 20 H

aux Chantiers de la Lune à La Seyne
philo-apéro dans le cadre de l'exposition
 Henri Yeru
Dialogue avec René Char

1802723029_5b3cea64b5.jpg
approche d'un aphorisme sur le désir
de René Char,
son médaillon sur Héraclite d'Éphèse,
caractéristiques de la Nature
pour les présocratiques:
Parménide, Héraclite, Anaximandre,
Démocrite, Pythagore

*********************
6 mars 2010
à Oppède

dialogue avec René Char
et les antésocratiques

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*********************
20 mars 2010
de 15 H à 17 H 30
au Comédia à Toulon
en lien avec le spectacle
On ira voir la mer

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Les valises dont nous héritons
ou pas à la naissance
avec Jean-Claude Grosse
 Marie-Paule Candillier, psychanalyste
 Katia Ponomareva, metteur en scène
Cela signifie les valises dont peut être chargé le nouveau-né, les valises de mère, maman pour la 1° fois ou la n°, idem pour le père.
Il s'agira de profiter de ce que la psychanalyse peut nous dire du désir ou non d'enfant, du déni aussi de grossesse, du "paradis" foetal, du traumatisme et du cri primal, de la reconnaissance ou non de l'enfant (enfant né sous X, ou non reconnu par le père), de ce qui se réactive chez la mère lors d'une naissance, idem pour le père et pour les grands-parents.


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3° semaine de juin 2010

participation
aux
  rencontres de cosmologie
organisées par Edgard Gunzig

à Peyresq

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-    Soirées Côté Jardin au Mourillon, à Toulon,
une fois par trimestre,
à compter de janvier 2010

-    Bocal agité
pour la semaine de la langue française
et Le Printemps des Poètes
sur le thème de la femme avec un petit f
  le samedi 24 avril 2010
de 10 H à 16 H
avec L’Écrit-Plume de Sylvie Combe
au Café-Culture de Toulon

  
 Les "dix mots" :

BALADEUR
        1. adj. fam. Qui aime à se promener. 2. n.m. Lecteur portatif de cassettes ou de disques compacts, muni d’écouteurs. En remplacement de l’anglicisme Walkman.

        CHEVAL DE TROIE
        1. Hist. Cheval de bois construit par les Grecs et dans lequel se dissimulèrent leurs guerriers pour s'emparer par ruse de Troie. 2. fig. Ce qui permet de pénétrer insidieusement dans un milieu et de s'en rendre maître.

        CRESCENDO
        (de l’italien crescendo, crescere, croître) 1. adv. Indication de nuance, exigeant l'augmentation progressive de la force des sons. 2. n.m. Augmentation progressive, gradation : Un crescendo de voix, de violence.

        ESCAGASSER
        (du provençal escagassa, affaisser, écraser) v.t. 1. Détériorer, abîmer quelque chose. 2. Fatiguer, agacer quelqu'un.

        GALERE
        n.f. 1. Bâtiment de guerre ou de commerce à rames et à voiles en usage de l'Antiquité au XVIIIe siècle. 2. Fam. Situation désagréable ; travail pénible.

        MENTOR
        n.m. Guide attentif et sage, conseiller expérimenté.

        MOBILE
        1. adj. Qui peut se mouvoir, qu'on peut enlever ou changer de position. 2. n.m. A. Sculpture susceptible de mouvement, sous l'impulsion de l'air ou d'un moteur. B. Motif qui pousse quelqu'un à agir, qui détermine certaines de ses conduites.

        REMUE-MENINGES
        n.m. Technique de recherche d'idées originales dans un groupe, par la libre expression, sur un sujet donné, de tout ce qui vient à l’esprit de chacun. En remplacement de l’anglicisme brainstorming.

        VARIANTE
        n.f. Chose qui diffère légèrement d'une autre de la même espèce.

        ZAPPER
        v. 1. Pratiquer le zapping : Pratique du téléspectateur qui change fréquemment de chaîne à l'aide de sa télécommande. 2. Fig. Passer d'une chose à l'autre.

On combinera les 10 mots 2010
avec le thème du Printemps des Poètes : La femme

- Première en Catalogne, 
grande manifestation culturelle 
du 2 au 30 mars 2010
sur le thème de la Femme,
organisée par les municipalités
d'Arles sur Tech
 Corsavy et Montferrer
Photographes, Artistes Peintre,
Sculpteurs, Conférencier, Poètes...
Michel Bories sera présent avec 8 oeuvres
BOR096---copie.jpgBOR050 - copiemodigpof - copie 1joëlle2 - copie
Jean-Claude Grosse y sera comme poète

-    Participation à la semaine du souffle culturel
du Lycée du Golf Hôtel, à Hyères, en avril 2010

-    Divers petits spectacles
(théâtre, lectures, musiques et chants)
en appartement
ou en extérieur (jardins, sentiers…)
sont en préparation pour le 1° semestre 2010
SAMEDI 30 JANVIER 
  A  20 H

ET
VENDREDI 26 FÉVRIER
À 20 H
PORTRAIT DE LA FEMME POUBELLE
Texte d'Evelyne Parisse, adapté par Gilles Desnots
avec Evelyne Parisse
mise en scène par Gilles Desnots
Une femme jongle avec le quotidien, animée par  l'énergie du désespoir et son humour, mais guettée par la folie peut-elle enfin accéder  à l'existence ?

A l'issue du spectacle, nous mettrons en commun
ce que chacun aura bien voulu apporter
comme nourriture ou boisson.


- mi-mai 2010
tournage d'un film sur la débâcle au lac Baïkal
suivi des
  3° rencontres Cyril Grosse à Novossibirsk
fin mai 2010

-    Participation aux XIV°
Rencontres de cosmologie de Peyresq,
 3° semaine de juin 2010
pour interviews de cosmologistes
avec Edgard Gunzig,
cosmologiste organisateur de ces rencontres

-    Participation aux journées pédagogiques
de Cosne-sur-Loire
pour les enseignants biélorusses, en juillet 2010

-    Baïkal Méditerranée en août 2010,

baikal-2010

- Envie de Méditerranée
textes de 7 minutes pour levers de rideaux
par les EAT Méditerranée, automne 2010


-    Lettres à une mère en décembre 2010, janvier 2011
à partir des 100 mots pour maman
peintures-objets de Michel Bories

mamanmaisonfamille




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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 10:00
11 novembre 2009
rencontre entre Marcel Conche, philosophe,
et Edgard Gunzig, cosmologiste,

filmée par Jean-Claude Grosse

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Être de bons jardiniers
Pauses Philo
à la médiathèque d'Hyères


samedi 28 novembre 2009
de 14 à 16 H

pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Jacques Lacan, sa conception de l'inconscient
par Jean-Claude Grosse et
Marie-Paule Candillier, psychanalyste


samedi 30 janvier 2010
de 14 à 16 H
pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Claude Lévi-Strauss, les leçons d'un ethnologue
par Jean-Claude Grosse

200px-Levi-strauss-by-pablo-secca.png
jeudi 28 janvier 2010

de 17 H 30 à 19 H 30
Rabelais, le gay sçavoir
Montaigne, former son jugement

par Jean-Claude Grosse

Montaigne.jpeg

jeudi 25 mars 2010
de 17 H 30 à 19 H 30
Janus Korczak,
comment surseoir à la violence ?

Joseph Jacotot,
peut-on enseigner sans savoir ?

par Jean-Claude Grosse


samedi 27 mars
de 15 H à 17 H 30

présentation du livre
Gabrielle Russier/Antigone
suivi d'un débat
Profs/élèves: l'amour interdit ?

1-couv-gabrielle-russier-copie-1.jpg
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5 février 2010
en Corrèze

 entretien de JCG avec Marcel Conche
pour France Culture
(5 émissions de 45 minutes de Laure Adler)

Conche2.jpeg
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 27 février 2010
de 18 à 20 H

aux Chantiers de la Lune à La Seyne
philo-apéro dans le cadre de l'exposition
 Henri Yeru
Dialogue avec René Char

1802723029_5b3cea64b5.jpg
approche d'un aphorisme sur le désir
de René Char,
son médaillon sur Héraclite d'Éphèse,
caractéristiques de la Nature
pour les présocratiques:
Parménide, Héraclite, Anaximandre,
Démocrite, Pythagore

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6 mars 2010
à Oppède

dialogue avec René Char
et les antésocratiques

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20 mars 2010
de 15 H à 17 H 30
au Comédia à Toulon
en lien avec le spectacle
On ira voir la mer

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Les valises dont nous héritons
ou pas à la naissance
avec Jean-Claude Grosse
 Marie-Paule Candillier, psychanalyste
 Katia Ponomareva, metteur en scène
Cela signifie les valises dont peut être chargé le nouveau-né, les valises de mère, maman pour la 1° fois ou la n°, idem pour le père.
Il s'agira de profiter de ce que la psychanalyse peut nous dire du désir ou non d'enfant, du déni aussi de grossesse, du "paradis" foetal, du traumatisme et du cri primal, de la reconnaissance ou non de l'enfant (enfant né sous X, ou non reconnu par le père), de ce qui se réactive chez la mère lors d'une naissance, idem pour le père et pour les grands-parents.


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3° semaine de juin 2010

participation
aux rencontres de cosmologie
organisées par Edgard Gunzig

à Peyresq

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Par grossel - Publié dans : agora - Communauté : La commune des philosophes
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 18:21
4190072768_26530b194b.jpgToussaint Louverture

Toussaint Louverture (né François-Dominique Toussaint le 20 mai 1746 dans une habitation près de Cap-Français ; mort le 7 avril 1803 au Fort de Joux, à La Cluse-et-Mijoux en France) est le plus grand dirigeant de la Révolution haïtienne, devenu par la suite gouverneur de Saint-Domingue (le nom d'Haïti à l'époque).
Il est reconnu pour avoir été le premier leader Noir à avoir vaincu les forces d'un empire colonial européen dans son propre pays. Né esclave, s'étant démarqué en armes et ayant mené une lutte victorieuse pour la libération des esclaves haïtiens, il est devenu une figure historique d'importance dans le mouvement d'émancipation des Noirs en Amérique.


Comment ils ont ruiné Haïti
par Ashley Smith

 
dimanche 17 janvier 2010

Un terrible tremblement de terre, le pire depuis 200 ans, a frappé Port-au-Prince mardi, provoquant d’innombrables dégâts et victimes. L’intensité du séisme était de 7,0 sur l’échelle de Richter et a été suivi durant toute la nuit jusqu’au matin par 30 autres secousses, toutes supérieures à une magnitude de 4,5.
Le séisme a fait tomber des maisons, des hôtels, des hôpitaux et même les principaux bâtiments publics de la capitale, dont le palais présidentiel. L’effondrement de tous ces batiments a provoqué un gigantesque nuage qui a plané au-dessus de la ville et une pluie de poussière sur le sol dévasté.
Selon les estimations, on compterait plus de 100.000 morts pour une métropole de 2 millions d’habitants. Ceux qui ont survécu vivent dans la rue par crainte de retourner dans les constructions qui sont encore debout.
Partout dans le monde, les Haïtiens tentent d’entrer en contact avec leurs familles et amis mais la plupart des lignes téléphoniques du pays sont coupées.
Alors que la majorité des gens ont réagi à cette crise en cherchant comment fournir de l’aide ou faire un don, le fanatique de la Droite Chrétienne (US), Pat Robertson, s’est distingué par une déclaration raciste abjecte. Il a expliqué que les Haïtiens étaient maudits parce qu’ils avaient signé un pacte avec le diable pour se libérer de l’esclavagisme de leurs maîtres français lors de la révolution haïtienne, il y a 200 ans.
Les grands médias ont expliqué que le séisme avait été provoqué par un glissement de plaques tectoniques le long d’une faille située sous la capitale de Port-au-Prince, et que la misère et l’impuissance du gouvernement Préval avaient amplifié le désastre. Mais ils n’ont pas tout dit.
« La couverture médiatique du séisme se caractérise par une déconnexion quasi totale entre le désastre et l’histoire sociale et politique d’Haïti », explique le militant de la solidarité avec Haïti, le Canadien Yves Engler. « Ils répètent que le gouvernement n’était pas du tout préparé pour faire face à une telle crise. C’est vrai. Mais ils n’ont pas expliqué pourquoi. »
Pourquoi est-ce que 60 pour cent des bâtiments à Port-au-Prince étaient-ils mal construits et dangereux, même dans des conditions normales, selon le maire de la capitale ? Pourquoi n’y a-t-il pas de réglementation sur les constructions dans une ville située au-dessus d’une faille ? Pourquoi est-ce que la population de Port-au-Prince est-elle passée de 50.000 habitants dans les années 50 à 2 millions de miséreux aujourd’hui ? Pourquoi l’état a-t-il été totalement dépassé par les évènements ?
Pour le comprendre, il faut examiner une deuxième ligne de fracture – la politique impériale des Etats-Unis à l’égard d’Haïti. Le gouvernement des Etats-Unis, les Nations Unies, et d’autres puissances ont aidé la classe dirigeante haïtienne à soumettre le pays aux plans économiques néolibéraux qui ont appauvri les masses, provoqué des déforestations, ruiné l’infrastructure et rendu le gouvernement impuissant.
La ligne de fracture de l’impérialisme US a amplifié la ligne de fracture géologique et a transformé une catastrophe naturelle en une catastrophe sociale.
Pendant la Guerre Froide, les Etats-Unis ont soutenu les dictatures de Papa Doc Duvalier et ensuite Bébé Doc Duvalier – qui ont régné sur le pays de 1957 à 1986 – pour faire un contrepoids à Cuba.
Sous la supervision de Washington, Bebé Doc Duvalier a ouvert l’économie haïtienne aux capitaux US dans les années 70 et 80. Les produits agricoles importés des Etats-Unis ont inondé le pays et ruiné la paysannerie locale. Des centaines de milliers de gens sont venus se réfugier dans les bidonvilles de Port-au-Prince pour fournir une main d’oeuvre extrêmement bon marché aux « ateliers à sueur » (sweat shops) US situés dans les zones franches.
Dans les années 80, les Haïtiens se sont soulevés pour chasser les Duvalier et ont ensuite élu à la présidence le réformiste Jean-Bertrand Aristide sur un programme de réforme agraire, d’aide aux paysans, de reforestation, d’investissement dans les infrastructures, d’augmentation des salaires et des droits syndicaux pour les travailleurs.
En réaction, les Etats-Unis ont soutenu un coup d’état qui a chassé Aristide en 1991. En 1994, après que Bill Clinton ait envoyé ses troupes sur l’île, le président élu a retrouver son poste mais à la condition d’appliquer le plan néolibéral US, appelé « plan de la mort » par les Haïtiens.
Aristide a résisté à certaines mesures du programme US pour Haïti, mais en a mis d’autres en oeuvre, brisant ainsi la perspective de réformes. Et puis un jour, les Etats-Unis ont perdu patience devant les résistances d’Aristide qui refusait de se soumettre totalement, surtout lorsqu’il a demandé au cours de sa dernière année de mandat 21 milliards de dollars en guise d’indemnisations pour son pays. Les Etats-Unis ont imposé un embargo économique qui a étranglé le pays et plongé les paysans et les travailleurs dans une misère encore plus profonde.
En 2004, Washington a collaboré avec la classe dirigeante haïtienne dans son soutien aux escadrons de la mort qui ont renversé le gouvernement puis enlevé et déporté Aristide. Les Nations Unies ont ensuite envoyé des troupes pour occuper le pays et le gouvernement marionnette de Gérard Latortue a été installé afin de poursuivre les plans néolibéraux de Washington.
Le court règne de Latortue a été marqué par une profonde corruption – lui et ses partisans ont empoché une bonne partie des 4 milliards de dollars injectés par les Etats-Unis et d’autres pays après la levée de l’embargo. Le régime a démantelé les timides réformes qu’Aristide avait réussies à mettre en place. Ainsi, le processus d’appauvrissement et de dégradation des infrastructures du pays s’est accéléré.
En 2006, les Haïtiens ont massivement élu à la présidence René Préval, allié de longue date d’Aristide. Mais Préval n’a pas fait preuve de beaucoup de détermination et a fini par collaborer avec les plans US et ignorer la crise sociale qui s’amplifiait.
En fait, les Etats-Unis, les Nations Unies et les autres puissances impériales ont court-circuité le gouvernement Préval en injectant de l’argent directement dans les ONG. « Aujourd’hui, en Haïti, le nombre d’ONG par habitant est le plus élevé au monde » dit Yves Engler. Le gouvernement Préval n’est plus qu’un paravent derrière lequel les véritables décisions sont prises par les puissances impériales qui les mettent en application par l’intermédiaire d’ONG qu’elles ont choisies.
Le véritable pouvoir dans le pays n’est pas exercé par le gouvernement Préval mais par la force d’occupation des Nations Unies appuyée par les Etats-Unis. Sous direction brésilienne, les forces de l’ONU ont protégé les riches et ont collaboré avec – ou ont fait semblant de ne pas voir – les escadrons de la mort d’extrême droite qui terrorisent les partisans d’Aristide et de son parti Lavalas.
Les forces d’occupation n’ont rien fait pour lutter contre la misère, la dégradation des infrastructures et la déforestation massive qui ont amplifié les effets d’une série de catastrophes naturelles – de violents cyclones en 2004 et 2008 et maintenant le séisme.
Au lieu de cela, elles se sont contentées de faire la police au milieu d’une catastrophe sociale et ont commis les crimes habituels et caractéristiques de toutes les forces de police. Selon Ban Beeton, dans un article de la NACLA sur les Amériques, « la mission de stabilisation de l’ONU en Haiti (MINUSTAH), qui a commencé en juin 2004, a été marquée pratiquement dés le premier jour par des scandales de meurtres, de viols et autres violences commises par ses troupes. »
L’administration Bush d’abord, et maintenant l’administration Obama, ont toutes deux profité du coup d’état, des crises sociales et des catastrophes naturelles pour étendre les projets néolibéraux des Etats-Unis.
Sous Obama, les Etats-Unis ont annulé une partie de la dette, pour un montant de 1,2 milliards de dollars, mais n’ont pas annulé la totalité de celle-ci – Haiti rembourse encore d’énormes sommes à la Banque Inter-Américaine pour le Développement. L’annulation d’une partie de la dette fait partie de la mise en scène habituelle destinée à occulter la véritable politique d’Obama en Haiti, qui est encore et toujours la même.
En étroite collaboration avec le nouvel envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, l’ancien président Bill Clinton, Obama est intervenu pour faire appliquer un programme économique similaire à celle du reste des Caraïbes – tourisme, ateliers de textiles, et la réduction du contrôle de l’état sur l’économie par le biais des privatisations et des déréglementations.
Plus précisemment, Clinton a dirigé un plan visant à transformer le nord d’Haïti en un terrain de loisirs pour touristes, situé le plus loin possible des bidonvilles de Port-au-Prince. Clinton a convaincu la compagnie Royal Caribbean Cruise Lines d’investir 55 millions de dollars pour construire un port le long de la côte de Labadee, loué jusqu’en 2050.
A partir de là, l’industrie touristique de Haïti espère organiser des expéditions vers les forteresses haut perchées de Citadelle et de Palais Sans Souci, toutes deux construites par Henri Christophe, un des dirigeants de la révolution des esclaves d’Haïti. Selon le Miami Herald, le plan de 40 millions de dollars comprend la transformation de la ville paisible de Milot, base de départ pour la Citadelle et le Palais Sans Souci, en un village touristique animé comprenant des galeries d’arts, des marchés d’artisanat, des restaurants et des rues pavées. Les touristes seront transportés en contournant le cap embouteillé de Cap-Haïtien jusqu’à la baie, puis transportés par autocars le long des plantations paysannes pittoresques. Une fois à Milot, ils pourront grimper à pied ou à cheval jusqu’à la Citadelle... classée patrimoine mondial depuis 1982...
Dés lors que la Royal Caribbean a prévu de faire venir le plus grand navire de croisière au monde, provoquant ainsi une demande en excursions, l’industrie du tourisme d’Haiti encourage le développement de l’écotourisme, d’explorations archéologiques et de démonstrations voyeurs de rites vaudous.
Ainsi, tandis que Pat Robinson compare la grande révolution des esclaves d’Haïti à un pacte avec le diable, Clinton s’active à la réduire à un piège à touristes. Dans le même temps, les plans de Clinton pour Haïti prévoient une expansion des « ateliers à sueur » (sweat shops) pour profiter de la main d’oeuvre bon marché fournie par les masses urbaines. Les Etats-Unis ont détaxé les importations en provenance d’Haiti pour faciliter le retour de la production de ces ateliers.
Clinton a vanté les opportunités offertes par le développement des « ateliers à sueur » lors d’une visite éclair d’une usine à textile appartenant et géré par la célèbre Cintas Corp. Il a annoncé que George Soros avait offert 50 millions de dollars pour un nouveau parc industriel d’ateliers qui pourrait créer 25.000 emplois dans l’industrie du textile. Clinton a expliqué à une conférence de presse que le gouvernement d’Haïti pourrait créer « plus d’emplois en baissant le coût des investissements, y compris le prix des loyers ».
Le fondateur de TransAfrica, Randall Robinson, a déclaré à Democracy Now ! (radio progressiste US – NdT) « Haïti n’a pas besoin de ce genre d’investissement. Il a besoin d’investissements en capital. Il a besoin d’investissements qui lui permettraient d’atteindre l’autosuffisance. Il a besoin d’investissements pour pouvoir se nourrir. »
Une des raisons pour lesquelles Clinton a pu promouvoir aussi facilement les « ateliers à sueur » est que le coup d’état appuyé par les Etats-Unis a éradiqué toute forme de résistance. Ils se sont débarrassés d’Aristide et de sa manie qui consistait à augmenter le salaire minimum. Ils l’ont forcé à l’exil, ils ont terrorisé ses alliés restés sur place et ils ont interdit à son parti politique, Fanmi Lavalas, le parti le plus populaire du pays, de se présenter aux élections. De plus, le régime issu du coup d’état a attaqué les syndicalistes présents dans les « ateliers à sueur ».
Clinton pouvait ainsi annoncer aux hommes d’affaires que « Le risque politique en Haïti est le plus faible que je n’ai jamais vu de ma vie ».
Ainsi, à l’instar des présidents américains avant lui, Obama a aidé les classes privilégiées d’Haïti, a soutenu les multinationales qui voulaient profiter des coûts de main-d’oeuvre, a réduit le pouvoir de réglementation de l’état haïtien et a réprimé toute forme de résistance politique.
Les conséquences directes de ces politiques sont un état haïtien impuissant, une infrastructure en ruines, des constructions hasardeuses et une misère noire qui, conjuguées aux cyclones et maintenant au séisme, ont transformé une catastrophe naturelle en une catastrophe sociale.
Tout le monde devrait soutenir la fourniture d’aide à Haïti, mais personne ne devrait le faire avec des oeillères. Comme l’a dit Engler : « l’aide destinée à Haïti a toujours été employée au profit d’intérêts impérialistes. Ceci est évident lorsqu’on observe comment les Etats-Unis et le Canada ont traité le gouvernement Aristide en contraste au traitement réservé au régime issu du coup d’état. Les Etats-Unis et le Canada ont affamé Aristide en supprimant pratiquement toute aide. Mais après le coup d’état, ils ont ouvert en grand les robinets financiers pour appuyer les forces les plus réactionnaires de la société haïtienne. »
Ils ne faut pas se tromper sur le rôle des ONG internationales. Tandis que de nombreuses ONG tentent de répondre à la crise, les Etats-Unis et d’autres gouvernements fournissent une aide destinée à miner le droit à l’autodétermination du pays. Les ONG internationales n’ont aucun compte à rendre au gouvernement haïtien, pas plus qu’au peuple haïtien. Par conséquence, toute aide qui passe par ces ONG ne fait qu’affaiblir un peu plus le peu d’emprise sur leur propre société encore entre les mains des Haïtiens.
L’administration Obama devrait aussi lever l’exil d’Aristide et lui permettre de retourner en Haïti, et lever aussi l’interdiction faite à son parti politique, Fanmi Lavalas, de participer aux élections. Après tout, un criminel et trafiquant de drogue notoire, Guy Philippe, et sont parti le Front National pour la Reconstruction (FNR) ont été autorisés à participer aux élections. Aristide et son parti, par contraste, sont encore la force politique la plus populaire du pays et devraient être autorisés à participer à une élection libre et démocratique.
Les Etats-Unis devraient aussi cesser de déporter les Haïtiens qui ont fui leur pays déchiré par la crise et leur accorder une statut temporaire de réfugiés. Ce qui permettrait aux Haïtiens qui ont fui la crise politique et sociale que traverse le pays depuis le coup d’état, les cyclones et à présent le séisme, de rester aux Etats-Unis.
Par-dessus tout, nous devons exiger que les Etats-Unis cessent d’imposer leurs programmes néolibéraux. Les Etats-Unis ont pillé Haïti depuis des décennies. Ce n’est pas Haïti qui a une dette envers les Etats-Unis, et d’autres pays, mais l’inverse. Les Etats-Unis, la France, le Canada et les Nations Unies doivent au peuple haïtien une indemnisation pour le pillage de leur pays.
Avec ces indemnités et un espace politique, les Haïtiens pourraient commencer à déterminer leur propre avenir politique et économique – tel qu’il avait été rêvé par la grande révolution des esclaves, il y a 200 ans.

    La dette extérieure publique haïtienne :
un cas typique de dette odieuse
par Sophie Perchellet, cadtm.org
 
samedi 16 janvier 2010

« L’une des plus grandes opérations d’aide de l’histoire » risque fort de ressembler à celle de l’après tsunami de 2004 sauf si un modèle de reconstruction radicalement différent est adopté. Mardi soir, Haïti a été partiellement détruite suite à un violent séisme de magnitude 7. Chacun y va de sa larme et les médias relayent les surenchères des aides financières que les généreux Etats vont apporter en nous abondant d’images apocalyptiques. On entend qu’il faut reconstruire Haïti, ce pays où la pauvreté et « la malédiction » s’abattent. Selon l’ONU, « c’est le pire désastre » que l’agence doit affronter. La zone de Leogane est la plus touchée avec 80 à 90% des bâtiments qui ont été endommagés. Cette zone compte entre 5.000 et 10.000 victimes sur le total des victimes estimées. Simon Schorno, porte-parole du CICR déclare « qu’aucun quartier n’a été épargné par les destructions. Les gens errent à la recherche de nourriture, d’aide. Beaucoup d’entre eux portent des masques pour se protéger de l’odeur des corps en décomposition. Il n’y a pas de tentes, pas de bâches en plastique, pas d’endroits où cuisiner et pas de toilettes ». Le chiffre de 1,2 millions de sans abris est avancé. René Préval, Président de la République a indiqué mercredi que les scènes dont il avait été témoin étaient « inimaginables ». L’ampleur du désastre et la détresse de la population stimulent la solidarité internationale qui suit heures par heures l’évolution de la situation.
Aujourd’hui donc, on s’intéresse à Haïti. Pourtant, de tous les commentaires, aucun ne va au-delà du terrible tremblement de terre. On nous rappelle précipitamment que c’est l’un des pays les plus pauvres de la planète mais sans nous en expliquer les causes. On nous laisse croire que la pauvreté et venue comme ça, que c’est un fait irrémédiable : « c’est la malédiction qui frappe ». Il est indiscutable que cette nouvelle catastrophe naturelle entraîne des dégâts matériels et humains tout autant considérables qu’imprévus. Une aide d’urgence est donc nécessaire et tout le monde est d’accord sur ce point. Pourtant, les Haïtiens n’ont pas attendu le séisme pour avoir de réelles difficultés à l’accès à l’alimentation, aux soins médicaux, aux infrastructures sanitaires, aux logements … S’il est un fait, c’est que la pauvreté et la misère dont les causes sont prévisibles, ne trouvent pas leurs sources dans ce tremblement de terre. Il faut reconstruire le pays parce que celui-ci a été dépossédé de ses moyens de d’abord se construire. Haïti n’est pas un pays libre ni même souverain. Ses choix de politique intérieure sont appliqués par un gouvernement qui exécute des ordres venus de l’extérieur du pays. Durant de longues décennies au XXe siècle, soit ce pays a connu des périodes d’instabilités politiques, soit il a appartenu aux créanciers qui appuyaient un régime dictatorial.
Haïti est traditionnellement dénigré et souvent dépeint comme un pays violent, pauvre et répressif dans le meilleur des cas. Peu de commentaires rappellent la bataille et le symbole de l’Indépendance acquise de haute lutte en 1804 contre les armées françaises de Napoléon. Il est vrai qu’à l’époque, il valait mieux taire cet événement et cet affront afin de ne pas détériorer l’image si digne de la France et de contenir le risque de contagion aux autres colonies. Plutôt que de souligner la démarche humaine et le combat pour les Droits de l’Homme, la sauvagerie et la violence seront les caractéristiques assimilées aux Haïtiens. Edouardo Galeano parle à cet effet de la « malédiction blanche » : « A la frontière où finit la République dominicaine et commence Haïti, une grande affiche donne un avertissement : El mal paso - Le mauvais passage. De l’autre côté, c’est l’enfer noir. Sang et faim, misère, pestes |1|. » Philippe Rater préfère parler de « lien particulier, de la haine à l’affection |2| ».
S’il est indispensable de revenir sur l’émancipation du peuple haïtien, c’est parce qu’en échange de cette double révolution, à la fois anti-esclavagiste et anti-coloniale, le pays a hérité de « la dette française de l’Indépendance » correspondant à 150 millions de francs or (soit le budget annuel de la France de l’époque). En 1825, la France décide que « Les habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue verseront à la caisse fédérale des dépôts et consignations de France, en cinq termes égaux, d’année en année, le premier échéant au 31 décembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité. Nous concédons, à ces conditions, par la présente ordonnance, aux habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue, l’indépendance pleine et entière de leur gouvernement |3|. »
Cela équivaut à environ 21 milliards de dollars d’aujourd’hui. Dès le départ, Haïti doit payer le prix fort, la dette sera l’instrument néo-colonial pour entretenir l’accès aux multiples ressources naturelles de ce pays (comme le café).
Alors qu’il aurait été possible de faire face aux douloureuses responsabilités du passé en 2004, le rapport de la Commission Régis Dubray |4| préfère écarter l’idée d’une restitution de cette somme en prétextant qu’elle n’est pas « fondée juridiquement » et que cela ouvrirait la « boite de Pandore ». Les requêtes du gouvernement haïtien en place sont rejetées par la France : pas de réparations qui tiennent ni de reconnaissance d’une dette d’indépendance.
Les annonces actuelles du gouvernement français d’œuvrer pour l’annulation totale de la dette d’Haïti envers les créanciers du Club de Paris sont les bienvenues et le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) le demande depuis sa création en 1990. Cela reste insuffisant. La totalité de la dette publique extérieure d’Haïti est un cas typique de dette odieuse et doit être annulée de suite sans conditions.
La doctrine de la dette odieuse, issue du droit international reconnaît la nécessité de prendre en compte la nature du régime qui a contracté les dettes et l’utilisation qui a été faite des fonds versés. Cela implique une responsabilité directe des créanciers comme les organismes privés ou les IFI. Si un régime dictatorial est remplacé par un régime légitime, ce dernier peut prouver que les dettes n’ont pas été contractées dans l’intérêt de la nation ou l’ont été à des fins odieuses. Dans ce cas, elles sont frappées de nullité et les nouvelles autorités n’ont pas à les rembourser. Les créanciers n’ont qu’à se retourner vers les dirigeants de la dictature à titre personnel. Le FMI, la Banque mondiale ou tout autre créancier est tenu de contrôler que les prêts octroyés sont licitement utilisés, surtout s’il ne peut ignorer qu’il traite avec un régime illégitime.
L’annulation de la dette des pays en développement gagne du terrain au Sud comme au Nord |5|. L’audit de la dette est un outil à saisir pour imposer la nullité d’une dette illégitime. En 2007, Rafael Correa, le Président de l’Equateur s’empare de ce concept pour faire annuler une partie importante de se dette multilatérale et bilatérale. Lors de son discours d’investiture le 10 août 2009, le Président a déclaré que cela signifiait « un gain de plus de 300 millions de dollars annuels durant les prochaines vingt années, sommes qui serviront non aux portefeuilles des créanciers mais au développement national |6| ». Cela peut servir d’exemple à d’autres pays en développement et notamment à Haïti.
Le règne des Duvalier succède à l’instabilité en 1957 : il durera jusqu’en 1986, date à laquelle le fils « Baby Doc » est chassé du pouvoir. La violente dictature largement soutenue par les pays occidentaux a sévi près de 30 ans. Elle est marquée par une croissance exponentielle de sa dette. Entre 1957 et 1986, la dette extérieure a été multipliée par 17,5. Au moment de la fuite de Duvalier, cela représentait 750 millions de dollars et en 2008, elle monte, avec le jeu des intérêts et des pénalités, à plus de 1 884 millions de dollars |7|. Cet endettement, loin de servir à la population qui s’est appauvrie, était destiné à enrichir le régime mis en place : il constitue donc une dette odieuse. Une enquête récente a démontré que la fortune personnelle de la famille Duvalier bien à l’abri sur les comptes des banques occidentales) représentait 900 millions de dollars, soit plus encore que l’endettement de son pays au moment de son exil. Une affaire est en cours devant la justice suisse pour la restitution à l’Etat haïtien des avoirs et des biens mal acquis de la dictature Duvalier. Ces avoirs sont pour l’instant gelés par la banque suisse UBS qui avance des conditions intolérables quant à la destination de ces fonds |8|. Jean-Baptiste Aristide, élu dans l’enthousiasme populaire puis accusé de corruption puis rétabli au pouvoir comme marionnette des Etats-Unis, n’est pas en reste quant à la responsabilité dans l’endettement et les détournements de fonds. Selon la Banque mondiale, entre 1995 et 2001, le service de la dette, à savoir le capital et les intérêts remboursés, a atteint la somme considérable de 321 millions de dollars.
Ce qui signifie que toute l’aide financière annoncée actuellement suite au tremblement de terre, est déjà perdue dans le remboursement de la dette !
Selon les dernières estimations, plus de 80% de la dette extérieure d’Haïti est détenue par les Institutions financières Internationales (IFI) qui regroupent le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale (BM). Le gouvernement applique les « plans d’ajustement structurel » remaquillés en « Documents Stratégiques pour la Réduction de la Pauvreté » (DSRP). En échange de la reprise des prêts, on concède à Haïti quelques annulations ou allégements de dette insignifiants mais qui donnent une image bienveillante des créanciers. L’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PTTE) en Haïti, à laquelle on vient tout récemment d’admettre le pays alors que tous maintenant reconnaissent sa pauvreté structurelle, est un cas typique de blanchiment de dette odieuse. C’est-à-dire qu’on remplace les prêts anciens relatifs directement à la dette de la dictature, par de nouveaux prêts soi-disant « clean » |9|.
En 2006, les IFI et le Club de Paris acceptent que l’initiative PPTE s’élargisse à Haïti. Le stock de la dette publique extérieure totale était de 1,337 millions de dollars. Au point d’achèvement de l’initiative (en 2009), la dette était de 1,884 millions. Une annulation de dette d’un montant de 1 200 millions de dollars est décidée pour –selon leur terme- « rendre la dette soutenable ». Entre temps, « les plans d’ajustements structurels ont fait des ravages, notamment dans le secteur agricole dont les effets ont atteint leur paroxysme lors de la crise alimentaire de 2008. L’agriculture paysanne haïtienne subit le dumping des produits agricoles étasuniens. Les politiques macro-économiques soutenues par Washington, l’ONU, le FMI et la Banque Mondiale ne se soucient nullement de la nécessité du développement et de la protection du marché national. Les seules préoccupations de ces politiques est de produire pour l’exportation vers le marché mondial. C’est donc inquiétant d’entendre que le FMI « se tient prêt à jouer son rôle avec le soutien approprié dans (ses) domaines de compétence ».
Indépendamment de la question de la dette, il est à craindre que l’aide prenne la même forme que celle qui a accompagné l’après-tsunami en Asie ou encore l’après-cyclone Jeanne en Haïti en 2004. C’est-à-dire soit des promesses non tenues soit des fonds destinés à enrichir des compagnies étrangères ou privées. En Indonésie, l’aide de la communauté internationale a surtout favorisé la privatisation d’entreprises et d’infrastructures publiques. Le développement du tourisme est préféré à une réforme agraire qui aurait évité aux paysans de subir les conséquences dramatiques de la crise alimentaire. Les Haïtiens ont besoin d’une reconstruction de leur pays mais aussi et surtout d’une amélioration de leurs conditions de vie de manière durable. Le gouvernement doit changer ces orientations économiques néfastes pour le pays. Cela signifie qu’il doit rompre avec la politique néolibérale pour donner la priorité aux investissements dans le secteur agricole et lancer un processus de reforme agraire qui favorise l’accès des petit(e)s paysan(e)s à la terre, à l’encadrement et au crédit agricole. Il faut également changer les orientations des accords commerciaux : le pays a perdu une grande opportunité de mettre ses tarifs douaniers au même niveau que d’autres pays de la région à travers le CARICOM. L’Etat doit aussi rompre avec ses politiques qui excluent les femmes, premières victimes de la pauvreté.
Aujourd’hui, les « généreux dons » proviennent pour la majorité des créanciers du pays. Plutôt que de faire des dons, il serait préférable qu’ils annulent les dettes d’Haïti à leur égard : totalement, sans conditions et immédiatement. Peut-on vraiment parler de don quand on sait que cet argent servira en majeure partie soit au remboursement de la dette extérieure aux créanciers soit à l’application de « projets de développement nationaux » décidés selon les intérêts de ces mêmes créanciers. Il est évident que, sans ces dons dans l’immédiat, il ne serait pas possible de faire rembourser cette dette dont la moitié au moins correspond à une dette odieuse. Les grandes conférences internationales d’un quelconque G8 ou G20 élargi aux IFI ne feront pas avancer d’un iota le développement d’Haïti mais reconstruiront les instruments qui leur servent à asseoir le contrôle néo-colonial du pays. Il s’agira d’assurer la continuité dans le remboursement, base de la soumission, tout comme lors des récentes initiatives d’allégement de la dette.
Au contraire, pour qu’Haïti puisse se construire dignement, la souveraineté nationale est l’enjeu fondamental. Une annulation totale et inconditionnelle de la dette doit donc être le premier pas vers une démarche plus générale. Un nouveau modèle de développement alternatif aux politiques des IFI et aux accords de partenariat économique (APE signé en décembre 2009, Accord Hope II …), est nécessaire et urgent.
Notes
|1| http://www.cadtm.org/Haiti-la-maled...
|2| http://www.google.com/hostednews/af...
|3| http://www.haitijustice.com/jsite/i...
|4| http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IM...
|5| http://www.cadtm.org/L-annulation-d...
|6| http://www.cadtm.org/Discours-d-inv...
|7| http://www.imf.org/external/pubs/ft... (page 43)
|8| http://www.cadtm.org/Le-CADTM-exige...
|9| Le CADTM considère néanmoins ces nouveaux prêts comme partie prenante de la dette odieuse puisqu’ils servent à payer cette ancienne dette.

 
Par grossel
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 18:00
Climat et recherche :
un train peut en cacher un autre

Il est devenu évident que l’impact sur l’environnement, des activités humaines, de production mais aussi de consommation, constitue une donnée majeure dans les choix économiques à tous les niveaux, du local au mondial, qu’ont à prendre les décideurs qu’ils soient chefs d’entreprises, élus ou simples citoyens.
D’une part, les dégâts causés par l’exploitation intensive de la planète depuis l’avènement du système de production capitaliste (et des autres systèmes productivistes) et d’autre part, l’épuisement à moyen terme, des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon) mettent en premier lieu, tous les pays industrialisés ou en voie d’industrialisation, dans l’obligation de reconsidérer fondamentalement leur manière de produire pour qu’elle devienne compatible avec la préservation de la nature et de toutes les espèces vivantes qui en font la richesse et l’équilibre.

Qu’on soit ou non persuadé de l’incidence que cela puisse avoir sur le climat, le débat est toujours en cours et non tranché, après plusieurs années de matraquage sur le mode « nous courons à la catastrophe si la température devait progresser de+ 2° d’ici 2050 et nous craignons le pire avec la fonte des glaciers et la montée des océans, à très court terme etc… »
Rappelons tout de même qu’en un siècle, la température n’a augmenté que de 0,72° et que même si cette tendance s’est accentuée en cette fin 2000, la suite n’est pas écrite avec autant de probabilité que le GIEC l’affirme. D’ailleurs, à peine deux mois après Copenhague, il vient d’être amené à reconnaître deux erreurs qui en disent long.

Une dépêche AFP du 18/1/10 nous apprend qu’il va enquêter sur de récentes déclarations selon lesquelles ses prévisions sur la disparition des glaciers de l’Himalaya pourraient être erronées. C’est ce qu’a déclaré à New Delhi son président Rajendra Pachauri. En 2007, le GIEC avait avancé que « les glaciers de l’Himalaya reculaient plus vite que les autres glaciers dans le monde et qu’ils pourraient disparaître d’ici 2035, voire avant. » Un paragraphe sur 938 pages...plaide Pachauri.
Seconde erreur, toujours les glaciers terrestres mais sur toute la planète : leur surface devait fondre de 500 000 km2 à 100 000 à l’horizon 2035 : cinq fois moins en 25 ans ! C’était une erreur de transcription, nous dit-on, il fallait lire d’ici 2350 ! Les rédacteurs des rapports sont capables de laisser passer une telle inversion ? A quand la troisième erreur ?

On apprend également que des doutes subsistent au sein du GIEC : « il n’y aurait pas de preuves suffisantes pour faire un lien entre le réchauffement climatique et les catastrophes naturelles  »

Déjà, le piratage informatique au Centre de recherche britannique sur le climat de l’université East Anglia avait révélé que des données ont été manipulées pour conforter la thèse du réchauffement climatique d’origine humaine. Ces…erreurs vont dans le même sens

Après le fiasco du sommet de Copenhague, il va être difficile de continuer sur cette lancée où l’on a voulu confondre pollution et climat pour mieux activer les peurs et parvenir à faire émerger un nouveau marché, celui du carbone, que ses promoteurs, Al Gore en tête, présentaient aux industriels comme encore plus important que le marché du pétrole appelé à se tarir.

A propos du NIPCC

Reconnaissons que le catastrophisme entretenu par les médias a largement dominé, en tout cas en France, au point qu’il fallait un certain courage aux scientifiques qui osaient contester les thèses officielles qui semblaient submerger les quelques voix discordantes, un peu plus audibles au fur et à mesure qu’on approchait du sommet.

Cependant je ne perds pas de vue que, du côté de certains sceptiques du réchauffement anthropique, sévit le lobby du pétrole notamment à travers la pensée ultra-libérale hostile à ce que les Etats se mêlent de réglementer quoi que ce soit, favorable à ce qu’ils laissent le marché se réguler lui-même, l’initiative privée libre de se déployer pour que les puissants intérêts en jeu continuent de faire la pluie et le beau temps sur l’économie.

Si des travaux scientifiques de haut niveau aboutissent à constater que le réchauffement climatique est dû bien plus à des causes naturelles qu’humaines, il n’en faut pas davantage pour que la science paraisse, de la même façon, sollicitée et détournée de sa mission, ce qui rend suspecte la démarche de ceux qui la sollicitent.

C’est ce qui se passe avec les travaux de l’équivalent du GIEC (IPCC en anglais), un certain NIPCC, N pour non gouvernemental, qui produit des conclusions très argumentées et très critiques sur son concurrent officiel dont il conteste la légitimité scientifique.

Ce rapport est disponible en Français http://www.pensee-unique.fr/NIPCC_VF_04.pdf

Le problème c’est qu’il est édité par l’institut Heartland qui n’est pas à proprement parler une institution de recherche parfaitement neutre, ce qui ne manque pas d’interroger quand on sait
que cet institut est financé par les grandes sociétés pétrolières ainsi que par Philip Morris (voir Wikipedia). Il assume complètement son engagement libéral sous le regard des grands ancêtres : Friedrich von Hayek, Thomas Jefferson, Georges Washington, Ludwig von Mises, Milton Friedman…http://www.heartland.org

Le rapport a beau protester de la totale indépendance et du bénévolat de ses coauteurs, de sa démarche apolitique, de son unique souci scientifique à travers le résumé d’une cinquantaine de pages pour les décideurs, d’un intérêt certain, cet éditeur ne crédibilise pas cette démarche parce qu’entachée, comme pour le GIEC, de ne chercher que ce qu’on a décidé de trouver.

Comment les non spécialistes peuvent-ils ne pas avoir le sentiment d’être manipulés tellement les controverses entre scientifiques sont nombreuses et profondes, très souvent doublées de considérations et d’intentions politiques et idéologiques inavouées ?

Au moins, avons-nous pris la mesure de la complexité des questions en débat et de la difficulté à faire état de certitudes, si ce n’est de nous méfier...des certitudes des nouveaux « ayatollah » de l’écologie qui prétendent sauver la planète en culpabilisant les peuples sans toucher aux profits comme de ceux qui promettent de résoudre les problèmes écologiques en ne changeant rien aux rapports de production et d’échanges et au consumérisme qui en découle.

Encore faut-il disposer d’une recherche publique totalement libre et disposant des moyens financiers pour cela, non soumise à des obligations de résultats à court terme coïncidant avec des intérêts politiques étroits. Or c’est d’indépendance dont ont besoin les chercheurs aussi bien à l’égard du pouvoir politique que du pouvoir économique. Pas pour eux-mêmes et rester hors de tout contrôle mais pour faire progresser le savoir et la connaissance et les rendre accessibles à tous.


L’autoritarisme gestionnaire que cherche à imposer Sarkozy à notre enseignement supérieur public et à notre recherche ne pourrait aboutir qu’à l’effet inverse. Il ne la considère que comme un moyen de contribuer à la croissance économique de la France. Le malaise est profond, tous les secteurs sont concernés. Vaste sujet de débat.

René Fredon

Je suis en gros d'accord avec cette analyse qui manque tout de même de distance historique puisque je fais remonter au Club de Rome et au rapport Halte à la croissance (1960) le démarrage de cette énorme campagne de modification, de pollution des mentalités qui a donc derrière elle 50 ans
La fin  de l'article idéalise la recherche fondamentale publique et indépendante comme il y a idéalisation de la part de ceux qui pensent que les débats scientifiques doivent être sous contrôle de la démocratie (je pense aux propositions de Jacques Testart qui sont pourtant parmi les plus intéressantes aujourd'hui; j'ai  mis en ligne en octobre 2007 un article sur lui et Isabelle Stengers, blog des agoras avec vidéos en ligne)
L'analyse de René Fredon est rejointe par celle de  Claude Allègre de façon plus politique dans Le Point
lui-même contesté.
grossel

Copenhague : le Sud à dit Non !

Le 26 janvier 2010 (Nouvelle Solidarité)—Saluons la tribune de Claude Allègre dans Le Point du 21 janvier, intitulée « Copenhague : le Sud a dit NON ! », car, comme le dit Eustache Deschamps dans son magnifique poème, elle pend « la sonnette au chat ». Le « chat » c’est l’oligarchie vieillissante occidentale qui a tenté d’arnaquer les pays en développement, en utilisant des pseudo-problèmes climatiques pour les obliger à s’interdire tout développement économique.

Claude Allègre dénonce tout d’abord « les arrières pensées » derrière le pari des pays occidentaux à Copenhague. « L’idée centrale qui, naturellement n’était pas affichée comme telle, était de faire contrôler le développement des pays du Sud (Chine, Inde, Brésil, Indonésie, Afrique du Sud) par les pays du Nord. Sous le prétexte qu’il faut éviter qu’ils polluent – "notre" planète — , on voudrait leur imposer des quotas et avoir le droit de contrôler la manière dont ceux-ci sont respectés, et par conséquent le rythme de développement de ces pays dit émergents ». « Si ce n’était pas la volonté de contrôler le développement du Sud – c’est à dire l’avenir de la planète – pourquoi avoir impliqué dans la conférence de Copenhague 192 pays dont 90% ne dégagent à eux tous que moins du millième des émissions de CO2 ? »

Allègre dénonce dans tout cela « un modèle de prédiction du climat que l’on sait désormais plus qu’incertain, et probablement faux ». Mais il va plus loin : « Derrière cette organisation il y a aussi la volonté de faire gouverner le monde par une escouade de fonctionnaires internationaux choisissant les comités d’experts, décidant de ce qui est bon pour le monde et manœuvrant comme à la parade les chefs d’Etat… »

Mais : « Patatras ! Le bon sens des pays du Sud l’a emporté, jetant bas tous les beaux projets. (...) La sagesse du Sud l’a emporté sur la fausse naïveté impérialiste du Nord qui n’arrive pas à faire le deuil de la fin de sa suprématie ! » L’Europe « devrait réaliser qu’elle devient le seul espace au monde où la décroissance est désormais une réalité durable. »

Voilà que l’inavouable est désormais dit, dans les pages d’un magazine tout ce qu’il y a de plus « système ».

Par ailleurs, en attirant l’attention sur les intérêts financiers de quelques uns des grands chantres du réchauffement climatique, Claude Allègre a définitivement cloué et enterré le cercueil de la fraude du réchauffement climatique, mort à Copenhague.

« Naturellement, ce marché n’était pas distinct des excès coupables de la plante fric et du système des produits dérivés qui nous ont conduit à la crise. La banque américaine Lehman Brothers (…), n’avait elle pas mis en route un programme joliment nommé Business of Climate Change, avec comme conseillers – excusez du peu – Al Gore et l’alarmiste scientifique en chef Hansson ? » « Maurice Strong (...) ne siège-t-il pas dans le Chicago Climate Exchange, l’un des centres du business carbone ? »

Et Claude Allègre d’arriver à une belle conclusion, la partie la plus importante de son texte. « Le Monde ne pourra retrouver une nouvelle croissance plus harmonieuse que par l’innovation et l’adaptation aux changements climatiques, par la création de richesses et une meilleure distribution de ces dernières. Mais pas par des quotas, des taxes, des interdictions et encore moins par la décroissance !

« Messieurs les chefs d’Etat, réveillez-vous, sortez du monde virtuel, des projections séculaires. Occupez-vous des peuples, de leurs besoins immédiats, des questions urgentes car, par delà la planète qu’il faut certes "gérer", il y a l’homme. L’homme quand en sera-t-il question ? »

http://agoradurevest.over-blog.com/article-copenhague-fraudes-dans-quels-buts--41763651.html
http://agoradurevest.over-blog.com/article-33001569.html
http://les4saisons.over-blog.com/article-la-mystification-du-rechauffement-climatique-cheminade-40824642.html

en bas de l' article ci dessus il y a un pdf trouvé chez Médiapart d'un universitaire de Tours très bien fait.
Isabelle Stengers
http://agoradurevest.over-blog.com/article-12898778.html
Jacques Testard
http://les4saisons.over-blog.com/article-12897629.html
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 17:48
L 269

FAIRE MOURIR OU DONNER LA MORT
 TELLE EST LA QUESTION !

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Le Monde résume et commente, le contenu de la revue « Sociétés contemporaines » éditée par Les Presses de Sciences Po, dont le titre générique est « L’Etat et la mort ». Le Monde préfère écrire « Quand l’Etat administre la mort ».

Dans ce remue-méninges il sera question, en résumé, de la « gestion politique » de la mort. Folle mort sur laquelle nos scientologues de Po se penchent et s’interrogent et supputent et s’occiputent et nous délivrent de nos doutes et du mal : l’Etat et la Mort, le saviez-vous, ont des relations… « tourmentées ».

Haïti, quel tourment ! Comment en tirer profit sans choquer, sans en  avoir l’air ? Mais l’Etat offusque, il a l’air de la magouille dans laquelle il patauge. La reconstruction se profile. N’entendez-vous pas ? L’Amérique va verrouiller le marché, nous protestons une fois, nous nous agenouillons l’autre fois. Nous mendierons notre part, nous nous débattons pour cela, nous autres du bateau ivre.

Mais va, l’Etat pourra toujours grimacer, il ne peut plus tromper son monde. Rien moins que d’humanitaire dans tout ça.

Et nous le devons à SarkUbu qui a, sans le savoir, ouvert très grand les arcanes, éclairé violemment les souterrains. Nous y marchons comme chez nous désormais, malgré les thuriféraires empressés. Aussi Libération (22/01/2010) a beau jouer des gros titres, « Encore raté ! », en première page, « Malgré le soutien de l’Elysée, Henri Proglio a dû renoncer à sa double rémunération face à la fronde. Un nouveau recul pour le chef de l’Etat après l’affaire Jean Sarkozy ou la taxe carbone », ça ne prend plus : raté ? SarkUbu a tiré en plein dans le mille en ce qui concerne les retraites, la privatisation des services publics, la dislocation de l’Université, de l’éducation nationale en général, le fichage généralisé, le flicage de plus en plus musclé, l’implication d’une vassalité militaire mondiale… liste non exhaustive. La mort nous fut donnée de cette façon,  derrière l’enfumage des scoops, pour plus tard, par anticipation, à transmettre aux générations d’un futur proche. Politique du camouflage et joffrinades à la clef : « Marche arrière » triomphe l’éditorialiste en charge d’éclairer et faire miroiter le leurre. Proglio – c’est de lui qu’il s’agit, de ses “salaires“ -  se marre, il lâche ici pour reprendre ailleurs, on devine : même là il y a de la farce et tu le sais bien, vieille canaille !

Mais revenons au maniérisme et aux délires affectés des penseurs en l’Etat. Ils affirment - Le Monde en fait foi – « …nous vivons dans une société marquée par un recul historique du “faire mourir“ d’Etat : la peine de mort a été supprimée, l’héroïsme militaire a perdu de son prestige  et le seuil de sensibilité à la violence n’a cessé de baisser. “progressivement, la violence physique a été confinée à l’armée ou à la police ou restreinte aux pratiques sportives“, notent Dominique Memmi et Emmanuel Taïeb dans leur introduction. » ; au bout du bout du boulevard St Germain il n’y a plus rien que l’insondable : la terre est plate à Science Po. Et si petite…

Tant de candeur ! (A cette exception près que, pour une fois, le sport est bien mis à la place qui lui revient). C’est qu’il se trouverait des auteurs, célébrés par tout ce que l’intelligentsia compte de censeurs indubitables,  pour apporter de l’eau au moulin d’une si grande sottise, quand bien même seraient-ils morts ?  Ici Michel Foucault :  pour lui, écrit l’auteur de l’article du Monde, « ce recul du “faire mourir“ d’Etat s’est accompagné, au XVII° et XVIII° siècle, de l’émergence d’un “biopouvoir“ qui se soucie, lui, du “faire vivre “. “Cette obsession d’empêcher la survenue de la mort en Occident se matérialise sous des formes multiples“ ajoutent Mme Memmi et M. Taïeb », or Foucault lui-même écrira et dira dans son cours au Collège de France à propos du nazisme qu’il est « « une société qui a absolument généralisé le biopouvoir »(*). Ce n’est donc pas si simple messieurs dames, mais pourquoi ce simplisme de la part de Sa référence (Le Monde) : c’est qu’il nous prendrait par la main, l’Eden est à votre portée et nous allons vous y conduire. Vous obtiendrez alors ceci : « “L’impératif du “faire vivre“ s’est transformé en impératif  du “faire vivre bien“, avec les contradictions que cela recèle“ écrivent les auteurs de l’étude sur l’IMG. (interruption médicale de grossesse) ». De fil blanc en aiguille complaisante la conclusion vient, pour ainsi dire, d’elle-même : « …le “faire mourir“, loin de constituer un pouvoir d’Etat, résulte aujourd’hui de « pratiques hésitantes et discutées » inventées au jour le jour par des professionnels. »

L’Etat ne pratiquerait plus le “faire mourir“ ? A qui le fera-t-on croire ? Lui qui tue au-delà de ses frontières aussi bien qu’en deçà, depuis 1914 sans interruptions ou si peu, des millions de morts à son actif ; à domicile, qu’il s’agisse des juges texans qui ont la seringue facile, de tous ces lieux en France où l’on enferme, où l’on achève en catimini ou des banlieues londoniennes, l’Etat ne laisse à personne d’autre le soin de planifier la mise à mort.

L’Etat a pour fonction première le maintien de l’ordre établi, coûte que coûte, et ce depuis toujours, quelques soient les régimes en vigueur. Allonger la vie, ce qu’ils appellent “le faire vivre“, n’a d’intérêt que du point de vue de la rentabilité économique d’un système basé sur l’exploitation de la force de travail qu’il convient de maintenir assez longtemps en état de produire. Une abondance qui, de plus, va générer la concurrence entre salariés, ce qui est bon pour maintenir les rémunérations à leur plus bas niveau possible.

Le “possible“ est alors le fruit d’une évaluation politique de la situation sociale et des complicités acquises dans la place avec les syndicats, qui se réforment et s’adaptent pour être opérationnels. Avec les Partis politiques complaisants et à l’œuvre pour tirer dans le même sens que les syndicats, celui du “réformisme, force de proposition“… Aubry vient d’en faire la démonstration à propos de l’âge des retraites (elle rectifie à l’instant, un pas de clerc qui n’est que tactique, chacun l’aura compris), Jospin en son temps, Thibault, Chérèque et les autres s’y emploient à temps plein. Chaque parole qu’ils profèrent, chaque initiative nous conduisent droitement à  l’abîme…

S’y agglutinent les opportunités sous forme de retombées pour les industries pharmaceutiques, les cliniques privées, voire les hôpitaux : la santé, le “faire vivre à tout prix“ et l’acharnement jusqu’à l’absurde à vouloir maintenir l’être en vie jusqu’au-delà du raisonnable, sont aussi des sources non négligeables de profit.

L’Occident a un gros problème avec la mort proprement dite ! Que la fin soit misérable à force d’acharnement, qu’il soit plus misérable encore de ne pouvoir concevoir la mort qu’en sa négation et c’est toute une civilisation qui est en train de dire son dernier mot.

Robert


* « Il s'explique en précisant que le biopouvoir mis en route par le nazisme est une sorte d'exacerbation de gestion de la vie. Le pouvoir nazi prend tout en charge : le biologique, la procréation, l'hérédité, la maladie, les accidents,... A la fois massif et méticuleux, il organise une multitude de processus biologiques, médicaux, sanitaires pour revitaliser la population. Mais il est "ciblé", ordonné sur les seules exigences de la race allemande. Le biopouvoir mis en place par le racisme d'état nazi exalte la thèse de la mort de l'autre comme renforcement biologique de soi. »



MICHEL FOUCAULT ET LE NAZISME ; Cours au Collège de France, 1975/75 ; “Centre d’éducation à la Résistance et à la Citoyenneté“ ,  Aide-mémoire n° 9, 1999.

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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 09:48
L 268

L’ARGENT NE DÉFAIT PAS LE BONHEUR

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Tiens ! il tourne, il vire, il fait sa glissade vers le confort bourgeois l’imprécateur ! Cela pourrait se dire et pourtant non, il s’agit toujours de politique. L’économiste préféré du Monde, Pierre-Antoine Delhommais, s’est remis de sa longue incartade ironique et acerbe envers le capitalisme. Il nous revient tout frais et dispos en dernière page du quotidien de référence, réconcilié avec lui-même : litotes et sophismes se complétant, il avance sous l’armure : « Les relations internationales sont essentielles, bien sûr, tout est naturellement politique, tout est probablement écologique, mais sûrement et définitivement, tout est économique. » (Le Monde, 10/11 janvier) ce qui, pense-t-il, lui donnerait enfin toute l’importance et la reconnaissance qu’il mérite en tant que spécialiste.

En deux mots : les Français sont soucieux d’économie donc ils épargnent ; ils épargnent parce qu’ils ont peur de l’avenir, d’être sans le sou : une peur économique ; les causes de la peur économique des Français : le chômage, la dette publique qu’il va falloir rembourser un jour ou l’autre. Ce jour ou l’autre faudra pouvoir faire bonne figure et payer. Donc des hausses d’impôts à prévoir au-devant du bouclier fiscal : qui ne sera pas à l’abri derrière son bouclier va déguster ! Donc et par conséquent tout est bien économique qui finit mal.

A ce niveau de la démonstration nous aurons compris qu’économie est synonyme d’argent, de monnaie, de pognon, de blé, de grands emmerdements si vous n’en possédez pas assez et si pas du tout c’est pire : un SDF a une espérance de vie de 44 ans, dernier carat.

Le salarié Français en met donc de côté pour allonger l’espérance d’une vie toute entière consacrée à penser l’économie selon Delhommais et ses semblables. C’est exaltant. Toute une vie occupée à augmenter son temps de passage ici bas, à épargner pour ce faire, afin de ne pas perdre de vue que l’économie gouverne notre moi, notre surmoi et notre ça dans leur globale incompétence. On épargne mais devrait-on ? Ça fait si misérable d’enfouir ses picaillons, si gagne-petit… Mais c’est ce qui est grand justement, vivre pour la modeste somme qui vous permettra de mourir à 65 ans au lieu de 44.

J’apprends également, dans le même article, qu’il existe des « Théorèmes » en économie scientifique et nombriliste. Celui-ci s’appelle : « L’effet Ricardo-Barro ». Je vous livre, avec un souci de précision horlogère, l’énoncé de Pierre-Antoine : « Voilà, en (très) résumé, ce que dit Barro, qui reprend un thème esquissé par David Ricardo <http://www.lemonde.fr/sujet/c018/david-ricardo.html> au début du XIXe siècle : les agents économiques, rationnels, anticipent que les dépenses publiques financées par l'emprunt nécessiteront tôt ou tard des hausses d'impôts. En conséquence, au lieu de consommer, ils augmentent leur épargne pour qu'eux-mêmes ou leurs enfants (c'est l'altruisme intergénérationnel) puissent payer ces futurs impôts. Dans ces conditions, les efforts du gouvernement pour doper les dépenses des ménages par l'emprunt sont neutralisés et les relances keynésiennes vouées à l'échec. La dette publique ne peut permettre un accroissement de la richesse privée, elle ne peut avoir aucun effet positif sur la croissance. » (Le Monde toujours) – remarquons qu’avec ces gens-là, un Marx ringard cèdera toujours le pas à un Ricardo ou un Adam Smith du plus bel effet – nous ne sommes plus consommateurs mais « agents économiques », flanqués d’un « altruisme générationnel » ravageur et, qui plus est, nous sommes « rationnels » ! Nous aurions tort de nous plaindre, nous sommes au centre. Mieux même, nous sommes LE centre ! Le centre de leurs préoccupations, je parle de ceux qui nous commentent et de ceux qui nous gouvernent. Les “agents économiques“ auront donc compris qu’ils seront les dindons de la farce énorme qui s’est jouée sur leur dos. Emprunts pour « sauver » l’économie en “crise“ signifie que l’ubuesque régime international, l’Ubuland occidental dans sa totalité, a tapé dans la caisse, celle des Etats, pour renflouer les banquiers, les grands industriels (GM, Renault…) et leurs conjoints actionnaires et qu’il va nous demander de rembourser. Donc nous ne pourrons plus consommer. Cul de sac, fond de l’impasse, dos au mur : archétype du théorème économique capitalistique ou triangulation de la pauvreté et de la misère.

Postulat de ma fabrication : une troisième guerre mondiale remettrait de l’ordre dans tout ça. Il apparaît qu’on semble préparer la salle et le ring, l’entraînement va bon train sur tous les fronts. Ils n’ont pas lésiné sur les moyens, nous serions presque en grandeur réelle : in live ! Les chefs sont dans les tribunes, semblables à celles qui leur sont promises pour les défilés militaires. Mais sur le ring toujours les mêmes : ceux à qui on demande de payer l’impôt, il sera sanglant cette fois. Pour la Patrie, l’identité nationale et internationale… solidarité du monde libre et démocratique, on fait des essais de micro en Afghanistan, au Pakistan et même en Iran. Chez nous, au plus près, on nous Bessonne.

L’Inde n’y échappe pas, “l’économie“ mine son territoire, décompose ses efforts pour plus de justice. Pour preuve : le 28 novembre 2009 une « Lettre d’Asie » mondaine (Frédéric Bobin dans Le Monde) nous faisait savoir qu’une « révolution silencieuse » avait lieu, propre à faire « trembler les détenteurs d’une parcelle d’autorité » : la création du RTI, soit “Right to information » le droit à l’information.  Ce RTI « bouleverse les relations entre pouvoirs et administrés »… à ceci près « Les lacunes dans l’application de la loi demeurent certes très nombreuses. L’Inde, toujours minée par la pauvreté, reste un pays où injustices et abus de pouvoirs sévissent à grande échelle. » et le gouvernement de New Delhi envisage d’amender le texte  « pour en émousser le tranchant » : puisqu’on est dans un pays de pauvres tout est possible, l’économie au centre dirait Pierre-Antoine, sinon que viendrait faire la pauvreté dans le domaine de la loi ?  En quoi empêcherait-elle son application ? En somme, “Right of information“ O.K., mais quand la pauvreté aura été “éradiquée“ – comme ils préfèrent le dire – ce qui n’est pas pour demain comme chacun de nous le sait.

Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’un cheminement jalonné de lieux communs conçus avec un enthousiasme juvénile affecté venant s’essouffler sur un truisme : l’argent n’est pas une garantie de bonne et belle vie mais en être privé est la certitude de passer un sale moment sur cette terre de douleur et même d’en crever comme un chien sous toutes les latitudes de la mondialisation.

Ainsi, voilà que les “agents économiques rationnels“ que nous sommes devenus par la grâce du bonhomme Delhommais, seraient à même d’apprécier l’irrationalité totale du système économique, politique et social qui nous gouverne. L’argent ne défait pas le bonheur, en cela réside le malheur absolu…

Robert

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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 10:17
Le magazine Harper's rompt avec Obama

18 janvier 2010 (Nouvelle Solidarité)— Harper’s magazine, fondé en 1850, et plutôt proche de la gauche américaine, a rendu publique sa rupture avec Barack Obama et son administration, dans un éditorial de Roger D. Hodge, son rédacteur-en chef, à paraître dans le numéro de février 2010. Intitulé « La tromperie par l’espérance », (The Mendacity of Hope), l’éditorial est un réquisitoire contre un Obama, incapable de mettre en pratique une seule de ses promesses de campagne, un Obama qui a poursuivi les politiques de guerre permanente de l’ère Bush-Cheney, ainsi que celles de « l’exécutif unitaire », notion empruntée par l’ancienne administration à Carl Schmidt, le juriste attitré des Nazis. Voici quelques citations de cet article :

« Une année est passée et nous n’avons pas encore été délivrés. Certains croyaient que Barack Obama était venu rétablir la République, réorienter notre nation vers le droit chemin. Une nouvelle ère glorieuse de la politique américaine était à notre portée. Si seulement cela avait été vrai. Nous en avons tous un goût amer désormais.

« Obama avait promis de mettre fin à la guerre d’Irak, à la torture, il avait promis de fermer Guantanamo, la Constitution, de penser les plaies, laver nos pieds. Aucune de ces choses n’a eu lieu. En tant que président, à quelques exceptions près, Obama a adopté les pouvoirs de guerre inconstitutionnels de son prédécesseur, ou a laissé la porte ouverte pour leur adoption discrète à une date ultérieure...

« Comme l’a souligné Maître Glenn Greenwald dans ses écrits pour Salon.com et d’autres publications, le droit n’a pas été rétabli mais perverti, ce qui avait été interdit, mais mis en pratique, la loi désormais le permet tout simplement. Les avocats d’Obama, s’inscrivant dans les précédents juridiques de l’ère Bush, peuvent prétendre agir de façon conforme à la loi ; la réalité est que les politiques infamantes continuent généralement comme avant. Pire, des arguties juridiques plus sophistiquées passent, alors qu’elles devraient donner des cauchemars à n’importe quel honnête homme. Nos tortionnaires, nos criminels de guerre, nos espions agissant dans l’illégalité, nos usurpateurs restent en liberté, en toute impunité. Les guerres choisies continuent et menacent de se répandre ; 30 000 soldats de plus se préparent « à finir leur emploi » dans ce cimetière d’Empires qu’est l’Afghanistan pendant que nos robots volant bombardent les villages dans les montagnes du Waziristan.

« Ceci, nous dit-on, est le progrès. Des admirateurs du Président adoptent désormais des actions qu’ils avaient auparavant dénoncées comme criminelles ; ils rationalisent, évitent ces questions ou tentent d’expliquer ce qui ne peut pas être excusé…

« Concédons que Barack Obama soit aussi intelligent que ses admirateurs le soulignent. Quelle preuve avons-nous qu’il soit aussi un virtuose de la morale ? Quelle preuve qu’il s’agisse de quelqu’un de bon, de sage et même d’un homme décent ? Oui, il peut être éloquent, mais l’éloquence n’est pas garantie de sagesse ou de vertu. Oui, il a une famille gentille ; mais elle évince la moralité de la vie privée. La morale publique requiert une action publique, mais tout indique qu’il a le caractère d’un politicien ordinaire dont l’ambition unique dans la vie a été celle d’atteindre le pouvoir ; rien dans la carrière de Barack Obama ne suggère qu’il s’engagerait jamais délibérément dans un chemin qui pourrait lui coûter l’élection.

« Son double langage absurde sur l’Afghanistan, où d’un côté il organise la montée en puissance de la guerre tout en promettant qu’une année plus tard commencera la transition vers l’Afghanisation, est une illustration parfaite de son attitude compulsive à biaiser sur toutes les questions.

« Nous pourrions aussi évoquer l’usine à gaz de la réforme de la santé, ou sa capitulation à Wall Street sur les questions économiques. Puisqu’Obama est un homme intelligent, il comprend surement le sens du mot « mendacity », ou tromperie par l’espérance.

« Ayant adopté et donné un caractère officiel aux pouvoirs de la force et de la fraude, associés auparavant à des gens comme John Yoo et Dick Cheney, Obama s’est lancé maintenant dans une course à la guerre qui invitera certainement d’autres abus de pouvoir. Sa survie politique dépend désormais d’un succès militaire dans un pays qui a déjà provoqué la défaite des stratégies les plus brutales de conquête de l’histoire. Obama s’est piégé lui-même, mais parce que c’est quelqu’un d’astucieux, il est fort probable que le ressort du piège tombera sur nous et non pas sur sa tête. Le style insidieux de gouvernement qu’il impose, appelle une opposition déterminée, plutôt que des désaccords polis, des excuses historiques fantaisistes ou encore des lamentations larmoyantes sur la tragédie de sa présidence. Les principes peuvent être sacrifiés sur l’autel des espoirs, pas seulement des craintes. »
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 22:46
9782353710690

La « violence des jeunes » est un thème qui occupe l’actualité de façon quasi quotidienne. Il alimente des discours généralement catastrophistes sur le rajeunissement et la violence des mineurs délinquants, surtout ceux issus des quartiers populaires. D’origine essentiellement politique, ces discours sont fortement amplifiés par les journalistes dont certains n’hésitent pas à verser dans le sensationnalisme et à relayer sans explication le moindre fait divers.

 

 

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mercredi 6 janvier 2010


Le paradoxe est que cette abondance de discours publics est inversement proportionnelle à la quantité de recherches sérieuses et impartiales sur le sujet. On sait finalement peu de chose sur les infractions à caractère violent commises par les jeunes. De quoi s’agit-il exactement dans la vie quotidienne ? Ces phénomènes sont-ils pour partie nouveaux dans la société française ? Comment peut-on les mesurer et se faire une idée de leur évolution ? Quelles sont les caractéristiques des auteurs et des victimes de ces infractions ? Comment la police et la justice les poursuivent-elles ?

Écrit par deux spécialistes, Véronique Le Goaziou et Laurent Mucchielli, La violence des jeunes en question apporte des réponses précises à toutes ces questions à partir de données historiques, statistiques et d’études de dossiers judiciaires. Dans un langage accessible à tous, il démonte la plupart des idées reçues et offre à son lecteur les moyens de se faire une opinion davantage éclairée. La conclusion de l’ouvrage est reprise ci-dessous à la suite du sommaire.

 


Véronique Le Goaziou & Laurent Mucchielli
La violence des jeunes en question
 [1]

 

Sommaire

Introduction : De la peur à l’analyse

Chapitre 1 : au temps des « Blousons noirs », petit détour historique

  1. En guise de préambule, un florilège
  2. Les mineurs délinquants : qui sont-ils ? combien sont-ils ? sont-ils plus nombreux ?
  3. Anciennes et nouvelles formes de délinquance
  4. La genèse des conduites délinquantes juvéniles
  5. Voleurs, vandales et bandes de jeunes, produits des « échecs de l’évolution sociale »

Chapitre 2 : Ce que disent les chiffres

  1. La délinquance des mineurs dans la statistique de police
  2. Les mineurs condamnés par la justice
  3. La révolution des alternatives aux poursuites
  4. Des enquêtes en population générale qui démentent les statistiques administratives
  5. Une double énigme à résoudre
  6. Le tournant du nouveau code pénal en 1994
  7. Quand le politique réclame une réponse « systématique » et « en temps réel »
  8. L’école, un nouveau territoire de poursuite de la délinquance des mineurs
  9. La judiciarisation des déviances juvéniles

Chapitre 3 : La « violence des mineurs » dans les dossiers judiciaires

  1. Travailler sur des dossiers judiciaires
  2. Derrière « la violence », quatre grands types de faits
  3. Les violences verbales et physiques
  4. Les violences envers des adultes représentant l’autorité
  5. Les vols violents
  6. Les violences sexuelles

Chapitre 4 : Auteurs et victimes

  1. Les auteurs : les facteurs-clés de la délinquance
  2. La diversité des profils d’auteurs
  3. Du côté des victimes

Chapitre 5 : Que fait la justice ?

  1. Les critères de gravité d’une affaire
  2. L’orientation des dossiers : classement ou poursuite et mode de jugement
  3. Le traitement des mineurs durant la procédure
  4. Les décisions finales

Conclusion : Comment sortir des cercle vicieux ?

 


La conclusion du livre :

Comment sortir des cercles vicieux ?

A l’issue de ce travail, il serait logique que nous revenions sur les principaux constats effectués pour en déduire quelques idées susceptibles de faire progresser le débat public et d’orienter les politiques publiques. Mais les responsables politiques s’intéressent-ils aux résultats des recherches ? Ne cherchent-ils pas simplement à surfer sur le sentiment d’insécurité d’une partie de la population (par ailleurs vieillissante) pour dérouler à l’occasion de certains faits divers un programme sécuritaire à visée électorale ? Le 5 mai 2009, en pleine campagne pour les élections européennes, l’Assemblée nationale a été saisie d’une proposition de loi (n° 1641, déposée par le député-maire de Nice M. Estrosi) visant la répression des fameuses bandes de jeunes. Selon l’exposé des motifs de ce texte, ces bandes « s’attaquent non seulement à l’intégrité physique de victimes innocentes, dégradent ou détruisent leurs biens », mais menaceraient aussi les enseignants dans les établissements scolaires. De même : « l’augmentation du phénomène de bandes démontre que la délinquance est en constante mutation et qu’elle doit être un combat quotidien ». Le problème est que, si le phénomène des bandes est bien une réalité, dénoncée d’ailleurs depuis plusieurs siècles, il n’existe aucune donnée permettant d’affirmer qu’il est en augmentation. De surcroît, le phénomène est en réalité marginal. Dans la recherche que nous avons menée au tribunal de Versailles [2], sur 557 affaires d’infractions à caractère violent commises par des mineurs, 78 % concernent un mineur ayant agi seul, 18,3 % concernent un petit groupe de 2 ou 3 personnes, 3,4 % un groupe de 4 ou 5 personnes et 0,4 % un groupe de plus de 5 personnes qui pourrait peut-être ressembler à l’image que l’on se fait d’une « bande ». Ce chiffre de 0,4 % correspond à deux affaires. L’une est une bagarre entre des jeunes scolarisés, l’autre une série de vols avec violence dans les transports en commun. Il est donc probable que ces faits demeurent rares en réalité, a fortiori dès que l’on s’éloigne des quartiers pauvres des grandes agglomérations où le phénomène des bandes est concentré [3]. La première de nos propositions est donc de cesser de prendre des faits rares pour des généralités (même s’ils deviennent des faits divers médiatisés) et de s’intéresser en priorité aux faits qui constituent le cœur de la délinquance et des actes violents commis par les mineurs.

En ce sens, le premier constat de fond auquel nous sommes parvenus est que, en l’état actuel, le débat public et politique est enfermé dans un véritable cercle vicieux, que l’on peut décrire de la façon suivante. Nous avons vu que toutes les enquêtes réalisées depuis une quinzaine d’années directement sur la population indiquent que le nombre des violences interpersonnelles est globalement stable. Toutefois, depuis le début des années 1990, les pouvoirs publics (de droite, mais souvent aussi de gauche) ne cessent d’ordonner aux policiers et aux gendarmes, aux magistrats ainsi qu’aux chefs d’établissements scolaire de signaler toutes les formes de violence même les plus bénignes. Du coup, se trouvent saisies par la justice une quantité de petites affaires de violence (verbale, physique, sexuelle), concernant souvent des préadolescents (voire des enfants), survenues en famille, dans le voisinage et à l’école, et qui étaient auparavant traitées de façon informelle. C’est ce processus de judiciarisation que nous avons vérifié dans notre étude réalisée au tribunal de Versailles. Entre 1993 et 2005 le nombre d’affaires de mineurs auteurs d’infractions à caractère violent y a globalement été multiplié par deux. Et, les affaires concernant les policiers mises à part (on y revient ci-dessous), cette augmentation correspond bien à l’arrivée en justice d’affaires intrafamiliales (pour des violences physiques et sexuelles), à l’augmentation d’affaires scolaires et à l’arrivée d’affaires opposant des jeunes à leurs éducateurs au sein des structures de prises en charge (ce qui est à certains égards un comble). Les auteurs de ces violences nouvellement judiciarisées sont logiquement plus jeunes. Enfin, ces nouvelles affaires de 2005 sont clairement plus bénignes au regard des actes concrets réellement commis, de l’ITT (incapacité totale de travail) et du trouble supposé à l’ordre public. D’où il résulte que l’ensemble des faits de violence est globalement moins grave en 2005 qu’il ne l’était en 1993 (contrairement au stéréotype si répandu).

Telle est la judiciarisation en actes, qui a donc pour résultat de faire augmenter les statistiques administratives puisque ces dernières comptabilisent le nombre de procédures effectuées. Dès lors, certains s’empressent de crier à l’augmentation de la violence et au rajeunissement de la délinquance. Les pouvoirs publics sont alors amenés à accentuer leur pression, à resserrer encore plus les mailles du filet pénal, donc à attraper encore plus de petits poissons, etcetera. Ainsi, en définitive, le système produit lui-même l’augmentation dont il s’effraye et qu’il cherche à combattre. Et le réservoir est tellement grand (les déviances, délinquances et conduites à risque sont tellement répandues chez les préadolescents et les adolescents) que ce cercle vicieux peut être sans fin. Au nom de la démagogie promettant le « risque zéro », l’on pourra pendant très longtemps (des décennies, des siècles ?) diminuer les limites du supportable, abaisser les seuils de tolérance et dénoncer de plus en plus le moindre écart de conduite des jeunes. Ce cercle vicieux ne s’arrêtera qu’à partir du moment où d’autres forces politiques seront suffisamment nombreuses et auront le courage de dire « stop, faisons une pause, arrêtons-nous pour réfléchir à ce que nous sommes en train de faire et voir si c’est la meilleure des solutions ».

Le second constat qui s’impose est que, à l’heure actuelle, dans les grandes agglomérations, le système de prise en charge des violences juvéniles est concentré sur les quartiers populaires et sur cette population des jeunes dits « issus de l’immigration » (à partir de quelle génération ces jeunes ne seront-ils plus appelés ainsi et seront acceptés comme des jeunes Français à part entière ?). Cette concentration du système est logique dans la mesure où, au début des années 1990 (notamment après les premières vagues d’émeutes), ce sont bien ces quartiers et cette jeunesse qui ont fait très peur aux pouvoirs publics au point d’enclencher le cercle vicieux que nous venons de décrire [4]. Ce sont bien ces quartiers qui, tout en bénéficiant d’une politique de la ville (à la générosité très variable selon les gouvernements), ont été placés sous une surveillance policière de plus en plus étroite [5]. Et ceci a deux conséquences. La première est que l’« impunité zéro » (version française de la « tolérance zéro » new-yorkaise) concerne au premier chef ces quartiers et ces jeunes à qui l’on ne pardonne plus rien, vis-à-vis desquels on se montre certainement bien plus intolérant et bien plus sévère qu’on ne l’est vis-à-vis des jeunes d’autres milieux sociaux qui font pourtant eux aussi un certain nombre de « bêtises ». La seconde conséquence est que cette surveillance policière toute particulière (et certainement pas bienveillante) contribue à entretenir un conflit profond, qui s’est enkysté au fil des ans et qui contribue paradoxalement aujourd’hui à augmenter la délinquance au lieu de la réduire. Dans notre recherche à Versailles, entre 1993 et 2005, de tous les types d’actes à caractère violent, ce sont les fameuses « IPDAP » (infractions envers des personnes dépositaires de l’autorité publique) qui ont le plus augmenté : elles ont été multipliées par trois en douze ans . Ce sont par ailleurs ces infractions (avec les vols violents) qui concernent les familles d’auteurs les plus fragiles sur le plan socio-économique, celles qui habitent le plus souvent dans des quartiers pauvres (ZUS) et qui sont le plus souvent « d’origine étrangère ». Nous voilà bien au cœur d’un problème très contemporain et d’un autre cercle vicieux. En effet, les contrôles policiers qui tournent parfois au harcèlement et à l’humiliation deviennent autant d’occasions de confrontations pour des adolescents qui, au-delà même de la vengeance personnelle ou familiale, trouvent là une façon de s’affirmer [6]. C’est pourquoi, de nouveau, nous ne disons pas qu’il faut arrêter d’intervenir et rester les bras croisés face aux problèmes. Mais nous attendrions des pouvoirs publics qu’ils aient le courage de dire « stop, faisons une pause, arrêtons-nous pour réfléchir à ce que nous sommes en train de faire et voir si c’est la meilleure des solutions ».

Concluons en affirmant qu’il existe d’autres façons de prétendre traiter les déviances et délinquances juvéniles que la matraque et la contention. Certes, ces dernières sont parfois nécessaires. Lorsqu’il est trop tard pour faire autre chose. Mais une société qui n’a plus que la menace comme réponse aux déviances juvéniles (« la sanction est la première des préventions », a dit un jour Nicolas Sarkozy) est une société qui avoue son aveuglement et son impuissance. C’est de surcroît une société qui s’avère incapable de reconnaître et de capitaliser les expériences (positives ou négatives) et les savoirs faire des professionnels dont le métier est depuis des décennies la prise en charge de ces déviances. Et cela aussi nous inquiète. Car la frénésie sécuritaire qui s’est emparée de nos gouvernants ne constitue pas seulement une négation de la complexité des problèmes posés par les déviances juvéniles, elle est aussi un grave manque de confiance envers les professionnels qui réalisent au quotidien et souvent dans la pénibilité la prise en charge de ces problèmes. Plutôt que de chercher avant tout un effet d’affichage médiatique à destination de l’électorat, une politique digne de ce nom ne devrait-elle pas commencer par faire remonter du terrain les besoins d’adaptation des dispositifs et des moyens, avec toute la diversité des situations que l’on rencontre dans un pays comme la France ? N’est-ce pas faire preuve d’un profond mépris que d’imposer à tous les professionnels (policiers, gendarmes, magistrats, éducateurs, médecins, psychologues, etc.) des normes et des pratiques que l’on a décidé depuis son bureau parisien et fait plus ou moins valider par une commission ad hoc ? N’est-ce pas un profond mépris que d’imposer à des policiers et des gendarmes de faire de plus en plus de gardes à vue même si cela ne débouche sur aucune poursuite pénale ? d’imposer à des magistrats de ne s’intéresser qu’au prononcé des peines et pas aux moyens de leur exécution ? d’imposer à des éducateurs et des psychologues de mettre en œuvre des projets éducatifs et de soigner dans des situations d’enfermement ?

La frénésie sécuritaire qui tient actuellement lieu de politique n’est en réalité qu’une forme particulière de gestion de l’urgence. Elle ne voit guère plus loin que le bout de son nez. Une politique digne de ce nom est une politique volontariste qui, au contraire, se projette dans le temps, qui veut changer la donne et qui fait pour cela un pari sur l’avenir. Ainsi la prévention n’est pas une vague sensiblerie que des personnes « laxistes » ou « droits-de-l’hommistes » développeraient envers et contre tout « bon sens ». Elle n’est pas une attitude compatissante qui s’opposerait à la ferme répression. Prévention et répression sont deux choses fondamentalement différentes, qui se situent dans des temporalités différentes. La répression n’est qu’une façon de gérer l’instant, seule la prévention est une véritable politique au sens où elle cherche à préparer l’avenir. La gestion de l’urgence se limite fatalement à désigner des coupables (les jeunes et leurs parents). La prévention est autrement plus ambitieuse et plus courageuse, tout en étant parfaitement concrète et en se construisant localement. Elle oblige en effet à revenir à l’analyse de ce qui se passe dans ce moment de la vie très particulier qu’est la préadolescence et l’adolescence, elle amène à chercher des façons de travailler avec les parents sans les discréditer encore davantage, elle oblige à reconnaître l’échec scolaire localement massif et le ressentiment que produit notre système « républicain » qui se prétend pourtant « égalitaire », elle conduit à inventorier ce qui est offert concrètement aux jeunes en terme d’activités et d’encadrement éducatif en dehors du temps scolaire, pendant les week-end et les vacances, comme ce qui leur est offert en terme de formation et d’insertion professionnelle, elle oblige à interroger les pratiques policières et à évaluer les décisions judiciaires… Bref, la prévention nous oblige à remettre à plat tous nos fonctionnements dans un esprit de solidarité et de responsabilité collective face à ce qui est en effet un devoir des adultes déjà insérés : donner à leurs enfants les meilleures chances de pouvoir à leur tour s’intégrer dans la société.

 

 

P.-S

Laurent Mucchielli sera à Toulon le mercredi 24 février : au cours d’une conférence-débat qui se tiendra, à partir de 18h30, dans l’amphi 200 de la faculté de droit, il développera les thèmes abordés dans cet ouvrage.

 

 


Notes

[1] Véronique Le Goaziou & Laurent Mucchielli, La violence des jeunes en question, éd. Champ social, octobre 2009, 160 p., 15 €.

Véronique Le Goaziou est sociologue et philosophe, chercheuse associée au CNRS (Cesdip). Elle est l’auteur notamment de Quand les banlieues brûlent. Retour sur les émeutes de novembre 2005 (La Découverte, 2007, en codirection avec Laurent Mucchielli).

Laurent Mucchielli est sociologue et historien, directeur de recherches au CNRS (Cesdip). Il est notamment l’auteur de Violences et insécurité. Fantasmes et réalités dans le débat français (La Découverte, 2 002) et Le scandale des « tournantes ». Dérives médiatiques et contre-enquête sociologique (La Découverte, 2 005). Il a dirigé Les bandes de jeunes, des Blousons noirs à nos jours (La Découverte, 2007, avec Marwan Mohammed), La frénésie sécuritaire. Retour à l’ordre et nouveau contrôle social (La Découverte, 2 008).

[2] Intégralement disponible sur ce site officiel : http://www.gip-recherche-justice.fr.

[3] G. Mauger, La sociologie de la délinquance juvénile, Paris, La Découverte, 2009, p. 62.

[4] Voir l’historique proposé dans L. Mucchielli, Violence et insécurité. Fantasmes et réalités dans le débat français, Paris, La Découverte, 2ème éd. 2002.

[5] Car les « zones de non droit » dénoncées par les tenants du discours sécuritaire sont un mythe. Depuis les années 1990, les quartiers populaires sont de plus en plus quadrillés non seulement par les unités « ordinaires » de la police nationale, mais aussi par des unités d’interventions plus « musclées » que sont les BAC (brigades anti-criminalité), par les Renseignements généraux et de plus en plus (surtout depuis les émeutes de 2005) par les CRS.

[6] M. Mohammed, L. Mucchielli, « La police dans les ‘quartiers sensibles’ : un profond malaise », in L. Mucchielli, V. Le Goaziou, dir., Quand les banlieues brûlent… Retour sur les émeutes de novembre 2005, Paris, La Découverte, 2007, 2ème éd., p. 104-124.

 

 

 

La torture ça s'apprend. Vidéo pouvant choquer, révolter surtout.

 

 

 

 

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