Texte libre

imprévisible
investir
les interstices
de leurs territoires
sédentaires
à la manière du sable
partout
chaque trou
ils ne contrôlent pas tout
présence légère
camper à la nomade
au bord des choses
au bord des corps
au bord des morts
sans frénésie
sans appétit
solidaire
choisir une position
sans tourner le dos
à ses frères
ni leur faire face
installer la caravane
provisoire
sans rien déranger
occuper la position
précaire
à l’extrême
de l’inattention
provoquer
le déplacement
à l’épuisement
de la distraction
quand l’habitude
fait voir
un territoire

où l’on avait choisi
un emplacement
sans rien emporter
en laissant tout
en place et en plan
partir
sur la pointe des pieds
crainte de gêner
en faisant du bruit
pas d’itinéraire
à suivre
les pères
ne transmettent pas
leurs repères
pas de voie à ouvrir
les fils
n’héritent pas
de vos repaires
le désert
efface
toute trace
de réussite
hargneuse
tapageuse
de qui a fait
son chemin
ne pas s’attarder
passer à la ligne
n’aimer que
les inachèvements
opter
pour la dérive
et l’inconséquence
seulement habité
par le souffle
inspire

 
expire

J.C.Grosse
La Parole éprouvée
Les Cahiers de l'Égaré

Texte Libre


Les agoras d'ailleurs existent depuis octobre 1995. Elles se sont déroulées, une fois par mois, jusqu'en décembre 2004, à la Maison des Comoni, le théâtre du Revest.
Depuis 2005, les agoras sont nomades. Les intervenants sont multiples: collectif informel d'auteurs, de penseurs, de chercheurs, de gens.
D'octobre 2008 à mai 2009, séances aléatoires  aux Chantiers de la Lune à La Seyne-sur-mer  et à la médiathèque d'Hyères, consacrées à Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Marcel Conche, André Comte-Sponville, au hasard et à d'autres thèmes.
Une douzaine de contributeurs proposent plus ou moins régulièrement des analyses, des articles, des billets d'humeur, des aphorismes.
Les textes mis sur ce blog peuvent être utilisés à la seule condition d'indiquer le nom et la qualité de leur auteur.

Lundi 9 novembre 2009
L 261

LA GRANDE VASOUILLE

Cette lettre, numérotée 261, fut en réalité, écrite avant la 260. Seule l’urgence, telle qu’elle m’apparut du moins, m’a fait inverser l’ordre chronologique. Or voilà que depuis que celle-ci a été bouclée, Le Monde, Sa Référence, se lance à corps perdu cette fois – et qui le retrouvera ? – dans la grande discussion, LE Débat sur l’identité nationale. On y convoque Fernand Braudel, Renan, Barrès… Seul Besson fait tapisserie. Il faudra, peut-être , y revenir…

On patauge, ils trifouillent, nous dégoûtons d’arguments gluants, dont il faut se dépêtrer : l’Identité Nationale est devenue l’affaire du moment, le gaz moutarde de la dernière offensive élyséenne. Il se trouve énormément de petits soldats pour entamer le combat, de Ségolène à Nathalie. Royal « encourage le PS à en débattre » (Libération 2 novembre) « Il faut reconquérir les symboles de la nation. C’est pourquoi j’ai souhaité faire chanter la Marseillaise dans mes meetings » ; Kosciusko-Morizet,* spécialiste de l’économie numérique, élague et dégage de la confusion générale, une confusion particulière : « Quand on dit “place à la diversité“, on mentionne un Arabe, un Noir, une femme. La féminité n’est pas une diversité, nous sommes la moitié de l’humanité » (Le Monde 31 octobre), géographiquement ces « propos recueillis » jouxtent en page 20 la chronique de Caroline Fourest dont il était question dans ma lettre précédente.

Ici le détour vaut la peine. Ma comptabilité a des lacunes mais rien ne me dit que Noirs plus Arabes ne font pas aussi la moitié de l’humanité, sauf si on devait en retrancher les femmes. Car sont-elles Noires d’abord et femme ensuite, les Africaines, ou l’inverse ; c’est comme pour les Arabes musulmanes, sont-elles voilées d’abord ou femme d’abord ou Maghrébines. Quant aux Asiatiques…

Quelles qu’elles soient, tout dépend de ce que l’on veut en faire, de ce qu’ils veulent en faire les exploiteurs de vies humaines. Le problème serait-il victime d’un énoncé confus ? Dans l’interprétation la plus favorable, nous dirions que la « féminité » efface la distinction entre les couleurs, donc les origines. Si la féminité  compte pour moitié de l’humanité, la masculinité compte pour l’autre moitié. Et si ce qui compte avant tout est de considérer la qualité sexuée des humains – sauf les Androgynes, ça va de soi -  alors pourquoi continuer à parler de Noirs et de Blancs, de Maghrébins ou d’Asiatiques ? Et comme tout ce monde se confond en une catégorie et une seule, les Humains, alors pourquoi tout ce raffut ?

Mais cela devrait pouvoir se dire aussi de la façon suivante : la Femme Kosciusko-Morizet, sous Ministre, se sentira autant solidaire de la femme Laurence Parisot, par ailleurs secrétaire du MEDEF, que de la femme de ménage anonyme du 18° arrondissement de Paris. La féminité efface les frontières factices de la condition sociale, de la hiérarchie par la Phynance, toutes égales, toutes solidaires. Et puis ce terme, ce mot de « diversité », « la féminité n’est pas une diversité » - Pardon Madame, n’auriez-vous pas aperçu la Diversité par ici ? Non, ici il n’y a que des femmes cher monsieur – Mais je crois bien entrevoir quelques Noires tout de même qui balayaient les couloirs du MEDEF il y a dix minutes seulement ? – Non monsieur, ce ne sont que des femmes. En ce moment, ici même, la Diversité n’est représentée que par vous-même… - mais madame ! nous sommes la moitié de l’humanité nous autres hommes – … alors disons que vous avez une identité différente… et ainsi de suite. C’est dans ce dialogue, de sourds mondains, que l’on cherche à nous entraîner.

Et pourtant : lorsque madame Koscisko-Morizet explique qu’elle « assume tout à fait que les femmes politiques aient les mêmes défauts que les hommes, c’est le mode d’être de la politique. {…} La démarche différentialiste est une impasse. De même que la démarche purement arithmétique sur la parité. Avant cela il faut assurer la mixité, car les milieux non mixtes, qu’ils soient masculins ou féminins, sont pauvres, peu créatifs. Désormais les gens ne se mélangent plus. »  j’y vois une cohérence quant à la fonction, cet habit qui fait le moine. Une femme ou un homme qui font de la politique sont des êtres politiques qui s’engagent pour une action, un programme, un rôle que leur attribue un pouvoir qui exprime le rapport de force entre ceux qui possèdent (le pouvoir, la richesse) et ceux qui ne possèdent pas (la richesse, le pouvoir). Ce que la sous-ministre appelle « le mode d’être ».

En revanche ce qui paraît être une résurgence imprévue d’une conception justement inverse de ce qu’elle tient pour vérité : la mixité source de créativité. Elle le dit sans mâcher ses mots, pas de mixité : milieu pauvre peu créatif. Existe-t-il quelques preuves historiques de cette affirmation ? La mixité n’étant pas un défaut, serait-elle pour autant une condition d’absolue nécessité pour faire avance l’humanité ou la part d’humanité que madame la sous-ministre représente ? Cette mixité relève de quel principe ? Mixer le Noir et le Blanc et un zest d’Arabe, entre-t-il dans le schéma proposé ? L’intégration ? La mixité des communautés et des cultures…et donc la féminité assimilée, à contre-courant de sa pensée, à une catégorie de cette diversité. L’auteur de « Tu viens ? »* - “parler et rêver de demain“ dit la publicité - pourrait y voir un contresens de mauvaise foi : je parle de la mixité entre hommes et femmes, dirait-elle. J’avais compris, mais le mot s’il souligne le brassage en fonction du sexe n’en n’est pas moins pertinent dans les autres cas que je viens de citer. La mixité est le propre de l’Homme, disons de l’Humain afin d’éviter tout malentendu. Sinon, “demain“, de quoi sera-t-il fait, chère madame ? Être femme est-il identifiable au “mode d’être“ ?  Serait-ce une catégorie ayant sa propre Identité ? Serait-ce un état dans l’Etat ? En somme, de quoi parle-t-on ?

L’Identité Nationale, à l’ordre du jour, est le seul moyen de faire avaler la couleuvre des valeurs fondamentales par l’appartenance et par la dépendance à l’Ordre patriotique. Royal faisant chanter la Marseillaise et requérant le drapeau bleu blanc rouge dans ses manifestations de candidate à l’Elysée, est de cet Ordre là. Tout le reste n’est que (mauvaise) littérature.

Le débat qui porte l’affaire au premier plan des préoccupations politiques du moment, est l’un des multiples moyens d’endormir ou de dissimuler les vrais enjeux et les véritables manœuvres sur le terrain. Tout le monde s’en sera rendu compte. Sauf les politiques, bien entendu. Ceux-là ne doivent leur existence qu’à leur fatuité et à la distraction du public qu’ils voudraient voir dormir. Jusqu’au jour où « A mesure que la faveur et les grands biens se retirent d’un homme, ils laissent voir en lui le ridicule qu’ils couvraient, et qui y étaient sans que personne ne s’en aperçût. »  (La Bruyère ; Les caractères ou les mœurs de ce siècle). Plus qu’un homme, il est question ici de tout un personnel au service d’un régime qui repose et  reposera de plus en plus, sur la force, la duplicité et le mensonge. Qualités mortelles à plus ou moins long terme.

Robert

* La sous-secrétaire d’Etat vient d’écrire un livre. Rien de très original. Un essai nous dit-on, qui s’intitule « Tu viens ? ». Il s’agirait d’une « réflexion sur les femmes, l’écologie, internet et l’engagement politique » le tout en 192 pages pour la modique somme de 12,90 €.

Par grossel - Publié dans : Robert P
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Vendredi 6 novembre 2009
Où nous retrouvons sur ce blog l'humour de JePasse
grossel

Décès  de Claude Lévi-Strauss




Le Cru et le Cuit ne font plus Recette ?

Essayez La Fente et l'Orifice

aux éditions de la Boutique de l'Arène
collection Point sur le i

Antoine Sévilla

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samedi 30 janvier 2010
de 14 à 16 H
pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Claude Lévi-Strauss,
les leçons d'un ethnologue
par Jean-Claude Grosse


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L'identité Nationale selon Éric Besson

À la culture, je peux faire dire n'importe quoi,
il suffit, pour cela, d'être cultivé.



Exemple :

"F.aisceaux de la C.onscience P.olitique,
j'affirme que les R.acines de la C.ulture F.rançaise
ne sont pas judéo-chrétiennes
J'affirme que les R.acines de la F.rance sont
C.eltiques, G.recques et R.omaines.
Les apports nouveaux n'ont qu'à s'y tenir
en prouvant le contraire"

(plus loin de Toi mon Dieu, Rien ne remplace la Science)

Antoine Sévilla

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La Boutique de l'Arène présente :

Le Néopaganisme Social pour les Nuls

Les Racines de la France sont Celtiques, Grecques et Latines,

1. D'essence politique, panthéiste, laïque et solidaire,
elles ne s'appuient sur aucune religion, ni dogme,
ni rituel de pensée, a priori, préétabli.

2. Elles ne s'appuient que sur les Hommes et uniquement
les Hommes libres de leur volonté et qui savent s'y tenir.

3. Ce n'est qu'à ce titre, et uniquement à ce titre,
que les apports nouveaux sont les bienvenus.

Antoine Sévilla


Par grossel - Publié dans : Jean-Pierre Savelli
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Vendredi 6 novembre 2009
LE MONDE
daté 4 novembre 2009

En janvier 1946, la station de métro Marcadet-Balagny change de nom pour célébrer la mémoire de Guy Môquet, plus jeune des prisonniers fusillés au camp de Châteaubriant le 22 octobre 1941. Mort à 17 ans, le jeune homme devient l'emblème de l'engagement communiste dans la Résistance. Et c'est sans doute à ce titre que, le 16 mai 2007, Nicolas Sarkozy annonce que la dernière lettre adressée par le jeune homme à ses parents sera lue dans les collèges et lycées à la date anniversaire de son martyre.
La querelle mémorielle qui suivit - à l'instar de Jaurès, Môquet n'était-il pas ainsi "récupéré" par la droite ? - n'a cependant pas suscité alors de vraie réflexion historienne. Et l'ultime missive composée à l'heure de l'exécution, lue dans les vestiaires du XV de France à l'heure d'une demi-finale mondiale contre les Anglais - par un bien curieux transfert... - n'a fait que paralyser des rugbymen appelés à revivre la mise à mort. C'est dire si L'Affaire Guy Môquet, de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, vient à point rétablir un questionnement scientifique sur un épisode gagné par la légende.
S'en tenant aux seules archives, reprenant tous les documents accessibles, publics comme privés, les deux historiens qui ont déjà fortement dérangé la vision officielle de l'histoire du PCF durant la guerre (Le Sang des communistes, Fayard, 2004 ; Liquider les traîtres, Laffont, 2007) épinglent le manque de rigueur de leurs aînés, peu soucieux de démonter le mythe qui s'est emparé d'un activiste en herbe, clandestin sinon résistant, pour en faire un héros national, icône sanctifiée dont le sang versé lavait les taches d'un Parti communiste qui peinait à effacer à l'été 1941 sa compromission avec le pouvoir nazi.
Le double mécanisme de la manipulation de 1941 comme de 2007 ainsi implacablement démonté, le citoyen doit féliciter les deux historiens de préférer leur métier à la légende : "Si l'on s'était donné la peine de rendre à l'histoire sa complexité, de ne pas violer les temporalités, de bannir tout anachronisme et surtout d'aller voir de près les faits, cette commémoration n'aurait peut-être pas été aberrante. On a cru commémorer la Résistance en honorant un jeune homme qui, loin de combattre l'occupant, a distribué des journaux qui véhiculaient des propos et des valeurs aux antipodes de la liberté, de la démocratie, du patriotisme qu'on a voulu célébrer en 2007."


L'AFFAIRE GUY MÔQUET. ENQUÊTE SUR UNE MYSTIFICATION OFFICIELLE de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre. Larousse, "A rebours", 160 p., 12 euros.

Philippe-Jean Catinchi

L 260
5 Octobre 2009

Philippe-Jean Catinchi est journaliste. Il écrit dans Le Monde de Référence. Il découvre, le 4 novembre 2009, un ouvrage écrit par deux historiens, Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre : “L’affaire Guy Môquet, enquête sur une mystification officielle “. Quand Berlière et Liaigre écrivirent leurs premiers ouvrages sur l’attitude et les pratiques du PCF durant la guerre, leur publication fut suivie de violentes polémiques.  Cette planche-là est donc savonnée depuis 7 ans déjà et c’est sur cette pente que patine le héros du jour.

A propos d’un jeune homme de 17 ans qui fut assassiné, légalement assassiné dans la nuit vichyste, Catinchi prend la pose à l’ombre des écrits d’historiens traquant la “vérité historique“. Vérité dont on sait les incertitudes et les lacunes, quel que soit le sérieux des recherches et l’impartialité de ceux qui sont en charge de redessiner et reconstituer le passé.

Lui regarde en coin et non sans ironie, un « activiste en herbe ». Monsieur Catinchi se croit autorisé à en ajouter à seule fin de saluer la Vérité qu’il semble vouloir porter à lui tout seul sur un bouclier de pureté.  C’est pour cela que les historiens lui font de l’ombre, il les hisse au-dessus de sa personne pour simplement montrer sa force. Ce jeune homme de 17 ans qui va être fusillé n’est pas un résistant mais un “activiste“ débutant. Ce jeune homme écrit à ses parents comme un enfant perdu. Il s’accroche à l’amour qui s’efface, avec une force désespérée et balbutiante. Il fait l’effort suffocant de paraître héroïque. Mais monsieur Catinchi ricane et se drape dans son bonheur de citoyen décillé par deux historiens qui ont « préféré leur métier à la légende », il est assuré sous ses airs de procureur et remet les choses de la vie à leur place ! On peut tout dire et tout analyser sur la politique du PCF et de Staline avant, pendant et après la guerre. Et, n’en déplaise au curateur Catinchi, on n’aura pas attendu Berlière et Liaigre, quelques soient leurs mérites par ailleurs, pour affiner et démonter le rôle exact du stalinisme et ses conséquences sur le mouvement ouvrier.

Mais que peut dire l’Histoire confrontée à cette bravade
« Et l'ultime missive composée à l'heure de l'exécution, lue dans les vestiaires du XV de France à l'heure d'une demi-finale mondiale contre les Anglais - par un bien curieux transfert... - n'a fait que paralyser des rugbymen appelés à revivre la mise à mort. C'est dire si L'Affaire Guy Môquet de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, vient à point rétablir un questionnement scientifique sur un épisode gagné par la légende. » : l’expression tauromachique, « la mise à mort » esquisse l’insulte ultime à la réalité des faits : un jeune homme de 17 ans - pris en otage, ce qui pourrait le déconsidérer aux yeux de son procurateur mémoriel - sera fusillé dans l’instant qui aura suivi la rédaction de sa lettre, avec la complicité active d’une police aux ordres et de magistrats jureurs ayant prononcé un serment d’allégeance au Maréchal. Et voilà que sa lettre aura paralysé nos hoplites sportifs ! Funeste conséquence d’une « légende », celle d’un simple « activiste en herbe », qui n’en finira pas de pourrir les consciences et de miner nos forces vives. « Curieux transfert » qu’il opère quand il dérape de la tragédie dans la pure bouffonnerie. Le salut au drapeau du “questionnement scientifique“, n’effacera pas les grincements d’un esprit mal tourné.

Ce que disant, j’ai conscience d’avancer sur la corde raide. Il voit le mal partout, il en fait trop… Pourtant, ce balancier qui nous balade de SarkUbu le flibustier énervé à Môquet le fusillé assassiné, du Ridicule marchant précautionneusement dans la neige du plateau des Glières, à la réalité de la salve meurtrière, cette balade, Catinchi en ferait presque une farce d’étudiant inconscient, coupable d’abord d’être passé à la postérité sur un titre usurpé de Résistant. Alors que, sous-entendu, Malraux, Chaban-Delmas et bien d’autres en seraient les héros exemplaires ?
Robert
Par grossel - Publié dans : Robert P
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Mercredi 4 novembre 2009
Je mets en ligne cet article et cette vidéo de Solidarité et Progrès. Ce sont des analyses très claires.
Lire aussi cet article sur la faille de Marx:
composition technologique du capital contre composition organique.
grossel

La Grève de masse de Rosa Luxemburg
et son actualité aujourd’hui

 
De mémoire récente, la seule expérience des populations occidentales avec le ferment de grève de masse est la série de révolutions qui ont mené à la chute du mur en 1989. Des centaines de millions de gens sont descendus dans la rue et ont renversé en l’espace de quelques mois seulement les régimes socialistes d’Europe centrale. Ces événements avaient été anticipés un an plus tôt par l’économiste politique américain Lyndon LaRouche, lors d’une conférence de presse à l’Hôtel Kempinski de Berlin le 12 octobre 1988. Les raisons qu’il avait évoquées étaient de nature économique, l’Union soviétique ayant rejeté l’offre de l’administration Reagan pour une mise en œuvre conjointe de l’Initiative de défense stratégique, et s’étant lancée à corps perdu dans un processus d’accumulation primitive à l’encontre des peuples qui lui étaient assujettis.

LaRouche avait également affirmé, après la chute du mur, que l’« autre chaussure allait tôt ou tard tomber en Occident ». Après avoir pillé les pays du Tiers Monde, la Cité de Londres et ses satellites se sont maintenant rabattus, comme l’avait fait l’Union soviétique au cours des années 80, sur des méthodes d’accumulation primitive contre les peuples occidentaux plus ou moins épargnés jusqu’à présent.

Qui était Rosa Luxemburg ?
De la même manière, l’autorité de Rosa Luxemburg sur la question de la grève de masse est liée à son rôle en tant que dirigeante politique et à sa compétence en tant que l’un des rares grands économistes politiques des 150 dernières années. Elle avait compris que l’émergence de grèves de masse était, sous certaines conditions économiques et historiques, inévitable.

Née en 1871, troisième muse polonaise avec la claveciniste Wanda Landowska et la physicienne Marie Curie, Rosa Luxemburg était un économiste brillant, l’une des rares à critiquer Marx non pas d’un point de vue idéologique mais de celui de la recherche de la vérité. Elle était également une personnalité politique majeure à une époque où les femmes n’avaient même pas le droit de vote.


Rosa Luxemburg dans une réunion à Stuttgart en 1907
Luxemburg fonda la Ligue Spartacus en 1914, en s’opposant résolument au soutien des sociaux-démocrates à la Première guerre mondiale, puis le Parti communiste allemand en décembre 1918, lorsqu’il devint évident que la social-démocratie allait trahir de nouveau la classe ouvrière. Lors de la vague de grève de masse qui éclata en Allemagne au lendemain de la Guerre, elle fonda avec Karl Liebknecht le Drapeau rouge (Rote Fahne), afin d’orienter le mouvement. Elle et Liebknecht furent assassinés par des miliciens d’extrême-droite le 19 janvier 1919, avec la complicité de certains sociaux-démocrates exerçant alors le pouvoir.

Rosa Luxemburg fut l’auteur de plusieurs études économiques d’envergure et de centaines d’articles touchant à la politique et à l’économie. Son essai de 1906, Grève de masse, parti et syndicat est une œuvre prémonitoire, résultant de son étude des conséquences économiques et politiques de l’impérialisme de la fin du XIXe siècle.

Dans une récente discussion concernant la mobilisation d’août aux Etats-Unis contre le projet de réforme de la santé du Président Obama, l’économiste américain Lyndon LaRouche faisait part de son estimation selon laquelle on assistait aux premières manifestations d’une grève de masse, au sens strict où l’entendait Rosa Luxemburg dans son essai.

Il ne s’agit pas ici de sémantique, ni d’un échange de rhétorique entre professeurs de Sciences politiques, mais d’une question urgente : la survie même des nations europénnes et des Etats-Unis dépend d’une mobilisation sans précédent de ses populations – en fait, d’une grève de masse. Mais quelles sont les conditions nécessaires à son émergence ?

Bien que les conditions économiques, sociales et culturelles ne soient pas identiques aujourd’hui aux Etats-Unis et en Europe à celles qui prévalaient en 1906 en Russie, en Pologne et en Allemagne lorsque Rosa Luxemburg écrivit son essai, les similarités sont plus importantes que les différences. Une grève de masse se déclenche pour des raisons qui sont historiquement spécifiques, certes, mais toujours parce qu’un peuple prend soudainement conscience que son existence même, que tout ce qui compte pour lui est menacé.

Ce n’est pas par hasard si LaRouche, pour qui l’économie doit toujours être vue comme un processus physique, a compris, comme Rosa Luxemburg en son temps, que la grève de masse une fois déclenchée est une force physique qui peut devenir irrésistible.

Pour toutes ces raisons, Luxemburg voyait la grève de masse comme un phénomène scientifique, et décriait les apprentis sorciers parmi les dirigeants de la gauche de son époque, qui prétendaient pouvoir déclencher voire interdire la grève de masse : « C’est sur le même terrain de la considération abstraite et sans souci de l’histoire que se placent aujourd’hui d’une part ceux qui voudraient déclencher prochainement en Allemagne la grève de masse à un jour déterminé du calendrier, sur un décret de la direction du Parti, et d’autre part ceux qui, comme les délégués du Congrès syndical de Hambourg, veulent liquider définitivement le problème de la grève de masse en en interdisant la ‘propagande’. L’une et l’autre tendances partent de l’idée commune et absolument anarchiste que la grève de masse n’est qu’une arme purement technique qui pourrait à volonté, selon qu’on le juge utile, être ‘décidée’ ou inversement ‘interdite’, tel un couteau que l’on peut tenir fermé pour toute éventualité dans la poche ou au contraire ouvert et prêt à servir quand on le décide. » [1]


Massenstreik (Grève de masse, parti et syndicat), édition allemande de 1919, publiée à Leipzig
En 1906, lorsque Luxemburg écrivit Grève de masse, parti et syndicat, nul n’ignorait les évènements révolutionnaires en Russie de 1905, mais c’est Luxemburg qui prit la peine d’en élucider les causes tant économiques que politiques : « Si le déclenchement des grèves dépendait de la ‘propagande’ incendiaire des ‘romantiques de la révolution’ ou des décisions secrètes ou publiques des Comités directeurs, nous n’aurions eu jusqu’ici aucune grève de masse importante en Russie. Il n’y a pas de pays où l’on ait aussi peu pensé à ‘propager’ ou même à ‘discuter’ la grève de masse que la Russie. (…) La révolution russe nous apprend donc une chose : c’est que la grève de masse n’est ni ‘fabriquée’ artificiellement, ni ‘décidée’ ou ‘propagée’, dans un éther immatériel et abstrait, mais qu’elle est un phénomène historique, résultant à un certain moment d’une situation sociale à partir d’une nécessité historique ».
C’est ainsi qu’elle décrit minutieusement la multiplication de soulèvements depuis la première et apparemment « insignifiante » grève économique de 40 000 ouvriers de Saint-Pétersbourg en mai 1896 jusqu’à la « troisième grève générale de masse », à caractère politique, « qui s’étendit à l’Empire tout entier » en décembre 1905 : « La grève de masse tel que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu’il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d’application, sa force d’action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l’on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l’Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux, tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades – toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l’une sur l’autre, c’est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. »

Avec cet esprit rigoureux qui la caractérise, Luxemburg insiste qu’il n’y aura pas de Grand Soir, en tant que tel, mais que les dirigeants de la classe ouvrière se doivent d’être attentifs, sur de longs mois, souvent sur des années, à tout ces petits cours d’eau qui confluent dans l’immense fleuve de la grève de masse : « Il est absolument faux d’imaginer la grève de masse comme une action unique. (…) Si l’on considère les innombrables et différentes grèves de masse qui ont eu lieu en Russie dans la période récente, une seule variante, et encore d’importance secondaire, correspond à la définition [convenue, ndla] de la grève de masse, acte unique et bref de caractère purement politique, déclenché et stoppé à volonté selon un plan préconçu, il s’agit là de la pure grève de démonstration. (…) Toutes les autres grèves de masse partielles ou grèves générales furent non pas des grèves de démonstration mais de lutte ; comme telles elles naquirent spontanément à l’occasion d’incidents particuliers locaux et fortuits, et non pas d’après un plan préconçu et délibéré et, avec la puissance de forces élémentaires, elle prirent les dimensions d’un mouvement de grande envergure. »

La grève de masse naissante aux Etats-Unis
Depuis plusieurs mois déjà, des centaines de milliers de gens se sont précipités aux Etats-Unis à ce qu’on appelle des « town hall meetings » convoqués par les parlementaires chargés de défendre la politique de santé du Président Obama. Ces meetings sont devenus de véritables manifestations d’opposition au pouvoir en place, non pas une opposition sur un sujet particulier, mais un rejet général de sa trahison. Les revendications, à la fois précises et générales, à la fois économiques et politiques, la grande diversité dans les opinions politique et les origines sociale des citoyens, leur colère vis-à-vis de tous les partis officiels, la multitude des événements [2], tout correspond à la description qu’a faite Rosa Luxemburg de la grève de masse.

Délibérémment passés sous silence par les médias officiels, que ce soit la presse écrite ou audio-visuelle, ces évènements revêtent une couleur très particulière en raison du contexte, explosif. Après quarante années de désindustrialisation, de sous-investissement dans l’infrastructure et de paupérisation des ouvriers et agriculteurs, les américains ont subi l’éclatement en août 2007 de la bulle financière. Ensuite, le renflouement à hauteur de 24 000 milliards de dollars des banques et compagnies d’assurance par les administrations Bush et Obama, les quatres millions d’emplois perdus depuis le début de l’année 2009 et l’épuisement rapide des indemnités versées, la saisie de deux millions de propriétés et la multiplication des tent cities (des communautés de personnes ayant perdu leur logement et vivant dans des tentes) aux abords des grandes villes américaines, le nombre croissants de salariés nécessitant des coupons alimentaires pour compenser les nombreux jours de travail perdus (40% des bénéficiaires de coupons alimentaires sont aujourd’hui salariés, contre 25 % il y a deux ans), tout cela est accompagné d’un discours sur la montée des déficits budgétaires et la nécessité de mesures d’austérité encore plus draconiennes pour équilibrer les budgets.

Selon l’actuel économiste en chef du FMI, un keynésien se réclamant du « socialisme », la « stimulation » de l’économie (sous-entendu le renflouement des banques et des mesures de soutien à la consommation) n’est possible qu’en coupant massivement dans les budgets sociaux publics, et surtout dans les dépenses de santé et les retraites. Et selon le directeur général du FMI, « Keynes a fait davantage que Rosa Luxemburg pour la classe ouvrière » ! [3]

On entend souvent dire que grâce à la crise les salaires vont enfin pouvoir baisser et que la reprise sera malgré tout pauvre en emplois. Des dirigeants croulant sous les privilèges affirment que l’on peut à nouveau, comme l’avait prescrit Keynes en son temps, relancer la consommation tout en abaissant les niveaux de vie, grâce à une inflation délibérément organisée masquant la baisse des salaires réels et une bonne dose de propagande.

On voit bien ici que les contradictions sont nombreuses et que nous avons atteint les limites du système : les conditions pour l’éclosion d’une grève de masse sont aujourd’hui réunies tant aux Etats-Unis qu’en Europe.

Nos contradicteurs de tous partis politiques confondus, ceux qui insistent qu’il n’y aura jamais de grève de masse en Occident, considèrent soit que la misère n’est pas « encore » assez terrible pour que la population se soulève, soit que l’action combinée des stupéfiants et de l’industrie du divertissement l’a tellement abrutie que son énergie vitale s’est définitivement éteinte.

C’est ignorer ces périodes exceptionnelles où le citoyen se trouve soudainement en état de recevoir ce que le poète anglais Shelley appelle « des conceptions profondes et passionées concernant l’homme et la nature » ou ignorer ce que disait Rosa Luxemburg en comparant la situation de l’Allemagne à celle de la Russie : « Six mois de révolution feront davantage pour l’éducation de ces masses actuellement inorganisées que dix ans de réunions publiques et de distributions de tracts. Et lorsque la situation en Allemagne aura atteint le degré de maturité nécessaire à une telle période, les catégories aujourd’hui les plus arriérées et inorganisées constitueront tout naturellement dans la lutte l’élément le plus radical, le plus fougueux, et non le plus passif. »

Au moment où Rosa Luxemburg écrivait ces lignes, l’Allemagne entrait dans une période de transition, qui faisait suite à quinze années de relative prospérité au cours desquelles s’étaient développées de puissantes organisations syndicales. Cette éphémère prospérité avait amené les syndicats à négliger leurs responsabilités politiques, et ainsi non seulement à proclamer leur neutralité vis-à-vis du Parti social-démocrate, mais surtout à ne prendre aucunement en compte les conséquences, pour la classe ouvrière, des agissements de l’impérialisme britannique, et plus généralement, européen.

« Les fonctionnaires syndicaux, explique Luxemburg, du fait de la spécialisation de leur activité professionnelle et de la mesquinerie de leur horizon, résultat du morcellement des luttes économiques en périodes de calmes, sont devenus victimes du bureaucratisme et d’une certaine étroitesse de vues. » Elle ajoute : « Les dirigeants syndicaux en sont venus peu à peu à perdre le sens des grands rapports d’ensemble et de la situation générale. Ainsi s’explique, par exemple, que beaucoup de dirigeants syndicaux aient mis l’accent avec tant de complaisance sur les succès des quinze dernières années, sur les millions de marks d’augmentations de salaires, au lieu d’insister au contraire sur les revers de la médaille : l’abaissement simultané et considérable du niveau de vie des ouvriers, dû au prix du pain, à toute la politique fiscale et douanière, à la spéculation sur les terrains, qui fait monter les prix de manière exorbitante, bref sur toutes les tendances objectives de la politique bourgeoise qui ont partiellement annulé les conquêtes de quinze ans de luttes syndicales. »

Le niveau de vie des ouvriers allait se dégrader beaucoup plus rapidement au cours de la décennie à suivre mais la grève de masse qu’avait anticipée Rosa Luxemburg en Allemagne n’a pas eu lieu. Se serait-elle trompée ?

Non ! Ce sont les dirigeants socialistes qui, en votant le 4 août 1914 les crédits de guerre au parlement allemand et abandonnant toute opposition à la Première Guerre mondiale, ont trahi Luxemburg et les travailleurs qu’ils prétendaient représenter.

Il a fallu attendre la fin catastrophique de cette guerre, et le 9 novembre 1918, pour qu’éclate la révolution qui mit fin au règne de l’Empereur Guillaume II et jeta les bases de la République de Weimar, révolution « survenue après quatre ans de guerre, après quatre années au cours desquelles, grâce à l’éducation [4] que lui ont fait subir la social-démocratie et les syndicats libres, le prolétariat allemand a révélé une dose d’infamie et de reniement de ses tâches socialistes qui n’a son égal dans aucun autre pays ».

Donner une orientation politique générale à la grève de masse
Nous avons vu que Luxemburg parle « du degré de maturité nécessaire à une telle période ». Que veut dire « maturité » dans la situation actuelle, en 2009 ? Il s’agit non pas d’un concept « absolu » mais relatif, c’est-à-dire qui dépend de circonstances historiques spécifiques à chaque époque et aussi d’une subjectivité spécifique chez les individus susceptibles de participer à une grève de masse.

Toute la difficulté pour les dirigeants et militants politiques que nous sommes, est d’appréhender ces circonstances de « maturité » spécifiques lorsqu’elles surviennent et d’être prêts à agir avec non moins de sagesse que d’énergie le moment venu.

Cela, Luxemburg l’avait parfaitement compris, et elle l’a prouvé par ses propres actions : « Il est hors du pouvoir de la social démocratie de déterminer à l’avance l’occasion et le moment où se déclencheront les grèves de masse en Allemagne, parce qu’il est hors de son pouvoir de faire naître des situations historiques au moyen de simples résolutions de congrès. Mais ce qui est en son pouvoir et ce qui est de son devoir, c’est de préciser l’orientation politique de ces luttes lorsqu’elles se produisent et de la traduire par une tactique résolue et conséquente. »

Mais « les luttes politiques une fois ouvertes, l’objectif historique sera tout autre qu’aujourd’hui en Russie [où l’on cherchait d’abord à renverser le régime absolutiste des Tsars]. C’est justement parce qu’en Allemagne le régime bourgeois constitutionnel existe depuis longtemps, qu’il a eu le temps de s’épuiser et d’arriver à son déclin, c’est parce que la démocratie bourgeoise et le libéralisme sont parvenus à leur terme qu’il ne peut plus être question de révolution bourgeoise en Allemagne. Aussi une période de luttes politiques ouvertes n’aurait nécessairement en Allemagne pour seul objectif historique que la dictature du prolétariat. »

S’il est permis de ne pas partager les vues de Luxemburg sur la dictature du prolétariat, il est tout aussi permis de spéculer sur ce qu’aurait été le cours du socialisme, et le cours de l’histoire européenne tout court, si le grand stratège et grand économiste qu’elle était n’avait pas été assassiné en 1919. Sans doute aurait-elle été amenée à changer de vues sur la « dictature du prolétariat », sans doute aussi aurait-elle pu empêcher la prise du pouvoir par le parti National-socialiste. Et l’histoire même de la Russie socialiste aurait peut être pris un tout autre tournant que le stalinisme.

Or, de nos jours, le successeur de Luxemburg est Lyndon LaRouche ; la direction qu’il a imprimé à la lutte pour la justice sociale à travers les mouvements qu’il a inspirés aux Etats-Unis et en Europe permet d’espérer que les soulèvements de masse qui certainement auront lieu, n’iront pas se perdre dans le néant du désespoir et des provocations.

Aux Etats-Unis, ces « town hall meetings » sont les prémisses d’un processus de grève de masse qui s’étendra à tout l’Occident. Ces masses qui s’éveillent sont et seront bien obligées de s’éduquer dans le vif de l’action. D’où l’urgence de faire connaître partout le programme économique de LaRouche, objectif historique qui forcera les masses à transcender les petits égoïsmes et querelles étroites.


Aujourd’hui, après près de quarante ans de désindustrialisation dans les pays occidentaux, la réalité historique à laquelle se réfère Luxemburg n’existe plus, la classe ouvrière ayant été détruite.
Dans les circonstances de 2009, après près de quarante ans de désindustrialisation dans les pays occidentaux, la réalité historique à laquelle se réfère Luxemburg lorsqu’elle parle de « dictature du prolétariat » n’existe plus, la classe ouvrière ayant été détruite. Cette fois, la grève de masse englobera la société tout entière et sans exception, à part un tout petit groupe de spéculateurs qui ont su profiter de la crise mondiale. Cette fois, la grève de masse visera – consciemment ou pas – à reconstruire une classe « ouvrière », c’est-à-dire une classe de gens qui ont du travail qualifié, des outils de production, une classe qui produit - que ce soit dans l’industrie, l’agriculture, les travaux publics, le génie civil, la santé, l’éducation … pourvu que ce travail ait une utilité sociale objective et réelle !

Pour conclure, et de façon nécessairement trop sommaire, nous en venons à des aspects de l’analyse de Luxemburg qui divergent sur des points fondamentaux soit avec Karl Marx, soit, encore, avec Lyndon LaRouche. C’est important pour comprendre la recherche de la vérité si caractéristique de Rosa Luxemburg, et dont découlait l’autorité – légitime – qu’elle exerçait tant sur les intellectuels de son époque que sur les masses.

Pour Luxemburg, la grève de masse explose en raison d’un processus inéluctable, économique et social, que décrit la « loi générale de la diminution tendancielle du taux de rendement » de Marx. Elle l’explique ainsi dans L’accumulation du capital : « La partie du capital constant [que nous appellerons ici les machines pour simplifier, ndla] qu’oublie régulièrement l’économie classique croît constamment par rapport à la partie variable, dépensée en salaires. Ce n’est là que l’expression capitaliste des effets généraux de la productivité croissante du travail. (…) La reproduction élargie doit par conséquent non seulement commencer avec la division de la partie capitalisée [nous dirions aujourd’hui réinvestie, ndla] de la plus-value en capital constant et en capital variable, mais encore cette division doit, au fur et à mesure du progrès technique de la production, comporter une part relativement de plus en plus grande pour la partie constante du capital, et une part relativement de plus en plus petite pour la partie variable. »

Or, et c’est là où LaRouche corrige Marx sur cet aspect absolument fondamental, ce taux de rendement ne va baisser mécaniquement que lorsque la société comme un tout, ainsi que l’entrepreneur individuel, décident de laisser stagner, voire carrément interdire, les investissements dans la recherche fondamentale et la technologie. Le mouvement dit « écologiste », instrument des cartels financiers, a créé les conditions pour l’application de cette politique malthusienne dans le monde occidental, depuis quarante ans.

Contrairement à ce que Marx aurait pensé, ce n’est pas la multiplication des machines (ce qu’il appelait le capital constant) qui a tari le taux de rendement des dernières décennies, mais plutôt la rente financière associée à une expansion cancéreuse de « capitaux fictifs », formés grâce à l’extrême complaisance des organismes d’émission monétaire et bancaires. Dans nos entreprises actuelles, la pression de la finance mondiale s’exerce aujourd’hui tant au détriment du capital constant (sous investissement dans l’équipement et la recherche), que du capital variable (baisse des salaires réels, augmentation des cadences, détérioration des conditions de travail), permettant même aux actionnaires de bénéficier de taux de rendements supérieurs à la normale : c’est pourquoi nous pouvons ici parler d’« accumulation primitive du capital », dans le sens où les profits sont accumulés sous forme de richesse brute sans déduction adéquate des coûts liés à la production, c’est-à-dire au détriment de l’avenir.

Dans L’accumulation du capital, Rosa Luxemburg explore certaines contradictions dans l’analyse de Marx, notamment l’apparente impossibilité pour le capitaliste de vendre sa production de manière à payer les nouveaux investissements nécessaires à l’expansion de la production. Elle fait remarquer que malgré cette impossibilité toute théorique, selon le schéma de Marx, de l’accumulation de capital, ce phénomène eut bel et bien lieu tout au long de l’histoire du capitalisme, l’attribuant malheureusement à tort à des méthodes d’accumulation primitive.

Elle fut également amenée à considérer la possibilité que la loi générale de Marx ne corresponde pas à la réalité des faits. Au chapitre 25 de L’accumulation du captial « Les contradictions du schéma de la reproduction élargie », elle écrit :

« La productivité croissante du travail fait que le volume de moyens de production s’accroît plus rapidement que leur valeur, en d’autres termes le prix des moyens de production diminue. Comme il s’agit, dans les progrès de la technique, non pas de la valeur [monétaire] mais de la valeur d’usage, c’est-à-dire des éléments matériels du capital, on peut supposer que malgré le déficit en valeur, il y a jusqu’à un certain point une quantité suffisante de moyens de production pour poursuivre l’accumulation. C’est le même phénomène qui par exemple freine la baisse du taux de profit pour n’en faire qu’une baisse tendancielle. Dans notre exemple pourtant, la baisse du taux de profit ne serait pas freinée mais totalement stoppée. » (Passage souligné par nous.)

Si Luxemburg a effectivement reconnu que seul le progrès technologique permet aux travailleurs de se former et de se qualifier, elle pensait néanmoins que l’augmentation inévitable et incessante du coût des machines finirait par peser sur les salaires et les conditions de travail et qu’il suffirait, pour rétablir la justice sociale, de socialiser les moyens de production. L’histoire économique des Etats-Unis jusqu’à la fin des années soixante, les succès du Commissariat au plan du Général de Gaulle, aboutissant aux « trente glorieuses », de même que l’évolution subséquente des pays socialistes, prouvent le contraire.

Le même type d’erreur affleure dans ses études, pourtant extrêmement poussées, du phénomène des économies impérialistes et du colonialisme. Pour elle, c’est « la baisse du taux de rendement » et la nécessité de monétiser les excédents de production en ayant recours à un système de prêts internationaux, qui poussaient les « capitalistes » à exploiter de la sorte les nations sous-développées. Contrairement à LaRouche, Luxemburg n’avait pas su identifier l’origine du problème : il s’agissait des pressions exercées par un cartel financier directement associé, depuis la fin du XVIIème siècle, à la Banque d’Angleterre et qui a su tantôt s’arroger, tantôt tenir d’une main de fer, le contrôle sur l’émission monétaire. [5] Aujourd’hui, ces méthodes impérialistes jadis infligées au « Tiers Monde » sont imposées de manière tout aussi impitoyable aux populations occidentales.

Le mérite de Luxemburg reste toutefois d’avoir précisément cherché le fil conducteur, le facteur universel et nécessaire d’un point de vue scientifique, qui tisse ensemble ces formes en apparence si diverses d’injustice sociale.

En 2009, la pérennité de l’espèce humaine est menacée à très court terme par la destruction des moyens mêmes d’existence qu’a provoquée ce système usurier. Obscure ou pas, la conscience de la réalité de cette menace déclenchera la grève de masse, et de cela, nous pouvons en être sûrs. Pour nous qui sommes dirigeants et militants politiques, la principale orientation stratégique à donner à cette gigantesque vague qui se soulève est d’en finir avec ce « privilège des privilèges » de l’émission monétaire dont jouissent actuellement des intérêts privés.

L’émission monétaire doit redevenir un service véritablement public, entre les mains des seuls gouvernements souverains. Ainsi que l’explique LaRouche, il s’agit maintenant de passer d’un système monétaire privé à un système de crédit public, qui sera dirigé par les Etats en priorité vers les grands investissements dans la production sans lesquels l’humanité n’a pas d’avenir. Le véritable fondement de ce système est l’essor des capacités créatrices de chaque être humain dont l’économie a pour objet d’organiser le financement, à l’opposé de l’accaparement monétariste du système actuel.

Benoit Chalifoux

Notes

1. Les citations sur la grève de masse utilisées dans cet article proviennent de la traduction en français disponible ici : http://marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm.

2. Entre 200 et 3000 citoyens se rendent à chacun des nombreux « town hall meetings » convoqués par leur député pour discuter du projet de réforme de la santé du Président Obama. Des dizaines de milliers, ou même des centaines de milliers d’américains ont par ailleurs participé, la plupart d’entre eux pour la première fois de leur vie, à diverses manifestations au cours de la même période.

3. Les deux prétendus socialistes en question sont Olivier Blanchard et Dominique Strauss Khan, respectivement économiste en chef et directeur général du Fonds monétaire international. La citation de Strauss-Kahn est tirée d’un discours à l’Assemblée nationale, en 1999.

4. Rosa Luxemburg utilise ici le terme « éducation » avec sarcasme, afin de marquer son désaccord avec les faux semblants des dirigeants de la social-démocratie. Citation tirée de son discours au Congrès de fondation du Parti communiste allemand (Ligue Spartacus) le 31 décembre 1918.

5. Ici aussi, Luxemburg était partagée entre son adhésion à la loi générale de Marx et son intuition concernant l’existence d’un courant impérialiste permanent, transcendant les divers systèmes d’organisation économique. Dans L’accumulation du capital, elle consacre le chapître 30 au caractère usurier des prêts internationaux accordés par les impérialistes anglais à des pays comme l’Egypte à la fin du XIX e siècle.
Par grossel - Publié dans : Jacques Cheminade
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Mercredi 4 novembre 2009
11 novembre 2009
(quelque part en Corrèze
loin de la der des ders
y a plus de der des ders)


rencontre entre Marcel Conche, philosophe,
et Edgard Gunzig, cosmologiste,
filmée par Jean-Claude Grosse
bientôt en ligne sur dailymotion

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Être de bons jardiniers
Pause Philo
à la médiathèque d'Hyères


samedi 28 novembre 2009
de 14 à 16 H

pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Jacques Lacan, sa conception de l'inconscient
par Jean-Claude Grosse et
Marie-Paule Candillier, psychanalyste

samedi 30 janvier 2010
de 14 à 16 H
pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Claude Lévi-Strauss, les leçons d'un ethnologue
par Jean-Claude Grosse


jeudi 28 janvier 2010

de 17 H 30 à 19 H 30
Rabelais, le gay sçavoir
Montaigne, former son jugement

par Jean-Claude Grosse


jeudi 25 mars 2010
de 17 H 30 à 19 H 30
Janus Korczak,
comment surseoir à la violence ?

Joseph Jacotot,
peut-on enseigner sans savoir ?

par Jean-Claude Grosse

Par grossel - Publié dans : agora - Communauté : La commune des philosophes
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Mercredi 4 novembre 2009
L 259

IN VIVO


À en croire la presse écrite, il existe en France un laboratoire social où se côtoient, se frottent les uns aux autres, les riches, les relativement riches, et les pauvres, les absolument pauvres. Le “9-3“, le quatre vingt treize, St Denis en termes explicites. C’est Le Monde qui nous le dit après Libération qui en causa quelque temps auparavant. On s’intéresse beaucoup aux conditions de vie dans ce haut fourneau de l’altercation entre les jeunes-de-banlieue et les forces-de-l’ordre : l’émeute en meute, la meute répressionnaire (en l’occurrence, “répressive“ ferait chétif) et la menace du karcher sur la dalle, sont les éléments qui ont fait la réputation du lieu. Il y a aussi le stade. De France. Le laboratoire. De la France.

En un mot, la recherche s’approfondit ici, in vivo, de savoir comment faire vivre ensemble pauvreté, misère même, et richesse. Et comme il s’agit d’un « laboratoire » on imagine qu’il s’y fait de la trouvaille, partant de la médication afin que tous et toutes se supportent les uns les autres. Voyez l’ambition : question, « Un département test pour la France ? » se demande Sa Référence (Le Monde du 27/10/2009) ; « Un laboratoire du futur ? »  pas moins ; « …se joue là-bas une partie de notre avenir : capacité de la France à intégrer de larges populations immigrées ; aptitude à déghettoïser certains quartiers ; réinvention de ce que doit être la mixité urbaine. La Seine-Saint-Denis agrège populations pauvres et bobos… »  les immigrés en situation misérable d’une part, les “bobos“ dans les bureaux d’autre part, comment vivre ensemble séparément sans s’agresser ? L’intégration, c’est ça. Nous remontons laborieusement  vers l’Eden, à St Denis, au sortir de la gare qui déverse, par « wagons entiers » ce que Sa Référence nomme superbement « les cadres blancs », entre 8heures et 10 heures.

Comme la Lune, St Denis a sa face cachée. Et que voit-on qui est éclairé, que nous montre-t-on de ce qui est resté dans l’ombre? Au grand jour, une idée forte qui fait florès : il y a les blancs et il y a les autres. Ils sont noirs, bien sûr, noir est une couleur, le blanc aussi. Il y a les Maghrébins ils sont gris (je me permets de vous renvoyer à une précédente lettre qui traitait déjà du problème). Les asiatiques, jaunes…à cause de leurs yeux bridés etc...  Cela se dit ainsi : « ... à Aulnay-sous-Bois, Villetaneuse, Clichy, La Courneuve, Saint-Montfermeil, Aubervilliers, notamment, certains quartiers se ghettoïsent et ne comptent quasiment plus de “Blancs“. Uniquement des Maghrébins ou des Noirs parfois des Asiatiques. » Remarquable, n’est-il pas, ce B majuscule pour tout ce qui est blanc dans les ghettos entre guillemets, comme pour Noir et Maghrébin. Couleur ? Maghrébine avec majuscule. Noir majusculairement, Blanc, bourgeoisement. La langue est à la torture, la pensée est morte depuis.  Rien n’échappe au scrutateur scrupuleux : « des wagons entiers de cadres blancs, qui repartent le soir {…} ; ils croisent les employés de nettoyage ou de sécurité souvent noirs ou maghrébins qui arrivent la nuit et repartent le jour… » la nuit noire, au petits matins gris, s’en vont ceux qui récurent les écuries d’Augias, ceux qui sécurisent le foutoir libéral ; s’emploient à produire en rangs serrés les esclaves de lumière, blancs dans leurs linges propres, visages de cire et yeux cernés de sombre servitude. Et cette incapacité à les nommer, ces contorsions pour désigner des hommes qui travaillent pour d’autres hommes sans avoir le statut d’Homme…

Pourquoi ? Pourquoi cette injustice ? Pourquoi la nuit, pourquoi le jour ? Pourquoi cet « indice de la puissance des ségrégations ethniques et sociale. » ? Pourquoi le cadre est-il Blanc ? Pourquoi ne serait-il pas Noir ou Maghrébin ? Se rendre compte d’abord que Blanc évoque irrésistiblement la souche. Le Français de souche est Blanc (n’allez pas discuter l’évidence), Le Noir, le Maghrébin et, à plus forte raison, l’Asiatique ne sont pas de souche. Même pas Français. C’est très bête mais c’est comme ça. Ce qui n’est pas blanc, dans le laboratoire-de-la-France, est pauvre, immigré et sans papiers la plupart du temps. Marginal : en marge de tout ce qui fait qu’une société est ce qu’elle est dans son splendide isolement.

« A peine 10% de la population de plus de 15 ans dispose d’un diplôme supérieur. » une inquiétude : qu’appelle-t-on « diplôme supérieur » pour un jeune de 16 ans, voire 17, en temps ordinaires ? Surtout qu’à « Paris ils sont 38% » de plus de 15 ans à en posséder un. Et puis on aime les chiffres  dans ces cas-là : 10%, 38%, d’impétrants sur combien de postulants? Ce socle miteux d’approximations sert de base à l’explication du pourquoi tant d’injustice et de misère : « La conséquence est logique : les entreprises qui voudraient embaucher des diplômés sont contraintes de se tourner vers d’autres départements » pour y trouver des Blancs ou pour se procurer des diplômés ? Ah, mais alors les 10% seraient entièrement  épuisés par l’embauche frénétique. Il y aurait donc des Noirs, des Maghrébins et même quelques Asiatiques dans les bureaux du pôle d’excellence de St Denis ? Et on ne les verrait pas ? Parce qu’ils habitent sur place, sûrement… qu’ils viennent au turbin en suivant des chemins creux… souterrains peut-être. Car ceux qui viennent,  des 38% de Parisiens intra muros diurne,  sont blancs, tous sans exception. De souche. Mais dans les bureaux de ce laboratoire on ne voit que blanches souches. Alors les autres, les 10%, coincés dans les souterrains du progrès ? A moins qu’il ne s’agisse de 10% de rien ! Ou, plus probable, que 10% diplômés ne sont, avant toute autre considération, pas de souche… Or pas de Souche, mais désigné par son patronyme comme venu de chez les Noirs, de chez les Maghrébins ou de chez les Asiatiques, vous ferme les portes plus sûrement que d’être un Blanc de Souche, nouvelle noblesse des royaumes Consuméristes d’Occident.

L’expérience de terrain sera relayée, quelques jours plus tard (Le Monde du 31 octobre) par une réflexion sur notre civilisation républicaine et nos comportements en regard d’un modèle laïc et universaliste. Egalitaire de surcroît. C’est Caroline Fourest qui s’y colle : « Faire un bon diagnostic suppose d’employer les mots justes. De ceux qui conduisent à fortifier les piliers du modèle républicain universaliste – la laïcité, l’égalité des chances, l’école publique – au lieu de flatter une grille de lecture nationaliste, indigne et erronée. Cela suppose une certaine dose d’autocritique » tout est là, dans la “dose“ ; de ce qui précède nous nous accommoderions au nom des grands principes. Mais la dose ? Pour ce qu’elle en dit le « principe républicain français est également en crise ». La responsabilité en revient, selon elle, à « la politique de Nicolas Sarkozy lorsqu’elle dépouille la République au profit d’une vision privatisée du lien social et culturel. » il me semble qu’elle est insuffisante la dose, ou , pour le dire mieux, à côté de la plaque. L’autocritique, ici, concernerait l’autre qui n’est pas soi – absurdité ; ou bien l’autre considéré comme un soi-même par délégation. Si Fourest s’autocritique par politique sarkozienne interposée, elle ne se serait donc pas comprise elle-même - absurde ; ou bien doit-on sombrer dans la facilité et répandre l’idée que SarkUbu se serait benoîtement fourvoyé en menant une politique contraire aux principes républicains ? Absurde absurdité.

De fait, Caroline n’est pas bête, Fourest sait très bien d’où vient Nicolas et où va Sarkozy. Elle sait très bien que la privatisation de tout ce qui peut rapporter, en fric et en discipline, sera extirpé du domaine public ; un devoir pour notre premier VRP. D’ailleurs quel silence dans les rangs médéfiens ! Comme s’ils ne voulaient en rien entraver les efforts de leurs zélés valets de pieds. Probablement que tout ce monde-là doit grouiller, en sourdine, de projets et de mises en perspective entre ce qui doit rester à la charge de l’Etat – c’est-à-dire du citoyen - et ce qui relève de leurs pompes à Phynance.

Alors à quoi riment ces faux-nez de la critique ?

On essaiera de se pencher sur la question une fois prochaine. Mais si l’idée vous venait…

Robert

Par grossel - Publié dans : Robert P
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Mercredi 21 octobre 2009
L 258

DÉSARMANT


Rocard, Juppé, Onfray : celui-là construit des igloos idéologiques, celui-ci dorlote son image et cet autre a trouvé son âme si pure qu’il s’y est baigné.

Les deux premiers plaideraient pour « le désarmement nucléaire ». Je cite à l’ordre de la déraison le premier et solennel paragraphe d’un compte rendu imprimé dans Le Monde (15/10/2009) : « Deux anciens premiers ministres, Alain Juppé et Michel Rocard, un ancien ministre de la défense, Alain Richard, et un officier supérieur de haut rang, le général Bernard Norlain, ancien commandant de la force aérienne de combat, (prudence des ratons laveurs qui se sont abstenus ?) prennent vigoureusement position, dans Le Monde, en faveur d’un engagement résolu de la France dans un processus de désarmement nucléaire mondial. » vous imaginez le bruit que cela va faire dans Landerneau-monde ! On va dire des méchancetés dans les Chancelleries tremblantes de peur, on va allusionner, insinuer : Veulent le “Prix Nobel des Promesses“ - comme le cingle l’historien américain Howard Zinn à propos d’Obama -  surtout qu’ils y vont sabre au clair ils causent de « Message politique de paix et de justice » imaginent Paris « s’adressant au monde » et Paris, qui sera toujours Paris, vibrant d’indignation sera devenu « un acteur dynamique et créatif de processus de désarmement effectif et régulier qui peut s’amorcer » et qui pourra dire désormais que le merveilleux et l’art du conte sont bannis de la Politique ?  En attendant que le monde soit au courant, Le Monde assure l’entretien en faisant briller les cuivres et les pompes.

« Onfray philosophe », ainsi nommé il n’a nul besoin d’entretien, il brille naturellement comme l’or des icônes ; proclamation dans le Libération du 19 octobre : « Je choisis la pureté ». S’en allant promener il trouva que décidément non, ils ne défendrait pas le bourreau contre la victime. C’est son droit. Il subsiste pourtant un malaise.

De quoi s’agit-il ?  «BHL, écrit-il, a le droit de défendre la pédophilie et le tourisme sexuel sous couvert de soutenir un ami probable, mais pas avec n’importe quel type d’argument. » C’est déjà osé, une entourloupe mesquine et démagogique y fait son nid. A moins que ne soit exposé à la suite, le « type d’argument » qui donnerait le droit à Bernard Henri Lévy de défendre la pédophilie et le tourisme sexuel. Rien de cela. La suite nous raconte l’horreur des orphelinats de bons pères pédophiles et les quatre années de terreur du potache Onfray, d’où il sortira indemne, croit-il nécessaire de préciser, dès lors est-il possible de croire totalement à cette « pureté » là ? Et ses petits camarades qui n’ont pas eu la même chance, pourquoi se demande-t-on ? Ils se seraient soumis quand lui se rebellait ? Mais se serait-il rebellé puisqu’il ne sut qu’après en être sorti, et pourtant il vivait dans la terreur précise-t-il : « Pour ma part, j’ai connu pendant quatre années la terreur dans un orphelinat parce que les prêtres y étaient pédophiles. Je n’ai pas été leur proie, mais ça, on ne le sait que plus tard, quand on quitte l’enfer dans lequel on a vécu de 10 à 14 ans. » Faudrait s’y retrouver. Savait-il ou ne savait-il pas ? J’ergote, oui, sur le sens, le sens en général de ce libelle qui s’abritait à l’ombre apaisée de la “pureté“. Et d’emblée tout est trouble de l’intention et de l’argument.

L’estocade vient ainsi : quelques lignes après avoir décerné le « droit de défendre la pédophilie et le commerce sexuel » le libelliste se fend de la plus belle manière, « Si crime il y a, qu’est-ce qui justifie qu’on se démène pour faire échapper tel ou tel à l’exercice normal de la justice ? Sodomiser une fille de 13 ans après l’avoir alcoolisée, est-ce un crime, oui ou non ? {…} pratiquer le tourisme sexuel avec des mineurs prostitués, est-ce un crime , oui ou non ? » allez trouver un « type d’argument » capable de défendre cela ? De quelle liberté était redevable Bernard Henri Lévy ? Ficelle, grosse ficelle de rhétoriqueur qui tient à son image surhumaine de par delà le bien et le mal. Je n’ai pas lu la prose de monsieur Bernard Henri Lévy à ce sujet. Elle m’indiffère. La pose de monsieur Onfray me répugne, pour tout dire. Dressé sur un socle de réprobation, il se couronne aux yeux de tous en caressant l’opinion dans le sens du poil. Ce monsieur a-t-il eu accès aux dossiers ? Et quand l’autre proteste de n’avoir eu de commerce qu’avec des adultes, pourrait-il, lui, prouver le contraire ? Vulgaire chasse aux sorcières engoncée dans ses préciosités.

Il fallait bien que tout cela finisse en ronds de jambes et effets de manche et, comme tant d’autres avant lui, il veut faire croire à la complicité de Nietzsche rendu, pour l’occasion, à sa plus simple expression. « Depuis l’orphelinat, conclut-il, la compagnie des bourreaux m’insupporte, on ne se refait pas (qui le lui demande ?). Chacun ses justices, affaire d’idiosyncrasie dirait Nietzsche. ». Outre le peu de clarté du propos arrive cette insupportable vantardise. Citation contre allusion : « Il n’était pas assez psychologue pour le drame ; il se dérobait instinctivement à la motivation psychologique – comment cela ? en mettant toujours l’idiosyncrasie à sa place… Bien moderne n’est-ce pas ? bien parisien ! bien décadent ! » (Nietzsche ; le cas Wagner)

Robert


Par grossel - Publié dans : Robert P
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Lundi 19 octobre 2009
L 257

ON SE FICHE DE LA TÊTE DE QUI ?


Une histoire vraie. Poitiers, des bandes très organisées, quasi militairement (je ne fais que reprendre ce que j’ai lu dans la presse papier, entendu dans la presse blabla, très bien renseignées et qui ont pourtant si peu enquêté) des bandes attaquent, en pleine fête, un quartier du centre. Vitrines, tags monumentaux, chic et moins chics passants épouvantés. Tout retombe comme après un cyclone et tout le monde se demande « Mais pourquoi ! Mais qui ! D’où qu’ils viennent ? Que leur a-t-on fait ? » ; des réponses en lambeaux : des « Ultra-gauches, ceux qui s’occupent, mollement quand ils sont assoupis, quelquefois des caténaires de TGV. Pour protester contre…un transfert de prisonniers (nous n’en saurons pas plus et personne ne se préoccupe d’en savoir plus dans la presse écrivassière ou blablateuse). La police ? Qu’a fait la police ? Pas grand chose aux dires de ceux qui ont vu. Même presque rien. Il fut demandé au Hortefeux de service ce qu’il en pensait : que du bien, une police responsable qui ne va pas mettre de l’huile de matraque sur le feu de l’ultra-gauche.

Bon, tout s’enfonce dans un marasme gluant. Subitement, trois casseurs sont  arrêtés, jugés, condamnés avant même qu’ils aient eu le temps de s’expliquer. Pas très brillante la prise. Cela ferait presque penser – mais je n’irais pas jusque-là – à l’incendie d’un Reischtag (déjà le tag) et la prise mirobolante d’un type perdu dans les sous-sols et l’air hagard, Van Lubbe il s’appelait, c’est le nom qui était inscrit sur sa carte du Parti communiste allemand bien rangée dans sa poche de chemise… mais pourquoi raconterais-je tout ça moi ?

Sérieusement, revenons à nos moutons noirs. Les meneurs, les chefs sataniques se sont évaporés. On a retrouvé leur attirail de commando. Libération du 19 octobre vous en fourni la photo transmise par les “services de communication“ (Van Lubbe, c’était au temps de la propagande et du cinéma parlant ; décidément, il me revient comme ça cette vieille chose hirsute tombée du lit de l’histoire) services de communication de la Police Nationale.

Alors ? Alors voilà qu’Edwige (le fichier vous vous souvenez) était morte et, tel un double Phœnix, elle renaît bifide de ses cendres. Une semaine après l’incendie de Poitiers. Et les coupables ne sont toujours pas identifiés. Aurait-on seulement essayé de relever des empreintes qu’auraient pu laisser les chaussures de ces messieurs ? Pourquoi les chaussures ? Je dis ça comme ça : les chaussures font l’homme souvent et désigne son enrôlement : à l’armée, du temps de mon service militaire, nous avions des Rangers par exemple.

Et puis ? Et puis vous avez une très belle page libérée dans le quotidien dont je vous parlais. « La bataille de Poitiers décryptée » - ils ne pouvaient pas s’en empêcher -  la « Bataille de Poitiers », décryptée par Gaël Cogné, franc du collier il questionne un nommé Pissard Alain, « policier à la sous-direction de l’information générale (Sdig) et délégué du syndicat Unité police à Poitiers » source intarissable quand il s’agit de “décrire les faits“. Il lui dit tout sur tout et rien de rien. Rien d’autre que cette fiche désormais «signalétique » de ce feutré et mystérieux mouvement « Ultra-gauche ».

Mais Edwige est revenue ! Un dimanche ! Quelle fête mes aïeux poitevins ! Que de souvenirs…

Robert 
Par grossel - Publié dans : Robert P
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Dimanche 18 octobre 2009
L 256

TERRE D’ANGOISSE ET DE MISÈRE


Je dois peut-être vous relater cette histoire de lutte des classes – lecteurs et honorables correspondants qui ignoreraient Le Plan B, journal intelligent et mordant, que les autres ne m’en veuillent pas – qui se passe au cœur d’une entreprise où tout est fait pour que ça roule : SKF, fabricant suédois de roulements à billes de haute qualité.  Ces narrations ne font plus recette dans la presse quotidienne, ou bien leur faut-il présenter le profil adéquat : personnage charismatique atypique, menace de tout faire sauter dans une usine occupée, intervention massive de CRS ou conservation dans les bureaux de quelques dirigeants de seconde main. Ne sera retenu que l’aspect ponctuel et spectaculaire – puisque société du spectacle il y a - de ce qui n’apparaîtra, tout compte fait, qu’accidentel. La marche forcée du capitalisme concurrentiel nous entraînant inexorablement vers les “fermetures de sites“ rationnelles et les licenciements systématiques. La main est alors privée de son œuvre, elle devra rester pendante et soit disparaître soit reprendre du service après avoir été dévaluée. La nouvelle main d’œuvre devra se plier à la volonté supérieure de ses utilisateurs.

Par exemple,  SKF vous disais-je. En résumé, Le Plan B d’octobre 2009 rapporte : « En 1983, la fermeture de l’usine SKF d’Ivry avait provoqué deux ans de blocage et des jets de bouteilles d’acide sur les CRS. Vingt-cinq ans plus tard, la fermeture d’une autre usine du même groupe à Fontenay-le-Comte, en Vendée, a donné lieu à huit jours de grève et à un gros coup de blues. Mais la presse est formelle : “Les SKF se radicalisent…“ ». Pour entrer dans les détails il vous suffira de lire, après vous l’être procuré, le journal. Jusqu’ici rien que de très normal en cette période de “crise“, licenciements à tout va - comme d’ailleurs avant la “crise“ et comme ce le sera après - en d’autres termes, pas de quoi fouetter un Syndicaliste Responsable (nous appellerons SR les responsables syndicaux de haute volée ayant définitivement décollé de cette terre d’angoisse et de misère, comme nous le verrons plus bas.

Le détail qui va suivre , un parmi d’autres dans l’article, concentre l’ensemble des raisons qui pourraient, à elles seules, justifier que l’on se passe de cette société, de ce régime qui ne mérite que d’être abattu en priorité. Je parle de Régime et non de têtes, il y aurait beaucoup mieux à faire que de les couper : une tête reste une tête quelque soit le corps qui la supporte, à ce titre elle mérite le respect quoi qu’il en soit. Le monde dans lequel elle se meut, qu’elle dirige, par lequel elle invente ces stratégies d’exploitation de l’Homme, ce monde est mûr pour la damnation perpétuelle. Les têtes ne devront pas suivre, sauf à vouloir reproduire l’ancien dans ce qu’il a de pire. Ce qui jamais ne donnât autre chose qu’une barbarie d’époque.

Le détail, une ancienne gréviste d’Ivry délocalisée à l’époque parle : « Quand j’ai été mutée ici, en 1983 SKF m’a dit que je coûtais trop cher. La Vendée affichait des salaires inférieurs de 10% à ceux de la région parisienne. Mon salaire est donc passé de 8 000 francs (1 219 €) à 7 200 francs(1 097 €). En vingt cinq ans, on a tout accepté pour que l’entreprise reste leader : les plans sociaux à répétition, le travail le samedi, les 40 heures de travail, le chômage partiel ainsi que la suppression des équipes de nuit et de week-end, habituellement payées 40% en plus. Et aujourd’hui on nous dit encore que l’on est trop chers ! » Un concentré disais-je. L’exploitation, on savait mais c’est illustré et du coup elle gagne en poids et en épaisseur.

Justement, la “tête“, celle du travailleur, de la travailleuse en l’occurrence, sa tête consciente allais-je dire, est mal bâtie ! Les têtes du haut sont viciées par l’angoisse et la liberté qu’elles s’octroient, par la force, de satisfaire leurs propres ambitions jusqu’à l’écœurement ; celles du bas sont contaminées par le réflexe de soumission seul possible quand il s’agit d’au moins survivre. « Tout accepter pour que l’entreprise reste leader » est un slogan patronal. Elles l’auront ingéré et plus ou moins digéré, cette idée sera devenue leur substance de travailleuses-travailleurs-salariés-exploités.

Le slogan a au moins deux fonctions facilement repérables : au premier degré le souci, pour les dirigeants de l’Entreprise, d’engranger le maximum de profits avec l’assurance de supplanter la concurrence, voire de l’éliminer, assurance de durer dans les meilleures conditions possibles pour ceux qui touchent les dividendes. Le monopole est une tendance qui ne s’est jamais démentie dans l’histoire du capitalisme, notamment aux Etats Unis d’Amérique où les lois propres à endiguer ces tendances n’ont jamais atteint leur objectif.

Au second degré du propagandisme patronal, la volonté de faire de cet argument un facteur d’ordre dans l’entreprise. Ici, comme en sport, en sport comme ici et comme à la guerre, comme à l’armée, l’ordre et son corollaire la discipline, font la force –  jusqu’au délire d’une “Force de vente“ fantasmatique ! Fruit d’une très ancienne expérience, la discipline ne s’acquière totalement qu’au prix d’un décervelage efficace des subordonnés quand doit s’imposer la volonté du chef. De surcroît sera dispensé l’honneur de posséder ce “supplément d’âme“ que l’on ne décerne qu’aux plus serviles, l’honneur de faire partie de l’élite des producteurs, des sportifs ou des tueurs.

La conscience, c’est heureux, ne fait pas tout et des réserves insoupçonnées sont prêtes à l’emploi dans l’inconscient, qu’il soit “collectif“ ou individuel. L’essentiel étant, à un moment donné de l’insupportable, que l’unique et le collectif entrent en résonance. A ce stade la raison se débarrasse assez vite de ses préjugés et entre au service du futur, comme lavée de ses taches. Pour un temps seulement, car l’ordre, immanquablement, est toujours revenu remettre du désordre dans les consciences… Jusqu’ici du moins, c’est ainsi qu’allaient l’histoire et ses avatars. La véritable révolution ne pourra être reconnue qu’après avoir fait mentir la règle jusque-là immuable ; si, comme on le dit, l’impossible peut devenir le possible alors nous pouvons essayer d’y croire surtout si “l’impossible est le réel pur“ lacanien !

A la différence d’un Bernard Thibaut, plongé dans une sorte de pure irréalité, premier S.R. de la CGT, affalé sur le ring, pour le compte, prêt à négocier dans les vestiaires son prochain combat qu’il engagera en se couchant d’abord. Quand le Plan B l’interroge sur SKF à la fête de l’Huma il n’a que cette réponse : « Je ne connais pas le dossier. ». « Certes, il se souvient des SKF-Ivry de 1983 : “Ah oui, c’était dur ça !“ Mais une lutte aussi déterminée est-elle envisageable aujourd’hui ? “Oh, les temps ont changé…“ » la suite dans ce numéro du Plan B. Ils ne connaissent pas l’angoisse et encore moins la misère, lui et ses semblables Syndicalistes Responsables, et si d’aventure il arrive que la misère bivouaque en leurs terres de la Bourse du Travail, ils l’expulsent.  Comme on aime dire dans ces situations où la honte risquerait de vous atteindre et de vous submerger : Sans état d’âme !

Enfin, s’il fallait conclure sur une note désopilante dans sa noirceur, ce titre du Monde Economie (6/10/2009) : « Aujourd’hui la dette, demain l’impôt ? », forcément il en sera ainsi… prophétisent les plus riches, à l’abri de la loi spécialement forgée à l’orée du règne : le “bouclier fiscal“ les dispense déjà de payer un sou de plus.

Robert

Par grossel - Publié dans : Robert P
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Mardi 13 octobre 2009
L 255
6 octobre 2009
INDONÉSIE : LE SÉISME FAIT DES MILLIERS DE VICTIMES
LES J.O. À RIO, CONSÉCRATION POUR LE BRÉSIL ET POUR LULA


Ces deux informations gisaient côte à côte en première page du Monde des 4 & 5 octobre. La mort à gauche, mais quelle joie à droite ! La vie, la santé, la beauté, la force, l’adresse, la plénitude, les records (du monde) et LULA-QUI-PLEURE-DE-JOIE  (comme « un petit garçon » délicieuse précision) !  Et le Brésil qui fait la fête ! Et le Brésil qui est devenu « citoyen de première classe » aurait « lancé le chef de l’Etat » - selon l’expression même de Mustapha Kessous qui signe l’article et qui ne cache pas son enthousiasme – « le moment est historique » en rajoute l’auteur.

Cela mérite qu’on se souvienne ce que le Coubertin, que nous tenons pour un parangon de vertu, un honorable citoyen du monde,  ce que ce Coubertin écrivit dans ses “Essais de psychologie sportive“ en 1913 à propos de la jeunesse promise aux champs de bataille : après avoir démontré les bienfaits du sport sur les capacités physiques d’un futur jeune soldat – viande de boucherie potentielle comme ils le surent plus tard -  il pose la question de savoir si le sport peut aussi modifier les mentalités à la guerre et en cela modifier la guerre elle-même. Sa réponse est encourageante : «Si ; il la modifie parce qu’il tend à atténuer la barbarie et les vilains aspects. Une armée de sportsmen sera plus humaine, plus pitoyable dans la lutte, plus calme et plus douce après. Il ne saurait y avoir de doutes à cet égard. La guerre hispano-américaine l’a prouvé, et nul ne devrait plus oublier la sublime parole du chef américain calmant ses hommes dont les hourras saluaient l’enfoncement dans les flots d’un navire espagnol: “N’acclamez pas ! ils meurent !“. Cette parole-là était une parole sportive, s’il en fut, et cette morale-là, qui sera, espérons-le, la morale de l’avenir, se trouvera grandement aidée dans sa diffusion par les sports » (cité dans L’idéologie du sport en France ; Michel CAILLAT ; les éditions de la passion) . En d’autres termes, par idéal olympique  tu vénèreras la mort, non plus de l’ennemi d’ailleurs, mais “l’adversaire“ – l’essentiel étant de participer bien entendu. Or, aujourd’hui, au XXIième siècle, le langage de ces esthètes “sportsmen“ si fair play est hérissé d’une panoplie d’expressions, phrases et mots guerriers de la plus grande violence.

Car, à ce petit jeu, si la guerre n’est pas devenue un sport, le sport, lui, est une manière de faire la guerre par d’autres moyens. Se venger des uns par le truchement de l’équipe, de l’athlète. Vouloir que celui-ci gagne c’est déjà vouloir que l’autre meurt… un peu ou complètement, virtuellement ou vraiment selon votre niveau de sensibilité. N’excluant pas le désir et les pulsions guerrières beaucoup moins sophistiquées, accomplies en Afghanistan ou ailleurs par des jeunes hommes particulièrement bien entraînés et particulièrement amoureux, dans leur ensemble, du Sport, justement… Comme la guerre, le sport est en permanence un élément essentiel du commerce trivial, une affaire de  finance opaque et sans loi, ou plutôt si : une loi celle de la dissimulation. Dans Le Monde du 6 octobre vous trouverez tout ce qu’il faut savoir sur le dernier Tour de France – les cyclistes semblent devoir payer et expier pour l’ensemble des indisciplines sportives – le rapport élaboré par « l’Agence française de lutte contre le dopage » « accablant » pour reprendre les termes du sérénissime quotidien. L’Agence en question qui donne l’impression de bien faire son travail, sert d’alibi et de garantie de bonne volonté et ne sert à pas grand chose d’autre dans la réalité du « Sport ». Elle signale tout de même que dans le domaine du cyclisme, au cœur de l’organisation internationale, l’UCI, (Union Cycliste Internationale) est toute entière pourrie, tout n’y est que corruption et que l’équipe du vainqueur aura bénéficié d’un traitement de faveur insupportable et plus encore.

En revanche, les J.O : ça c’est du Sport !  Le grand écart est une figure imposée à la presse, fut-elle de référence, il le lui faut pour justifier le tout et son contraire.  Cracher sur le cyclisme et son organisation, sans que cela nuise vraiment à sa popularité mesurée au bord des routes, aux cols de légende et aux arrivées noyées dans les caravanes qui nous consumérisent, est une opération rentable à tous égards : la morale est sauve, la morale se sauve en coulisse. Elle sera employée ailleurs, en des lieux iréniques où la communion dans le beau est de rigueur.  Des milliers de morts à Sumatra, certes, certes… mais même les morts devaient aimer les J.O., de leur vivant et en proportion de leur insouciance. Alors disons - le procédé est fréquemment employé - disons que nous leur dédions ces jeux Olympiques brésiliens. C’est à pleurer, cher Président autrefois secrétaire du Parti des Travailleurs.

Un supporter d’une équipe nationale de foot est mort des suites d’une bagarre en territoire hostile, étranger, quelque part chez les barbares d’Europe centrale : rendons-lui les honneurs sportifs et que cela galvanise nos « sportsmen » . Accessoirement la justice devrait passer par là. Mais que peut dire une justice dans un monde en guerre ? Il s’appelait Brice, on n’arrête plus la farce macabre !

A ceux – dont je fais partie, malgré moi – qui aiment la beauté du geste et qui pourraient justifier à ce titre – je n’en fais plus partie – leur tolérance et même justifier leur attirance pour le sport on peut répondre, sans les convaincre sans doute, que la beauté est ici une forme chimique et malencontreuse dans l’ordre esthétique. Le geste professionnel étant hors de sa portée, littéralement hors de portée, un hédoniste n’y trouvera pas ses marques. Quoi qu’il en soit des records ils resteront dans les limites de l’ordre des choses. Sauter 2 mètres 50 ou 60 ou 90 ou 91 en hauteur, passer 6 mètres accroché à une barre flexible, courir en 9 secondes et 40 centièmes un 100 mètres et vouloir  et devoir aller encore plus loin, plus vite, plus haut : chacun sait que cela aura une fin indépassable. Avec ou sans dope le principe reste le même. Nous nous comparons, nous entrons en compétition et au final, la logique de ce système, quand tous les records seront devenus indépassables, voudra que soit éliminé celui ou celle qui menacera l’hégémonie du plus fort ou bien que le plus fort lui-même soit exécuté. Sa mort fera alors de lui un Homme, au même titre que les marins espagnols du navire qui sombraient si sportivement. Logique guerrière s’il en fut, pourrait minauder le Baron…

Robert

Ma Lettre 255 aura rencontré un écho du côté de Michel Caillat ainsi que d’un autre et honorable correspondant en poste à la Réunion. Je vous livre l’échange que nous avons eu sur le sujet : qu’en est-il du sport. Rien n’empêche, tout encourage, d’autres interventions sur ce thème si peu débattu à gauche, comme le fait remarquer M. Caillat.

Bonjour,

Je vois que le matraquage médiatico-économico-politique fait ses ravages dans tous les rangs. Je lis : Il a été dit dès le début de la crise..."
On parle de quelle crise ? J'enseignais naïvement que la crise datait de 1974 et à grand renfort d'articles, de revues et d'ouvrages, j'évoquais la fin du cycle Kondratieff (1945-2005) -  les Trente Glorieuses suivies de la Crise dont parlait Rocard dans un livre de 1974 (Sortir de la crise), dont parlait egalement Ernest Mandel en 1982 et que des milliers d'articles ont évoquée au cours des trente dernières années avec des hors-séries comme celui d'Alter Eco (sorti en 95 je crois) sur la crise 1982-1995.
Voilà que j'entends et que je lis qu'on célèbre aujourd'hui le premier anniversaire du début de la crise. On aurait pu dire "de la crise dans la crise".
Mais voilà, la crise dont on parle aujourd'hui, est, me semble t-il, une pure construction idéologique. On feint de croire que tout allait bien avant septembre 2008 ! (Combien de chômeurs en 1999-2000 en France ?).
Ce qui m'attriste c'est de voir l'emploi largement partagé du mot. Je me bats assez pour qu'on définisse le mot sport (en me heurtant à la censure et à l'aveuglement de tous y compris de l'extrême gauche) pour ne pas avoir en plus à me battre pour montrer que les mots ont un sens, et que le mot crise ne doit pas échapper aux règles élémentaires de la définition.
Amicalement
Michel Caillat

Réponse Robert
 
« La beauté du geste » est une expression générique et je suggèrerais  qu’elle s’est imposée à moi plus que je ne l’ai choisie,  pour des raisons sans doute très complexes qui relèvent de l’histoire personnelle et impersonnelle, de ma pratique de la natation couplée à mon refus de la compétition, dans une période d’après guerre où le geste – disons la gestuelle – avait peut-être un sens différent de ce qu’il deviendra par la suite. La guerre et le pétainisme avaient sans doute tellement offert le hideux et la haine et l’encasernement comme références que la génération de mes parents et nous-mêmes, encore très jeunes influencés par cette génération adulte (j’avais 9 ans en 1945) étions pressés dans la paix retrouvée (qu’ils croyaient avoir retrouvée) de faire le geste gratuit, élégant, beau de sa liberté d’être un geste pour le geste. L’art pour l’art en quelque sorte, mais sans le savoir, justement. Il s’est inscrit dans nos habitudes de pensée comme dans nos réflexes musculaires…
Désormais, la beauté de la geste physique (je comprends le terme “d’éducation physique“ dans le sens ou Le Boulch l’employait) se situerait pour moi, hors compétition, dans la nage (que j’ai pratiquée assidûment dans ma jeunesse) sous toutes ses formes, en surface comme en plongée… Je pourrais considérer le saut en hauteur par exemple, l’évolution du style chacun ayant sa « beauté », au-delà de son efficacité, représentant une catégorie gestuelle, une qualité esthétique propre  : il peut y avoir, dans toute activité physique, des enchaînements qui procurent la sensation d’avoir affaire à la beauté sans qu’il soit nécessaire de les comparer à quoi que ce soit d’autre dans ce registre du beau. 
L’abus vient surtout de cette confusion que l’on fait entre « sport » et « activité physique »,  et c’est en cela, à l’encontre de mes convictions, qu’il m’arrive aussi de faillir devant la geste sportive. La seule qui nous est donnée de voir d’aussi près par le truchement de l’écran. En revanche, et dans la partie que je connais un peu mieux, la natation donc, je devine que le geste lui-même est devenu un combat contre les éléments : ils ne glissent plus, ils détruisent pour avancer plus vite et sont en recherche d’une seconde peau pour fendre l’eau. Forme guerrière détournée, prétentieuse, inhérente au capitalisme : bras et pectoraux surdimensionnés, corps qui payera sans doute la note dans quelques années, et pas seulement le corps, le « mental » comme ils ont pris l’habitude de nommer l’esprit dans leur milieu à l’imitation des banquiers, des sbires d’entreprises et autres gradés militaires. Marc Spitz fut sans doute le dernier grand styliste de l’histoire de la natation. Et je n’étais pas insensible à sa façon d’être dans l’eau oubliant la compétition, je le déclarais hors Jeux en somme. Il glissait, il allait plus vite ainsi que les arracheurs et c’était, ici, une belle victoire… mais parce que je connaissais un peu mieux cette discipline que les autres sans rien connaître du nageur lui-même et de sa formation. Je ne cherche pas d’excuse mais je vise l’explication et me prend pour cobaye à cette fin.
 
Tout ça est un peu court, je le confesse, mais bien que ce ne soit qu’un début, je n’aurai plus la force de continuer ce… combat !
 
Amicalement, Robert
 
(Je ferai part de cette discussion aux autres lecteurs si vous n’y voyez pas d’inconvénient, en ne retenant que la dernière partie de votre courriel.)
 
Réponse CAILLAT

Bonjour,

 Suis en total accord (ou presque) avec ce que vous écrivez même si je peux discuter le point de détail relatif à Marc Spitz !  L'essentiel est ailleurs.
   La discussion sur le geste sportif est intéressante mais, pour moi, elle passe loin derrière les analyses sur les fonctions politiques, idéologiques (l'incorporation des valeurs) et économiques du sport institutionnalisé (qu'il faut en effet distinguer de l'activité physique comme je le montre dans les premières pages de mon livre "Le Sport" dans la collection Idées reçues). Trop de monde a intérêt à entretenir la confusion. Or, si le sport est une activité physique toute activité physique n'est pas du sport. La facteur qui fait sa tournée ne peut pas être comparé à Armstrong !
   Je regrette simplement que des militants prêts à s'engager pour défendre certaines causes (parfois modestes) en mettant en cause le système économique refusent de voir que le sport entendu comme fait social massif qui sature notre temps et notre espace et mobilise des millions de personnes, n'est pas un simple divertissement. Et pire encore, refusent d'en débattre inconsciemment ou, malheureusement, consciemment (la censure n'est jamais loin).
   Je n'arrive pas encore à comprendre pourquoi tant de  militants refusent de discuter (je ne dis pas les accepter) les deux  thèses suivantes : 1. le sport est capitaliste par essence  2. le sport n'est pas un jeu anodin et  innocent mais une vision du monde.
   Si vous avez (vous ou un de vos correspondants) une réponse à ma question (pourquoi ce silence complice sur ce phénomène de masse ?), merci de me la donner... enfin. Vous pouvez leur transmettre ce message.
Très amicalement
Michel Caillat
PS. Je précise qu'un certain nombre d'intellectuels ont su voir le rôle du sport (d'Orwell à Jacquard en passant par Adorno, Ellul, Perec et beaucoup d'autres).
 
Réponse Robert

Le problème que vous soulevez – et nous en avions un peu discuté il y a déjà un certain temps – fait parti des mystères que j’ai également interrogés sans jamais les résoudre durant mon expérience militante.
A considérer l’histoire moderne, cela nous renverrait à la Commune de 1871 qui radicalise les antagonismes entre partisans d’une « culture » physiques, je pense à Pascal Grousset, et Versaillais, Jules Simon notamment (relayé beaucoup plus tard par de Coubertin justement !), qui défendaient le « sport anglo-saxon », si mes souvenirs ne sont pas trop imprécis. A ce sujet d’ailleurs de Coubertin faisant nettement la distinction entre sport et éducation physique là encore je ne comprends pas, étant donnée la clarté avec laquelle il s’exprime, que les militants ne l’aient pas su ou n’aient pas voulu le savoir (problème de l’inconscient/conscient que vous soulevez). Autocensure donc, dans certains cas. Grande bagarre qui fit rage, sous d’autres formes, dans les années 70/80 entre Le Bouch et les partisans de la République des sports qui eux enfonçaient le clou du sport à l’école, poussant devant eux l’exemplarité du sport en Allemagne de l’Est ! Et là, curieusement s’opposaient les courants politiquement organisés du trotskysme et du PCF : la conscience semblait renaître chez ces militants obligés de s’affronter sur ce terrain : pur opportunisme en réalité pour la plupart d’entre eux, les uns comme les autres pouvant se retrouver au même moment devant la retransmission « importante », sans que soit réellement creusée la philosophie (au sens grec qu’on veut bien lui donner) qui sous-tendait ces prises de position.
Dans le fond, cette idée du combat sportif est comme le bon sens, qui serait la chose la mieux partagée du monde et qui, lorsqu’on s’y tient trop fermement, ne parvient qu’à figer le monde dans sa configuration la plus statique, celle qui conduit aux impasses ; les Horace et les Curiaces n’y sont pas étrangers, c’est toute une philosophie du stade qui a trouvé là une sorte de consécration culturelle. Vieille antienne : on n’a qu’à les mettre sur un stade, ou sur un ring, ou sur un pré ces responsables politiques et celui qui gagne, qui tue l’autre sous les yeux de son public, portera la victoire au compte de la Nation.
J’ai sous les yeux, et j’en termine, ce passage relevé dans les mémoires d’Outre-tombe où Chateaubriand décrit cette scène inouïe : il combat devant Thionville dans les rangs des émigrés, « Les patriotes nous traitaient d’ennemis de la liberté, d’aristocrates, de satellites de Capet ; nous les appelions brigands, coupe-têtes, traîtres et révolutionnaires. On s’arrêtait quelquefois, et un duel avait lieu au milieu des combattants devenus témoins impartiaux ; singulier caractère français que les passions mêmes ne peuvent étouffer », nous n’aurons rien inventé décidément ! L’idée que nous serions des « témoins »  quand les circonstances se prêtent au combat singulier, des individus ou de deux équipes, représentants implicites de valeurs supérieures, est celle-là même que l’on peut dégager d’arguments très contemporains ;  « impartiaux », personne, ou presque, n’ose plus le dire aujourd’hui.
Sincèrement, Robert
 
Courriel de Nicolas :

Bonjour Robert


C'est effectivement une vue que je partage et je pourrais me montrer encore  plus extrémiste, concernant l'attitude à adopter vis à vis du sport de compétition:

les bienfaits du sport de compétition, sont universellement reconnus dans le monde que nous connaissons. La grande messe "universelle" des jeux olympiques modernes regroupe plus de nations que l'ONU elle même.
Cette seule convergence d'opinions ne devrait-elle pas à elle seule, nous interroger?
Comment en effet, des nations aussi différentes que les Etats unis la Russie et même l'Iran peuvent-elles ainsi répondre de façon similaire à cet objectif?

La réponse la plus logique est que tous les états sans exception, utilisent le sport de compétition comme vecteur de communication. Le cas de la dernière olympiade se révèle flagrant: le lieux ainsi que nombre de médaillés chinois a permis à la chine de s'introduire "officiellement" parmi les grands de ce monde. 
 De surcroît, le sport olympique semble être à la portée financière du plus grand nombre d'états, donc bon marché!
Par ailleurs, là où il devient beaucoup moins accessible, dans les sports télévisés par exemple, les entreprises prennent le relais. Elle partages la même logique: obtenir le meilleur vecteur de pénétration pour façonner les esprits et en retirer le maximum de bénéfices.

Le sport de compétition est donc l'ami des puissants (pour ne pas dire un ennemi de classe) et légitime des valeurs liberticides. c'est ainsi que l'esprit d'équipe, la défense de ses couleurs, le sacrifice, le dévouement, la fierté nationale, l'implication personnelle, la combativité, la force de conviction seront des valeurs nécessaire pour atteindre l'objectif sportif.
 Très étonnement ces qualités très recherché par les armées et les DRH, permettrons d'obtenir pour certains des braves soldats destinés à la boucherie et pour d'autres, de braves travailleurs besogneux et dépendants. 

En conclusion, le sport de compétition n'est pas neutre! Il me semble opportun de ne plus le légitimer en commençant par le boycotter! Évacuez- le de votre télé (si celle-ci fait malheureusement partie de votre quotidien)
La maxime "un esprit sain dans un corps sain" semble être bien mise à mal. Son objectif peut se révéler intéressant, mais par le biais du sport de masse, et dans un contexte de développement individuel.

A+
Nicolas
 

Par grossel - Publié dans : Robert P
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