Texte libre

imprévisible
investir
les interstices
de leurs territoires
sédentaires
à la manière du sable
partout
chaque trou
ils ne contrôlent pas tout
présence légère
camper à la nomade
au bord des choses
au bord des corps
au bord des morts
sans frénésie
sans appétit
solidaire
choisir une position
sans tourner le dos
à ses frères
ni leur faire face
installer la caravane
provisoire
sans rien déranger
occuper la position
précaire
à l’extrême
de l’inattention
provoquer
le déplacement
à l’épuisement
de la distraction
quand l’habitude
fait voir
un territoire

où l’on avait choisi
un emplacement
sans rien emporter
en laissant tout
en place et en plan
partir
sur la pointe des pieds
crainte de gêner
en faisant du bruit
pas d’itinéraire
à suivre
les pères
ne transmettent pas
leurs repères
pas de voie à ouvrir
les fils
n’héritent pas
de vos repaires
le désert
efface
toute trace
de réussite
hargneuse
tapageuse
de qui a fait
son chemin
ne pas s’attarder
passer à la ligne
n’aimer que
les inachèvements
opter
pour la dérive
et l’inconséquence
seulement habité
par le souffle
inspire

 
expire

J.C.Grosse
La Parole éprouvée
Les Cahiers de l'Égaré

Images Aléatoires

Texte Libre


Les agoras d'ailleurs existent depuis octobre 1995. Elles se sont déroulées, une fois par mois, jusqu'en décembre 2004, à la Maison des Comoni, le théâtre du Revest.
Depuis 2005, les agoras sont nomades. Les intervenants sont multiples: collectif informel d'auteurs, de penseurs, de chercheurs, de gens.
Une douzaine de contributeurs proposent plus ou moins régulièrement des analyses, des articles, des billets d'humeur, des aphorismes.
Les textes mis sur ce blog peuvent être utilisés à la seule condition d'indiquer le nom et la qualité de leur auteur.

Samedi 5 décembre 2009 6 05 12 2009 18:46
Conte
 
Tout est fait pour que la fête soit superbe, joyeuse et colorée.
La petite musique des mots a mis ses gants blancs pour couvrir de notes les toits du village.
Le sable en pluie a neigé dans les rues.
Chaque fenêtre ouvre ses yeux chargés de fard.
D ‘arbre en arbre les fils tissent une toile ondulée par le vent.
Mais ce tableau est orphelin, orphelin de ses couleurs. Tout est gris, gris sale. Pas ce gris aquarelle où l’encre se dilue aux larmes du pinceau. Pas ce gris de nuage qui brume avant la pluie. Le gris monotone de l’absence, le gris de rien qui attend tout mais tout ne viendra pas.
Les couleurs ont quitté le village avant la fête.
Chacun s’est mis à leur recherche. Le maire a bien fait les choses, il espère ainsi assurer sa réélection au printemps. Il n’en ferait pas moins si un enfant disparaissait. Ces couleurs sont sa bataille. Il la gagnera avec l’aide de tous. Son discours est fini, tous sont partis sur les chemins avec des cris aux lèvres et des chiens en laisse qui tirent au renard. Vieux et jeunes courent en tous sens.
Seul le pastre s’est tourné vers la montagne. A travers la forêt il reprend le chemin du troupeau, celui suivi il y a peu pour rentrer sous les premiers flocons.
Il n’a pas à lutter, le vent le pousse et ses pieds connaissent les pièges des drailles du pays. Il sait, sans le dire, qu’il va trouver là-haut ce qui manque pour finir le tableau.
Au pied d’un mont, dans les creux de roches, restent, d’un an sur l’autre, les cristaux froids de la neige la plus pure. Il a déjà vu se former ainsi une glace parfaite aux éclats de pierres précieuses.
Il en ramène un bout, fragile espérance où se captent les derniers rayons de lune.
Dans son bonnet de laine qui protège du froid comme du chaud il redescend en courant, tête nue, son précieux butin.
De maison en maison il portera cette lumière, reflet des nuits passées, des jours finis, de l’été qui n’est plus, des feuillages d’automne.
Et au contact du diamant de glace les couleurs reviennent aux joues des enfants, aux volets des maisons, aux guirlandes des sapins.
Le village a retrouvé son drapeau, le maire son écharpe. Les échos de chants et de musiques peuvent s’ajouter au tableau.
La fête se tient, sur la place et dans les rues, jusqu’au cœur des foyers, pour tous ce sera un moment joyeux et coloré.
Merci berger.

P.V.

Par grossel - Publié dans : Pierre V
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 12 2009 14:47
Quand Sarkozy fait son numérooo
y en a jamais de trooop

Le Président a fait l'éloge de son action face à la crise financière et économique ce mardi à La Seyne-sur-Mer. Tout en concédant que «la crise n'est pas derrière nous». Extraits de son discours.

«Le temps n'est pas à l'autosatisfaction. Ce serait une attitude choquante. Il s'agit de dire qui a dit la vérité.» Nicolas Sarkozy était ce mardi midi à la Seyne-sur-Mer (Var) pour dresser le bilan de son plan de relance annoncé non loin il y a douze mois. Et si sa modestie doit en souffrir, le chef de l'Etat s'est employé à le marteler: la France s'en sort moins mal que les autres puissances mondiales. Pour ce faire, le Président a égrené les différentes mesures prises par l'Etat depuis un an pour soutenir l'économie, avant de rappeler ses fondamentaux politiques habituels et enfin de proposer un nouveau système monétaire international. Détail de ses déclarations.
Le plan d'aide aux banques

«Il y a un an, je vous avait promis qu'aucune banque ne ferait faillite, qu'aucun dépôt ne serait perdu. Les engagements que j'ai pris ont tous été tenus (...) Le plan de relance n'a pas coûté un centime d'euro au contribuable. Il a rapporté 2,2 milliards d'intérêts (...) 13 milliards d'euros ont déjà été remboursés sur la vingtaine de milliards prêtés.»

«Je n'ai pas voulu que l'Etat fasse le métier des banques à leur place. Nous n'avons racheté qu'une seule banque: Dexia (...) Je sais qu'il y a eu un resserrement des attributions de crédit. C'est pour cela que nous avons créé un médiateur du crédit. Cela ne doit pas être une si mauvaise idée que cela, puisque l'Allemagne vient de décider de faire la même chose.»
L'Etat interventionniste

«La dette mondiale a augmenté de 15.000 milliards de dollars (...) Mais si les Etats n'étaient pas intervenus, l'économie mondiale se serait effondrée (...) Les Etats devaient faire un rempart.»
La fiscalité

«L'Etat a connu une perte de recettes fiscales sans précédent: 55 milliards d'euros sur un an. Et pourtant, j'ai refusé toute augmentation d'impôts pour ne pas rajouter la rigueur à la crise (...) 5 millions de ménages ont bénéficié d'une suppression totale ou partielle des impôts (...) En aucun cas, je n'augmenterai les impôts (...) Il faut alléger le poids de la fiscalité sur le travail. Les collectivités doivent faire de même (...) Les collectivités territoriales ne sont pas délocalisables, les entreprises oui (...) Le contribuable ne peut pas être la vache à lait de tout le monde.»
La prime à la casse

«On m'a traité de nationaliste protectionniste quand j'ai voulu venir en aide à la filière automobile. Cette dernière représente 10% des actifs français (...) La prime à la casse a bénéficié à 500.000 véhicules.»
L'emploi

«650.000 travailleurs ont bénéficié du dispositif zéro charge et il y a actuellement 300.000 travailleurs en activité partielle (...) Moi, je préfère dire activité partielle que chômage partiel.»
Les syndicats

«Depuis le début de la crise, il n'y a eu aucune démagogie des syndicats. Les partenaires sociaux se sont montrés très responsables.»
La France très bon élève

«Le chômage explose aux Etats-Unis; en Espagne, il a doublé; l'Angleterre s'effondre économiquement; l'Islande est en quasi-faillite; en Allemagne, la récession est quasi double qu'en France. En 2009, elle sera de -2%, -2,1%; en Allemagne, elle sera de -5% (...) La France aura la plus petite récession des pays européens (...) Christine Lagarde vient d'être désignée meilleure ministre de l'Economie en Europe.»
L'investissement

«Nous avons fait le choix de la relance par l'investissement, alors que tout le monde réclamait de soutenir la consommation. Et tout au long de la crise, la consommation a tenu (...) Mais la crise n'est pas derrière nous. Nous allons continuer à soutenir l'économie, sinon nous allons casser la reprise (...) Nous avons cassé la spirale de la crise, mais c'est fragile.»

«En 2007, la France est devenue championne de la dépense publique, mais en même temps elle a diminué de 40% ses dépenses d'investissement. Cela ne peut plus durer. Voilà pourquoi je veux un grand emprunt. Le détail du plan d'investissement sera annoncé la semaine prochaine (...) On ne doit pas craindre d'investir malgré la dette publique.»
Les fonctionnaires

«Je ne céderai pas sur la question du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite (...) De 1981 à 2007, il y a eu un million de fonctionnaires en plus en France (...) En deux ans et demi, 100.000 postes de fonctionnaires ont été supprimés (...) Le budget de l'Enseignement augmente tous les ans. Est-ce que pour autant nous avons les meilleurs enseignants du monde?»

«38.000 postes de fonctionnaires territoriaux ont été créés cette année sans qu'il y ait eu de transfert de compétences. Est-ce normal? Les collectivités territoriales doivent elles aussi savoir maîtriser les dépenses.»
La fin de l'hégémonie américaine

«Il y a un an, on ne parlait que du modèle anglo-saxon. Cela a changé (...) Le monde est désormais multipolaire. On ne peut pas être tenu au diktat par une seule monnaie. Depuis sa création, la valeur de l'euro a augmenté de plus de 50% par rapport au dollar. Il faut un nouveau Bretton Woods, il faut un nouveau système monétaire international, un sytème multimonétaire.»
La France, nouveau phare mondial

«Nous avons créé la taxe carbone. Dans un très petit nombre de semaines (sic), je serai à Copenhague pour défendre cette idée au niveau international (...) Il faut exporter le modèle européen dans le monde (...) Je suis pour un capitalisme de production et pas de spéculation (...) Le G20 aura lieu en France en 2011. 500 millions d'Africains n'ont pas accès à l'énergie primaire. Il faut les aider.»

Cliquez sur l'image ci-dessous pour lancer la vidéo du discurs de Nicolas Sarkozy. (Attention, la qualité du son est mauvaise durant la première minute).


Récit
Ainsi s'envole la dette française
LE MONDE | 01.12.09 | 13h47  •  Mis à jour le 01.12.09 | 13h47

'abord, des chiffres, des zéros jusqu'au vertige. Le déficit du budget atteindra 115 milliards d'euros en 2009. La dette de l'Etat accumulée au fil des ans totalise 1 140 milliards et, en y agglomérant les collectivités territoriales et la Sécurité sociale, la dette publique dépasse 1 400 milliards. Aux étroits d'esprit et de bourse, à ceux pour qui l'infini commence au million, c'est là 22 000 euros par Français. A cette aune, les 35 milliards du grand emprunt, dont Nicolas Sarkozy doit confirmer les modalités, début décembre, semblerait presque une peccadille.

Ainsi file la dette française. Alors, le pays emprunte, toujours plus. Il lance, semaines après semaine, de nouvelles adjudications de titres, sous forme de bons du Trésor, à court et moyen terme, ou d'obligations, à plus long terme. Pierre Trébault, un banquier de Barclays, résume l'explosion : "Les adjudications françaises sont du même montant qu'avant 2000. Simplement, l'euro a remplacé le franc." Cet ancien de la Caisse des dépôts se souvient que, en 1989, une émission d'obligations à hauteur de 4 milliards de francs (soit 610 millions d'euros) paraissait conséquente. Aujourd'hui, la taille moyenne est plutôt de 8 à 10 milliards d'euros.

Le particulier est dépassé par de tels montants. Enterrée aux côtés de son mari, la veuve de Carpentras dormant sur un matelas de "rente Pinay". Exit le souscripteur des emprunts Giscard ou Barre, par parenthèse le dernier premier ministre à avoir soumis un budget en équilibre. Suranné même l'emprunt Balladur, lancé en 1993, quand Nicolas Sarkozy était ministre du budget. Les petits épargnants jouent désormais un rôle marginal dans le système, au travers des sicav obligataires que les conseillers bancaires recommandent parfois aux bons pères de famille.

Pour suivre la boulimie de la France et des autres pays, il n'est désormais que le "marché", cet insondable puits d'argent. Le marché, sacro-saint ou immoral, c'est selon. "Nicolas Sarkozy et les politiques fustigent les traders auprès de l'opinion publique, mais ils oublient de dire que c'est nous qui écoulons la dette française et permettons de boucler les fins de mois du pays", note un banquier "diabolisé".

A mesure qu'il en augmentait l'usage, jusqu'à la dépendance, l'Etat a professionnalisé sa pratique des emprunts. "La dématérialisation de la dette date de 1984", explique Alexandre Gautier, directeur des opérations postmarché de la Banque de France. Aux oubliettes, donc, les parchemins enluminés, dont le rentier détachait régulièrement un coupon pour s'en aller l'encaisser. Même si on évoque toujours dans le jargon des papiers, les titres sont aujourd'hui abstraits : chaque bon ou obligation a une valeur nominale de 1 euro, avec paiement des intérêts en général sur une base mensuelle.

Au milieu des années 1980, ont été créés trois types de titres surtout connus par leurs sigles : les bons du Trésor à taux fixe (BTF), émis à court terme (moins d'un an) ; les bons du Trésor à intérêt annuel (BTAN) et les obligations assimilables du Trésor (OAT), lancés à moyen et long terme. Ces produits sont également devenus "liquides", c'est-à-dire qu'ils peuvent se vendre et s'acheter facilement en deuxième main.

Ce marché des obligations est dix à quinze fois plus gros que celui des actions. Les cotes montent et descendent, jusqu'à l'échéance, dans un yo-yo classique. Il est donc possible de spéculer. "Mais le bénéfice ou la perte sont de l'ordre de moins du centime par obligation", temporise Raoul Salomon, managing director (titre hélas ! intraduisible) de Barclays. On est loin des paris fous, des fortunes faites et défaites sur un coup de dés, vécus avec d'autres outils financiers.

En même temps que ses besoins devenaient exponentiels, la France a développé la structure chargée de lancer les emprunts. En 2001, a été créée l'Agence France Trésor (AFT), forte de 36 personnes. Elle est installée dans une aile de Bercy, au bout d'un interminable couloir, derrière une porte sécurisée. C'est une sorte d'Etat dans l'Etat, avec son propre système informatique, découplé par prudence de celui du ministère des finances. Dans un open space assez spartiate, opérateurs de marché, modélisateurs, responsables des comptes du Trésor veillent.

"L'Etat est le plus gros gestionnaire de flux monétaires du pays, explique Philippe Mills, le directeur général de l'AFT. Nous pilotons un énorme paquebot." Le calendrier des adjudications est ponctué d'immuables rendez-vous : BTF, tous les lundis à 14 h 50 ; OAT, les premiers jeudis du mois à 10 h 50 ; BTAN, les troisièmes jeudis du mois à 10 h 50.

"Notre procédure est rigoureuse, organisée, transparente", assure Philippe Mills. Les adjudications se font sous forme d'enchères. Dix-huit banques, baptisées SVT (spécialistes en valeurs du Trésor), ont seules accès à cet encan. Un gage de respectabilité. "Etre SVT est une clé de notre politique vis-à-vis de notre clientèle française comme internationale", explique Loïc Guilloux, managing director de Bank of America-Merrill Lynch.


En échange de ce ticket d'entrée prioritaire, les impétrants s'engagent à participer à toutes les enchères. Un classement des SVT est établi par le ministère des finances, afin d'encourager la compétition. Certaines banques sont sorties du jeu, quand elles manquent d'implication ou... pour cause de faillite, comme ce fut le cas pour Lehman Brothers en 2008.

Huit jours avant les enchères, les représentants des banques se rendent à l'AFT et font une évaluation des appétits du marché. L'Agence arbitre ensuite entre ses besoins et ces demandes. Sont alors proposés trois ou quatre types d'emprunts, avec des taux d'intérêt et des échéances différentes. "Nous ne sommes pas là pour battre le marché, explique Philippe Mills. Nous avons une relation de long terme avec eux, pour inspirer confiance, ce qui contribue à minimiser la charge de la dette."

Les SVT achètent pour leur compte ou pour celui de clients. En face de Bercy, de l'autre côté de la Seine, dans la salle des marchés de Natixis, Guillaume Couzineau, responsable du "trading taux et change", identifie trois types d'acheteurs d'emprunts. Les institutions financières qui les utilisent comme une couverture, une manière de consolider leur bilan : "Elles recherchent, en supplément du rendement, la marge de crédit qui leur permettra d'acheter des dettes plus risquées." Les compagnies d'assurances et les gestionnaires de fonds de pension qui achètent les titres pour les conserver et payer les assurés et futurs retraités. Enfin, les "hedge funds ou assimilés", qui jouent sur le marché obligataire, achètent, revendent, "se dessaisissent d'un papier A pour un papier B", en fonction des cours.

Les emprunts français circulent dans le monde entier. Leurs détenteurs se répartissent en trois tiers à peu près égaux, entre la France, le reste de la zone euro et la zone dollar. "Mais il ne faut pas en conclure que la France est vendue à des étrangers comme je l'entends parfois dans des discours simplistes", tempère un expert. Les obligations sont des emprunts et non des actions (c'est-à-dire des parts sociales) de la maison France. En outre, explique Philippe Mills, "on ne peut pas demander le remboursement anticipé d'une obligation. Il n'y a donc aucune pression possible sur le pays du détenteur obligataire".

La France est en concurrence avec les autres pays qui empruntent, appelés aussi "émetteurs souverains". Philippe Mills doit donc jouer les "VRP de la dette". Une ou deux fois par mois, il participe à des "road shows", en fait des tournées de promotion, à Tokyo, Londres, New York ou Riyad. Il y vante les emprunts "made in France". Ancien responsable de l'AFT, Benoît Coeuré a, de la même manière, sillonné le monde, entre 2002 et 2007. Il se souvient avoir vanté notre grand et beau pays à des investisseurs chinois, russes, américains, assis sur leurs milliards, avoir loué Airbus ou le TGV, s'être entendu répondre grèves et manifs...

Les errances spéculatives et le crash des places boursières en 2008 ont renforcé l'attrait des emprunts français. "La crise a provoqué une grande aversion pour le risque et donc un regain d'intérêt pour les obligations d'Etat", explique André Sanchez, responsable du "trading obligations d'Etats et inflation" à Natixis. "Il y a beaucoup de liquidités, notamment dans les pays émergents, à la recherche d'actifs sans risque", confirme à la Banque de France Alexandre Gautier.

Ce fut donc la ruée sur ces titres solides, pérennes, à taux fixes, communément appelés des "vanilles". "Les investisseurs réclament notre papier", constate Anthony Requin, le directeur général adjoint de l'AFT. Dès lors, selon l'incoercible règle de l'offre et de la demande, le pays trouve preneurs à des taux d'intérêt moins élevés qu'auparavant. Une (relative) bonne affaire pour le contribuable.

Mais, afin de rester "glamour", selon l'expression d'un interlocuteur, la France doit en permanence inventer de nouveaux produits. Elle a souvent été championne de l'innovation... en matière d'emprunt. Elle fut la première à lancer des obligations d'une durée de trente ans, en 1989. En 2005, un changement de législation imposant aux fonds de pension une couverture à très long terme, des banques suggérèrent même à l'AFT de lancer des obligations à cinquante ans.

Alors à la tête de l'Agence, Benoît Coeuré se souvient avoir hésité : cinquante ans, n'était-ce pas engager les générations futures ? Lourde responsabilité. Il demanda donc un aval politique, l'obtint. Prudemment, l'AFT lança un produit à échéance 2055, taux d'intérêt de 4 %, pour une "petite" taille, 2 à 3 milliards. Elle ouvrit un livre d'ordre où les banques inscrivirent leurs demandes. "Moins de deux jours plus tard, elles atteignaient déjà 19,5 milliards d'euros", se souvient Benoît Coeuré. L'AFT trancha pour 6 milliards. En souvenir de cette réussite, une plaque commémorative trône dans la salle d'attente de l'AFT. D'autres pays ont depuis emboîté le pas.

Au-delà du discours politique et médiatique sur son déclin, la France reste donc une valeur sûre du marché obligataire, une "signature". Elle n'a jamais manqué un remboursement depuis la banqueroute des deux tiers, en 1 797 ! "Nous faisons partie des Etats les mieux évalués", explique Philippe Mills.

Pour jauger cette solidité, les acheteurs d'emprunts se fient notamment aux agences de notation. Yann Le Pallec est responsable pour l'Europe du service de notation des pays chez Standard & Poor's, un des trois grands du secteur. "Nous donnons une opinion sur la capacité et le bon vouloir des emprunteurs à payer leur dette, en temps et en heure, explique-t-il. Pour les émetteurs souverains, cet aspect du bon vouloir est plus important que pour les autres types d'émetteurs. Les défauts de paiement des pays sont, dans la plupart des cas, liés à des impératifs plus politiques que financiers."

Le spécialiste du secteur admet volontiers que ces notes "ordonnent la relativité". Mais le jugement s'appuie sur des facteurs objectifs. Avantage reconnu à la France, "une économie diversifiée, tournée vers l'exportation", "un secteur privé moins endetté" que celui de certains voisins. Le pays est ainsi noté AAA "stable". Le pays est, qualitativement, deuxième de la zone euro, derrière l'Allemagne.

Les agences de notation se soucient cependant de son inquiétante dépendance à la dette. A court terme, c'est sans conséquence : "Le volume de liquidités est tel actuellement sur le marché qu'elle trouvera toujours à se financer", constate Yann Le Pallec. "La France garde un ratio dette sur PIB convenable, de l'ordre de 80 % à l'horizon 2010, note Loïc Guilloux. Mais il ne faut pas qu'elle aille trop au-delà." Sans quoi, le doute sur sa capacité à honorer les échéances pourrait s'installer. Le poste dédié à la charge de la dette n'est-il pas déjà le troisième du budget.

Les emprunts français trouveront-ils toujours preneurs ? "Nous n'avons jamais eu tout au long de 2009 la moindre difficulté pour nous financer", assure Philippe Mills, avant d'ajouter avec la prudence d'un communiqué : "Cela ne préjuge naturellement pas de la situation que nous rencontrerons en 2010. Il faudra être attentif à la manière dont les marchés réagiront aux premiers signes de normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Cela dit je reste optimiste quant à la demande qui nous sera adressée."

"Il y aura toujours des acheteurs mais à quel prix ?", résume Raoul Salomon, de Barclays. "Plus une dette est à risque, plus elle doit offrir un rendement attractif", renchérit André Sanchez, de Natixis. A l'exemple de la Grèce, bonne dernière de la zone euro, qui doit proposer des taux supérieurs de 1 % à 3 % à ceux de la France pour attirer le chaland. "Si nous avions gardé le franc, nous aurions souffert et sans doute déjà dû augmenter nos taux, estime Loïc Guilloux. L'euro a été une source de stabilité et de taux bas pour la France."

Les besoins de financement de la plupart des pays sont tels aujourd'hui qu'on voit sans cesse apparaître sur le marché obligataire des nouveaux produits. La France a ainsi émis des titres à taux variables ou indexés sur l'inflation du pays. Depuis 2003, l'AFT est même autorisée à émettre des emprunts dans des monnaies étrangères, sous condition.

Apparaissent ailleurs des obligations encore plus complexes et risquées, avec des taux calculés sur des évolutions de taux de change entre deux monnaies. Ces titres ont souvent l'avantage, non négligeable pour un élu, de différer de plusieurs années le remboursement des intérêts. Des produits de ce type ont été vendus au début des années 2000 aux collectivités locales. Les taux d'intérêt menacent aujourd'hui ces emprunteurs d'asphyxie.

Certaines banques et certains hommes politiques ont déjà suggéré à l'Etat ce type d'emprunts acrobatiques. Benoît Coeuré se souvient qu'on taxait l'Agence de prudence excessive, il y a quelques années, quand elle refusait cette tentation. D'autres pays, jusqu'en Europe, n'ont pas eu ces pudeurs de nonnes. Une crise type subprimes est envisagée par les observateurs les plus pessimistes.

Et puis, surtout, il y a ce compteur qui tourne, s'emballe, cette dette qui enfle, enfle sans limite. "Il serait vertueux de diminuer la dette", estime Loïc Guilloux. Un autre expert ne dissimule pas son inquiétude : "Nous mangeons actuellement notre pain blanc." A crédit.


Benoît Hopquin
Article paru dans l'édition du 02.12.09

Dans Newsweek :
Les lacunes de la "sarkonomie"
NOUVELOBS.COM | 01.12.2009 | 08:26

Un temps masquées par la crise, les extravagances financières de Nicolas Sarkozy apparaissent chaque jour plus clairement.
 Cet article a été publié dans l'hebdomadaire américain Newsweek daté du 28 novembre.

La politique économique de Nicolas Sarkozy inquiète les observateurs américains (Reuters)

Nicolas Sarkozy, connu pour la façon dont il phagocyte ses opposants et saute de gauche à droite, est l’un des esprits politiques les plus fins de sa génération. On ne peut en dire autant de sa compréhension de la chose économique. L’an dernier, du fait d’un contexte un peu fou, le problème était passé inaperçu. Au paroxysme de la crise financière, les leaders de tous les pays du monde se livraient à une débauche d’interventionnisme, de transgression des règles, de plans de sauvetage, de dépenses incontrôlées — en bref, jouaient les Français. Et Sarkozy semblait alors exceller à la tâche.

Avec le retour progressif à la normale, chaque pays va devoir affronter un surcroît de pressions pour un retour à plus de discipline budgétaire, et l’adoption de réformes structurelles. Et cela pourrait constituer un problème pour Sarkozy, qui a pour habitude de soumettre l’économie aux caprices de ses propres impératifs politiques. La France fut l’un des premiers pays à émerger de la récession, grâce à son épais matelas de dépenses publiques. Mais ce faisant, le pays a accumulé une dette importante, et les modalités de son remboursement sont loin d’être claires. Paris a taxé les demandes de l’Union Européenne l’exhortant à ramener son déficit à 3 % du PIB en 2013, contre 8,5 % l’an prochain, d’objectifs "extraordinairement difficiles" et "hautement irréalistes". Aujourd’hui, les bonnes vieilles habitudes françaises avec lesquelles Sarkozy avait promis de rompre, et les astuces de campagne qu’il a concoctées, risquent d’alourdir plus encore la charge qui pèse sur la deuxième économie européenne.

Le Grand Emprunt

Premier souci : le Grand Emprunt, un super-emprunt d’Etat de plusieurs milliards d’euros destiné à financer des investissements de long terme, et qui doit être adopté en décembre. Selon Sarkozy, il doit aider à préparer l’économie pour l’avenir, dans un pays où le déficit chronique (qui court depuis 1974) laisse peu de marge pour préparer le futur. Pour les critiques, l’emprunt ne fera que creuser plus encore le trou du pays, sans clair bénéfice à espérer. C’est également un troublant rappel de ce que peut signifier le style peu orthodoxe de Sarkozy quand il s’applique aux finances de la France. Ce Grand Emprunt, qui a pris tout le monde de court à son annonce en juin dernier, a été introduit sans trop de précisions principalement dans le but de dérouter et de déstabiliser son opposition. La définition même de la "sarkonomique". Une doctrine qui pourrait engendrer de sérieuses entraves à la reprise en France.

En 2007, Sarkozy a remporté les élections en promettant une "rupture" avec le passé, par le biais de réformes jusque-là toujours différées du marché du travail et de la protection sociale. Il a semblé initialement qu’il disposait de l’énergie et du talent nécessaire à les faire aboutir. Quelques points d’interrogation subsistaient : Sarkozy était-il un néolibéral parangon de l’économie de marché ou un interventionniste dans la grande tradition française ? Tout en parlant de modernisation, ne s’est-il pas également vanté du sauvetage de grandes entreprises nationales à l’occasion de son passage au ministère des finances, en 2004.

Mélange gauche-droite

Initialement, le mélange gauche-droite opéré par Sarkozy passait pour du pragmatisme. Le problème dans ce pays où les contre-pouvoirs sont peu nombreux et la fonction présidentielle extraordinairement puissante, c’est que ce flou lui a permis d’assujettir les décisions économiques à ses besoins politiques. Sarkozy s’est joué de son opposition en recourant à une technique de déstabilisation qu’il appelle "ouverture" — consistant à débaucher personnel et idées sur tout l’échiquier politique. Il a rallié les électeurs de l’extrême droite au cours de la campagne en durcissant son discours, sur le thème de "la France on l’aime ou on la quitte", avant d’embarrasser les socialistes en prenant dans son gouvernement plus de personnalités issues des minorités visibles qu’ils ne l’avaient jamais fait. Il a même fait de vedettes du Parti Socialiste telles que Bernard Kouchner son ministre des affaires étrangères, et de Jack Lang un envoyé spécial. Le mois dernier, il a appliqué une recette similaire, adoptant à nouveau un discours musclé sur les immigrants illégaux et la burqa, afin de corriger les erreurs du mois d’octobre, au cours duquel son silence sur l’arrestation de Roman Polanski et la tolérance affichée envers les incartades sexuelles d’un membre de son gouvernement avaient suggéré de la permissivité chez le président.

Politiquement, c’est astucieux. Dans le domaine économique, cette fantasque indifférence aux conséquences à long terme constitue un danger. Le principal problème de Sarkozy, c’est l’absence de suivi. Il a su lancer des réformes à un rythme encore jamais vu en France. L’Institut Thomas More de Bruxelles a effectué un suivi des 490 promesses de campagne et des 732 mesures annoncées par Sarkozy depuis son élection. Il a ainsi constaté que 80 % d’entre elles ont connu un début de mise en œuvre — un chiffre impressionnant. Mais il a également constaté que nombre de ses initiatives ont été lancées à la hâte et n’avaient pas été conduites avec suffisamment d’énergie, "comme si l’envergure donnée à la réforme venait en contradiction avec sa profondeur". Les gros efforts entrepris avant la crise, pour réduire le gaspillage dans le secteur public, par exemple, n’ont rapporté que sept petits milliards d’euros d’économie. Et son fameux Plan Marshall des banlieues aux difficultés notoires, n’a pour l’essentiel jamais décollé. "Le président aime les surprises" rapporte l’institut, "et notamment lorsqu’il se trouve dans une situation délicate". Mais ces surprises signifient des coûts supplémentaires à long terme pour le contribuable.

Absence de véritables principes économiques

Le problème plus fondamental semble être l’absence chez Sarkozy de véritables principes économiques — l’opportunisme semble être à la base de la "sarkonomique". "Lorsque la gauche traite Sarkozy d’ultralibéral, elle se trompe", indique Jean-Thomas Lesueur, qui a dirigé l’étude de l’Institut Thomas More. "C’est un pragmatique. Mais le pragmatisme, c’est une bonne tactique, pas une stratégie". Lesueur considère que Sarkozy dispose de la souplesse qui permet de remporter les batailles, mais qu’il est dépourvu de la vision personnelle qui définit, ou fait remporter les guerres, à l’instar de Ronald Reagan ou de Margaret Thatcher.

Les critiques, comme les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg, auteurs du best-seller Les réformes ratées du président Sarkozy, affirment que la crise économique a rendu le résultat des réformes plus difficile à constater, mais "qu’elles sont entachées de nombreux défauts", selon les termes employés par Cahuc. Selon le livre, "ses premières décisions ont aggravé les problèmes qu’elles étaient supposées résoudre, tout en aggravant le déficit". Prenons la mesure phare du mandat, les restrictions apportées aux régimes de retraite spéciaux de certaines catégories du secteur public, par exemple le moindre nombre de trimestres de cotisation nécessaires, par rapport au secteur privé. Sarkozy a réussi à les imposer, mais uniquement au prix de concessions coûteuses d’autre part.

Réduire la bureaucratie pléthorique

Pour être juste, le président a fait de bonnes choses. Ses efforts, par exemple, en vue de réduire progressivement la bureaucratie pléthorique du pays ont permis au pays d’économiser quelque 500 millions d’euros par an. Mais comme c’est d’usage, après avoir lancé le programme en 2007, Sarkozy a annulé les gains obtenus avec l’annonce impulsive et soudaine en 2008 de la suppression de la publicité à la télévision publique, vieille antienne socialiste. Sarkozy en a fait l’annonce au cours d’une conférence de presse, à la suite des réprobations concernant ses luxueuses vacances avec sa nouvelle compagne top-model (la future madame Bruni-Sarkozy) — un moyen pratique de changer de sujet, dont le coût fut néanmoins estimé par la Cour des Comptes à 450 millions d’euros en 2009.

Ces caprices font peser sur le pays des charges d’un autre ordre. En dépit des récentes tentatives de Sarkozy visant à comparer sa gestion des finances publiques avec l’Allemagne —"un gage de sérieux" selon Laurence Boone de Barclays — le comportement de Paris a été plus problématique. Les nouvelles dépenses engagées par Sarkozy ont été planifiées à la hâte, et à la différence de Berlin, n’étaient pas accompagnées d’engagement sur leur compensation à terme. L’Allemagne a également entrepris de profondes réformes structurelles, alors qu’on attend toujours en France l’adoption de mesures énergiques, sur la question des retraites, par exemple. Ces divergences risquent d’entraîner sur la question de la politique économique de l’Union Européenne un "conflit budgétaire et monétaire" entre des Français dépensiers et des Allemands disciplinés, prévient Bob McKee, analyste chez Independent Strategy, à Londres.

Les sondages donnant à Sarkozy entre 30 et 40 % d’opinions favorables, les plus mauvais chiffres qu’il ait connu (ils s’expliquent par une série de faux pas, et notamment d’accusations de népotisme autour de son jeune fils Jean), de nombreux spécialistes redoutent qu’il soit tenté d’annoncer des mesures encore plus irréfléchies, à l’approche des élections régionales de mars et de la campagne présidentielle de 2012.

Projet du Grand Paris

Il est un signe inquiétant : le projet du Grand Paris, dévoilé en avril dernier. Le nom du projet, très approprié, comporte un double sens suggérant aussi bien la géographie qu’un pari sur l’avenir. L’idée est de dépenser au moins 35 milliards d’euros dans la région capitale. Mais ce à quoi sera consacré cet argent — à part construire de nouvelles lignes de métro, et permettre à Sarkozy d’imprimer sa marque — n’est pas clair. Puis vient le Grand Emprunt. Sarkozy avait suggéré de se tourner vers les particuliers pour une partie au moins de son montant — ce qui permet de donner l’impression d’une adhésion de la population, mais constitue une méthode très coûteuse de lever des fonds. Pendant plusieurs mois, le débat public sur les montants des investissements et leur affectation a constitué un bien pratique moyen de détourner l’attention de phénomènes plus inquiétants tels que la montée du chômage. Le mois dernier, la commission chargée par Sarkozy de définir les investissements potentiels a dressé une liste de secteurs prioritaire auxquels il a suggéré de consacrer 35 milliards d’euros : recherche, "société numérique", aéronautique et nucléaire. Rien que de très louable, mais l’OCDE a déjà averti que cette mesure risque "d’arriver trop tard pour aider à la reprise, et rendra d’autant plus difficile la tâche de l’indispensable retour à l’équilibre budgétaire".

Christian Saint-Etienne, délégué à l’économie au Nouveau Centre, allié de l’Union pour un Mouvement Populaire, est "pratiquement sûr" que Sarkozy sera à même de mener à bien les essentielles réformes structurelles à la suite des élections de mars — après le printemps prochain, la campagne présidentielle sera trop proche pour relever les impôts, sérieusement couper dans les dépenses ou risquer une crise de financement public.

Champion du monde des dépenses publiques

Au cours des derniers jours, Sarkozy a semblé revenir à l’idée de la discipline budgétaire. "La France doit cesser d’être le champion du monde des dépenses publiques" déclarait-il le 20 novembre, jour suivant l’annonce des propositions du Grand Emprunt. Le Grand Emprunt est également devenu un sujet de bisbilles internes au sein du parti de Sarkozy, et déclenché dans la population des inquiétudes sur le niveau de la dette. En privé, un économiste confie que cette subtile inflexion dans l’air du temps pourrait être la meilleure chose à sortir du Grand Emprunt. Les volte-face sarkozyste en matières de dépenses publiques ne sont pas sans arrière-plan partisan. Celui-ci concentre l’essentiel de ses critiques sur la gestion socialiste à l’échelon local, bien que leurs dépenses ne constituent qu’une infime fraction des problèmes du pays. Du point de vue économique il est hors sujet. Mais pas du point de vue politique. Hélas.


Par Tracy McNicoll

Traduit de l'anglais par David Korn

dans_newsweek__les_lacunes_de_la_sarkonomie.html


Le populo-élitisme pour seul horizon ?
  
    Le populisme se construit, l'élitisme aussi. A l'u.m.P., on a un sens populiste de l'élite et élitiste du peuple. Il y aurait un plan de convergence des sécurités de l'une et de l'autre. Le salut du peuple résiderait dans celui de ses chefs (d'entreprise, de file, etc.), en ce que n'importe quel pauvre aurait au moins un bien à défendre, ne fût-ce que l'intégrité de son corps.
    A une élite qui se pense au-dessus de l'avoir, répond idéalement un peuple de l'avoir qui a tout à craindre des délits et des crimes de misérables. Ce n'est pas parce qu'on est miséreux qu'on est misérable, et le danger vient alors bien plus de l'entourage immédiat que de lointains perdus dans un brouillard de médiations.
    Si populaires sont les gens de l'u.m.p. (et notamment leurs jeunes ainsi qualifiés), c'est qu'ils transforment le peuple seulement en détenteurs de biens réels ou imaginaires. Ils s'attachent par exemple aux travailleurs dont il arrive qu'on brûle la voiture. Ce n'est pas qu'ils aient tort sur ce point, mais leur lisseur ne manque pas d'aplomb de tellement se détacher des conditions saccagées ou empoisonnées de leur travail.
    A l'u.m.p., on a l'élitisme populiste : on aime bien la réduction du peuple à la crainte de perdre le peu qu'il a. On milite pour une généralisation de l'esprit boutiquier, au nom des gagnants de la grande entreprise. Seul le grand gain peut garantir contre la petite perte (relativement à lui). Le peuple a donc tout intérêt à lui éviter la grande perte (ou à la lui éponger).
    Une telle logique, poussée assez loin, conduit à une démocratie de la peur, voire de la terreur. Ce n'est pas l'Etat ou le patronat qui menace les gens ; ce sont les gens qui se menacent entre eux, réellement et fantasmatiquement. Voter, par exemple, devient une affaire de petits intérêts particuliers que seuls peuvent arbitrer de grands intérêts, pourtant non moins particuliers. Le bien public, la force et l'inventivité publiques du peuple s'en retrouvent ensemble profondément mis à mal.
    L'élitisme (la conviction d'une inégalité foncière entre les hommes) y trouve son compte. L'u.m.p., entre autres, boit du petit lait. Derrière la lisseur affichée, l'obscénité se réjouit, car le peuple semble bien être le populo qu'il doit être. L'élite qu'au fond un tel mouvement prétend incarner s'en retrouve justifiée à ses propres yeux.
    Mais il suffirait d'un mouvement réel, généreux et intelligent, qui traverse toute la société pour donner, au moins un temps, élitisme et populisme pour ce qu'ils sont : les deux grosses loupes d'une même myopie. C'est en tension l'un avec l'autre qu'un vrai peuple et une vraie élite travaillent. Autant la sécurité est un droit généralisable, autant la culture de la peur est un poison intéressé.
    C'est le masque lisse d'une obscénité dominante qu'il faut parvenir à faire éclater aux yeux de tous (et cela requiert déjà d'inventer).
G.L

.
Par grossel - Publié dans : agora
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 12 2009 20:19
Esprit de Genève où es-tu ?

C'est officiel : on peut être
Riche et Con à la fois

La Suisse interdit
la construction des minarets




Le saviez-vous ?

En Suisse, mausolée de la honte de l'Europe,
 les femmes ont le droit de vote...depuis...1971.
Un rappel utile pour Marine Le Pen
Et oui, c'est aussi cela
la cantonalisation des mentalités...

Ce référendum est dommageable, cela aurait fait ressembler ce minable
et indésirable petit pays des alpes françaises à une nouvelle Yougoslavie.
Et BHL aurait pu se poser en sauveur de l'humanité.

Cette interdiction est politiquement "positive"
elle peut faire réfléchir
M.M. Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner et Tariq Ramadan
sur le concept de laïcité universelle à la française...

Antoine Sévilla


Quelques précisions :
je n'ai rien contre les religions,
mais j'affirme que les laïques et les athées du monde
ne doivent pas leur montrer de respect particulier
compte tenu des conflits générées par elles et du peu
de respect qu'elles font justement preuve pour l'Homme.

je n'ai rien contre l'écologie (au contraire) qui est l'alliée naturelle de la science,
 je n'ai rien contre le foot (quoique...)
et la science sans conscience est une catastrophe pour l'humanité.

Je dénonce la psychanalyse et pourtant je suis le premier à m'en servir...

J'ai été gardien de but.

Historien de formation, j'affirme l'importance cruciale du temps.

J'ai travaillé sur les rapports scientifiques et techniques
entre le Monde Arabe, les intellectuels juifs et l'Europe
au Moyen-Age.
 
Au mot "Culture", je préfère celui de "Civilisation"

Ce qui me choque, me révolte et me met hors de moi,
ce sont les écarts de richesses scandaleux que le XXI siècle s'offre encore
quelque soit l'endroit du monde...

Et, au nom de cela, personne ne me fera taire...

(En général, la génération X est une génération de rentiers pique assiette
avec un MOI gros comme un cétacé en voie de disparition)

Voilà...

Antoine Sévilla


Info conso, info immo

"J'aime tes Belles Opportunités à Saisir"

Dubaï, investissez dans la Mégalomanie Durable

Qu'en pense le Grand Architecte ?

Antoine Sévilla


C'est officiel :

Le Singe descend de l'Homme

Ce dernier est donc replacé au centre
de l'Univers sans pour autant en faire
un Etre Exclusif

Tu marches debout ?
Adhère au Darwin's Club !

Antoine Sévilla

Face au pouvoir financier,

si nos hommes politiques étaient savamment dotés...

Ce n'est pas seulement la burka, le foulard
ou les insignes religieux ostentatoires
qu'il faut interdire dans les lieux publics et surtout à l'école.

Il faut aussi interdire l'utilisation :

- des insignes politiques
- des téléphones portables
- des baladeurs

- et le port des vêtements à marque et de marque

mais pour cela il faut faire appel à Georges Marchais

Souvenez-vous  :

"les Multinationales Elkabbach, les Multinationales !"

Antoine Sévilla

(Développement durable :
les mandarines corses, elles poussent tellement lentement
qu'elles ont toujours un an d'avance...)


Non, non, rien n'a changé
tout, tout a continué....


1. Quand on connait la politique agressive de Nike auprès
des populations immigrées, au nom de "l'identité",
il y a de quoi être dégouté des marques
et du marketing.

2. Quand  les salaires des ouvriers français n'augmentent plus au nom de
la mondialisation à combien s'élèvent les salaires versés à l'autre bout
du monde aux populations du tiers-monde ?

3. Toujours en quête de lui-même et d'alliés,
le capitalisme n'a plus d'ennemi,
sinon sa propre corde pour aller se faire pendre

Antoine Sévilla

(Il n'y a d'identité que personnelle et individuelle, l'identité communautaire n'existe pas !
Cela s'appelle devenir un Etre Humain !)


Une France trop essentielle
  
     De la République les valeurs ont bon dos. Surtout comme valeurs de la valeur d'échange, elles sont couramment brandies et administrées pour dissimuler l'existence en République. Ce n'est pas que l'existence soit un concept suffisant, qu'elle soit coupée de maintes valorisations plus ou moins contradictoires qui peuvent aider à lui donner sens, mais parler des valeurs sans plus, en les déconnectant d'une expérience largement commune, c'est faire primer un ciel des idées et ses liturgies.
    A une République où des essences seraient à incarner, culminant en un grand pontife au moins un peu carnavalesque, s'opposent des existences concrètes et des expériences croisables qui mettent en perspective l'élaboration possible d'un " cadre " républicain de vie commune non fantomatique. Le monde médiatique fonctionne beaucoup aujourd'hui comme le substitut aliéné d'une telle possibilité d'élaboration. Il constitue lui-même une essentialisation des existences et des expériences. Mais, en se donnant comme l'existence et l'expérience essentielles, il ne fait que souligner chez énormément de gens un manque réel à exister, à expérimenter, ainsi que son manque propre de réalité.
    A la source historique de notre République, il y a pourtant une puissante intensification, certes dangereuse, des existences et des expériences, et cela ne peut pas se laisser oublier pour quelque vie fantomatique. Le manque à exister et à expérimenter de la plupart d'entre nous continue, même en creux, à faire " valeurs ". De la République il n'y a pas une valeur qui ne soit creuse et à creuser. Des individus n'y suffisent pas. Le seul passé vivant, c'est un avenir qui se cherche, et cela concerne tout le monde. L'individu contemporain est à l'individu possible ce qu'est le profit spéculatif à la valeur réellement ajoutée. il n'y a pas à opposer comme des essences vie commune et vie individuelle.
    Pas plus au service de la valeur d'échange que d'un clergé de " valeureux ", les valeurs de la République ont besoin de tous les citoyens et de leurs rapports pour rester et devenir vivantes. Elles s'enracinent dans leurs existences, en pâtissant beaucoup aujourd'hui de leur défaut d'existence (politique, économique, sociale et individuelle). Ce ne sont pas de simples drapeaux qu'on secoue au-dessus de tous pour draper son vide.

G.L.
 
 
 
 
Par grossel - Publié dans : Jean-Pierre Savelli
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 12 2009 17:42

Maths et crise boursière, l'avis de Jean-Pierre Bourguignon

1 déc
2009

Cours à l'IHES   Aujourd'hui et demain se tient à la Mutualité (Paris) le colloque Maths à venir 2009. A cette occasion, voici l'interview que m'a accordé Jean-Pierrre Bourguignon, mathématicien et directeur de l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques (Bures sur Yvette).

Ce colloque va permettre deux jours de débats sur cette discipline «au cœur de la science contemporaine, mais aussi à la base d’innombrables réalisations technologiques et processus industriels ; (et qui) fournit des outils de modélisation et de prévision qui jouent un rôle croissant dans la conduite des affaires du monde» comme d'affirment ses organisateurs. Il sonne comme un écho au colloque Mathématiques à venir tenu en 1987 et qui déboucha sur des mesures en faveur des mathématiques.

Dans cette interview, Jean-Pierre Bourguignon revient sur le rôle des mathématiques dans la crise boursière, qui déclencha la crise économique en cours. Il y voit «un déséquilibre entre recherche appliquée et recherche fondamentale. Il aurait fallu se pencher sur ces outils utilisés par les banques, les confronter aux données financières et économiques globales, étudier la stabilité du système financier mondial…

Ce qui était impossible puisque les banques gardaient pour elles les données qu’elles collectaient dans un contexte de compétition féroce, d’égoïsme, et aussi d’aveuglement idéologique, d’absence de réflexion épistémologique et éthique. Bref, pour anticiper la crise au plan mathématique, il aurait fallu un partage des connaissances, une vue d’ensemble et la construction d’un sous-bassement théorique sérieux comme bien public. En résumé, une bonne recherche fondamentale.»

Voici l'interview de Jean-Pierre Bourguignon (photo ci dessous) en intégralité.

A quoi rêvent les matheux ?

Nous ne poursuivons pas une sorte de Graal, comme les physiciens des particules qui sont partis à laJean Pierre Bourguignon chasse au boson de Higgs au CERN. Nous fonctionnons plus souvent sous forme de petites groupes très mobiles dont les sujets évoluent assez vite et non par gros bataillons concentrés sur un sujet défini. Nos rêves sont donc très éclatés, voire presque individualisés. Cela nous pose d’ailleurs un problème avec la politique de recherche actuelle: nous ne savons pas vivre et prospérer intellectuellement dans système de recherche trop piloté par une commande extérieure. Notre pas de temps typique, c’est la dizaine d’années, pas le contrat de trois ans standard de de l’Agence nationale de la recherche.

Prenons l’exemple de la géométrie non commutative. Le rêve d’Alain Connes, son fondateur, fut annoncé dès sa leçon inaugurale du Collège de France, en 1986. Aujourd’hui plusieurs centaines de matheux se sont joint à ce rêve dont la réalisation a conduit à créer de nombreux concepts nouveaux, à tisser des liens inattendus avec la théorie des nombres ou la physique des particules.

Peut-on parler de ce que font les mathématiciens aux non mathématiciens?

Souvent, le grand public assimile maths et calcul. C’est très réducteur. Les objets manipulés par les mathématiciens ce sont certes des nombres, mais tout autant des formes, des processus : de façon lapidaire, les maths sont la science des structures. Faire des maths c’est donner le même nom à des choses différentes disait Henri Poincaré. Car on observe, ou l’on démontre, que la manière dont des choses ou des processus très différents s’organisent suit les mêmes principes. Cette démarche débouche sur des processus d’abstraction de plus en plus profonds, qui relient nombres, structures, formes, topologies, hasard, probabilités…

Les maths nous parlent-elles vraiment de la Nature selon le propos de Galilée ?

Grand débat qui peut se poser ainsi : le mathématicien découvre t-il ou invente t-il ?{SH : lire ici et ici une interview d'Alain Connes} Pour moi, les maths ne sont pas qu’un langage du quantitatif mais bien une science qui se développe autour de pôles de connaissances, des concepts clés. Ainsi le concept de courbure, né à la fin 18ème siècle. Il a permis d’inventer les géométries non euclidiennes… donc laEinstein_17 physique d’Einstein. Au tout début des relations entre mathématique et réalité sensible, avec l’astronomie, les maths s’identifiaient à leurs objets astronomiques réduits à des points en mouvement. Il n’y avait donc pas besoin de la notion, fondamentale en sciences modernes, de modèle. Faire les maths de la mécanique céleste, c’était (presque) faire de la mécanique céleste. Aujourd’hui, faire les maths de l’astrophysique n’est pas faire de l’astrophysique, il y manquerait, au moins, les concepts de la physique nucléaire ou de l’électromagnétisme. Inversement, il faut revenir à la formulation de Henri Poincaré qui, dans Science et hypothèse,  affirme que la question de savoir si une géométrie est vraie ou non n’a pas de sens (par référence au monde sensible) car on ne lui demande que d’être cohérente. Mais si on veut utiliser  une géométrie pour comprendre le monde sensible, il faut simplement utiliser celle qui est la plus commode. D’où la nécessité d’utiliser la notion de modèle, une appréhension en termes mathématiques d’une réalité, juge en dernier ressort de la qualité du modèle. Le résultat paradoxal de cette évolution c’est que le 20ème siècle est la conquête d’une autonomie véritable des maths par la prise de conscience de l’autonomie de la construction mathématique relativement au monde sensible. Le paradoxe, pour le grand public, c’est que des mathématiciens vivent cette autonomie en se posant comme les découvreurs d’un monde et non comme ses inventeurs.

Lagarde-ce-nest-pas-un-krach Peut-on appliquer cette réflexion aux mathématiques financières qui ont joué un rôle dans la crise des bourses et de l’économie mondiale ?

Curieusement oui. J’y vois le résultat d’un manque de réflexion épistémologique sur les modèles utilisés et une dérive liée à la dérégulation massive. Chaque banque a embauché des mathématiciens pour développer des produits financiers de plus en plus sophistiqué, par une application des maths à leur objet. Mais, ce faisant, les mathématiques ont dépassé leur rôle d’outils de modélisation pour créer une nouvelle réalité, certes virtuelle au plan économique, mais dont l’impact fut important.

Tout cela a dégénéré non seulement en raison de l’écart croissant entre finance et économie réelle - des économistes, peu nombreux, l’avaient vu - mais aussi en raison d’un déséquilibre entre recherche appliquée et recherche fondamentale. Il aurait fallu se pencher sur ces outils utilisés par les banques, les confronter aux données financières et économiques globales, étudier la stabilité du système financier mondial… Ce qui était impossible puisque les banques gardaient pour elles les données qu’elles collectaient dans un contexte de compétition féroce, d’égoïsme, et aussi d’aveuglement idéologique, d’absence de réflexion épistémologique et éthique. Bref, pour anticiper la crise au plan mathématique, il aurait fallu un partage des connaissances, une vue d’ensemble et la construction d’un sous-bassement théorique sérieux comme bien public. En résumé, une bonne recherche fondamentale.

Comment se portent les mathématiques ?

Le grand public a du mal à imaginer à quel point les mathématiques sont une science vivante, créatrice, et même en croissance accélérée aujourd’hui. Elle est toujours mue par deux dynamiques. L’une est purement interne et repose sur les questions posées par les mathématiciens eux-mêmes qui conduisent à perfectionner les outils, les concepts, à construire de nouvelles visions. La seconde qui provient de la stimulation par d’autres disciplines et le monde extérieur. Dans le passé, la mécanique et la physique ont joué un rôle décisif dans cette démarche:l’ambition fut d’écrire en termes mathématiques les lois de la physique, c’est l’héritage fameux de Galilée.

Aujourd’hui, cette dimension continue de s’élargir: la chimie, la biologie, les sciences sociales (elles ont joué un grand rôle historique dans l’essor des probabilités), les mathématiques financières, la haute technologie. Cet élargissement a maintenant un impact certain sur l’emploi croissant de mathématiciens en entreprises à cause de la multiplication des champs où la modélisation mathématique apporte des informations importantes et quelquefois décisives. Ces extensions n’affectent pourtant pas l’unité de notre discipline. Elle ne vit pas repliée sur elle même, mais est transformée par les croisements entre ses grandes branches - algèbre, analyse, géométrie, théorie des nombres et probabilités - qui se fécondent les unes les autres pour répondre à ces stimulations. L’architecture interne des maths est du coup toujours mouvante, signe de leur vitalité.

Si les maths se portent bien, pourquoi organiser un colloque - maths à venir - où l’on tire desMaths-a-venir-2009 signaux d’alarme ?

C’est que si la planète maths se porte excellemment, et si la France y joue toujours un rôle de tout premier plan, cette position pourrait être affectéee dans un proche avenir. La planète maths, c’est aujourd’hui 90 000 chercheurs actifs, producteurs de mathématiques nouvelles… à comparer toutefois aux deux millions de biologistes. Elle est en croissance rapide dans les pays émergents, en Chine, en Asie du Sud-Est, en Inde, au Brésil… En revanche, l’Europe de l’est traverse une crise grave. L’Australie a perdu le tiers de ses effectifs en une dizaine d’années. L’Europe de l’ouest et la France sont confrontées à la désaffection des jeunes pour les études scientifiques en général,  les maths et la physique. En France, des départs à la retraite massifs sont programmés dans un avenir proche et on peut craindre que la diminution du nombre d’étudiants en maths peut conduire les universités à ne pas les remplacer. Il y a donc une réelle menace si l’on laisse faire la tendance actuelle sans réfléchir aux effets à long terme et sans une vision stratégique.

L’école de maths française fait partie du podium mondial, pourquoi ?

Le système attire encore certains des jeunes les plus brillants de leur génération vers les maths, notamment grâce aux classes préparatoires et de certaines grandes écoles. Le paradoxe, c’est que ce système ne fait pas beaucoup de place à la création et beaucoup de concours sont plutôt conformistes, sauf ceux des Ecoles Normales Supérieures. Cependant, ceux qui brillent en maths sont considérés tant par leurs enseignants que leurs condisciples comme des leaders, des exemples. Cette valorisation joue un grand rôle dans la formation de ces esprits et le choix professionnel qui est ensuite fait. Pourtant, onWeb_werner peut dire qu’ avec la dégradation terrible de la situation des jeunes chercheurs, faite de précarité de plus en plus longue, beaucoup se détournent de la recherche en mathématiques. 

Une des grandes forces de l’école française c’est qu’elle ne présente que peu de lacunes. Le flux a été assez régulier et dense pour couvrir presque tous les sujets avec un excellent niveau. Si on regarde les conférenciers invités dans les grands congrès internationaux, la France est n°1, rapporté à la taille du pays. Il faut toutefois noter que l’on maintient cette place grâce à l’installation en France d’un flux important d’enseigants-chercheurs étrangers qui représentent 30% des recrutements actuels. Ce flux s’explique par l’attractivité et la capacité d’ouverture de la communauté française. {En 2006, lors du dernier congrès mondial des maths, Wendelin Werner (Cnrs, Université d'Orsay) a reçu la médaille Fields}.

Comment pérenniser cette place ?

La menace immédiate porte sur la diminution du nombre de jeunes en master recherche de maths, à l’exception de quelques universités comme Paris-6. Il faut retrouver un flux suffisant d’étudiants. Et faireSmf-geodis que des jeunes passant par d’autres grandes écoles que l’ENS et l’X choisissent de faire des maths. Le maintien à des niveaux très bas des salaires de début de carrière marqués par l’attente dans des postes précaires provoque un écart déraisonnable avec leurs condisciples allant dans les entreprises. Beaucoup de jeunes sous-estiment souvent les emplois et les carrières qui s’offriraient à eux avec une formation plus avancée en mathématiques dans les entreprises. Il appartient aux mathématiciens de les rendre plus visibles afin que cette nouvelle frontière soit bien perçue et rende évidente que les étudiantes et les étudiants en mathématique ont aujourd’hui bien une option ouverte entre le monde académique et celui de l’industrie et des services.

Le site de la Société Mathématique de France.

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Lundi 30 novembre 2009 1 30 11 2009 23:26
J'ai emprunté cette anthologie à Summertime, mise en ligne tout récemment sur you tube pour les vidéos et sur pnyx.com/fr pour les discours. Je trouve ce travail remarquable.
grossel

Nicolas Sarkozy

Sarkozy Midterm, novembre 2009,
30 mois de Présidence, bilan à mi-mandat, pour quelle Société ?


 Anthologie des mots et des idées de Nicolas Sarkozy en 5 thèmes

les Valeurs assumées
l'Action libérée
la Réalité confrontée
le Monde souhaité
la Parole affrontée

Volet 1/5, les Valeurs assumées
http://www.youtube.com/watch?v=Fm-TdlB8QNI



Mes chers compatriotes,

Je vous le dis, nous ne devons pas avoir honte de nos valeurs, nous ne devons pas avoir peur de les défendre.

Où en sommes-nous avec la liberté, qu'en avons-nous fait ? La liberté ce n'est pas le droit pour chacun de faire ce qu'il veut. Etre libre ce n'est pas vivre sans contraintes et sans règles. Quand il n'y a pas de règle, quand tous les coups sont permis, ce n'est pas la liberté qui triomphe, c'est la loi de la jungle, c'est la loi du plus fort, ou celle du plus malin

La délinquance ne procède que très rarement de la souffrance sociale, la délinquance résulte simplement de l'attrait de l'argent facile. Alors, pendant des décennies, l'idéologie dominante était fondée sur l'idée que la misère engendre naturellement la criminalité. Je dis exactement le contraire : c'est la criminalité qui favorise la misère, en aggravant l'exclusion et la stigmatisation d'une partie de la société française.

Je veux être le Président de la République qui ne mettra pas sur le même plan la victime et le délinquant.

Il n'y a pas de droits sans les devoirs.

Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal. D'ailleurs, y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie, ils avaient réussi, y avait plus rien du tout, et eux-mêmes, c'était pas grand chose.

Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance.

Puisqu'il n'y a plus de règles, plus de normes, plus de morale, plus de respect, plus d'autorité, puisque tout se vaut, alors tout est permis.

Le drame du 20e siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu mais de sa redoutable absence.

Dieu est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes.

Qui ne voit que notre modèle d'intégration ne fonctionne plus : au lieu de produire de l'égalité, il produit de l'inégalité. Au lieu de produire de la cohésion, il produit du ressentiment. Ne sommes-nous pas progressivement passés, sans toujours nous en rendre compte, de l'égalité républicaine à l'égalitarisme. La République, c'est la promotion sociale fondée sur le mérite et le talent, l'égalitarisme c'est donner la même chose à tout le monde.

Y a pas de plaisir quand il n'y a pas d'effort, y a pas de récompense quand y a pas d'effort.

Eh bien je veux être le Président d'une France qui remettra les travailleurs au coeur de la société. Je veux proposer aux français une politique dont le but principal sera la revalorisation du travail. Le travail c'est la liberté, le travail c'est l'égalité des chances, le travail c'est la promotion sociale, le travail c'est le respect, c'est la dignité, c'est la citoyenneté. Je veux être le Président de l'augmentation du pouvoir d'achat, je veux être celui qui vous garantit que si vous travaillez plus, si vous prenez plus de risques, si vous vous engagez plus, vous gagnerez d'avantage.

La démocratie irréprochable c'est celle où il n'est pas nécessaire de voter pour les extrêmes pour se faire entendre.

Nous ne pouvons pas continuer à proclamer des valeurs et à tolérer qu'elles soient à ce point contredites par les faits.

Mes chers compatriotes,

C'est une société où l'on n'aura pas peur de parler de la Nation française, de l'identité française et où l'on tournera le dos à la repentance, cette détestable mode qui voudrait faire que les français, au lieu d'être fiers de leur pays, en aient honte. C'est une société où on ne mettra pas sur le même plan le fraudeur et les honnêtes gens. C'est une société où l'autorité sera respectée, parce que quand il il n'y a plus d'ordre, alors c'est toujours le plus vulnérable qui souffre le premier.

Ne vous laissez pas impressionner par la pensée unique. Je tiendrai scrupuleusement mes engagements parce que cela fait trop longtemps maintenant que la majorité silencieuse exige un certain nombre de décisions, eh bien il est venu le temps de les prendre.

Alors j'ai dit : il faut identité et immigration, pourquoi ? Parce que la France doit accueillir de nouveaux français, des français venus de plus loin. Nous les accueillerons avec leur propre identité. Mais eux, ceux qui nous rejoignent doivent accepter l'idée que la France vient de bien loin, qu'elle a commencé avant eux, et que la France est porteuse de valeurs qu'ils doivent eux-mêmes respecter.

Si on ne dit plus à ceux qui viennent, à ceux qui veulent devenir français, ce qu'est la France, comment voulez-vous qu'on les intègre. L'échec de l'intégration à la française c'est parce qu'on a oublié de parler de la France, moi je ne veux pas oublier la France, parce que la France est le coeur de mon projet.

A tous ceux qui veulent devenir français, je veux leur dire que je vais leur rendre la fierté d'être français. Mais que la France mérite d'être aimée, mérite d'être respectée et que la France est porteuse d'un idéal qu'il faut partager ou refuser. Je comprends qu'on puisse le refuser, mais si on le partage, alors il faut aimer la France.

J'ai voulu dire à ceux qui veulent nous rejoindre, que nous ne transigerons pas avec ces valeurs. Ceux qui veulent obliger leur fille à porter le voile, ceux qui veulent maîtriser le devenir de leurs femmes en ne respectant pas leur liberté, ne sont pas les bienvenus sur le sol de la République Française.

La France ne veut pas de ceux qui ne la respectent pas, la France ne veut pas de ceux qui ne l'aiment pas.

La France est un pays où il n'y a pas de place pour la burqa, où il n'y a pas de place pour l'asservissement de la femme.

Une Nation est principe spirituel.


Volet 2/5, l 'Action libérée
http://www.youtube.com/watch?v=pk8GPoPRgxg

Mes chers compatriotes,

En m'adressant à vous aujourd'hui, j'ai conscience d'inaugurer un changement profond dans notre tradition républicaine. Depuis 1875, le Chef de l'État n'avait pas le droit de venir parler devant les assemblées .

Ce à quoi j'appelle, c'est à une révolution de nos mentalités, à un changement radical dans notre rapport à l'avenir.

Les grandes réformes en cours seront poursuivies jusqu'au bout, ce que nous ne ferons pas maintenant, nous ne le ferons pas plus tard. Nous manquerions alors une chance historique. Voila pourquoi j'irai jusqu'au bout.

L'autonomie des universités,

la réforme des régimes spéciaux,

le service minimum,

bouclier fiscal,

la restructuration de notre appareil militaire,

fusion de l'ANPE et de l'UNEDIC,

ratification du traité simplifié,

la réforme de la justice,

les peines de sureté,

les empreintes génétiques,

le GIR,

les peines plancher,

le RSA,

le droit d'auteur,

la télévision,

Conseil pour la création artistique,

états généraux de la presse écrite,

réforme du lycée,

réforme de la recherche,

la rénovation urbaine,

la dépendance,

le plan Alzheimer,

réforme de la politique de l'emploi,

réforme de l'Etat,

la réduction des effectifs de la fonction publique,

la réforme de la représentativité syndicale,

la fusion des impôts et de la comptabilité publique,

la réforme de l'hôpital,

la réforme de l'administration territoriale, des niveaux d'administration territoriale,

la réforme de la formation professionnelle,

paquet fiscal,

travail le dimanche,

la TVA à taux réduit pour la restauration,

la suppression de la taxe professionnelle,

tous les grands projets publics, toutes les décisions publiques seront désormais arbitrés en intégrant leur coût pour le climat, leur coût en carbone,

nous irons jusqu'au bout de la réforme de la carte administrative parce que la proximité du service public ne saurait justifier la déperdition de nos moyens,

nous ne reculerons pas pas sur la règle du non remplacement d'un départ sur deux à la retraite,

nous irons plus loin dans la maîtrise des dépenses de santé,

nous irons jusqu'au bout de la réforme des collectivités locales,

nous ne nous déroberons pas, nous n'éluderons pas la question des niches sociales,

nous serons au rendez-vous de la réforme des retraites,

nous ne laisserons pas un euro d'argent public gaspillé,

et je prendrai les dispositions nécessaires pour que cet emprunt soit affecté exclusivement à ces priorités stratégiques.


Mes chers compatriotes,

Nous constatons ces derniers mois l'apparition de formes de violence nouvelle profondément traumatisantes. Nous vivons une période particulièrement difficile, marquée par une crise économique d'une ampleur sans précédent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. L'aggravation du chômage des jeunes risque d'avoir un impact particulièrement néfaste sur les équilibres de notre société en favorisant un sentiment de frustration et d'exclusion. Nous devons plus que jamais assurer la sécurité des français qui ont besoin de se sentir d'autant mieux protégés dans leur vie de chaque jour que sont grandes les difficultés économiques. La crise économique est donc une raison supplémentaire pour renforcer notre détermination à combattre la délinquance. Sans états d'âme sans concessions et sans la moindre complaisance. Ceci posé, nous avons une exigence de résultats.

J'ai multiplié les initiatives. Je n'ai pas changés d'un iota et j'ai intention même que nous passions la vitesse supérieure.

Le rattachement de la gendarmerie au Ministère de l'Intérieur,

la création de la police d'agglomération,

une proposition de loi qui va permettre de qualifier de délit et de sanctionner de trois ans de prison le seul fait d'appartenir à une bande,

la video protection,

si on manifeste, on manifeste à visage découvert, si on vient masqué ou avec des cagoules, ça sera un délit et on sera punit du seul fait d'être vue masqué ou avec des cagoules,

nous ferons de l'attaque à un fonctionnaire de l'éducation nationale une circonstance aggravante, y compris lorsque ledit fonctionnaire se trouvera dans un transport en commun,

l'intrusion dans un établissement scolaire c'est une contravention. Et bien nous allons en faire un délit, comme ça ceux qui se livreront à ce genre de sport pourront être mis en garde à vue, pourront être arrêtés et rendre compte devant un tribunal correctionnel,

je souhaite que soit mis en place dans les sûretés urbaines les plus concernées par les violences des groupes spécialisés dans la lutte contre les trafics criminels, en particulier le trafic de drogue et d'armes,

loi d'orientation de programmation et de performance de la sécurité intérieure dit LOPSI 2, nous allons ainsi élargir la faculté offerte aux personnes morales de droit privé de visionner les abords de leurs bâtiments et installations en l'étendant aux lieux particulièrement exposés à des actes de terrorisme ou à des risques d'agression ou de vol,

nous ferons disparaître toutes les réserves sur le secret professionnel entre administrations,

dans chaque département une cellule contre la fraude,

nous allons également développer la vidéo surveillance,

nous allons généraliser dans les voitures de police des systèmes de vidéo,

les forces mobiles, gendarmes mobiles comme CRS, je voudrais qu'ils fassent plus de sécurité publique et pas simplement de l'ordre public,

un projet de loi organique sur la nouvelle composition du CSM et un certain nombre de changements, notamment la responsabilité des magistrats,

je souhaite que soit étudiée rapidement la possibilité d'ouvrir largement la réserve civile de la police nationale. Ce dispositif permettra d'affecter des policiers à la retraite mais aussi des personnes volontaires expérimentées et qualifiées venues d'horizons divers, à des missions ponctuelles, particulièrement la sécurisation des établissements scolaires et de leurs abords. Le recrutement sera ouvert à tous les citoyens sur la base d'un test d'aptitude physique et morale. Ces volontaires bénéficieront d'une formation adaptée. Leur mission sera double : surveillance des sites sensibles, maintien d'un contact étroit et permanent avec les collégiens et les lycéens.

Les Français m'ont élu pour rétablir l'autorité de l'Etat partout sur le territoire de la République, nous n'avons pas le droit de les décevoir.

Je me suis engagé à obtenir des résultats, nous obtiendrons des résultats.

Que ce message soit bien entendu, partout sur le territoire de la République Française.



Volet 3/5, la Réalité confrontée
http://www.youtube.com/watch?v=8g05OrhpyKA


Mes chers compatriotes,

Dans ce foisonnement d'informations, à l'intérêt inégal, franchement, si on voit le temps perdu pour des polémiques ridicules, alors que nous avons tant de problèmes à régler.

La politique de nomination du gouvernement est toujours fondée sur les mêmes critères : la compétence, la compétence et encore la compétence. La commission de déontologie a eu l'occasion de donner son point de vue, ce point de vue a été communiqué aux deux banques, et il sera rendu public, et vous verrez qu'une fois de plus c'est la différence entre une polémique et un problème, de problème, il n'y en a pas.

C'est un geste qui signifiait très concrètement la fin des privilèges de la naissance.

Si la question que vous me posez c'est : est-ce que vous en avez parlé au Président ? : non. Est-ce que j'en ai parlé avec mon père ? : oui. Il est comme tous les pères et je suis comme tous les fils et naturellement dans des moments qui sont difficiles nous parlons ensemble.

Qu'on puisse perdre autant de temps sur des choses aussi grotesques, on se demande, c'est à rester pantois.

Je veux que les nominations soient irréprochables.

Je veux le dire comme je le pense : le fait du Prince n'est pas compatible avec la République irréprochable. Nous sommes les héritiers du général De Gaulle, nous sommes les héritiers de ceux qui ont porté l'Etat à un haut niveau d'exigence, nous devons être exigeants avec notre pratique des nominations.


Mes chers compatriotes,

L'année 2008 s'achève, elle a été rude. Les difficultés qui nous attendent en 2009 seront grandes.

Je ne bougerai pas le bouclier fiscal. Vous savez pourquoi ? Parce que je veux que les gens qui ont de l'argent puissent l'investir dans nos usines et dans nos entreprises. Je veux pas qu'ils aillent l'investir ailleurs. Est-ce que je me fais bien comprendre ? Je veux qu'on exonère l'investissement. Je veux qu'on lutte contre les délocalisations. Je veux qu'on encourage l'investissement en France. Et je veux que les particuliers qui ont de l'argent mettent cet argent dans les usines et dans les entreprises. Si on décourage l'investissement dans les machines, l'investissement dans les entreprises, qui vous donnera du travail, qui vous donnera du travail ? Est-ce que l'avenir de vos enfants est uniquement d'être fonctionnaire de Collectivités Territoriale ou fonctionnaires de l'Etat ? Est-ce que c'est la politique économique qu'on veut pour le pays ? Que les usines c'est pas simplement de la pollution, c'est du travail, c'est de la compétence, c'est de la richesse, c'est de l'emploi, c'est un avenir.

Pourquoi, oui pourquoi il est si difficile de réformer notre pays ? Pourquoi il est si difficile de résoudre les problèmes structurels que par ailleurs chacun d'entre nous connait parfaitement. Comment se fait-il que l'on ait obtenu si peu de résultats structurels en matière de chômage ? Comment se fait-il qu'il y ait autant d'exclus ? Comment se fait-il que le malaise des jeunes soit si persistant ? Comment se fait-il que le malaise des classes moyennes soit si grand ? Et comment se fait-il que nous ne soyons pas arrivés depuis vingt ans à mieux nous préparer au vieillissement de la population ? Comment se fait-il que nous ayons autant de mal dans notre pays à préparer l'avenir ? Au fond, comment se fait-il que tous ensemble, nous ayons pris autant de retard.

S'agissant d'ailleurs du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? Ou que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordres ? Si c'est ça votre conception de la politique, ben on se trompe. On parle pas de la même chose. Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde.

L'Etat va apporter sa garantie aux emprunts dont les banques ont besoin pour se re-financer. L'encours total des prêts garantis est plafonné à 320 milliards d'euros.

Celle qui m'a le plus touché et qui m'interpelle le plus, c'est celle qui voit une partie des français se dire : au fond il fait une politique pour quelques-uns et pas pour tous. Si les français croient ça, et ils ont raison de le croire, je dois en tirer les conséquences immédiates.

Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas.

Cette énergie que je sens aujourd'hui au Bourget, nous allons la faire partager par la France.

Je sais les responsabilités immenses qui pèsent sur mes épaules. La victoire, elle n'a de sens que si elle est celle de notre pays tout entier.

Je veux, si je suis élu Président de la République, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid.

C'est qu'une des questions centrales pour la France, c'est celle du pouvoir d'achat des français. Les salaires sont trop bas, les revenus sont trop faibles.

Et moi je veux parler à la France qui travaille, celle qui a un métier, qui a un appartement, qui a une famille, qui a une voiture, qui travaille dur, et qui trouve pourtant qu'on n'arrive pas à joindre les deux bouts.


Volet 4/5, le Monde souhaité
http://www.youtube.com/watch?v=FNsgKbKRFVM

Mes chers compatriotes,

L'organisation des Nations Unies, ce n'est pas une simple construction politique, ce n'est as une simple construction juridique, c'est un réveil de la conscience humaine contre tout ce qui menace de détruire l'humanité.

Longtemps, nous n'avons pas eu de véritable ambition pour l'Europe. Et vous savez pourquoi nous n'avions pas de véritables ambitions pour l'Europe ? Parce que nous n'avions plus assez d'ambition pour la France.

En matière de défense, de politique européenne de défense, il y a une totale identité de vues entre l'Allemagne et la France. Nous voulons tous les deux contribuer à européaniser l'OTAN pour que l'Europe pèse davantage dans la définition de ce qui sera le nouveau concept stratégique de l'OTAN.

Cette Europe, nous avons d'abord eu la guerre, avec la réaction parfaitement disproportionnée des russes dans le cadre du conflit géorgien. Le 8 août la crise s'est déclenchée, le 12 août nous étions à Moscou pour obtenir le cessez le feu. Et début septembre, l'Europe a obtenu l'engagement du retrait sur les lignes d'avant le début de la crise du 8 août. Il y avait plusieurs thèses : certains disaient que le dialogue était inutile, et que la réponse à l'agression militaire devait être militaire. Folie.

L'Europe doit porter l'idée d'une re-fondation du capitalisme mondial. Ce qui s'est passé, c'est la trahison des valeurs du capitalisme. Ce n'est pas la remise en cause de l'économie de marché. Pas de règles. Nous devons porter l'idée d'une nouvelle régulation.

Nous nous sommes mis d'accord sur une stratégie de sortie de la crise économique mondiale. A Washington nous avions approuvé des principes et nous avions convenu que les décisions étaient pour le sommet de Londres.

Je travaille main dans la main avec le Président Obama, m'enfin s'agissant de l'Union Européenne, c'est aux membres de l'Union Européenne de décider. J'ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste. La Turquie c'est un très grands pays, allié de l'Europe et allié des Etats-Unis, elle doit rester un partenaire privilégié. Ma position n'a pas changé et ne changera pas.

Moi j'ai toujours été convaincu que les Etats-Unis et la France, c'était la même famille. La même vision du monde. Il y a une famille. Nous ne voulons imposer nos valeurs à personne. Mais nous voulons que personne à travers le monde nous défende de croire dans nos convictions. L'OTAN ça fait 60 ans que ça existe, s'il y a la paix, c'est pas un hasard: c'est parce qu'on est ensemble. En concluant ce long processus, la France sera plus forte, la France sera plus influente. Pourquoi ? Parce que les absents ont toujours tort, parce que la France doit co-diriger plutôt que subir.

Nous ne pouvons pas accepter un retour des Talibans et d'Al Qaida à Kaboul. La défaite nous est interdite. Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une part de la liberté du monde, parce qu'ici se mène le combat contre le terrorisme.

Mais en laissant l'Iran se doter de l'arme nucléaire, nous ferions courir un risque inacceptable à la stabilité de la région et à la stabilité du monde.

Oui, la France est l'amie d'Israel. Et la France sera toujours aux côtés d'Israel lorsque sa sécurité et son existence seront menacées. J'ai toujours pensé cela, je l'ai toujours ressenti au plus profond de mon coeur, et je ne transigerai jamais. Et ceux qui appellent de manière scandaleuse à la destruction d'Israel, trouveront toujours la France face à eux pour leur barrer la route. Et qu'il n'y ait pas d'ambiguité, je veux dire que le programme nucléaire militaire de l'Iran appelle une réaction d'une extrême fermeté.

Cette présence militaire permanente de la France, elle n'a pas été décidée au nom de telle ou telle circonstance, elle traduit simplement l'engagement de la France dans le long terme aux côtés de ses amis, aux côtés des Emirats. S'il devait leur arriver quoi que ce soit, nous serions, Altesse, à vos côtés.

La sécurité d'Israël, sur laquelle la France ne transigera jamais, ne sera véritablement assurée que lorsqu'aux côtés d'Israel on verra un Etat palestinien, indépendant, moderne, démocratique et viable. Il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt de la colonisation.

Le colonisateur est venu, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas, mais je veux dire avec respect qu'il a aussi donné, il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire.

Moi je pense que le dialogue c'est toujours préférable. Comment on fait progresser les chose si on se parle pas ? Comment on fait avancer les choses si on dialogue pas ? Comment on aide un pays qui fait le quart de l'humanité à s'ouvrir si on ne vient pas ? J'ai dit au Président Jintao ma vive préoccupation. Je lui ai demandé de la retenue, je lui ai demandé l'ouverture d'un dialogue. Je crois qu'il est très important de faire part de notre vive préoccupation, et en même temps de graduer notre réponse en fonction de la réponse que donneront les chinois, d'ici aux jeux olympiques.

Si nous sommes venus ici au Kazakhstan, avec les chefs des meilleures entreprises françaises, c'est pare que nous voulons un partenariat complet, réciproque, et de longue durée.

J'aimerais qu'on m'explique au nom de quoi je n'aurais pas dû le recevoir, alors même que tant sont allés en Libye, au moment où les infirmières étaient en prison, et où le colonel Kadhafi n'avait pris aucun des engagements qu'il a pris jusqu'à présent. Pour le reste, il a sa personnalité, son tempérament, c'est pas moi qui vais les juger. Je peux simplement vous confirmer que ni l'Europe, ni la France, n'ont versé la moindre contribution financière à la Libye.

En Tunisie, aujourd'hui l'espace des libertés progresse, ce sont des signaux encourageants que je veux saluer.

Pour peser dans le concert mondial, je veux être le Président de la France des droits de l'homme. Je ne crois pas à la realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats. Je veux être celui par lequel la France va défendre ses valeurs universelles, des valeurs avec lesquelles nous ne pouvons pas transiger, parce qu'elles sont le fondement de toutes nos politiques, au dedans, comme au dehors.

Tous ceux qui ont fait l'expérience de renoncer à la défense des droits de l'homme au bénéfice de contrats, n'ont pas eu les contrats et ont perdu sur le terrain des valeurs.

Volet 5/5, la Parole affrontée
http://www.youtube.com/watch?v=DesDvEE7eR4

Mes chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs, je vous demande de bien vouloir excuser mon retard, qui est dû à la longeur du dialogue que je viens d'avoir avec Mr Poutine. Qu''est-ce que vous préférez, que je réponde aux questions ? Alors, y-a t'il des questions ? Allez-y, ouais, ouais, ben ouais.

La France est en train de changer, elle change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément que l'on ne le croit : désormais, quand y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit.

Je ne veux pas être désagréable, mais à budget comparable, un chercheur français publie de 30 à 50 % en moins qu'un chercheur britannique sur certains secteurs. Ecoutez, si on veut pas, évidemment, si on veut pas voir ça, je vous remercie d'être venu, il y a de la lumière, c'est chauffé, bon, on peut continuer, on peut décrire, c'est une réalité. Et si la réalité est désagréable, c'est pas désagréable parce que je le dis, c'est désagréable parce qu'elle est la réalité. C'est un système assez génial, d'ailleurs : celui qui agit est en même temps celui qui s'évalue.

L'esprit de négociation doit l'emporter sur l'esprit de confrontation.

M'enfin, quand on est invité, on a le droit que les gens vous disent bonjour, quand même. Ou alors, on n'est pas dans le service public. Incroyable, et grave. Non, à l'ancienne, ça va changer là. Ca va changer.

Messieurs les Ministres, Messieurs les Députés et Sénateurs, Monsieur le Président du Conseil Régional, je sais pas s'il est là. La chaise est vide, Monsieur le Président du Conseil Général. Une autre chaise vide,. Hein, hein, s'il est là qu'il se dénonce.

Et justement, si on les a choisit parce qu'ils sont différents. Parce que si c'est pour faire comme partout, vous savez des petit pois, là, même couleur, même calibre, même absence de saveur.

Tous peuvent dire non, personne peut dire oui. Celui qui a le plus petit pouvoir peut empêcher de faire une petite chose, mais celui qui a le plus grand pouvoir ne peut pas permettre de faire une petite chose. Le pouvoir de dire non, en fait, n'exist, existe, et le pouvoir de dire oui, non. Parce que chaque pouvoir équilibre l'autre, dans un mouvement de paralysie quasi général.

Ca fat plaisir de voir Mr Leclerc à l'antenne. Tu es resté combien de temps au placard.

L'agité du bocal, là j'en ai entendu un derrière. Je me disais en moi même, heureusement qu'ils sont pas plus nombreux, parce que, franchement, avec des idées pareilles.

Deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel.

Mais Mr Joffrin, c'est une obsession : le pouvoir personnel vous en parliez déjà à propos du général De Gaulle. C'est du recyclage, Mr Joffrin. On est dans la société du développement durable. Mettez-vous au goût du jour.

Ben, descends un peu le dire, descends un peu. Si t'as, si tu crois, si tu crois, si tu crois que c'est en insultant que tu vas régler le problème des pêcheurs.

Pour son financement, Mr Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées, à suite de (?) Karachi, enfin, respectons la douleur des victimes, Monsieur, s'il vous plaît, qui peut croire à une fable pareille, qui peut croire à une fable pareille.

Quel imbécile, mais si j'avais à dire des choses. Tu es vraiment un enfant.

Et pourquoi je suis pas là, je suis là, alors attendez. Eh ben oui, écoutez, et les autres ils avaient qu'à venir avant, ils venaient pas. Moi je viens.

Mon état d'esprit est très simple, j'ai été élu par les français pour trouver des solutions à leurs problèmes, pas pour commenter ma vie privée. Et j'aurais tellement aimé qu'un grand journal comme Le Monde puisse se passionner pour l'Europe plutôt que pour ma vie privée, mais après tout, c'est sans doute ça qu'on doit, de ça qu'on doit être flatté. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise . Si vous croyez que les français m'ont élu pour autre chose que de travailler, travailler et encore travailler. Pour le reste, les français ne me demandent aucun commentaire. Ca les intéresse beaucoup moins que vous et ils ont raison. Et peut-être également qu'ils ont plus de pudeur et plus de discrétion. Oserais-je dire, un poil d'élégance en plus.

Puis je voudrais dire à Cecilia et à Judith : elles sont très belles toutes les deux sur le perron de l'Elysée.

Et avec Carla, nous avons décidé de ne pas mentir. Nous ne voulons rien instrumentaliser mais nous ne voulions pas nous cacher. Et si vous avez peur d'être instrumentalisé, n'envoyez pas de photographes, nos vacances seront excellentes quand même. Et puis vous l'avez compris, c'est du sérieux, mais c'est pas le JDD qui fixera la date.

J'étais très ému de l'accueil qu'a reçu Carla. Je trouve d'abord que c'est très mérité. Et on en a tellement lu des choses, que je suis très heureux de voir que justice lui est ainsi rendue.

Casse-toi alors. Casse-toi alors, pauvre con.

Et puis il y a la solitude poisseuse, celle qui oppresse, celle qui nait de la privation de l'écoute, du soutien, du regard de l'autre. Celle qui fait oublier le sentiment d'aimer et d'être aimé.

Vous savez, Président de la République, ça donne pas le droit au bonheur. On n'a pas le droit plus au bonheur qu'un autre. Mais pas moins qu'un autre.

Fin de semaine, fatigué, là. Putain je suis parti à quatre et quart du matin de mon bureau, vendredi,. A trois heures et demi, jeudi. Je mes suis fait toutes ces conneries, je me suis fait le vingt heures samedi. Moi, tu sais, je vais te dire, on pioche hein, j' sais pas toi, mais ha. Tu accumules des charges, des charges, du stress, des cons, des nuls. De la connerie en barre toute la journée.

Je voulais d'abord remercier le personnel hospitalier, infirmier, tous ceux qui se sont si bien occupés de moi au Val de Grace.

J'avais dit que je rêvais d'être Président de la République, je vous le dis vraiment, le rêve de ma, de mon hypothétique réélection, n'est vraiment pas dans ma tête.


Par grossel - Publié dans : agora
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 11 2009 15:08
Point de vue
Monsieur le Président, devenez camusien !
par Michel Onfray


LE MONDE | 24.11.09 | 14h05 
 

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs : il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.
Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.
Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l'instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant, par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé." Dès lors, c'est à La Princesse de Clèves que Camus doit d'être devenu Camus, et non à la Bible.
De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l'américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d'une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d'autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.
Savez-vous qu'Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c'est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu'il n'ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l'argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l'impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande "une vraie démocratie populaire et ouvrière", la "destruction impitoyable des trusts", le "bonheur des plus humbles d'entre nous" (Œuvres complètes d'Albert Camus, Gallimard, "La Pléiade", tome II, p. 517) ?
Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, "désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit", et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n'a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L'Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l'inconscient collectif français... -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le "syndicalisme révolutionnaire" présenté comme une "pensée solaire" (t. III, p. 317).
Est-ce cet Albert Camus qui appelle à "une nouvelle révolte" libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la "forme de la propriété" dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n'est pas une exception, c'est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : "Le pouvoir rend fou celui qui le détient" (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l'anarchiste, le libertaire, l'ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?
De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d'Etat qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l'occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.
Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un "individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice. J'écris bien : "autant que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.
Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et soeurs, descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?
Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu'elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé "La condition ouvrière" qu'il fallait faire "participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national" (t. III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate...
Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l'intelligence contre les partisans du sang de l'armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c'était par défaut : Albert Camus n'a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru - pourvu qu'elle soit morale.
Comment comprendre, sinon, qu'il écrive dans L'Express, le 4 juin 1955, que l'idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l'opportunisme des totalitarismes du moment et qu'elle "réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté" (t. III, p. 1020) - ce qui dans L'Homme révolté prend la forme d'une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien... Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n'est pas la critique de tout le socialisme, loin s'en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l'hégémonie d'un seul.
Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu'il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin... Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l'efficacité de son exemplarité (n'est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.
Donnez-nous en effet l'exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu'au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n'entendez pas mener une politique d'ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l'action politique à l'amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire...
A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d'un Camus au Panthéon, qu'à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n'aura pas été opportuniste, autrement dit, qu'elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu'en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l'origine d'une authentique révolution qui nous dispenserait d'en souhaiter une autre.
Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.


Michel Onfray est philosophe.


Article paru dans l'édition du Monde du 25.11.09




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Mardi 24 novembre 2009 2 24 11 2009 17:56
L 264
ÉCRIT SUR LES MURS


« L’obligation de produire aliène la passion de créer » ce (bon) sujet de bac, toutes spécialités confondues, aurait-il démérité ? Ne provoque-t-il pas nos cellules grises impatientes d’en découdre ? Au moins deux pistes prometteuses sont devant nous.

La première nous pousse, truffe colée au sol, à faire le relevé précis des mauvaises odeurs : obligation, produire, obligation de produire, usine, rendement, salaire, misère, fermeture, licenciement, chômage, quand pourrais-je produire, quand ? Vivement que je puisse re-produire, m’y remettre enchaîné à la chaîne, rendement, productivité. Ils disent que je suis aliéné, qu’est-ce que ça veut dire ? Ah c’est ça que ça veut dire… et encore produire, gagner, ah oui gagner ! tuer l’autre, une image bien sûr, sur papier glacé, 50 morts dans un attentat à Bagdad photo d’agence, non mais, ils sont morts ! mais nous aussi, mais pas de sang, ou si peu, 25 suicides ici, 10 par là…un hara-kiri maladroit… obligés, nous sommes obligés de défendre nos pipe-lines, nos accès  pétroliers, notre main-d’œuvre bon marché, nous… Nous ?

Après cet inventaire, la seconde piste nous ouvre la barrière – en chantant - qui signifiait, du temps de leur paix acide, un interdit pour ceux qui étaient emportés par l’hypothèse productiviste. Nous levons l’interdit, chaînes brisées de l’aliéné. Nous courrons alors, ici, là, nous courrons, devant, à droite, nous revenons sur nos pas, se saisir de tout, de tout à la fois, de la lumière, de décrocher la lune (avec les dents, et alors ?), de l’herbe, l’herbe folle, de l’eau, des envies, des idées, des paroles, de ce qui s’écrit, se peint, se dessine, se sculpte, s’invente, s’articule, se défait mais se refait, quand l’échec devient une passion de trouver, une joie assez simple pour avancer, se prouver qu’on existe, pour rien, simplement pour exister ensemble bien entendu, ensemble, pas démesurément seul comme un « individu », ensemble mais libre, quand il convient, de se retirer avec soi-même, construire raisonnablement si nécessaire, détruire aussi raisonnablement sans faire de tort, à quoi que ce soit de la vie qui en toute occasion passe devant, jusqu’à la mort des uns et à la naissance des autres, dans un continuum insensé…mais non dénué de sens exacerbés…

Quand construire devient une passion, je dirais une émotion, il n’y a plus de limite que la limite elle-même qui commande de ne pas détruire l’émotion… Alors que produire pour produire est en soi une frontière à ne plus franchir. Un espace qu’il faut, progressivement, anéantir.

Or cette phrase, si l’on en croit l’enquête du journal “Le Monde“ (8/9 novembre), cette phrase ne serait qu’un « slogan tagué », parmi d’autres, sur les murs de Poitiers, photo à l’appui, « laissée par les autonomes ». Il paraîtrait que ne se dit plus “Ultra gauche“, la doxa a changé sur ce point et “Autonome“ vaudrait par défaut. Familier le quotidien reprend le diminutif singulier, débile léger de « toto » qui désignerait les “autonomes“. Or les autonomes en question réfutent, aux dires du journal, toutes les étiquettes et repoussent sans doute le diagnostic clinique de débile léger : ils ne sont pas « Totos ». Alors ? Notre société ne pouvant pas se passer d’étiqueter et d’épingler, ils le savent, a un besoin vital, urgent et permanent de classer par ordre, avec plusieurs entrées dans la classification, question de rapidité et d’efficacité. Les « totos », produits du journalisme d’investigation, savent aussi être des « Black Blocs » qui sont beaucoup plus méchants sur l’échelle de Richter du tremblement de nerfs. Mais encore plus insaisissables car éphémères. Il durent ce que dure une manif. Surtout certains d’entre eux écrivent. Et sur les murs encore. Des phrases comme celle-ci venue d’un auteur peu répandu, en France du moins : Raoul Vaneigem, à la fois médiéviste reconnu et militant ayant fréquenté Guy Debord dans les années 60 et son Internationale situationniste. Épicurien par ailleurs.

Reste pourtant une incertitude sur  la spontanéité revendiquée : ces Black Blocs sont-ils vraiment tous autonomes ? Ont-ils pu vérifier l’invérifiable ? Quelques institutionnels, pas du tout autonomes, ne se seraient-ils pas glissés, ici ou là, dans telle ou telle manifestation, dans les rang des hommes et des femmes en noir ? L’empreinte des semelles, je vous disais… autrefois les souliers à clous. Parce qu’enfin, il y a de ces coïncidences : Poitiers c’est fini ? Edwige nouveau genre c’est voté ! Dans la foulée… cela ressemble à de la foulée de Pandore, non ?
Robert

L’Inde promise, c’est pour la prochaine. Je n’ose pas penser que vous l’attendez avec impatience mais j’ose espérer, encore, votre patience…

Une pierre, deux mains et une paire de boules

J'attends ce jour ou, à genoux devant la Raison,
les religieux, vides de sens et de tous poils dénaturés,
demanderont pardon aux mécréants du monde, seuls capables
de rebâtir pleinement un Idéal Fraternel.

Antoine Sévilla

La Boutique de l'Arène présente en collaboration
avec les Editions du Passé sans Mesure

Béroubendit ou les Aventure de Ducussal et Chemise Propre


Non à la Dictature Verte !

Progressif et Transfiguré par la Perspective

L'Homme est la seule énergie renouvelable

Antoine Sévilla

Le Système Totalitaire mode d'emploi :


Un peu de foot, un peu de drogue, un peu d'extrémisme
et, à la mi-temps, un beau discours souvenir de Nelson Mandela

Antoine Sévilla
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 11 2009 17:23
Epais brouillard
  
   
L'industrie du cinéma de l'incertitude conduit à quoi, au juste ? A désarmer les citoyens ? Pis que cela, je crois. A rendre problématique de vivre. Il paraît que l'essentiel se passe déjà sur Internet. Résultat : on se met à zapper la vie. Ce qui devient problématique, ce n'est pas d'en juger mais de pouvoir la considérer. Nous tendons à nous déprécier les uns les autres : trop vivants pour importer.

    Sont vivants seulement de misérables êtres réduits à leurs besoins. Ce qui compte, nous traverse, nous meut malgré nous, ce sont de grandes causes et leurs hommes incorporels. Causes sans trop de raison et petits éclats, lacis de menaces et postures de dignité, mime de maîtrise, cynisme spectaculaire : brouillard circulaire avec signature nationale (celle de tout le monde et de personne).
    La mondialisation semble amener d'épais effets de nation dans le ciel d'une industrie de la transformation de la vie en idéalité. Cette idéalité commandant toujours plus au visible et à l'audible (au tactile aussi), vivre en dehors d'elle devient à la fois impossible et marque une grave impuissance.
    L'identité française semble de plus en plus relever d'une adhésion viscérale à un fouillis consensuel global de décorporalisation. Alors, il y a bien toujours du corps et du désir - il n'y a même plus que cela -, mais c'est du global et local sans portée, en tout cas sans danger. C'est du corps angélique dans ce qu'il donne à vivre (les conséquences diaboliques passent normalement à l'as). Même les menaces anticipées semblent devoir en rester à faire un fond assez délicieux.
    Le vivant se raréfie et devient clandestin. Il tend à être réduit aux hommes primaires dont les besoins crient. Le désir de voir ses besoins satisfaits ne mérite pas de paraître. Ce qui est digne, ce sont les désirs sans besoins. Autant dire tout un esprit sans corps (celui de tout le monde et de personne) installé aux commandes, au nom d'une liberté sans objet réel.      
    Pourtant, il suffit de prendre n'importe quel vivant qui s'y prête en considération pour y trouver des intensités sans pareilles. Ainsi, parce que trop vivants, des immigrés se font-ils traiter comme des bêtes. Si l'on n'y prend garde, ce sera bientôt le sort de pas mal d'entre nous, au nom des droits de l'homme sans corps, d'une spiritualité plus ou moins nationale.
G. L., novembre 2009

Pour une haine philosophique
de la " communication "
 
    En effet, celle-ci, ruinant le commun, installe l'incommunication par gonflements incessants de l'accessoire et finalement opacité le plus possible irréductible. Sa tactique consiste à faire primer le mensonge comme vérité fatale, notamment en manipulant les mots sans vergogne, au nom du pouvoir de l'argent et de sa stratégie d'approfondissement et de justification des injustices.

    Il y a tricherie dès que la communication est donnée comme une évidence. Tout cela revient à une production post-industrielle des évidences, censées servir de contenus suffisants à la trop fameuse démocratie d'opinion, comme si nous étions désormais tous condamnés à mâcher une doxa multiplement mono-orientée.
    La " communication " est une machine à engluer la créativité de tout un ex-peuple. Elle procède par atomisation et stérilisation des capacités idéelles, plus ou moins individuelles et sociales, des pulsions logiques et illogiques de vérité critique (d'abord d'elle-même).
    Cela ne peut pas se confondre avec la communication comme recherche d'un commun à partir de son absence d'évidence, laquelle implique moins une communauté de départ (ne serait-ce que d'opinion) qu'une attention soutenue portée aux individualités et à leurs regroupements, à la qualité non élitiste de leur information, de leur formation, de leurs moyens et espaces d'expression, etc. Cela renvoie à une politique d'une tout autre nature que celle qui fait primer une stratégie " communicante ".
    La tricherie en question commence avec la surprofessionnalisation des communicants (à l'occasion " philosophes "). On ne saurait radicalement professionnaliser ce qui relève de tous, y compris quand celui-ci est un opérateur de vérité très insuffisant. Il y a donc deux politiques possibles : ou on tend à améliorer réellement la capacité et les procédures d'intervention du démos, ou on tend à mieux le manipuler, notamment en agissant sur sa consistance.
    Sommes-nous capables de faire mentir l'ère Sarkozy comme promesse d'une " communication " indépassable ?
 Gérard Lépinois
 
 
 
Un match métapolitique     
L’hypothèse d’une décoction de sportifs de haut niveau dans un bain d’argent est réductrice. Il y va de l’honneur de toute une nation, de son style comme de sa hargne.
L’argent n’est rien, surtout aux yeux de ceux qui y baignent ; rien de plus qu’une stylisation libératrice d’efforts encore animaux. Mais c’est tellement majeur que toute une population s’en retrouve fascinée. Leur pays semblant réputé être particulièrement stylé, les Français ne veulent surtout pas passer pour des boeufs. D’où leur goût prononcé pour les formes et, notamment, la rhétorique en short. A partir de là, tout est permis si la sueur est sublimée jusqu’à un point d’aveuglement. Il peut y avoir d’admirables façons de tricher dans les formes. Ce n’est pas tant la réussite qui compte que sa magie partageable. Arguer d’un contenu quelconque est déjà d’une lourdeur indigne. Tout n’est bon que dans le porc ; chez les notables, même en short, seulement ce qui est remarquable.  Qu’en vérité les sportifs de haut niveau courent après la grâce animale est une autre affaire. L’humain ne veut rien céder à ce qu’il n’est pas, même l’inhumain. Il peut faire mérite de tout, y compris d’un crime ou d’une faute grossière qu’il constate. Le problème, ce n’est pas le « pas vu, pas pris », ce n’est même pas le « vu, pas pris », mais le « vu, pas vu » - c’est-à-dire la dénégation en apparence satisfaite d’une tricherie (ou d’une violence) manifeste, au nom d’un résultat obtenu ou d’une efficacité quelconque.  Particulièrement en France, le résultat obtenu est de l’ordre de la forme. C’est une qualification. On laisse la simple quantité aux tâcherons de toute obédience. L’amusant, si l’on peut dire, c’est que ce culte du style à tout prix aboutit à la morosité. La fascination du jeu se retourne contre elle-même, de manière assez morbide. En y assistant, on se prend à goûter de plus en plus au spectacle d’une espèce de décomposition rhétorique. L’argent, simple moyen, à force de se médiatiser lui-même, se transforme en fumet pénétrant, seconde nature encore gentiment nauséeuse. A moins qu’il s’agisse d’abord des symboles de la république qui se mettent à grincer. En tout cas, à force d’être stylés, les Français semblent jouer de plus en plus mal. Or, dans tous les domaines, à quoi sert la supériorité technique, sinon à dominer la force ?  C’est ainsi qu’une tricherie dans les formes peut sauver des virtuoses qui frisent la stérilité. Tous les moyens stylés deviennent bons pour gagner, notamment contre des « bêtes ». Entre évidemment dans la rhétorique en question de dissimuler sa propre bestialité. Le barbare, c’est celui qui ne sait pas retirer à celui qui la voit la vision de sa barbarie. Mais notre problème ici, c’est le vide profond qu’installe un certain type de civilisation de la forme. Le « vu, pas vu » vire à un ennui et à une amertume caractéristiques.  Dans l’affaissement des mythes de grandeur, seuls semblent pouvoir sauver - un temps - l’éclat, la petite phrase ou l’entourloupe réussie. En toutes choses, un jeu de plus en plus plat cherche absurdement à se compenser par des broutilles formelles, un marché de l’humour désespérément spirituel, une technicité vide de la triche, une magie partageable de l’invisibilité du visible.  Jusqu’à preuve du contraire, c’est ainsi que nous nous « qualifions » nous-mêmes. 
G. L., novembre 2009

Lettre hors série !
LE GESTE OU LA GESTE ?


Le geste réaliste et le geste idéaliste, l’honneur présumé et le déshonneur institutionnalisé, le vilain geste ou la geste du sport ?

Le vilain geste de la main d’un joueur est l’égal de celui d’un banquier qui prête à qui ne pourra jamais rembourser le prêt et ses intérêts dans leur totalité ; dans un cas comme dans l’autre, ce sont bien des sommes colossales qui sont en jeu. En jeu veut dire que l’on joue avec : un ballon, des naïfs ; le jeu obéit à des règles strictes : elles sont faites pour être contournées, plus ou moins habilement selon que l’on est un bon professionnel ou pas. Un jeu pourrait vouloir dire qu’on s’amuse pour le plaisir de jouer ; mais c’est de l’enfance cela, c’est un enfantillage, ce n’est pas du professionnalisme.

Le jeu que pratiquent les grands est centré sur le résultat. Il n’y a pas d’autres lois que le résultat qu’il faut obtenir à tout prix. A n’importe quel prix. Qu’il s’agisse d’un but ou de subprimes, la règle est la même pour tous. Un trader est un joueur engagé par une banque dans une équipe, cette équipe a un capitaine et un ou des entraîneurs et des superviseurs. Il n’y a que très peu de différences entre un trader et un avant-centre, un champion cycliste ou un nageur de compétition. Les très bons gagnent autant de millions les uns que les autres, les autres gagnent beaucoup moins mais sont là pour servir. On les appelle des porteurs d’eau.

Le seul exemple que peut donner un joueur de l’équipe est celui de l’efficacité. L’efficacité se mesure aux résultats obtenus. Un résultat est obtenu par n’importe quel moyen. Les moyens employés doivent cacher la malhonnêteté parce que la malhonnêteté, la tricherie, la canaillerie, l’escroquerie ou l’indélicatesse ne sont pas des défauts. Ce sont des qualités  sans qualité dès que nous entrons dans le jeu. L’honnêteté, la droiture, la probité, la délicatesse, sont des défauts que l’on expose comme des qualités, ce qui n’est pas la même chose. Cette façon de présenter un défaut comme une qualité s’appelle « Morale ». Elle est distribuée à l’usage des naïfs ; c’est un crédit pour s’acheter du bonheur mais il faudra rembourser un jour.

On dit des naïfs que ce sont des gens « simples ». La simplicité n’est pas une bonne qualité de jeu. Quand on gagne il faut être démonstratif. Être le contraire de la simplicité : courir comme un fou pour se faire rattraper et trop embrasser et mal étreindre… comme le veau d’or, rouler en Jaguar à la City avec la désinvolture qui convient, se faire aimer de tous. Le sport est comme le reste : quand on touche à l’Argent il ne faut pas s’en laisser compter, on le prend à n’importe quel prix.

Quand on se fait prendre, par maladresse, par faute d’inattention, pour trop de confiance en soi, on paie pour les autres et par anticipation des “vilains gestes“ de tout ceux qui ne se sont pas fait prendre et continueront à jouer. La Morale exige une sanction. La sanction exige une grande publicité. La publicité sera d’autant plus grande et forte que le prévenu sera célèbre ou la chose à cacher énorme. Le Business doit survivre quel qu’en soit le prix. 

Un grand monsieur de la Phynance résume très bien tout ceci : Jean-Claude Trichet (il y a bien des bouchers qui s’appellent Bœuf) explique la règle du jeu : « Tout ne peut pas reposer exclusivement sur la législation, la réglementation, la régulation et la surveillance. Au-delà des règles, il faut qu’il y ait une convergence éthique des valeurs qui régissent les comportements dans les grandes démocraties. » Le Monde 18 novembre 2009. Un bon entendeur salut l’artiste…

Mais quand les naïfs se rebifferont alors tout l’édifice se montrera tel qu’en lui-même et adieu les veaux-vaches-cochons d’or. C’est bien ce que je voudrais regarder de plus près dans une lettre prochaine, la chose se passe en Inde où la règle du jeu est passablement contredite.
Robert

De Paris à Alger, d'Alger au Caire,
du Caire à Khartoum ou pourquoi je hais le foot

Voleurs, Tricheurs, Menteurs !
Le football est l'image de la société marchande,
incapable d'avouer sa faute même quand
quand elle est prise la main dans le sac.

Le football est l'image de cette société post soixante-huitarde
"psychologisée", "éthnologisée" et "sociologisée" d'angoisse entretenue.

Le football est l'image de la société marchande
qui fait reposer le fanatisme des hommes sur un dieu inexistant
en vendant de la merde estampillée aux quartiers du monde.

Dieu se permettrait-il à ce point de tricher ?

Le football est l'image de cette société définitivement
arrogante, répugnante et vulgaire
jusqu'au bout de ses ongles salies d'envie
qui parent ses doigts d'or et qui s'offre, de temps en temps,
des bonnes actions bariolées d'églises dans les pages des magazines
au nom de l'UNICEF.

Le football n'est pas un sport d'équipe.
Et, quand il en a la prétention, il s'offre vainement le luxe de ressembler au Rugby
qui a encore la chance de débuter son nom par une majuscule.

Mais pour combien de temps encore ?

Antoine Sévilla

    
Par grossel - Publié dans : Gérard Lépinois
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 11 2009 10:42
11 novembre 2009
rencontre entre Marcel Conche, philosophe,
et Edgard Gunzig, cosmologiste,

filmée par Jean-Claude Grosse

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Être de bons jardiniers
Pause Philo
à la médiathèque d'Hyères


samedi 28 novembre 2009
de 14 à 16 H

pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Jacques Lacan, sa conception de l'inconscient
par Jean-Claude Grosse et
Marie-Paule Candillier, psychanalyste

samedi 30 janvier 2010
de 14 à 16 H
pause philo
à la médiathèque d'Hyères :

Claude Lévi-Strauss, les leçons d'un ethnologue
par Jean-Claude Grosse


jeudi 28 janvier 2010

de 17 H 30 à 19 H 30
Rabelais, le gay sçavoir
Montaigne, former son jugement

par Jean-Claude Grosse


jeudi 25 mars 2010
de 17 H 30 à 19 H 30
Janus Korczak,
comment surseoir à la violence ?

Joseph Jacotot,
peut-on enseigner sans savoir ?

par Jean-Claude Grosse

Par grossel - Publié dans : agora - Communauté : La commune des philosophes
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 11 2009 20:58
Alliance des 4 puissances :
en finir avec la mondialisation
20 novembre 2009 - 14:17

20 novembre 2009 (Nouvelle Solidarité) - Lors de sa conférence internet du 11 novembre, Lyndon LaRouche a répondu à de nombreuses questions venant des institutions américaines comme le groupe d’économistes des universités de Stanford, Berkeley et Princeton associé à la Maison Blanche, le think-tank Brookings, d’un parlementaire du Congressional Black Caucus, d’assistants parlementaires rattachés à la Commission des Affaires étrangères du Sénat ainsi que deux gouverneurs d’Etat. L’ensemble de ce webcast est disponible en français dans notre rubrique vidéo.

De nombreuses questions sont aussi parvenues du monde entier. Parmi celles auxquelles Lyndon LaRouche a répondu pendant la conférence, nous publions ici une question fondamentale venant de Russie, sur la possibilité pour l’économie russe ou une alliance sino-russe de survivre à la faillite du système dollar tout en excluant une alliance avec les Etats-Unis pour changer le système.

LaRouche : Cela ne marcherait pas. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il n’y a pas d’économie autonome dans le monde. Aucun pays n’est autosuffisant. Si deux nations décident de coopérer au détriment des autres, ce sont elles qui plongeront les premières.

Vous ne comprenez pas la mondialisation : il n’y a pas de système régulé aujourd’hui, il n’y a pas de systèmes économiques nationaux. Les problèmes de la Russie résultent en grande partie de son échec à reconnaître la menace que représente la mondialisation. Son potentiel ne réside pas dans ses industries actuelles, ni dans ses échanges extérieurs. Comme les autres pays, la Russie doit absolument accroître les pouvoirs productifs du travail, ce qui ne peut se faire que par un système de coopération.

Il n’existe pas de nation indépendante dans le monde d’aujourd’hui ! Si vous n’êtes pas prêts à détruire des firmes comme Cargill,  [*] vous ne pouvez pas être indépendants. Vous ne pouvez pas atteindre la souveraineté alimentaire si vous n’êtes pas prêts à régler le cas de ces sociétés contrôlant la chaîne alimentaire, quitte à envoyer dans leurs locaux, si nécessaire, des forces armées afin de mettre les choses au clair. Si vous voulez mettre Cargill hors d’état de nuire, il faut une force internationale qui fasse autorité face à ces groupes, qui soit composée d’Etats-nations souverains suffisamment puissants. Sinon, vous n’avez aucune chance !

Qu’est-ce qu’un système mondialisé ? C’est un empire ! On s’est cru malin en tolérant des groupes comme Cargill et en acceptant la mondialisation. Pays après pays, les législateurs se sont soumis. La mondialisation, c’est une nouvelle Tour de Babel qui nous promet les mêmes conséquences.

C’est pourquoi nous avons besoin aujourd’hui d’un accord entre les peuples et les nations. Il n’y a plus de pays souverains, mais nous devons réunir un groupe de nations suffisamment puissantes pour représenter cette souveraineté ; il s’agit essentiellement des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine et de l’Inde, qui formeront avec quelques autres pays un corps représentatif de l’espèce humaine ayant pour but de mettre à mal les impérialistes.

C’est une déclaration de guerre ! Comme l’a dit Franklin Roosevelt : « Je hais la guerre, et c’est pour cela que je la déclare. »

En quoi consiste cet empire que nous devons combattre ? C’est l’Empire britannique ! C’est un système international de nature monétariste, représenté par ces mondialistes qui contrôlent la chaîne alimentaire, les ressources minérales et l’industrie mondiale. Si nous voulons revoir notre souveraineté, nous devons mettre à bas ces bâtards ! C’est ce que doit représenter cette alliance des quatre puissances.

Eliminer la mondialisation, c’est établir des traités de coopération entre pays sur la base de grands projets à 50 ans ou plus. Par exemple, développer la Sibérie sera l’œuvre d’un siècle. Nous la relierons à l’Alaska, au Canada et aux Etats-Unis en construisant un tunnel ferroviaire sous le détroit de Béring, ce qui sera l’occasion de développer toute la région environnante. (…) Il faut aussi un projet pour l’Afrique. Il est essentiel de doter ce continent d’un système ferroviaire digne de ce nom et de le relier à la masse eurasiatique. (…) Avec ces projets, nous relions ainsi les trois masses continentales de la planète d’un seul coup !


A lire : Le Plan LaRouche pour sauver l’économie mondiale




Notes:

[*] Cargill est un cartel de l’agro-alimentaire opérant dans 70 pays et contrôlant directement 200 millions de tonnes de produits alimentaires, pour un chiffre d’affaire de 120 milliards d’euros. Cargill exerce une influence considérable sur les prix et les approvisionnements mondiaux, notamment en s’alliant à d’autres cartels comme Monsanto.



Un rapport occasionnel de LaRouche : Prévision sur l’état du monde
16 novembre 2009

par Lyndon H. LaRouche, Jr.

13 novembre 2009


Je suspecte qu’il soit utile que, de temps à autre, je publie un bref résumé de la situation économique et stratégique mondiale.


La situation actuelle :

Du point de vue de ma Triple courbe, le monde est plongé dans une crise générale d’effondrement similaire à ce qu’a vécu l’Allemagne de Weimar entre mars et novembre 1923. La seule différence, évidemment, c’est que la crise allemande de 1923 se limitait aux frontières définies par les conditions du Traité de Versailles. La crise actuelle se développe rapidement, sans rencontrer de tendance inverse, si ce n’est les implications des récents accords sino-russes.

Pour être concis, il n’y aura jamais de reprise économique au sein de cet effondrement commencé à l’été 2007, tant que les mesures que j’ai proposées ne seront pas introduites. Les rapports revendiquant une reprise, comme on en voit aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest, sont totalement incompétents. Pour l’instant, l’exécutif américain ainsi que le Congrès ont lamentablement échoué et se condamnent à une destruction certaine. Des alternatives existent, mais tout ce qui provient actuellement de la « communauté transatlantique » nous promet un désastre.

Le remède

Comme je l’ai souligné lors de ma conférence internet du 11 novembre, tout remède se doit d’inclure une élimination pure et simple des déchets monétaristes, comme par exemple les renflouements menés par la Réserve fédérale américaine, et requiert une réorganisation du système bancaire des Etats-Unis selon les critères de la loi Glass-Steagall. Ainsi, nous pourrons rétablir un système national de banques commerciales et permettre à l’autorité fédérale d’émettre son propre crédit pour engager sur le territoire américain, ainsi qu’avec les nations alentours, un plan sur 50 ans de reconstruction de l’infrastructure économique, basée sur un redéveloppement de l’énergie nucléaire vers une densité de flux énergétique supérieure, tel que le pratiquait notre gouvernement sous la Présidence de Franklin Roosevelt. Pour cela, il nous faut un système international à taux de change fixes, organisé entre nations souveraines ayant chacune leur propre système de crédit, plutôt qu’un système monétaire.

Ce changement, qui se déroulerait probablement sous l’impulsion initiale d’un groupe de quatre puissances composé des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine et de l’Inde, pourrait mettre un terme à l’effondrement actuel, stabiliser l’économie mondiale et ouvrir une décennie de réformes favorables au principe de crédit et à l’économie physique.

L’Europe aujourd’hui

Pour l’instant, il n’existe aucune autre perspective que de voir les économies d’une Europe dominée par le système Euro, poursuivre leur effondrement à un rythme accéléré. Cependant, si le groupe des quatre puissances formé par les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde menait à bien les réformes proposées, il se pourrait bien que, sous l’impulsion de la France et de l’Allemagne, l’Europe dans son ensemble puisse participer à ce nouvel élan économique mondial.

Le point essentiel

L’effondrement de plus en plus rapide de l’économie mondiale peut être considéré comme « temporaire », dans la mesure où la maladie qui en est la cause est le changement de tendance opéré dans la période post-Kennedy, dont l’assassinat permit de lancer une guerre longue en Indochine, et suite aux réformes menées par le Premier ministre britannique Harold Wilson pour détruire ce qui restait du système de Bretton Woods. Aucune réforme monétaire ne peut sauver le système dans sa descente vers l’abîme. Dans ces conditions, seul un changement fondé sur le principe constitutionnel américain de système de crédit, tel que l’illustre la victoire du Président Franklin Roosevelt sur John Maynard Keynes à la conférence de Bretton Woods, fonctionnera.

La fin de la « mondialisation »

La « mondialisation » – qui n’est qu’une forme contemporaine et impérialiste de la « Tour de Babel » – est l’élément fatal qui a précipité le monde dans cet effondrement total du système monétaire. Tout redémarrage devra être basé sur la renaissance d’une économie physique tirée par un vecteur scientifique allant vers une densité de flux énergétique accrue, et remettant la coopération entre Etats-nations souverains à l’ordre du jour afin d’éliminer toute relique de la domination mondialiste. Autrement, la chute de cette nouvelle Tour de Babel est encore plus certaine que celle du récit biblique.


A lire : Le Plan LaRouche pour sauver l’économie mondiale

 

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comment la banque Goldman Sachs fabrique des bulles


Par grossel - Publié dans : Jacques Cheminade
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