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Les agoras d'ailleurs

Articles avec #pour toujours tag

Cervantes-Shakespeare/Le Bugue/janvier 2017

17 Mars 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours, #cahiers de l'égaré, #J.C.G.

un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco
un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco

un dialogue imaginé par Pierre Petrus, Martin Walker sur Will, Pierre Petrus sur Miguel, le groupe de danse flamenco

Compte-rendu manifestation Cervantes-Shakespeare

au Bugue en Dordogne

27 et 28 janvier 2017

400e anniversaire de la mort de Cervantès et Shakespeare

Autour du livre « Cervantes-Shakespeare, cadavres exquis »

(éditions Cahiers de l’Égaré)

avec la présence de l'éditeur, Jean-Claude Grosse, artisan du projet

et des auteurs Moni Grégo, Marwil Huguet, Isabelle Normand, René Escudié

Trois associations ont contribué au succès de cette manifestation : l’Association Buguoise pour la Culture (ABC), Lire et écrire au Bugue et La Mouchette. Proposée sur deux jours en deux lieux, elle a réuni plus de 150 personnes. Il s’agissait de l’évocation de Shakespeare et de Cervantès 400 ans après leur mort qui a eu lieu le 23 avril 1616. Une curiosité soulignée, puisqu’il s’agit de la même date mais pas du même jour, l’Espagne ayant déjà adopté le calendrier grégorien, mais la Grande Bretagne étant encore au calendrier julien. Il y a donc un écart de dix jours entre leur disparition, que le temps a gommé.

Vendredi 27 janvier à 20h30 à la salle Eugène Leroy: conférence de Martin Walker sur "Shakespeare et l'Europe", proposée par l'association ABC. 80 personnes.

Samedi 28 janvier, à la Porte de la Vézère, proposé par l'association Lire et écrire au Bugue, deux sessions à 16h-17h30 et 18h-19h30 :  cinq auteurs ont prêté leur voix à une dizaine d’autres pour deux séries de lectures de textes de théâtre faisant partie du livre publié en avril 2015 aux Cahiers de l'égaré, lectures entrecoupées par deux communications sur « Cervantès et son temps » par Pierre Pétrus, sur « les différents calendriers et la façon de compter le temps » par I. Normand, accompagnées par la guitare de Pierre Pétrus à 16h et la présentations de danses espagnoles par l’association La Mouchette à 18h. Environ 80 personnes également sur les deux sessions.

Excellent accueil du public qui a découvert des facettes originales de l’œuvre de Shakespeare ainsi que des textes originaux écrits par des auteurs vivants en réponse à l’appel à projet lancé par l’éditeur en 2015, autour de rencontres improbables entre les deux écrivains.

Martin Walker a ainsi retracé à grands traits la vie et l’œuvre de Shakespeare puis proposé trois beaux portraits de personnages de femmes françaises qu’on retrouve dans certaines pièces, Jeanne d’Arc, Marguerite d’Anjou et Catherine de Valois. Il a insisté sur la circulation des textes en Europe à cette époque des 16e et 17e siècles, ainsi que sur l’attrait de Shakespeare pour celle-ci, nombre de ses pièces étant explicitement situées en différents autres pays, Italie, Danemark, Autriche etc. En réponse aux questions posées par l’assistance, il a également fourni des renseignements très intéressants concernant la réalité du personnage Shakespeare dont l’existence a parfois été mise en doute. Dans une bibliothèque américaine consacrée à l’œuvre du dramaturge ( la bibliothèque Folger Shakespeare située dans le quartier de Capitol Hill à Washington), on a procédé à des analyses ADN de traces de doigts figurant sur différents manuscrits, dont certains provenaient sans conteste de Shakespeare (lettres à des proches) et elles sont toutes concordantes. Gérard Fayolle, qui assistait à la conférence, a apporté une précision sur la circulation des œuvres des différents auteurs en Europe, relevant même que des idées de Montaigne se retrouvent dans la pièce « La tempête »

Samedi 28, des extraits de plus d’une dizaine de textes ont ainsi été lus à plusieurs voix (ceux de Benjamin Oppert, Marc-Israël Le Pelletier, Bernadette Pourquié, Claire Ruppli, Benoît Révillon¸ Baptiste Moussette, Bertrand-Marie Flourez, Doris Guttierez, Carmen Losa, Vanessa Montfort, Veronica Musalem, Rex Mc Gregor, Moni Grégo, Marwil Huguet, René Escudié et Isabelle Normand).

Pierre Pétrus a fait revivre Cervantès et son temps, évoquant Don Quichotte comme le premier roman « moderne » qui cassait les codes du roman de chevalerie, puis a accompagné les textes de théâtre de quelques notes qu’on aurait souhaité plus longues. Isabelle Normand a balayé les différents calendriers en vigueur dans le monde et égrené des dates qui rythment autrement le temps pour d’autres, l’année 2017 du calendrier grégorien, qui est la référence mondiale aujourd’hui, étant aussi l’année 4715 pour les Chinois, l’année 1438 pour les musulmans, l’année 5777 pour les Hébreux, l’année 2559 pour les bouddhistes…

La salle de la Porte de la Vézère a ainsi résonné de voix habituées à dire, de mots, de musique et de rythmes enfiévrés pour entrainer l’assistance dans le sillage des écrivains et de leurs personnages revisités, Hamlet, Don Quichotte, Sancho Pança, Rossinante. La magie a joué tout au long de l’après-midi parce qu’au théâtre, tout est possible. Même les chevaux et les ânes se sont mis à parler dans des textes pleins d’humour et de poésie.

A 18h, Sophie de l’association La Mouchette a présenté brièvement l’origine du flamenco et les noms des différentes danses que les 14 danseurs allaient proposer tout au long de la session, avec changement de tenues entre chaque performance, et nous avons ainsi vu plusieurs sévillanes, aux éventails, deux par deux, avec châle, une rumba, une alegria, une solea avec falda de cola, une farruca, un tango, un paso doble…

Un pot de l’amitié a clôturé les deux temps de la manifestation, le vendredi et le samedi.

Pour la communication, il y a eu des articles dans Sud-Ouest et La Dordogne libre, ainsi que l’annonce enregistrée (I. Normand) diffusée sur France Bleu Périgord la semaine précédente lors de deux émissions à des horaires différents ainsi que la mise en place d’une cinquantaine d’affiches chez les commerçants du Bugue, effectuée par les membres d’ABC pour l’ensemble de la manifestation.

Il y a eu aussi un travail en amont avec le collège Leroi-Gourhan du Bugue, le CDI et un professeur d’espagnol (pour Cervantès) : sensibilisation sur Cervantès et Don Quichotte, classes de 5e, 4e et 3; concours d’affiches avec les 5e et 4e, soit 80 élèves, mises en ligne sur le blog du collège, deux affiches lauréates utilisées comme affiches pour la journée du samedi 28/01 autour de Cervantès.

Quelques livres ont été laissés par l’éditeur en remerciement en direction du collège et de la médiathèque municipale du Bugue.

Cette manifestation a donné lieu à une rencontre avec d’autres auteurs de théâtre d’Aquitaine qui ont fait le déplacement de Gironde (Président et secrétaire de l’association EAT, filiale EAT Nouvelle Aquitaine qui vient d’être créée) et de Dordogne (2 auteurs) en vue de l’organisation de nouvelles manifestations communes.

Isabelle Normand, initiatrice, organisatrice de la rencontre

bonjour,

le week-end au Bugue en passant par Monpazier (la bastide) à l’aller et par Lascaux 4 au retour (avec arrêt au Bistrot de l’Octroi à Sarlat pour un confit de canard extra) fut fabuleux

à l’aller le jeudi vers 15 H, orage de grêle vers Arles, Nîmes, aquaplaning une fois alors que je double un camion à petite vitesse, raidi sur le volant car surpris

7 heures avec arrêt déjeuner pour arriver au Bugue le vendredi, à 17 H en passant par la bastide de Monpazier, à ne pas rater si vous allez en Dordogne

le vendredi soir, 20 H 30, conférence de l’écrivain écossais Martin Walker sur Shakespeare, 80 participants

il nous parle avec passion de Shakespeare l’Européen et de 3 femmes françaises dans l’oeuvre de Will, Jeanne d’Arc, Marguerite d’Anjou, Catherine de Valois (dans Henri VI et Henri V)

le samedi matin, presque 3 H de mise en place des lectures

le samedi après-midi de 16 à 19 H 30, lecture de textes du CER-SHA en deux temps, belle écoute pour des diseurs inspirés

en introduction, présentation de Cervantes par Pierre Pétrus et intervention d’Isabelle Normand sur les calendriers existants, nombreux, dont le Julien et le Grégorien

intermèdes à la guitare, danses flamenco, 70 participants

150 personnes touchées en deux jours dans une ville de 3000 habitants

synergie d’associations, soutien de la municipalité, présence d’élus (maire, ancien maire, adjoints), bonne communication, intérêt des écoles, les ingrédients d’un réel intérêt

10 CER-SHA vendus, 8 offerts

belles rencontres avec des EAT de Nouvelle Aquitaine

restauration sympathique Chai Monique (ça s’écrit comme ça) et chez Oscar

le dimanche matin, Lascaux 4, de 9 H 30 à 12 H, très belle reconstitution, visite d’imprégnation

gaffe à ne pas laisser le discours des guides pervertir son regard

à 13 H, halte à Sarlat, découverte du Bistrot de l’Octroi et de son confit de canard, surclassant celui de Beaulieu sur Dordogne

on ne passe pas loin de Souillac et de la vieille prune de Louis Roque, dommage

JC Grosse

Dimanche 29 janvier 2017, visite de Lascaux 4, premier groupe, celui de 9 H 30, -1°. Le bâtiment en béton et verre, près de 11000 m2, est très fonctionnel. Les surplombs évoquent les abris, plus "confortables" que les grottes, qu'il suffisait de couvrir de peaux de rennes pour obtenir des abris "sains", non enfumés, aérés, moins humides... La reconstitution de la grotte est remarquable, 13°, éclairages évoquant les chandelles. Le discours de la guide est évidemment formaté, un mixte de remarques scientifiques et de considérations journalistiques au goût du jour comme s'il fallait absolument nous rapprocher de ces homo sapiens sapiens, nous dit-on mais si c'est vrai génétiquement, ce n'est qu'une vague parenté car nous échappe tout l'aspect culturel de ces sociétés nomades, petites en nombre. Apparemment, pas d'hommes pour orner ces grottes mais des adolescents, peut-être des femmes. Toujours est-il que même un groupe de 25, c'est déjà trop pour faire l'expérience sensible, immédiate des oeuvres réalisées, sans le filtre du discours guidesque. L'atelier à la sortie de la grotte dit atelier de Lascaux est remarquable car permettant de "voir" des détails, impossibles à visualiser dans la grotte. Le théâtre de l'art pariétal (en 3D, sans comédiens en chair et en os est triste à pleurer. Le cinéma 3D est peu convaincant, le diseur quasi-inaudible pour un speech, un pitch pauvre. L'atelier de l'imaginaire est une plaisanterie aléatoire de choix d'oeuvres modernes et contemporaines en "lien" avec l'art pariétal. La salle d'exposition temporaire ne m'a pas convaincu. Dans l'espace marchand, on trouve du whisky Lascaw, distillé dans la distillerie du Périgord. J'ai trouvé Le temps sacré des cavernes de Gwenn Rigal, chez Corti, novembre 2016, les hypothèses de la science. Dans l'article ci-dessous, j'aborde ces hypothèses.
                                                                           J.C. Grosse, le 31 janvier 2017

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Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu

16 Novembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #pour toujours

Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu
Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu
Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu
Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu

Ce qu'il est convenu d'appeler L'affaire Agnès M. (16 novembre 2011 à Chambon-sur-Lignon) a entraîné deux procès (juin 2013, octobre 2014, pas d'appel en cassation) condamnant à perpétuité, un mineur au moment des faits, reconnu malade au 2° procès, Matthieu. Le lycée du Cévenol qui avait accueilli Agnès et Matthieu a fermé suite à ce crime particulièrement abominable. Solidaire des parents et grands-parents d'Agnès, j'avais incité des auteurs de théâtre et des professionnels de la justice pour mineurs à écrire un livre collectif, Elle s'appelait Agnès, enfin disponible après 3 ans de "censure" et d'autocensure par acceptation de l'injonction de ne pas publier, à nous faite. Après 4 ans de silence, les parents de Matthieu s'expriment sur leur quotidien depuis le crime. Agnès-Matthieu sont devenus suite à ce crime, indissociables. C'est insupportable. D'une certaine façon aussi les deux familles sont liées même si elles n'ont aucun contact. Penser à la victime, à sa famille, penser au bourreau, à sa famille. Quels mots pour cette monstruosité ? C'est ce que nous avons tenté avec honnêteté. Écritures déchirées: pour certains un monstre, pour d'autres toujours un humain.

Jean-Claude Grosse

L'article de wikipédia consacré à ce qui s'appelle L'affaire Agnès M. présente cette tragédie me semble-t-il avec précision ; je reste dubitatif cependant sur toutes les remarques concernant les"défaillances" et "dysfonctionnements", les "erreurs et fautes" d'expertise qui ont suivi le 1° viol et l'entrée au Cévenol; après coup, il est facile d'exhiber la dangerosité du "monstre" (le terme a été employé sans vergogne par la presse) et de se faire le chroniqueur d'une tragédie annoncée; le débat qui a suivi la projection du documentaire Parents à perpétuité est très instructif à cet égard; des erreurs peut-être, des fautes, c'est à prouver; la famille d'Agnès a demandé en avril 2015 au Conseil supérieur de la Magistrature d'examiner les décisions de la juge qui a instruit la 1° affaire de viol ; elle « a fait preuve de manquements dans l'exercice de son métier de juge d'instruction ». « Nous demandons au Conseil supérieur de la magistrature d'examiner ce dossier et de prononcer à son encontre une sanction disciplinaire », concluent-ils. À suivre donc.

Les parents de Matthieu, l'assassin d'Agnès, s'expriment, les soeurs aussi, dans le documentaire réalisé par Anne Gintzburger, Parents à perpétuité, même titre qu'un article du Monde magazine du 15 novembre 2014, documentaire diffusé sur LCP Public Sénat, samedi 7 février et dimanche 8 février 2016. C'est un documentaire d'une grande force émotive et réflexive. On y apprend que le lycée du Cévenol a définitivement fermé. 76 ans d'histoire et toute une histoire de Justes balayée par deux crimes qui font poser la question: monstre ou humain ? Les parents et les soeurs (17 et 11 ans) répondent par une attitude exemplaire d'amour parental et soral; Sophie la mère est particulièrement touchante, le père Dominique dit des choses fortes; j'ai beaucoup apprécié les propos de Margaux, l'aînée (quelle maturité) et de Zelie la dernière (son histoire de Matthieu blanc et de Matthieu noir est parlante et sans doute cathartique). Matthieu est le seul mineur condamné à la perpétuité en France. Déclaré malade au 2° procès, il a été recondamné sans circonstances atténuantes. À son propos, un psychiatre a évoqué un OVNI scientifique. Marcel Rufo qui suit les parents parle de psychose mais ce n'est pas le nom de sa maladie, de sa pathologie. Son indifférence affective par rapport à son crime est ce qui fait problème, pas de regrets, pas de remords, pas de demande de pardon. Rufo se demande: sera-t-il capable avec le temps de sortir de cet état ? Une psychanalyste de mes amies m'a évoqué une structure possible de pervers paranoïaque. On ne peut qu'éprouver de l'empathie pour ces parents à perpétuité, pour les soeurs de Matthieu Bien sûr on n'oublie pas Agnès ni la famille d'Agnès.

Suite à la diffusion de ce documentaire que j'ai regardé deux fois, Les Cahiers de l'Égaré ont fait imprimer 100 exemplaires du livre Elle s'appelait Agnès, écrit par un collectif d'auteurs de théâtre, de professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse (éducateur en prison, directeur de prison pour jeunes, psychologue), livre écrit par solidarité avec la famille d'Agnès. Ces auteurs ont participé pour un certain nombre d'entre eux à la marche blanche du 16 novembre 2012 à Paris, à la mémoire d'Agnès. Il y a plusieurs textes en lien avec le double violeur-tueur car dans une telle tragédie, on ne peut dissocier le bourreau et la victime. Cela fit problème lors d'une rencontre des auteurs à Paris, en novembre 2012, indépendamment de la présence à cette réunion des grands-parents d'Agnès. Le texte Essai d'abjection introspective fut violemment critiqué. Moi-même quand je l'avais reçu, j'avais dit: il est irrecevable. J'avais dit à l'auteur: Prolonge ton texte sur ce qu'il éprouve au moment de l'acte monstrueux par ce que dit le bourreau après dix ans de suivi et de prison. Dans le 2° texte, le bourreau n'a pas changé d'un pouce, quelques mots seulement ont changé. Nouvelle proposition à l'auteur: Écris alors du point de vue de la victime, sa prise de conscience après coup qu'elle a eu affaire non au prince charmant mais à la beauté et à la monstruosité du diable au corps.

Deux lettres recommandées me sommèrent en décembre 2012 de ne pas publier le livre dont on avait prévu la sortie après le procès de juin 2013.

J'ai respecté l'injonction qui m'a été faite alors que rien ne m'empêchait de sortir ce livre pluriel, sur le plan judiciaire et pénal. Aucun nom, aucun lieu, aucune date en lien avec les faits, que de la fiction.

Pour remercier les auteurs qui s'étaient investis dans ce travail d'empathie et de solidarité, j'ai édité seulement les exemplaires d'auteurs du livre Elle s'appelait Agnès, en février 2015 après les 2 procès (2° procès en octobre 2014). Le livre était prêt depuis novembre 2012. Je l'ai édité hors commerce, exemplaires réservés exclusivement aux auteurs, soit 20 exemplaires.

Aujourd'hui, je réimprime 100 exemplaires en tirage avec PVP, partiellement diffusé en librairie mais aussi en vente directe. Et un exemplaire au dépôt légal, ce que je n'avais pas fait en 2015. Je transmettrai un exemplaire du livre à la famille de Matthieu pour leur montrer qu'ils ne sont pas seuls, même si on n'est pas nombreux. Si on avait vu le documentaire Parents à perpétuité, si on avait lu l'interview du 15 novembre 2014 dans le Monde magazine, cela aurait sans doute modifié les écritures des 20 qui ont écrit Elle s'appelait Agnès. Le livre existe maintenant, sans bruit, nourri de la tragédie de deux familles.

Avons-nous eu raison de donner forme à un élan d'empathie qui a été unilatéral ?

Reçu ce message :

Merci Jean-Claude de nous avoir envoyé la vidéo de ce document formidable. Le témoignage de ces parents, surtout celui du père est très touchant, il pose des questions essentielles. C'est enseignant pour nous tous. La justice est paradoxale en reconnaissant Mathieu malade et en le condamnant à perpétuité (un mineur), au lieu de l'orienter vers un service de psychiatrie. Cependant le père note que Mathieu est mieux enfermé dans sa cellule. Il existe en effet des êtres qui se sentent plus en sécurité enfermés car ils perçoivent qu'ils ne disposent pas de défenses psychiques pour contenir ce qui les submerge. Et d'autre part, payer en prison peut être pacifiant par rapport à la responsabilité de leur acte malgré l'absence de culpabilité. La psychose est évidente chez ce jeune, c'est ce que j'ai perçu depuis le début mais c'est étonnant, il n'y a que Rufo qui l'évoque. Bien amicalement M-P

et cet autre message :

Cher Jean-Claude

Merci pour ces nouvelles. Pour répondre à ce que tu dis sur ton blog, non je ne changerais pas un mot de ce que j'ai écrit, à la lumière des témoignages des parents. D'ailleurs le Matthieu Noir/Matthieu Blanc de la petite soeur correspond parfaitement à mon idée de Masque /persona latine. Un étonnement toutefois : comment peut-on s'étonner que Matthieu n'ait ni remords ni excuses ? C'est pareil à chaque procès de serial killer ! Faut regarder plus d'épisodes de polars à la télé pour se tenir au courant !

Sur la pathologie de M : 2 re-jeux des secrets familiaux Grands-parents soignants psy, petit-fils soigné psy... Mère violée abusée à partir de 12 ans, fils vengeant sa mère en violant Il serait intéressant de savoir si la mère et la 1ère victime ont des personnalités aussi rayonnantes et adultes qu'Agnès... Matthieu est un sadique pervers manipulateur, heureusement ils ne tuent pas tous... Heureusement car il y en a partout en ce moment ! C'estbla pathologie à la mode... Je t'embrasse

Caroline de Kergariou

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les bleus de Chefchaouen

25 Août 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
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photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto

photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto

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Actualité de Tocqueville

27 Mai 2007 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #pour toujours

Extrait de De la Démocratie en Amérique
(Livre II, 2° partie, chapitre 14)

Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.

Alexis-de-tocqueville.jpg

« Lorsque le gout des jouissances matérielles se développe chez un de ces
peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté,
il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à
la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul
soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la
fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas
besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les
laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)

« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du
pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il
veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le
tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les
hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire
comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que
d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit
des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de
leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur
de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter
hors de la liberté au premier désordre.

« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je
ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les
peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les
peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur
suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de
l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son
bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)

« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur
nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent
seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au
milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de
toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ;
et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains
dans lesquelles peut tomber un grand peuple…

« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni
cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. »

Alexis de Tocqueville (1840)

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