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Les agoras d'ailleurs

Articles avec #pour toujours tag

Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu

16 Novembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #pour toujours

Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu
Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu
Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu
Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu

Ce qu'il est convenu d'appeler L'affaire Agnès M. (16 novembre 2011 à Chambon-sur-Lignon) a entraîné deux procès (juin 2013, octobre 2014, pas d'appel en cassation) condamnant à perpétuité, un mineur au moment des faits, reconnu malade au 2° procès, Matthieu. Le lycée du Cévenol qui avait accueilli Agnès et Matthieu a fermé suite à ce crime particulièrement abominable. Solidaire des parents et grands-parents d'Agnès, j'avais incité des auteurs de théâtre et des professionnels de la justice pour mineurs à écrire un livre collectif, Elle s'appelait Agnès, enfin disponible après 3 ans de "censure" et d'autocensure par acceptation de l'injonction de ne pas publier, à nous faite. Après 4 ans de silence, les parents de Matthieu s'expriment sur leur quotidien depuis le crime. Agnès-Matthieu sont devenus suite à ce crime, indissociables. C'est insupportable. D'une certaine façon aussi les deux familles sont liées même si elles n'ont aucun contact. Penser à la victime, à sa famille, penser au bourreau, à sa famille. Quels mots pour cette monstruosité ? C'est ce que nous avons tenté avec honnêteté. Écritures déchirées: pour certains un monstre, pour d'autres toujours un humain.

Jean-Claude Grosse

L'article de wikipédia consacré à ce qui s'appelle L'affaire Agnès M. présente cette tragédie me semble-t-il avec précision ; je reste dubitatif cependant sur toutes les remarques concernant les"défaillances" et "dysfonctionnements", les "erreurs et fautes" d'expertise qui ont suivi le 1° viol et l'entrée au Cévenol; après coup, il est facile d'exhiber la dangerosité du "monstre" (le terme a été employé sans vergogne par la presse) et de se faire le chroniqueur d'une tragédie annoncée; le débat qui a suivi la projection du documentaire Parents à perpétuité est très instructif à cet égard; des erreurs peut-être, des fautes, c'est à prouver; la famille d'Agnès a demandé en avril 2015 au Conseil supérieur de la Magistrature d'examiner les décisions de la juge qui a instruit la 1° affaire de viol ; elle « a fait preuve de manquements dans l'exercice de son métier de juge d'instruction ». « Nous demandons au Conseil supérieur de la magistrature d'examiner ce dossier et de prononcer à son encontre une sanction disciplinaire », concluent-ils. À suivre donc.

Les parents de Matthieu, l'assassin d'Agnès, s'expriment, les soeurs aussi, dans le documentaire réalisé par Anne Gintzburger, Parents à perpétuité, même titre qu'un article du Monde magazine du 15 novembre 2014, documentaire diffusé sur LCP Public Sénat, samedi 7 février et dimanche 8 février 2016. C'est un documentaire d'une grande force émotive et réflexive. On y apprend que le lycée du Cévenol a définitivement fermé. 76 ans d'histoire et toute une histoire de Justes balayée par deux crimes qui font poser la question: monstre ou humain ? Les parents et les soeurs (17 et 11 ans) répondent par une attitude exemplaire d'amour parental et soral; Sophie la mère est particulièrement touchante, le père Dominique dit des choses fortes; j'ai beaucoup apprécié les propos de Margaux, l'aînée (quelle maturité) et de Zelie la dernière (son histoire de Matthieu blanc et de Matthieu noir est parlante et sans doute cathartique). Matthieu est le seul mineur condamné à la perpétuité en France. Déclaré malade au 2° procès, il a été recondamné sans circonstances atténuantes. À son propos, un psychiatre a évoqué un OVNI scientifique. Marcel Rufo qui suit les parents parle de psychose mais ce n'est pas le nom de sa maladie, de sa pathologie. Son indifférence affective par rapport à son crime est ce qui fait problème, pas de regrets, pas de remords, pas de demande de pardon. Rufo se demande: sera-t-il capable avec le temps de sortir de cet état ? Une psychanalyste de mes amies m'a évoqué une structure possible de pervers paranoïaque. On ne peut qu'éprouver de l'empathie pour ces parents à perpétuité, pour les soeurs de Matthieu Bien sûr on n'oublie pas Agnès ni la famille d'Agnès.

Suite à la diffusion de ce documentaire que j'ai regardé deux fois, Les Cahiers de l'Égaré ont fait imprimer 100 exemplaires du livre Elle s'appelait Agnès, écrit par un collectif d'auteurs de théâtre, de professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse (éducateur en prison, directeur de prison pour jeunes, psychologue), livre écrit par solidarité avec la famille d'Agnès. Ces auteurs ont participé pour un certain nombre d'entre eux à la marche blanche du 16 novembre 2012 à Paris, à la mémoire d'Agnès. Il y a plusieurs textes en lien avec le double violeur-tueur car dans une telle tragédie, on ne peut dissocier le bourreau et la victime. Cela fit problème lors d'une rencontre des auteurs à Paris, en novembre 2012, indépendamment de la présence à cette réunion des grands-parents d'Agnès. Le texte Essai d'abjection introspective fut violemment critiqué. Moi-même quand je l'avais reçu, j'avais dit: il est irrecevable. J'avais dit à l'auteur: Prolonge ton texte sur ce qu'il éprouve au moment de l'acte monstrueux par ce que dit le bourreau après dix ans de suivi et de prison. Dans le 2° texte, le bourreau n'a pas changé d'un pouce, quelques mots seulement ont changé. Nouvelle proposition à l'auteur: Écris alors du point de vue de la victime, sa prise de conscience après coup qu'elle a eu affaire non au prince charmant mais à la beauté et à la monstruosité du diable au corps.

Deux lettres recommandées me sommèrent en décembre 2012 de ne pas publier le livre dont on avait prévu la sortie après le procès de juin 2013.

J'ai respecté l'injonction qui m'a été faite alors que rien ne m'empêchait de sortir ce livre pluriel, sur le plan judiciaire et pénal. Aucun nom, aucun lieu, aucune date en lien avec les faits, que de la fiction.

Pour remercier les auteurs qui s'étaient investis dans ce travail d'empathie et de solidarité, j'ai édité seulement les exemplaires d'auteurs du livre Elle s'appelait Agnès, en février 2015 après les 2 procès (2° procès en octobre 2014). Le livre était prêt depuis novembre 2012. Je l'ai édité hors commerce, exemplaires réservés exclusivement aux auteurs, soit 20 exemplaires.

Aujourd'hui, je réimprime 100 exemplaires en tirage avec PVP, partiellement diffusé en librairie mais aussi en vente directe. Et un exemplaire au dépôt légal, ce que je n'avais pas fait en 2015. Je transmettrai un exemplaire du livre à la famille de Matthieu pour leur montrer qu'ils ne sont pas seuls, même si on n'est pas nombreux. Si on avait vu le documentaire Parents à perpétuité, si on avait lu l'interview du 15 novembre 2014 dans le Monde magazine, cela aurait sans doute modifié les écritures des 20 qui ont écrit Elle s'appelait Agnès. Le livre existe maintenant, sans bruit, nourri de la tragédie de deux familles.

Avons-nous eu raison de donner forme à un élan d'empathie qui a été unilatéral ?

Reçu ce message :

Merci Jean-Claude de nous avoir envoyé la vidéo de ce document formidable. Le témoignage de ces parents, surtout celui du père est très touchant, il pose des questions essentielles. C'est enseignant pour nous tous. La justice est paradoxale en reconnaissant Mathieu malade et en le condamnant à perpétuité (un mineur), au lieu de l'orienter vers un service de psychiatrie. Cependant le père note que Mathieu est mieux enfermé dans sa cellule. Il existe en effet des êtres qui se sentent plus en sécurité enfermés car ils perçoivent qu'ils ne disposent pas de défenses psychiques pour contenir ce qui les submerge. Et d'autre part, payer en prison peut être pacifiant par rapport à la responsabilité de leur acte malgré l'absence de culpabilité. La psychose est évidente chez ce jeune, c'est ce que j'ai perçu depuis le début mais c'est étonnant, il n'y a que Rufo qui l'évoque. Bien amicalement M-P

et cet autre message :

Cher Jean-Claude

Merci pour ces nouvelles. Pour répondre à ce que tu dis sur ton blog, non je ne changerais pas un mot de ce que j'ai écrit, à la lumière des témoignages des parents. D'ailleurs le Matthieu Noir/Matthieu Blanc de la petite soeur correspond parfaitement à mon idée de Masque /persona latine. Un étonnement toutefois : comment peut-on s'étonner que Matthieu n'ait ni remords ni excuses ? C'est pareil à chaque procès de serial killer ! Faut regarder plus d'épisodes de polars à la télé pour se tenir au courant !

Sur la pathologie de M : 2 re-jeux des secrets familiaux Grands-parents soignants psy, petit-fils soigné psy... Mère violée abusée à partir de 12 ans, fils vengeant sa mère en violant Il serait intéressant de savoir si la mère et la 1ère victime ont des personnalités aussi rayonnantes et adultes qu'Agnès... Matthieu est un sadique pervers manipulateur, heureusement ils ne tuent pas tous... Heureusement car il y en a partout en ce moment ! C'estbla pathologie à la mode... Je t'embrasse

Caroline de Kergariou

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les bleus de Chefchaouen

25 Août 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto
photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto

photos prises en mai 2013 lors d'un N° voyage au Maroc; je suis entré par la porte 1940; origines bleu de Michel Bories; bleu cosmique; manque le bleu Giotto

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Actualité de Tocqueville

27 Mai 2007 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #pour toujours

Extrait de De la Démocratie en Amérique
(Livre II, 2° partie, chapitre 14)

Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.

Alexis-de-tocqueville.jpg

« Lorsque le gout des jouissances matérielles se développe chez un de ces
peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté,
il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à
la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul
soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la
fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas
besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les
laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)

« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du
pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il
veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le
tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les
hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire
comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que
d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit
des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de
leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur
de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter
hors de la liberté au premier désordre.

« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je
ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les
peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les
peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur
suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de
l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son
bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)

« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur
nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent
seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au
milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de
toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ;
et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains
dans lesquelles peut tomber un grand peuple…

« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni
cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. »

Alexis de Tocqueville (1840)

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