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Les agoras d'ailleurs

Articles avec #g.l. tag

Sur L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

24 Juillet 2009 , Rédigé par grossel Publié dans #G.L.


Du commun   
L’hypothèse communiste,circonstances 5,
Alain Badiou,
Nouvelles Editions Lignes


Quelques notes de lecture, sans plus.
Ce que ce livre, en ses meilleurs moments (théoriques), permet de comprendre, c’est que l’heure (en fait, tout un termps), loin d’être à la suradaptation de « guenilles de gauche », est à l’imagination et à l’expérimentation collectives (même, faute de mieux, à quelques uns) d’une possible rupture radicale qui puisse féconder, autrement et comme jamais, des « masses «  d’hommes, ou plutôt des groupes innombrables d’hommes se rendant nettement plus libres. Il ne s’agit pas de prétendre toucher immédiatement à une telle idée de rupture, mais d’essayer d’abord d’en penser  les réquisits radicaux ; afin de commencer à sommer l’action et la pensée de beaucoup d’entre nous de cesser de tenir pour inéluctables l’esprit de concession sans limite (car sans principe) et la peur ou l’appétit de pouvoir qui le fonde.
Ce qui sera fécond pour tous sera radicalement « neuf », même si pour lors nous ne pouvons guère en dire plus. Ce sera ce qui ne peut se préparer que dans l’inanticipable, comme un coup de tonnerre renversant (pas forcément instantané) qui fera rire des conceptions archidominantes aujourd’hui et de leur prétendu réalisme, comme d’une minable abdication de la pensée et de l’action émancipatrices.
La question qui se pose à la racine, c’est celle du possible politique (et civilisationnel), et d’abord celle de sa création (comme en n’importe champ historique majeur : art, science, etc., mais en y adjoignant la question fondamentale de tous les hommes, voire plus encore).

Dans une situation de déréalisation en apparence quasi complète, Badiou insiste notamment sur la notion d’une déréalisation critique de l’idée héritée du communisme. Il ne faut plus croire à la possibilité de l’exposition substantiellement réelle d’une telle idée, non pas parce que cette idée serait purement fictive, mais parce que c’est tout réel qui (à la suite de Lacan) est inexposable sans imaginaire et symbolisation. L’importance nouvelle du « communisme » (entre autres) viendrait qu’il se ferait capable d’être assumé clairement (potentiellement par chacun) comme exposition imaginaire et symbolique pertinente d’un réel de haute portée (l’émancipation des hommes). Il s’agirait d’en finir avec tout un réalisme hégélien.

L’essentiel ne se situe pas au niveau des possibles objectifs, ceux qui sont ou semblent déjà à disposition, mais de la possibilité des possibles, en tant que celle-ci est réellement prise dans l’ »Histoire » comme instance possiblement créatrice.
« L’Etat est toujours la finitude de la possibilité, et l’événement en est l’infinitisation. » (p. 191)

Badiou  s’en tient au titre «  L ‘hypothèse communiste « , tout en suggérant qu’il préfère parler de l’Idée du communisme. On peut y voir deux choses : d’une part, le communisme selon lui ne serait plus adjectivable (parti  ou militant communiste, etc.) ; d’autre part, l’auteur maintient comme titre « L’hypothèse communiste » (mais pourquoi pas du communisme ?) pour désubstantialiser la question, empêcher toute illusion d’adhésion pleine à un réel de vérité. Ce n’est pas pour dire que le communisme est condamné à être seulement une hypothèse, mais pour insister sur ceci qu’il devrait rester ouvertement, lors de son processus de réalisation, une hypothèse en construction et en déconstruction
 Cela signale à la fois là où nous en sommes (comme au dix-neuvième siècle, en fait au seuil d’une troisième époque possible du communisme) et ce qui devrait désormais toujours être : le communisme comme théorie et pratique jamais finie du commun, indélégable et instatufiable, inaliénable sous la forme d’un parti ou d’un Etat, ou simplement de chefs « intrinsèques ».
Ce qui est en question, ce sont les conditions d’existence d’une possible communauté en devenir, composée d’individus dynamiquement plus libres qu’avant et tout particulièrement qu’aujourd’hui, qui soient acteurs d’un processus (sans doute infini) de suppression de l’exploitation, de l’écrasement et de l’invisibilisation éhontée de la plupart des hommes.

G. L.






















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