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Les agoras d'ailleurs

Violences intimes, violences collectives/M-P. Candillier

Rédigé par grossel Publié dans #agora

 

 Violences intimes, violences collectives

Selon l’approche analytique

 

Pause philo du 18-02-12

MOULIN DES CONTES d’Hyères

 

Marie-Paule CANDILLIER

 

 

Guerres, génocides, massacres collectifs sont toujours là dans un endroit du monde. Ces violences collectives s’originent dans des conflits ethniques, économiques, politiques…

Les violences individuelles et familiales ne sont pas moins fréquentes dans nos sociétés dites évoluées : violences conjugales, femmes battues,  maltraitance d’enfants, meurtres, crimes…et violence tournée contre soi, autodestruction,  suicide, scarifications,  toxicomanie…

 

Ces manifestations de violence n’ont pas toutes la même signification. Les unes se déploient dans le registre de « l’intention agressive » et sont prises dans la communication, les autres témoignent d’une « tendance agressive » plus fondamentale qui se situe  dans un autre registre, celui du  passage à l’acte, mettant en jeu ce  que Freud a désigné par le terme de pulsion de mort.

L’histoire de l’humanité rejoint celle de l’individu aux prises avec la jouissance mortifère.

 

L’arrivée au monde de l’homme est déjà violence, la naissance est traumatique selon Otto Rank. Elle impose une rupture par la séparation du corps de la mère.  En naissant prématuré, l’enfant ne peut survivre s’il n’est pas objet de soin de la mère ou d’un substitut  et porté par un désir qui l’humanise.

La naissance sans violence proposée  Frédéric Leboyer et Michel Odent  pour accueillir l’enfant en douceur (bain, coupure du cordon par le père) a mis l’accent sur l’accueil symbolique de l’enfant  alors que l’accouchement était de plus en plus médicalisé et centré  sur le corps comme organisme.

 

Freud, de l’agressivité à la pulsion de mort

 

La pulsion de mort[1]

Freud considère que l’agressivité est  une « disposition instinctive primitive et autonome de l’être humain ». Il en fait un phénomène vital relevant de la biologie. Il pensait au départ qu’il y avait deux sortes de pulsion, les pulsions du moi visant la conservation de l’individu et les instincts objectaux, l’amour ou libido tendant à  préserver l’espèce.

Avec l’étude du narcissisme en 1914, il se rend compte qu’il n’y a qu’une seule libido : au départ  narcissique, cette libido se tourne vers les objets, elle devient libido objectale au cours du développement psychique d’un sujet. Les premières satisfactions sexuelles sont autoérotiques, elles portent sur le corps propre puis  s’étayant sur les fonctions vitales, elles prennent comme objet sexuel, la mère après la formation du moi.

 

Avec l’étude des névroses traumatiques (névroses de guerre) et l’observation du jeu de l’enfant, il découvre une tendance à la répétition : le traumatisme revient sans cesse dans les rêves des traumatisés et l’enfant  rejoue ce qui  a été pénible comme le départ de la mère ou l’examen du médecin.

Il en conclut qu’à côté de l’instinct érotique ou instinct de vie, qui tend à conserver la substance vivante, il en existe un autre, qui lui est opposé. Cet instinct de mort tend à ramener  l’individu  à son état primitif, à l’état inorganique, vers la mort.

Instincts de vie et instinct de mort rentrent rarement en jeu isolément, ils forment entre eux, des alliages divers au point de devenir méconnaissables.

Dans le sadisme, on aurait un alliage de la pulsion sexuelle  et de la pulsion de destruction ; de même dans le masochisme mais il serait tourné vers l’intérieur, sur le moi.

 

L’instinct de mort travaille silencieusement dans l’intimité de l’être vivant,  à sa dissolution. Cette tendance à la destruction tournée vers l’intérieur est difficile à percevoir si elle n’est pas teintée d’érotisme comme dans le sadisme ou le masochisme.

 

Rappelant que les symptômes des névrosessont des substituts de satisfactions de désirs sexuels non exaucés et que toute névrose recèle une dose de sentiment de culpabilité, Freud en déduit que l’agressivité une fois réprimée et transférée au Surmoi, c’est l’agressivité seule qui se mue en sentiment de culpabilité. Quand une pulsion instinctive succombe au refoulement, ses éléments libidinaux se transforment en symptômes, ses éléments agressifs en sentiment de culpabilité. Cette distinction n’est cependant qu’approximative car pulsions de vie et pulsions de mort  n’apparaissent jamais isolées l’une de l’autre[2].

 

Quand cette tendance à la destruction se tourne contre le monde extérieur, elle devient apparente sous forme de pulsion agressive et destructrice.

S’il est dompté, cet instinct de destruction dirigé contre  les autres, permet au moi de satisfaire ses besoins vitaux et de maîtriser la nature.

Freud conclut que la civilisation trouve son entrave la plus redoutable dans cette « disposition instinctive primitive » qu’est l’agressivité.

 

A quels moyens, recourt la civilisation  pour inhiber l’agression ?

 

Qu’est-ce qui peut rendre inoffensif le désir d’agression de l’individu ?

 

L’agression est « introjectée », intériorisée, retournée contre le propre Moi. Elle sera reprise par une partie du moi, le  « Surmoi » et se mettra en opposition avec l’autre partie. En tant que conscience morale, elle manifestera à l’égard du Moi, la même agressivité que le Moi eût aimé satisfaire contre des individus étrangers.

La tension entre le Surmoi sévère et le Moi qu’il s’est soumis s’appelle « sentiment  conscient de culpabilité » et se manifeste sous forme de «  besoin de punition ».

La civilisation domine donc l’ardeur agressive de l’individu en le désarmant, en le faisant surveiller par l’entremise d’une instance en lui-même, « telle une garnison placée dans une ville conquise ».

 

La formation du surmoi par intériorisation de la conscience morale qui se forme chez l’enfant par l’angoisse de perdre l’amour des parents  introduit le sentiment de culpabilité. Mais alors qu’à l’origine, la conscience amène le sujet à renoncer à la pulsion agressive, ultérieurement, le phénomène s’inverse. Tout renoncement pulsionnel intensifie la sévérité du surmoi contre le moi.  Ainsi toute agressivité que nous nous abstenons de satisfaire est reprise par le surmoi et accentue sa propre agressivité contre le moi  car le surmoi s’approprie toute l’agressivité que l’enfant aurait souhaité exercer contre l’autorité.

La sévérité du surmoi ne reflète nullement la sévérité des traitements qu’il a subis. Plus le sujet est vertueux plus le surmoi est féroce.

 

La sévérité de la conscience provient de l’action conjuguée de la privation des  satisfactions instinctuelles laquelle déchaîne l’agressivité et de l’expérience de l’amour, laquelle fait retourner cette agression à l’intérieur et la transfère au Surmoi. L’enfant qui riposte par une agressivité intense et une sévérité correspondante du Surmoi aux premières grandes privations instinctuelles, reproduit une réaction de nature phylogénétique bien que sa réaction ne soit plus justifiée par un père terrible comme aux temps  préhistoriques [3].

 

Le sentiment de culpabilité (la dureté du surmoi) est donc la même chose que la sévérité de la conscience morale ; il est la perception impartie au Moi, de la surveillance dont ce dernier est ainsi l’objet.

Il arrive, remarque Freud que certains sujets commettent des crimes dans le seul but d’être punis, pour alléger leur culpabilité inconsciente mais aussi pour satisfaire l’exigence du Surmoi. Il y a en effet une dimension pulsionnelle du surmoi qui pousse au sacrifice et se nourrit de la jouissance obscure masochiste que le sujet peut éprouver dans le sacrifice.

 

La civilisation vise à unir les hommes, elle ne peut y parvenir qu’en renforçant toujours davantage le sentiment de culpabilité qui reste  inconscient. Les religions lui donnent le nom de péché originel.

 

 

Surmoi collectif et Surmoi individuel

Pour Freud, le processus de civilisation de l’humanité et le processus de développement de l’individu sont de nature très semblables[4].  

Les deux tendances, l’une visant au bonheur personnel, l’autre à l’union à d’autres humains, doivent se combattre en chaque individu, de même les deux processus du développement individuel et du développement de la civilisation sont antagonistes et se disputent le terrain à chaque rencontre. Mais ce combat entre l’individu et la société, n’est pas dérivé de l’antagonisme entre l’Eros et la Mort, il répond à une discorde intestine dans l’économie de la libido comparable à la lutte entre le Moi et les objets ; ce combat si pénible soit-il, autorise un équilibre final.

 

Le « Surmoi de la communauté civilisée » tout comme le Surmoi individuel émet des exigences sévères dont la non observation trouve sa punition dans une « angoisse de la conscience morale ». Chez l’individu les agressions du Surmoi n’élèvent la voix de façon bruyante, sous forme de reproches, qu’en cas de tension psychique tandis que les exigences du Surmoi demeurent à l’arrière plan et restent souvent inconscientes. Rendus conscientes, on constate qu’elles coïncident avec les prescriptions du Surmoi contemporain. Les deux mécanismes, celui du développement culturel de la masse et celui du développement propre à l’individu, sont intimement accolés l’un à l’autre, en ce point[5] .

 

L’étude des névroses nous amène, dit Freud, à constater que la sévérité du Surmoi se soucie trop peu du bonheur du Moi et ne tient pas  assez compte des résistances à lui obéir, de la force des pulsions du soi et des difficultés extérieures ; de même le Surmoi collectif ne se soucie pas assez de la constitution humaine. C’est une erreur, exiger davantage, c’est provoquer chez l’homme une révolte ou une névrose. Par exemple, le commandement « Aime ton prochain comme toi-même » est à la fois la défense la plus forte contre l’agressivité et le meilleur exemple des procédés antipsychologiques du Surmoi collectif, ce commandement est inapplicable. L’Ethique qui s’appuie sur la religion, agite ses promesses d’un au-delà meilleur ou sur la satisfaction narcissique d’être meilleur que les autres.

« Si l’évolution de la civilisation présente de telles ressemblances avec celle de l’individu, et qu’elles usent des mêmes moyens d’action, ne serait-on pas autorisé à porter le diagnostic suivant : la plupart des civilisations ou des époques culturelles- même l’humanité entière  peut-être- ne sont-elles pas devenues névrosées sous l’influence des efforts de la civilisation même ?[6] »

 

Freud ne prétend pas proposer de solutions ni apporter de consolation. Il s’incline devant la nécessité de la civilisation de restreindre la vie sexuelle et de tendre vers l’idéal humanitaire (difficiles  pour l’individu).   

 Il remarque simplement que les hommes ont poussé si loin  la maîtrise des forces de la nature qu’il leur est facile de s’exterminer mutuellement (1929), c’est ce qui explique leur agitation et leur angoisse.

Il conclut en souhaitant que l’Eros éternel s’affirme dans la lutte contre thanatos.

L’amour et la sublimation (la dérivation des pulsions sexuelles vers des buts culturels -  savoir, art…)  sont  les seules voies proposées.

 

Lacan : une autre perspective

 

La pulsion de mort, de l’agressivité à la jouissance

 

Le stade du miroir[7], l’identification source de l’agressivité

L’unité du corps, sa forme, nous est donnée  par l’imaginaire et constitue le narcissisme.

Au stade du miroir, l’image spéculaire (dans le miroir) donne à l’enfant encore plongé dans l’impuissance motrice (entre 6 et 18 mois), la forme totale de son corps qui devance la maturation neuro-motrice. Cette assomption de l’image est une identification qui constitue le moi, à distinguer du « je » le sujet divisé par le langage. L’enfant qui jusque là était indifférencié par rapport à sa mère et au monde extérieur, va reconnaître son image et la différencier de l’environnement reflété.

 

Cette identification au miroir ne se réduit pas au champ  spéculaire. Pour que l’enfant puisse s’approprier son image, il est nécessaire qu’il ait une place dans l’Autre, au champ symbolique,  incarné par la mère. L’image ne se soutient qu’à partir du regard de l’Autre. Ce qui est essentiel dans l’assomption de l’image du corps au miroir c’est que l’enfant porté par sa mère qui le regarde, se tourne vers elle comme pour lui demander d’authentifier que c’est bien lui .

 Cependant la forme totale du corps qui devance la maturité neuro-motrice de l’enfant ne lui est donnée que comme gestalt, dans une extériorité. Cette forme est constituante mais elle est inversée, elle le fige et l’aliène. Si le stade du miroir est l’aventure originelle du narcissisme pour l’homme, c’est en tant qu’autre qu’il se voit  et c’est dans l’image de l’autre qu’il se reconnaît.

Lacan y voit l’origine du complexe d’intrusion, le drame de la jalousie primordiale quand le tout petit enfant voit son frère au sein de la mère (voir  les confessions de Saint Augustin). Dans l’image du frère non sevré, le sujet revit la séparation de la naissance et la détresse originelle liée à son impuissance totale. Il aspire à retrouver l’imago maternelle, à retourner dans son sein dans un abandon à la mort. C’est le masochisme primordial. Cette tendance à la mort se révèle dans les suicides non violents, grève de la faim, anorexie mentale, toxicomanie orale. Dans son abandon à la mort, le sujet cherche à retrouver l’imago de la mère.

La jalousie primordiale représente pour Lacan non pas une rivalité vitale mais une identification à l’autre. Cette identification à l’autre est objet de violence et produit l’agressivité.

 

Lacan rompant avec la  perspective biologisante de Freud, repense donc en 1936 les fondements de l’agressivité à partir de l’identification dans la genèse du moi. A cette époque, il réduit la pulsion de mort freudienne à l’agressivité. Pulsion de mort et pulsion de vie sont réunifiées dans la narcissisme.

 

Certaines manifestations pathologiques comme les psychoses paranoïaques où dominent les réactions agressives et l’imputation de la nocivité faite à l’autre, sont lisibles dans cette perspective. Le paranoïaque est dans un rapport à l’autre sans médiation symbolique. Le délire de persécution  ou érotomaniaque  attribue à l’autre par projection et inversion   ses propres sentiments. « Je l’aime, il me hait ». Exemple : le cas Aimée de Lacan.

 

Le signifiant et la mort

En 1953, dans son « discours de Rome[8] », Lacan opère un profond remaniement de sa conception. Prenant appui sur le structuralisme (issu de la linguistique de Jakobson et de Saussure et de l’anthropologie de Levi-Strauss), il donne la primauté au symbolique et au signifiant. (Rappelons que pour Lacan, l’homme est l’effet du langage, l’inconscient est structuré comme un langage).

La pulsion de mort n’est plus affectée à l’imaginaire mais au symbolique dans le sens de Freud « le mot est le meurtre de la chose », elle est liée à la logique du signifiant. Lacan a l’idée que l’interprétation symbolique permettra la réduction des symptômes mais il se rend compte qu’il y a un reste réel qui correspond à la dimension pulsionnelle qu’il nommera la jouissance.

 

La jouissance : un des noms de la pulsion de mort freudienne

Dès 1964, Lacan reprend la théorie freudienne des pulsions en la transformant. Pulsion de vie, pulsion de mort apparaissent comme deux aspects d’une même pulsion. Il abandonne la dichotomie pulsion de vie, pulsion de mort  au profit du concept de jouissance.

Sa thèse consiste à dire que toute pulsion  (partielle) est foncièrement pulsion de mort car une exigence de satisfaction et de répétition qui est contraire à la vie, est au cœur du fonctionnement pulsionnel. Toute pulsion est un forçage répétitif du principe de plaisir pour tenter d’atteindre une jouissance à jamais perdue, au prix d’y laisser sa vie.

 

Cela ne veut pas dire que toute pulsion va jusqu’à la mort mais qu’elle est virtuellement pulsion de mort ; autrement dit, il y a dans toute pulsion, la possibilité d’une transformation du plaisir en jouissance. Le plaisir se caractérise par son caractère raisonnable, limité, tandis que la jouissance se présente au contraire comme une exigence absolue qui la rend irrésistible et implique en elle-même l’acceptation de la mort.

(Voir les pathologies comme l’alcoolisme, la boulimie, la toxicomanie, le tabagisme…)

Le concept de jouissance permet de concevoir la part morbide de toute pulsion.

 

Dans la névrose, généralement, le sujet s’arrête avant d’aller jusqu’à la mort car il est inscrit dans le langage par la castration symbolique, le manque, et n’a pas accès à l’objet réel de la pulsion. L’objet pulsionnel reste recouvert par le fantasme et le désir.

Dans la psychose, la castration est forclose, le sujet cherche à prélever directement les objets pulsionnels sur le corps du partenaire parfois. C’est dans cette perspective que l’on peut comprendre certains crimes. Ex : un homme qui mange sa partenaire, les violeurs et criminels d’enfant, ceux qui défigurent leur victime comme les sœurs Papin.

Mais dans des cas moins dramatiques, c’est le passage à l’acte au moindre regard (persécuteur) ou à la moindre frustration.

 

Du malaise dans la civilisation au traitement de la jouissance

 

Lacan soulignait dès 1950, à la suite de Freud que la promotion du moi et le repli sur le narcissisme de notre monde moderne sollicitaient la violence. Il y a en effet une face contingente à l’agressivité. L’expression de celle-ci varie selon la manière dont les structures symboliques de la société la traitent.

Pour Freud, la fonction de la civilisation est de permettre que la dimension de l’amour domine la haine. Il s’intéresse aux interdits que la société élève pour lutter contre cette « tendance à l’agression ».

 

Reprenant cette question en 1948, Lacan considère que ce qui permet au sujet de « transcender l’agressivité constitutive de la première individuation subjective (la formation du moi), est l’identification oedipienne (renoncer au premier objet oedipien). La sortie de l’oedipe permet la formation de l’Idéal du moi (symbolique) qui a une fonction pacifiante et normativante. L’identification oedipienne permet de faire lien social.

On peut dire que toute proposition qui favorise le lien social a une fonction pacifiante et canalise la violence.

 

La fonction de l’idéal du moi a cependant ses limites pour traiter le problème de l’agressivité et la pulsion de mort ; non seulement  du fait du déclin des idéaux dans notre monde contemporain mais aussi parce que la fonction de l’idéal du moi a partie liée avec la jouissance du surmoi. Ce Surmoi reprend à son compte les interdits énoncés par la culture  mais plus secrètement (Freud l’a mis en évidence), il pousse à jouir. L’interdit lui-même alimente la jouissance de sorte que  la culture peut aussi avoir une face nocive. La culture de l’évaluation en est un exemple.

 

Dès lors, comment traiter la jouissance ?

 

Lacan répond que son traitement passe par une « Ethique du bien dire ». Elle consiste à « apprendre à lire notre inconscient » c'est-à-dire à apprendre « à bien dire notre rapport à la jouissance inconsciente » ou à la pulsion de mort inscrite en chacun de nous.

Ce n’est pas un « traitement de masse » que propose la psychanalyse pour traiter la pulsion de mort, mais un traitement « au un par un » dans la cure. Ce traitement consiste à prendre en compte cette jouissance mauvaise en chacun de nous au même titre que la part de nous-même  dont nous pouvons être fier. Il importe dans la cure de pouvoir s’en approcher.

 

 

 

 

Quelques exemples de violence

 

Violence contre les femmes

 

Freud

Quel est le danger que redoute l’homme chez la femme ?

La femme est taboue chez les primitifs[9] car l’homme éprouve une crainte à son égard. Elle lui apparaît « incompréhensible, pleine de secrets ». Il redoute d’être affaibli par la femme, contaminé, de devenir incapable du fait de  l’influence qu’elle acquiert sur lui par les rapports sexuels. L’attitude de rejet et de mépris à l’égard de la femme doit être attribuée  au complexe de castration chez  l’homme.

La dépréciation de la femme est suscitée par l’horreur de la castration qu’elle représente.

 

Lacan

Pour Lacan, le masochisme féminin (la femme qui aimerait recevoir des coups) est un fantasme masculin. Il se traduit par le fantasme d’une femme qui jouirait d’être l’objet de la jouissance de l’homme sans limite, sans les limites de la castration. C’est parce que l’homme  butte sur l’énigme du désir et de la jouissance de la femme  qu’il  peut être amené à la violence.

 

 Lacan, ne situe pas la  femme seulement du côté du manque dans son rapport au phallus comme Freud. Si elle s’inscrit dans  la différence des sexes du côté moins dans le sens où il n’y a qu’un seul signifiant pour inscrire la différence des sexes dans l’inconscient, le phallus, il la situe autrement vers la fin de son enseignement. Une femme a selon lui accès à une jouissance supplémentaire au-delà de la jouissance phallique (qui passe par la castration comme chez l’homme). Cette jouissance ne peut se dire, elle se situe du côté du réel ; c’est ce qui mettrait l’homme en difficulté. La femme a un rapport à l’illimité, au-delà du phallus qui met  l’homme dans l’embarras.

 

Maltraitance d’enfant

 

Plusieurs formes de maltraitance : physiques qui  peuvent se constater, ou psychiques, plus difficiles à  mettre en évidence par rapport à un juge pour enfant.

-Certains parents reproduisent la violence dont ils ont été l’objet

- parfois, l’enfant est objet persécuteur de la mère

- l’enfant peut être pris dans le fantasme de la mère, la subjectivité de l’enfant n’est pas pris en compte ; dans ce cas le père n’est pas introduit comme tiers symbolique, l’enfant est objet de jouissance de la mère (  ex : syndrome de Münchhausen)

 

 

 

 



[1] Freud Sigmund, Malaise dans la civilisation, PUF, Paris, 1971

[2] Id, p.99

[3] Id, p.89

[4] Id, p.100

[5] Id, p.103

[6] Id, p.105

[7] Lacan J, Les Ecrits, Le stade du miroir comme formateur du Je, Seuil, Paris, 1966

[8] Id, Fonction et champ de la parole

[9] Freud, S, Le tabou de la virginité, in La vie sexuelle, PUF, Paris, 1969

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