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Les agoras d'ailleurs

Une 2° synthèse sur l'école

3 Février 2007 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #L.C.


synthèse participative

ÉCOLE: quels objectifs ?
UNE ÉCOLE QUI VALORISE CHACUN
DANS UNE SOCIÉTÉ PLUS FRATERNELLE


Message de Suzanne CITRON le 02/02/07 16:33

Éducation nationale: quels objectifs? Une école qui valorise chacun dans une
société plus fraternelle

Message de mimi 25 le Date à 26/12/06 20:18
Est-ce que l'éducation nationale vise la progression de chacun dans ses compétences spécifiques et évidemment différentes?
ou alors la possibilité de s'inclure dans la société actuelle,basée sur la compétitivité et la réussite par le fric?

On ne réformera pas l’école sans mettre à plat la notion de MÉRITOCRATIE RÉPUBLICAINE (instaurée par la 3ème République). Contre les nostalgiques de l’école de Jules Ferry, nous pensons qu’en dépit des difficultés et des problèmes, la généralisation de l’enseignement secondaire a constitué un incontestable progrès démocratique. Malgré ses ratés, le collège a permis l’accès à une quotidienneté partagée et, dans une certaine mesure, une culture commune. Mais il sert d ‘abord de gare de triage entre "bons" et“mauvais“ élèves.

Comment mettre fin à cette « démocratisation en trompe l’œil » ?


1 LE BUT DE L’ÉDUCATION : 100% d’une classe d’âge au bout de ses potentialités dans une société plus fraternelle, plutôt que 8O% d’une classe d’âge au niveau de bac dans une société exclusivement compétitive

Il faut d’abord redéfinir les OBJECTIFS. “L'éducation nationale vise-t-elle la progression de chacun dans ses compétences spécifiques et évidemment différentes? ou seulement la possibilité de s'inclure dans la société actuelle, basée sur la compétitivité et la réussite par le fric? “ (mimi25). Le but de notre Éducation nationale doit être, affirme FDFD, de conduire « 100% d’une classe d’âge au bout de ses potentialités », plutôt que « 80% d’une classe d’âge au niveau du bac ». On devra donc repenser une école fondamentale pour TOUS de 3 à 16 ans.

Elle devrait d'abord être capable de donner le maximum d’autonomie à ceux qui ont un handicap, comme y parviennent certaines associations d’enfants trisomiques.
Par ailleurs et fondamentalement il est impératif que les trois voies — générale, technologique et professionnelle — soient mises sur le même plan.

Mais cette transformation ne peut se concevoir qu'à travers une politique globale. Quelle société voulons nous? Nous devons, avec Ségolène, affirmer L’ÉGALE DIGNITÉ DE TOUS LES STATUTS SOCIAUX. Ce doit être l’une des nouvelles VALEURS DE LA GAUCHE, face à SARKOZY qui propose la « PROMOTION» sociale comme objectif fondamental et unique. Or la notion très répandue de promotion, (ou d’ascenseur social) est ambiguë dans la mesure où elle implique (plus ou moins consciemment) le mépris des statuts supposés
« inférieurs », et par ailleurs sous-rémunérés. DANS UNE PERSPECTIVE DE GAUCHE TOUT TRAVAIL A SA DIGNITÉ. Les éboueurs, les ouvriers du bâtiment, le travail répétitif d’une caissière ou d’une ouvrière de l’agro-alimentaire ont le droit d’être respectés.

L’école doit donc lutter contre le mépris. Et il y a beaucoup à faire pour modifier le REGARD de la société française sur son école ( parents, enseignants, élèves, opinion en général)... Le prof doit encourager tous les talents, alors que, parfois, le système le porte à décourager voire humilier ceux qui ne « suivent » pas. Mais cela implique des changements dans les relations humaines et dans le dispositif qui hiérarchise les savoirs et les filières.

2 INSTAURER LES CONDITIONS MATERIELLES ET PSYCHOLOGIQUES D’UNE VERITABLE COMMUNAUTE ÉDUCATIVE

frank écrit :
(…)des liens plus étroits doivent pouvoir s'établir au quotidien dans les relations entre les parents/enseignants d'une part et les enseignants/enseignés d'autre part. Je pense qu'il faut poursuivre des efforts pour:
1) Améliorer l'ouverture de l'école aux parents (…)Systématiser l'organisation de rencontres parents/professeurs/élèves en cas de problèmes de vie scolaire dans une classe.
2)  Soutenir les enseignants(...)

Cette transformation du STYLE DE RELATION dans et autour des établissements scolaires ne se fera pas du jour au lendemain. En dehors des conseils trimestriels de classe et d’une ponctuelle réunion de parents, rien n’est prévu aujourd’hui, dans les établissements scolaires, pour cette humanisation. Les relations humaines, la gestion des conflits, l’examen collectif de “cas“, la concertation sont devenus partie intégrante du travail dans d'autres institutions publiques comme, par exemple, les centres médico-pédagogiques.

Pour cela frank suggère la mise en place de moyens matériels :
-Mettre à disposition des enseignants des salles de travail équipées d'ordinateurs.
-Créer un numéro spécifique pour que les parents puissent laisser des messages aux enseignants.
-Installer un espace multimédia dans chaque établissement scolaire à disposition des enseignants pour communiquer vers l'extérieur: ligne téléphonique, ordinateur et adresse e mail pour chaque professeur principal et les responsables d'établissement.

Il suggère aussi des innovations dans la formation et le soutien des enseignants :
-Durant leur formation mettre en place une sensibilisation à la gestion des groupes et la gestion des conflits.
-En cours d'emploi faciliter l'accès aux formations de développement personnel telles que: la communication, la gestion du stress etc.
-Créer des temps d'échange de pratiques (pour la gestion de la vie scolaire) entre enseignants d'un même établissement scolaire.

Bref, un NOUVEAU CADRE DE TRAVAIL ET UNE NOUVELLE MANIÈRE DE TRAVAILLER.

3. Cela impliquera parallèlement UN CHANGEMENT INSTITUTIONNEL ET MENTAL POUR DÉHIÉRARCHISER LES FILIÈRES ,

comme le souhaitent Jiel Lille et marie-alix de france :

Il faut bâtir un lycée
> unique, où les 3 voies soient représentées dans
> chaque Etablissement: la voie générale,qui se
> poursuit sur des études supérieures longues, la
> voie technologique, vers un supérieur court, et la
> voie professionnelle, où on acquière un métier. Et
> pour ces 3 voies, prévoir une formation humaniste
> qui permette l'exercice de la citoyenneté, au plan
> des connaissances, mais aussi par la formation de
> l'esprit critique, et enfin par la prise de
> responsabilité des jeunes dans la vie du lycée, et
> les projets qu'il développera. Il aura une valence
ÿ européenne, source d'ouverture et de dynamisme.

Un énorme travail de réflexion collective et de débat dans l’opinion devra ainsi être entrepris pour REVALORISER le technique et toutes les filières supposées non nobles . Il y a plusieurs formes d’excellence, pas seulement liées aux facultés d’abstraction ou à celles de rapidité (notre système malmène les élèves lents).

Pour ceux qui ne supporteraient pas des études longues, il sera naturel de se tourner vers un métier plus précocement, sans attendre de passer le bac et d’aller s’aigrir un ou deux ans en fac, écrit FDFD.
Et Jiel Lille propose :
Comme les lycées agricoles ou les lycées hôteliers il est souhaitable de bâtir une identité forte à ce lycée "général, technologique, professionnel, CFA, GRETA" autour du métier et des secteurs professionnels cibles, des réseaux d'entreprises avec lesquelles on veut construire les partenariats.

Un consensus, qui semble traverser les partis, semble par ailleurs se dégager pour mettre en cause le système cloisonné Grandes ÉCOLES/Universités et les modalités de carrière qui y sont liées (voir l’émission À vous de juger, France 2, 25 janvier). Le couronnement de l’enseignement secondaire par les Prépas et les Grandes Écoles cautionne l’idée du supérieur et de l’inférieur dans l’enseignement secondaire et la vision d'une société en pyramide et non pas en réseau de compétences.

4. Il est impératif de poser la question des PROGRAMMES, non pour préconiser un enseignement LIGHT, mais pour repenser la structure des contenus obligatoires et la surcharge encyclopédique de l’enseignement français. Ne pas faire, comme c’est le cas actuellement, TOUTES les disciplines TOUS les ans. Mettre en exergue ce qui sera, dans toutes les filières, la clef de la formation. Pour les 3 voies, écrit encore marie-alix de France,

prévoir une formation humaniste
> qui permette l'exercice de la citoyenneté, au plan
> des connaissances, mais aussi par la formation de
> l'esprit critique, et enfin par la prise de
> responsabilité des jeunes dans la vie du lycée, et
> les projets qu'il développera. Il aura une valence
européenne, source d'ouverture et de dynamisme

Il faudra aussi introduire de la souplesse, repenser « l’heure-cours » comme base unique du système. Ex : l’ enseignement valable d’une langue étrangère nécessite un bain de langue — 6 ans d’apprentissage à raison de 3h par semaine est absurde. Feu le Conseil National des programmes a été incapable de problématiser la transmission du Savoir et des connaissances autrement que par l’addition des disciplines traditionnelles, cloisonnées, toujours pensées dans leur progression linéaire et académique et non pas comme OUTILS de la formation et de la capacité de chaque élève à décoder la société, le monde, la (les) culture(s) pour en acquérir la maîtrise.`

5. On sera ainsi conduit à REPENSER LES MODALITÉS DE LA JOURNÉE SCOLAIRE, à la fois la JOURNÉE de l’élève et celle du PROFESSEUR sans se braquer sur les 35H. Dédramatiser, ne plus penser en HEURES-COURS . (Un prof, mais aussi un élève de lycée, travaille aujourd’hui souvent beaucoup plus que 35h).

Cela apparaît comme une évidence si l’on veut, comme le suggère FDFD
• Développer/revoir les cellules d’orientation et de connaissance de soi afin de permettre à chacun de connaître ses potentialités et de connaître les métiers et les formations.
• Développer le soutien par un adulte référent surtout en primaire et au collège pour ne pas laisser s’installer le découragement et éviter la sélection par le renoncement et l’échec.
• Développer si nécessaire le réseau de passerelles existantes permettant de se réorienter en cas d’erreur.
• Organiser des possibilités d’évolution pour les adultes qui travaillent. Pour ceux qui ont un BTS il existe par exemple les IPST qui permettent d’acquérir des connaissances théoriques en cours du soir pour devenir ingénieurs (CNAM). Il faudrait étendre ces principes afin que ceux qui se sont orientés tôt, vers la 3ème, puissent également progresser s’ils le désirent. C’est important car parfois le métier agit comme un révélateur.

6. L'ENVELOPPE ADMINISTRATIVE ET HIÉRACHIQUE de l’Éducation nationale, héritée de Napoléon devra être mise à plat et repensée.

En France, écrit mimi 25, nous formons d'excellents enseignants mais une fois qu'ils ont réussi leurs concours, quel qu'il soit, professeur des écoles, capes, agrégation, etc., l'administration ne sait pas les utiliser. Elle ne les considère plus comme des individus dotés de qualités spécifiques mais comme des numéros - des pions uniquement chargés d'assurer le fonctionnement d'un système sur la voie de l'implosion.

Le système bureaucratique de nomination et de carrière des enseignants est l’une des articulations qui rend difficile, voir impossible la prise en compte du terrain, de ses problèmes, de ses spécificités. Le système hiérarchique déresponsabilise les relais du pouvoir: on se rappelle les propos du recteur après le drame de la bagarre mortelle au collège Albert Camus de Meaux, le 21 décembre 2006.

Trouver des modalités de souplesse, repenser les hiérarchies, mettre fin à l’absurde gestion pédagogique par circulaires bombardées depuis les bureaux de la rue de Grenelle, système porté au comble de sa nocivité et de son ridicule par Gilles de Robien. Ce seraont des objets de débat avec les syndicats et les associations de parents, avec l'opinion publique dans le contexte d’une réflexion générale sur le train de vie et les modalités de gestion de de l’ÉTAT.

Commentaire de Laurent Carle

« … l’enseignement méconnaît dans l’élève le futur citoyen. Il ne donne pas une importance suffisante à l’explication objective et scientifique des faits économiques et sociaux, à la culture méthodique de l’esprit critique, à l’apprentissage actif de l’énergie, de la liberté, de la responsabilité. Or, cette formation civique de la jeunesse est l’un des devoirs fondamentaux d’un état démocratique et c’est à l’enseignement public qu’il appartient de remplir ce devoir.
Toutes ces raisons justifient la nécessité d’une réforme profonde de nos institutions qui, si elles ont dans le passé rempli avec succès leur mission, doivent, pour rester à la hauteur d’une réputation méritée, se transformer et s’adapter à l’état économique et social actuel. »
Extrait du Plan Langevin-Wallon de 1947.

L’école publique, école de la république, est l’école de tous, pour tous. Elle n’est pas le parcours d’excellence pour un petit nombre de « meilleurs » et le parcours de galère pour la majorité. L’école publique n’est pas un ascenseur social de contenance limitée, elle n’a pas à garantir l’égalité des chances dans un parcours compétitif, parce que l’éducation n’est pas une compétition et la compétition n’est pas l’éducation. L’école publique garantit l’égalité de traitement et de dignité à tout futur citoyen scolarisé, sans préalable, sans condition de « bonnes notes » et de « réussite ». Dans le système scolaire public il n’y a pas compétition. L’école publique offre l’éducation et l’instruction comme un droit pour tous et non en exclusivité à ceux qui le méritent. Ni l’instruction, ni l’éducation ne se méritent. Réussir sa scolarité fondamentale n’est pas gagner contre les camarades.
Le statut d’apprenant garantit à chacun le droit à l’erreur et à l’expérimentation, à l’exploration et au tâtonnement. Aucun échec n’est le constat de l’immoralité de l’élève parce que les conduites d'apprentissage ne sont pas moralisées. L'échec n'est pas attribué à une insuffisance de travail, à une résistance ou à un refus des savoirs. La réussite n'est pas le révélateur de sa "bonne volonté". L'humiliation n'est pas une arme pour stimuler les "mauvais élèves". Aucun jugement de valeur ne doit figurer sur un document officiel à remettre aux élèves. Les professeurs s’interdisent de porter un jugement moral sur un travail écrit. Chacun d’eux veille personnellement à ce qu’aucun élève ne perde confiance et l’estime de soi. Si cela arrivait il ferait le nécessaire pour rétablir cette estime.
Toute notation par quelque procédé que ce soit est interdite pendant la durée de la scolarité de base avant l’âge de 15 ans. Chaque écolier fréquente l’école publique pour se mêler à ses semblables et y rencontrer les différences. L’école publique est une école de la vie, pour la vie, par la vie en communauté diversifiée. On y apprend à vivre en citoyen démocrate. La compétition étant supprimée, l’hétérogénéité, l’échange, la coopération, la mutualité, le partage des savoirs et des compétences sont la norme dans les classes.
L’instruction et l’éducation étant des droits garantis par les lois de la république, le système scolaire étant financé par l’argent public, chaque élève fréquente l’école de plein droit et non par devoir. Il n’y est ni intrus, ni invité, ni otage. Ayant le statut d’usager d’un service public, il y est chez lui autant que les professeurs. Ce n’est pas l’élève qui est au service des leçons magistrales, ce sont les leçons qui sont à son service. Toute leçon doit être une réponse à un questionnement. Le dialogue maître-élèves passe avant le cours magistral. Les travaux écrits à la maison sont interdits pendant la période de scolarité élémentaire.
Laurent CARLE

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Chris 07/02/2007 20:55

LETTRE D’UN PROFESSEUR A UNE CANDIDATE« La révolution scolaire, nous la ferons ! » (Fête de la Rose de Florac, 3 septembre 2006)Ségolène RoyalEnseigner, c'est vivre !  C’est un professeur qui vous parle.Permettez moi  de me présenter. Mon arrière-grand père, mon grand père et mon père étaient instituteurs, hussards noirs de la République.  Je suis devenu Professeur d' Enseignement Général des Collèges. J'ai aujourd' hui 48 ans et partage ma vie avec une Directrice d'Ecole primaire de 31 ans en charge d' un cm1/cm2. J'attends, et beaucoup d' enseignants avec moi, une Révolution Educative nécessaire que vous me semblez capable de porter. Mais, pour cela, vous devez nous entendre et travailler avec nous. Souvent du fond de ma classe, je regarde mes élèves, penchés sur un exercice ou un devoir. Et je me sens écrasé par le poids de notre responsabilité. Elle est immense. Nous sommes aussi, après les parents, responsables, année après année, pendant presque quarante ans, des générations d’enfants qui nous sont confiés, responsables de leur avenir individuel et commun, responsables de leurs échecs et de leurs succès, responsables de leurs progrès, responsables en partie de leur orientation, responsables de leur réussite aux examens et concours, responsables enfin de nos décisions prises si vite (trop vite ?) lors des conseils de classe qui déterminent leur avenir ! Et face à cela, nous sommes seuls !   La Révolution Educative que j’appelle de mes vœux devra être à la hauteur de cette angoisse partagée par tous mes collègues. Mais de quelle Révolution parlons-nous ? Elle devra être pédagogique. C’ est par la mise à disposition d’ outils, c’ est par l’apprentissage de méthodes qui dans d’autres pays font chaque jour leurs preuves, c’est en permettant et en rendant possible, à côté des réformes institutionnelles nécessaires, un travail pédagogique plus riche dans lequel les enseignants pourront s’investir et qui aidera les élèves et les professeurs à se mobiliser pour réussir, que vous rendrez ces mêmes  élèves et professeurs plus heureux de vivre ensemble. A ce jour, les enseignants se sentent isolés, impuissants souvent devant ce qu’on peut appeler un monumental gâchis.  Est-il normal que la recherche pédagogique française accablée de tous les maux, rendue responsable de tous les soi-disant échecs, n’aient -paradoxalement- jamais, ou si peu, été écoutée ? Est-il normal que des outils aussi riches de potentialités que sont les INRP (Institut National de la Recherche Pédagogique) et CNDP/CRDP (Centre National de la Documentation Pédagogique décliné en Centres Régionaux) soient si peu et si mal utilisés ? Est-il normal que les moyens de ces institutions ne soient pas mutualisés, mis en commun, optimisés par des offres d’abonnement, des publications précises, une modernisation de leurs moyens de communication, que sais-je encore ? Loin des querelles de chapelles qui font mal à notre métier, le divisent, n’apportent rien ou si peu, ces outils devront être les « laboratoires » de notre profession comme en disposent la recherche médicale ou scientifique en général. La Pédagogie est un art. Il s’apprend. Les IUFM et toute la formation des enseignants devront tendre à porter cette Révolution éducative Cette Révolution Educative devra se fonder sur des idées neuves. On enseigne aujourd’hui bien peu différemment d’il y a 30 ans. Oh bien sûr, on a connu les tables en U ou en rectangles, les maths modernes, le travail en séquences et les Itinéraires de Découverte. On a connu aussi, et il faut le dire, des expériences de collègues courageux voulant sortir des sentiers battus. Au mieux, ces collègues ont été félicités sans suite, au pire, on les a sanctionnés ! Est-ce là une Révolution ? Non, à peine une évolution… Un professeur/Une classe (ou 4 ou 5) ; un professeur/Un emploi du temps… Un niveau/Un programme (souvent dément par sa lourdeur ou indigent par sa minceur)… Tout cela n’a plus de sens. J’ai, tous les ans, des élèves de troisième qui n’ ont pas le niveau de ce qu’on attendrait d’un élève de cinquième ; et aussi, des élèves de troisième qui ont déjà atteint celui d’ un élève moyen de seconde. Mais on ne peut rien faire ! Tout est cloisonné, emmuré, fermé. Pas de passerelle, pas de sas qui permettraient à ces élèves de ne pas s’ennuyer, car beaucoup de nos élèves s’ennuient dans nos classes, prisonnières du dogme du « niveau par age ». Et un élève ou un enseignant qui ne sait plus où est le SENS de son travail, de sa vocation est un élève, est un enseignant qui souffre. Il faudra bien un jour prendre conscience et affirmer, par une volonté POLITIQUE, que tout cela a vécu, pour donner naissance à autre chose. Et en en offrant les moyens ! Il faudra ouvrir des chantiers de construction pour rénover des établissements scolaires ! Il faudra donner aux enseignants les possibilités matérielles de se sentir heureux de travailler à l’Ecole, au Collège, au Lycée. Il faudra ouvrir les portes de l’Education à tous les acteurs de celle-ci. Il faudra « désanctuariser » l’Ecole ! Il faudra revoir la Carte Scolaire et l’adapter aux transformations de notre société, en même temps que s’attaquer aux dérives de ces transformations. Il faudra définir clairement les statuts de chacun (Est il normal que les Chefs d’établissements primaires, aux responsabilités immenses, ne disposent aujourd’ hui d’aucun statut ?). Il faudra revoir la formation des futurs professeurs. Il faudra poser, avec toutes les parties prenantes, le problème du temps de travail des enseignants. Les « fameuses 35 heures » ne sont évidemment qu’ une caricature de projet MAIS comme toute caricature, elle révèle l’importance du dossier des emplois du temps des enseignants, des élèves, sur la journée et sur la semaine, du calendrier scolaire sur l’année. Ce dossier, éminemment polémique et sensible ne pourra être étudié sereinement qu’à la condition de ne pas en faire un acte accusateur ou à donner une fausse image du travail des professeurs. Il ne s’ agit pas de changer les hommes, mais de changer un système et des mentalités. C’est une nécessité, un impératif, un préalable à toute réforme de fond. Et ce ne sont pas celles proposées ces derniers mois qui apporteront le moindre changement car trop ancrées dans un traditionalisme de façade qui ne contente que les tenants d’ un ordre ancien mais révolu. Voilà une dizaine d’années que je reste, volontairement, plus de trente deux heures  au Collège. Je me suis organisé pour y faire quasiment tout, pour être plus proche de mes collègues comme de mes élèves. Je m’en porte très bien. Car il ne s’ agit pas de travailler plus, mais de travailler mieux. Et on travaille plus efficacement quand on est proche de ce qui fait votre vie professionnelle. Oh bien entendu, j’aimerais disposer d’un bureau, d’un ordinateur, d’une ligne de téléphone vers l’extérieur. L’ essentiel est ailleurs… Il est dans le contenu de ces trente deux heures. Dans la possibilité par exemple de pouvoir réunir rapidement une équipe pédagogique alors que c’est un véritable casse-tête depuis des lustres ! Dans la possibilité de pouvoir rencontrer facilement un élève quand le besoin s’en fait sentir. Dans la possibilité de se sentir heureux sur son lieu de travail grâce à une plus grande souplesse d’organisation, donc atteindre une plus grande efficacité.Cette efficacité sera renforcée encore si, enfin, on ose revoir le principe de la carte scolaire. Cette carte scolaire qui contribue à la fragmentation des territoires, qui est fuie par les classes moyennes, qui n’empêche en rien la ségrégation scolaire, qui est contournée par les familles les mieux informées et souvent aisées en jouant sur les options par exemple, cette carte scolaire n’atteint pas ses objectifs. Alors ? La supprimer purement et simplement ? Bien sûr que non !  Il serait bon, dans un premier temps, de l’assouplir dans les zones classées ZEP où les conditions sociales se dégradent et où les résultats restent souvent, malgré les formidables efforts des enseignants, très bas. Puis il faudra redécouper les secteurs scolaires pour éviter les ghettos : un découpage dit « en portions de camembert » qui associerait des quartiers du centre et de la périphérie. Tout cela pour briser la spirale ségrégative !Rien ne se fera sans les enseignants. Mais rien ne se fera si cela ne se fait qu’avec eux. Il sera nécessaire d’agir avec les parents, les institutions et, pour les lycées, avec les élèves. Utopie ? Démagogie ? Peut-être et j’en prends le risque. Je préfère mille fois ce risque là à la déshérence de notre profession. Au manque de motivation qui parfois nous accable, moi le premier. C’est en donnant à notre profession et à ses agents l’espoir d’une autre Education Nationale, la certitude d’être utile et porteur d’avenir pour nos élèves et leurs parents que vous obtiendrez le soutien de l’immense majorité des professeurs. C’est en prêtant enfin une oreille attentive à la recherche pédagogique, en rendant concrets les conseils et préconisations que les écoles étrangères appliquent, elles, avec succès, c’est en brisant l’ isolement du professeur dans sa classe, en donnant les moyens d’un véritable travail en équipe par la transformation en profondeur des emplois du temps, un temps plus fracturé que partagé depuis toujours, c’est en proposant des solutions, qui existent, et en étant porteuse d’ un projet pédagogique et éducatif pour tous que vous romprez la spirale de l’échec, de la solitude, de l’ennui, du désespoir parfois des enseignants, élèves et parents et de l’incompréhension qui les sépare et qui s’accroît dangereusement d’année en année. Vous devez nous faire confiance et nous aider. C’est le seul moyen pour obtenir le soutien du plus grand nombre Christophe

Jean-Claude Grosse 07/02/2007 21:00

ce programme me convient mais je pense que les mentalités ne sont pas prêtes, surtout chez les enseignants (j'ai enseigné lettres et philo jusqu'en 1998 dans un lycée technique à Toulon tout en étant directeur artistique bénévole du Théâtre du Revest); c'est pourquoi, je vous renvoie au commentaire N°10 à l'idée force du dimanche 4 février, http://www.profencampagne.com/article-5515435-6.html#anchorCommentsigné de Laurent Carle qui a co-écrit avec moi et un autre prof de philo: Pour une école du gai savoir- un livre qui débloque- aux cahiers de l'Égaréhttp://cahiersegare.over-blog.com/article-1854810.html

L.C. 06/02/2007 17:55

Au passage j'en profite pour te passer des citations d'un écrivain que je ne connais pas, piochés dans un bouquin qui a 17 ans. Tu connais ? "Je n'aime pas les profs. Pas du tout. Ils ont gâché mon enfance, comme la plupart des vôtres. Ils m'ont jugé, méprisé, humilié et, au lieu de leur casser la gueule, j'ai baissé la tête, j'ai accepté, je me suis soumis. Pas assez puisque j'ai été exclu et que j'ai dû passer mon bac un peu tout seul, avec cet avantage certain que  confère le privilège de n'a voir jamais mis les pieds en seconde ni en première et bien peu en troisième.    J'en veux à mes profs de math de n'avoir pas réussi à m'enseigner les mathématiques, j'en veux à mes profs de latin d'avoir mis si longtemps à m'inculquer des notions simples qu'une méthode intelligente aurait pu me faire comprendre en deux fois moins de temps, j'en veux à mon prof de gym de n'avoir pas pu me faire courir mieux sans termes méprisants. j'en veux à tous de s'être foutus de moi. Et de m'avoir fait perdre du temps.    J'ai pourtant connu des bons profs. Ceux qui m'ont fait avancer sont des enseignants "pas comme les autres". Presque des marginaux. Au lycée, j'avais un prof de français qui lisait des livres. Oui, des vrais livres, pas seulement les manuels ou les prix de l'année qu'il "faut avoir lus". Même, il nous conseillait des ouvrages dont jamais nous n'avions entendu parler, des poètes contemporains. Il suffit d'entrer dans une salle des profs pour se rendre compte que l'espèce est rare.    En général c'est navrant une salle de profs. On y entend un discours syndical figé, dominé par une "langue de bois" effroyable, alors que, justement, le syndicalisme pourrait changer une partie des choses. On y respire l'échec, l'échec de vies mal foutues, détruites par un conformisme épouvantable. Car tous ont oublié de s'émerveiller, d'aimer, de comprendre, car tous ont oublié de réussir. Ils sont mal payés, les profs. Mais beaucoup ne méritent pas leur salaire.    Les profs ont la sécurité de l'emploi. L'incompétence est protégée. Ils peuvent détruire des générations de gamins, on ne peut pas les renvoyer pour incompétence. Il est urgent de pouvoir le faire.    Car l'école n'est pas faite pour qu'on y apprenne vraiment quoi que ce soit. Elle est faite pour sélectionner. Pour détruire des intelligences afin d'épanouir de fausses compétences, celles des élites. Mais quelles élites ? Quelqu'un qui a pu se soumettre à la discipline scolaire ne peut pas vraiment réussir quelque chose; L'école ne massacre pas seulement les cancres et les pauvres. Elle produit de surcroît, de lamentables et dangereuses élites dont l'incompétence générale répond parfaitement à celle des profs qui en sont responsables.Tout ce qui a compté en France, depuis vingt ans, dans les sciences, et surtout les sciences humaines dans lesquelles nous avons eu la chance de voir éclore de vrais grands talents, s'est fait en dehors des institutions et a été produit par des esprits marginaux, refusant de penser comme on doit penser... "Orlando de Rudder

Jean-Claude Grosse 06/02/2007 18:00

Ces paroles ont eu l'air de déplaire profondément à un commentariste sur le blog profencampagnehttp://www.profencampagne.com/article-5515435-6.html#anchorComment

L.C. 06/02/2007 17:29

   Je me fais peu d'illusion sur les intentions réformatrices de la gauche à propos de l'école, tous partis confondus. La volonté et le courage politiques sont vertus rares à qui veut parvenir et se maintenir au pouvoir par les urnes. Je les comprends. Sachant qu'à leur place j'aurais peut-être la même pusillanimité dans l'exercice du pouvoir et la même démagogie en campagne électorale, je m'abstiens d'être candidat. Je profite simplement de la période électorale pour rêver un peu dans une envolée lyrique idéaliste, dont les aspirations ne sont pas aussi éloignées qu'elles paraissent des nécessités politiques du moment. Le réalisme politique ne réside pas toujours dans l'atermoiement. Rappelons-nous les accords de Munich ! Je me demande si les femmes des sociétés de tradition "religieuse" mutilante ne souhaitent pas une abolition simple et définitive de l'excision des fillettes.    L'école est un des derniers bastions, avec l'église, contre les avancées de l'égalité et de la fraternité républicaines. Elle ne peut plus se réformer de l'intérieur. Si cela était possible ce serait déjà fait. Si la gauche au pouvoir ne la réforme pas en profondeur, soit les laissés pour compte la démoliront par des révoltes successives (l'incendie des autos embrasera aussi les bâtiments scolaires et les esprits écoliers,  même si les desperados incendiaires ne sont pas des révolutionnaires), soit la droite au pouvoir la démantèlera pour la livrer à la concurrence libérale comme dans les pays anglo-saxons. Elle s'effondrera sous les tensions internes et les pressions externes cumulées. Les enseignants qui pour l'heure n'acceptent pas les réformes démocratiques subiront de plein fouet les effets négatifs de la transformation dans l'urgence de l'école en crise et ils se mordront les doigts d'avoir freiné sa démocratisation quand tout restait encore possible. Car ce ne sera pas une réforme politique mais une cession de parts au marché. Il y a une clientèle potentielle et des capitaux en réserve qui n'attendent que la "libre concurrence" pour s'engouffrer dans le commerce de "l'enseignement de qualité" pour les classes "méritantes".    Pour faire avancer la démocratie, les élus au pouvoir doivent-ils en demander l'autorisation aux corporations qui tiennent les institutions républicaines d'une main de propriétaire ? La politique éducative de la nation se décide-t-elle dans les salles de profs ? Les privilèges de la noblesse et du clergé contraires à l'égalité républicaine ont été supprimés du jour au lendemain. Quand on voulut mettre un terme à l'ingérence de l'église dans les affaires de la république, la séparation de l'église et de l'état ne traîna pas. Aurait-on pu changer l'état d'esprit de la noblesse, tout particulièrement son sentiment de supériorité historique attribuée à la biologie par les idéologues de l'inégalité du sang, en lui laissant ses privilèges de "droit divin" ? Combien de vrais criminels, combien de faux coupables innocents assassinés par l'État au nom du peuple français avant qu'un ministre plus courageux que ses prédécesseurs décide de l'abolition de la peine de mort contre l'avis de l'opinion publique, des fonctionnaires de police et de justice ? Toute équipe démocratique placée au sommet de l'état républicain doit jouer son rôle dans le devenir de la démocratie, parfois contre les intérêts particuliers. En politique, qui n'avance pas recule ! Il est vrai que pour ressentir l'urgence d'agir il faut être personnellement concerné par la démocratisation de l'école et, sans doute, être doté d'une âme du même niveau que son intelligence. Combien de ministres, de cadres, ont-ils un enfant en échec scolaire ou une âme ?    Tant qu'elles conserveront aux profs le pouvoir de noter, les réformes scolaires resteront des demi-mesures sans portée politique, sans effet humaniste, sans retombée démocratique. Même schizophrène, on ne peut pas être à la fois juge-arbitre et pédagogue, sélectionner les "bons" et faire réussir tout le monde. Dans les tournois sportifs il n'y a jamais que deux finalistes, pour la plus grande joie du public dans les gradins. Mais la foule des spectateurs ivres de combat oublie vite que leur joie est purement symbolique et que ce sont les deux finalistes qui empochent le pactole. Au moment de la remise de la coupe, plus personne ne pense aux malheureux qui se sont fait éliminer avant le premier tour. Or, dans l'école, les étalés du CP, les éliminés d'avant le premier tour sont des dizaines de milliers. Tant de cadavres scolaires pour que quelques milliers de gagnants aient accès aux privilèges et aux ors de la république ! Il faut sortir la tête du sable. La disparition de la notation et du jugement de valeur subjectif conditionne impérativement l'entrée de la pédagogie dans les classes. Dans un film des années 90, "L'ombre du doute", je ne me rappelle plus le nom de la réalisatrice, la prof de français de 6e repère dans le texte d'une rédaction des indices de relations sexuelles sur une élève du fait de son père. Elle va déclencher une enquête. L'élève en question a obtenu un 15 à son devoir. "Bonne élève !" Par contre, sa voisine n'a obtenu que 2. "Nul !" commente la prof. Heureusement pour elle, son père n'en abuse pas. S'il le faisait, la prof féministe et sélectionniste n'en saurait rien. Ici, l'abus n'est que didactique. Il n'en est pas moins traumatisant.     Les principales réformes du système (E.Faure en 69 : suppression de la notation chiffrée, Jospin en 89 : évaluation des acquis sur livret de compétences, Savary, lui, tout bonnement sacrifié à la droite) ont échoué pour avoir laissé aux profs la liberté de les appliquer. En quoi est-elle pédagogique, cette liberté qui autorise des enseignants à diriger leurs élèves d'une baguette antipédagogique ?     En 1945, l'État républicain a-t-il laissé aux maires le choix d'inscrire ou non les femmes sur leurs listes électorales ? A-t-il consulté les parents pour abaisser l'âge de la majorité de 21 à 18 ans et le clergé pour faire évoluer le statut de la femme vers l'émancipation et l'égalité des sexes ? Avant 1945, les institutrices et profs féminines enseignaient à des garçons l'instruction civique, les institutions de la république et la loi électorale qui faisaient d'elles des sous-hommes. Les femmes profs ont-elles une mentalité schizophrène ?    Comble de l'ironie républicaine : de l'école maternelle jusqu'au BEPC, sur quatre profs trois sont des femmes !bien cordialementLaurent Carle 

Jean-Claude Grosse 06/02/2007 17:36

analyse pertinente: au congrès de la FSU (direction élue à 98%), à Marseille, il ne faisait pas bon s'afficher pro-Ségo; j'ai vérifié la chose hier dans mon ex-bahut à Toulon avec cette "réflexion": tu te rends compte, elle veut nous mettre au travail" ; dans le même temps, j'ai constaté que des collègues ouverts avouaient ne plus avoir le temps d'ouvrir et de s'ouvrir: emplois du temps des élèves démentiels...et élèves "ayant pété les plombs"ce que tu décris est une possibilité