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Les agoras d'ailleurs

Discours sur le colonialisme/Aimé Césaire/Trotsky

5 Février 2009 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #R.P.

Je réactualise cet article pour le discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire dit par Antoine Vitez et pour la vidéo avec Maurice Nadeau sur Trotsky, Breton, Frida Kahlo.
grossel, le 5 février 2009.

L117

21 février 2007.
La chosification

Vous voudrez bien m’en excuser, mais parce que je viens d’entendre Ségolène Royal, je me sens obligé de convoquer, pour la seconde fois, la parole d’Aimé CÉSAIRE, parce qu’elle est impitoyable et vraie et qu’aucune autre ne l’approche, ni de près ni de loin. Les vérités qu’elle assène ont été proférées il y a plus de 50 ans et elles désignent le monde d’aujourd’hui avec la même perspicacité et la même pertinence qu’en 1954.

“A mon tour de poser une équation, dit Césaire : colonisation = chosification.” colonisation voudra toujours dire exploitation, exploitation sera toujours synonyme de “chosification” : ici ajoutez la liste interminable des firmes internationales en tous genres, ceux qui les dirigent de toutes nationalités, ceux qui les servent dans tous les Etats. Exploitation des hommes, des femmes et des enfants. Exploitation et pillage des ressources. Tout dire clairement, à la face des barbons religieux et politiques, affairistes et financiers, banquiers et spéculateurs c’est dire “capitalistes” ou “libéraux” s’il vous plaît de le dire ainsi. C’est dire : colonisation de la planète, colonisation sans frontière des hommes, femmes et enfants du monde.
“J’entends la tempête. On me parle de progrès, de “réalisations”, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes.
Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées.
On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.
Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme.” : 3 suicides, 3 morts en quatre mois chez les cadres de Renault à Guyancourt, rapporte Libération le 21 février 2007, et d’autres morts annoncées dans les conditions actuelles d’exploitation de la “matière” grise - matière achetée sur pied, avec la chair et les os, malheureusement - les épouses appellent les syndicats pour les alerter, sans oser le dire à leurs époux-cadres...
Bref, quelques lignes plus loin, à propos des sociétés soumises au joug et aux règles de la “civilisation coloniale” :
“On me parle de civilisation, je parle de prolétarisation et de mystification. {...} C’étaient des sociétés pas seulement anté-capitalistes, comme on l’a dit, mais aussi anti-capitalistes.”

Entendre cette voix du passé et savoir qu’elle transhume dans notre présent ; constater que les mécanismes n’ont pas changé mais qu’ils se sont étendus au monde entier, que la broyeuse est intacte et a même gagné en efficacité ; que partout elle trouve des complicités nécessaires, des mécaniciens indispensables dévoués à son entretien ; penser que le ventre est encore fécond... alors que sur la piste marquises et marquis s’agitent sur un air de carnaval, on se dit bien que tout cela court à sa fin.
Ayant régné jusqu’ici le Capitalisme, comme n’importe quel mortel, se pense éternel, bien entendu...

Ce que nous n’avons même pas daigné regarder, consulter dans nos déboulés de prédateurs sur le continent africain, a néanmoins été relevé par l’ethnologue : “Leur culture ne manque pas de contrastes remarquables : pauvres d’outillages, ces hommes ont réussi à s’implanter dans des pays peu fertiles et accidentés, à concevoir des techniques agricoles fondées sur les céréales qui sont les plus fines de toutes celles connues dans le monde noir ; dépouillés et nus, ces paysans ont su édifier une architecture moins fragile que celle des peuples nègres, d’apparence moins archaïque. Ils donnent l’impression de protéger opiniâtrement une très ancienne réussite culturelles.” Georges Balandier, “L’Afrique ambiguë”, écrit au sortir de la deuxième guerre mondiale à propos du Nigeria. Nous fîmes tellement mieux que ces civilisations africaines “d’apparence moins archaïques” avec notre technologie dévoreuse d’espace et nos performances en déboisement - qui continuent en Afrique comme en Amazonie, en Chine... - nous avons su en très peu de temps rendre les 3/4 d’une île comme Madagascar impropre à l’agriculture, alors qu’une végétation y était installée depuis des millénaires au prix d’une persévérance “opiniâtre”. Erreur qui s’était déjà produite sur notre propre sol dans une course au défrichement inconsidérée aux siècles précédents, d’où il n’est ressorti que des landes infertiles et des espaces irrécupérables à l’agriculture. Puis, plus près de nous, la suppression des haies sans discernement pour cause de rentabilité immédiate...puis l’Industrie...puis l’amiante, dont les méfaits étaient connus depuis 1911...puis... la liste est infinie de ces initiatives morbides au profit de quelques uns et en dépit du bon sens commun. Et toujours, accompagnant le convoi funèbre des innovations techniques, le discours anesthésiant, l’emportement hypocrite, les simagrée du sacrifice et de l’honneur au milieu des carnages indéfiniment répétés de guerres justes respectant les accords de Genève !

L’Homme étant ce qu’il est, rien de ce qu’il construit n’est parfait. Ni en Afrique, ni ailleurs. Ni autrefois, ni maintenant, ni demain. Mais nous qui sommes les vivants d’aujourd’hui, nous parlons au présent de cette imperfection. On cherche à nous raconter des histoires, elles sont à dormir debout. Or l’Homme debout est fait pour marcher, sans illusions, les yeux grands ouverts, quelles que soient ses peurs et les traquenards qui le guettent.
Mais le mot de la fin, Maurice Nadeau, La Quinzaine littéraire n°939 : “Oaxaca, ce nom vous dit quelque chose ?” {...} “On a vaguement entendu parler. Libération : il faut savoir occulter une insurrection. - Nous avions d’autres chats à fouetter. Eux ils avaient mieux à faire que de singer Paris 1871 (car bientôt souvenirs, souvenirs, le mur des Fédérés, les discours de basse cour...). La Révolution n’est plus dans le vent, savez- vous. Vous retardez. A moins qu’elle n’ait pris d’autres couleurs : le rouge indien par exemple.”. Oui, elle court sous la peau du Monde...

Robert
Aimé Césaire



AIMÉ CÉSAIRE
DISCOURS sur le COLONIALISME
en 1950

extraits choisis tirés de éd. PRÉSENSE AFRICAINE, 1989

p. 11-12 :

"Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et "interrogés", de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette lactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent.

Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s'affairent, les prisons s'emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s'étonne, on s'indigne. On dit : "Comme c'est curieux ! Mais, Bah! C'est le nazisme, ça passera !" Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c'est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l'a supporté avant de le subir, on l'a absous, on a fermé l'oeil là-dessus, on l'a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l'a cultivé, on en est responsable, et qu'il est sourd, qu'il perce, qu'il goutte, avant de l'engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d'étudier, clinlquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est que l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique.

Et c'est là le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme : d'avoir trop longtemps rapetissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.(...)"

p. 19-20 :

"Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.

Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourne, en chicote et l'homme indigène en instrument de production.

A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.

J'entends la tempête. On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.

Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.

Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés.

Moi, je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières.

On se targue d'abus supprimés.

Moi aussi, je parle d'abus, mais pour dire qu'aux anciens - très réels - on en a superposé d'autres - très détestables. On me parle de tyrans locaux mis à la raison ; mais je constate qu'en général ils font très bon ménage avec les nouveaux et que, de ceux-ci aux anciens et vice-versa, il s'est établi, au détriment des peuples, un circuit de bons services et de complicité.(...)"

p. 21-22 :

"Cela dit, il parait que, dans certains milieux, l'on a feint de découvrir en moi un "ennemi de l'Europe" et un prophète du retour au passé anté - européen.

Pour ma part, je cherche vainement où j'ai pu tenir de pareils dicours; où l'on m'a vu sous-estimer l'importance de l'Europe dans l'histoire de la pensée humaine ; où l'on m'a entendu prêcher un quelconque retour ; où l'on m'a vu prétendre qu'il pouvait y avoir un retour.

La vérité est que j'ai dit tout autre chose : savoir que le grand drame historique de l'Afrique a moins été sa mise en contact trop tardive avec le reste du monde, que la manière dont ce contact a été opéré ; que c'est au moment où l'Europe est tombée entre les mains des financiers et des capitaines d'industrie les plus dénués de scrupules que l'Europe s'est "propagée"; que notre malchance a voulu que ce soit cette Europe-là que nous ayons rencontré sur notre route et que l'Europe est comptable devant la communauté humaine du plus haut tas de cadavres de l'histoire.

Par ailleurs, jugeant l'action colonisatrice, j'ai ajouté que l'Europe a fait fort bon ménage avec tous les féodaux indigènes qui acceptaient de servir; ourdi avec eux une vicieuse complicité ; rendu leur tyrannie plus effective et plus efficace, et que son action n'a tendu à rien de moins qu'à artificiellement prolonger la survie des passés locaux dans ce qu'ils avaient de plus pernicieux.(...)"





L116

18 février 2007.
L’ENSAUVAGEMENT
Commentaires à partir de la déclaration
de candidature de José Bové
(texte de la déclaration joint)


“La France n’a jamais été aussi inégalitaire” : faux, elle le fut toujours autant, mais pourquoi cette lamentation ?

“continuer le combat de rassemblement de toutes les forces de la gauche de la transformation sociale” : le “transformisme” ou réformisme, deux étiquettes différents pour le même produit, la même stratégie politique.

Or les hommes politiques sont muselés, habillés de pied en cape par le MEDEF et ses semblables de par le monde. Ils sont aux ordres, ou sous haute surveillance incapables d’être autonomes sur les questions essentielles, leur marge de manœuvre est si faible, dans le système capitaliste parvenu à son paroxysme, qu’il leur serait impossible de transformer, modifier, déplacer la moindre force dans la société marchande. Qui ne le sait pas, qui ne le sent pas ? Celui-là se souviendra de 1997-1998 (j’écris là pour ceux qui ne lisent pas encore “Le Plan B”, mais ça ne pourra pas durer...) “En 1997, à l’Assemblée nationale, les ténors du Parti socialiste s’insurgent contre le démantèlement du service public ferroviaire impulsé par le gouvernement Juppé et son ministre des transports Bernard Pons. Déchaînée, la future candidate de “l’ordre juste” improvise un solo de claquettes dont la radicalité épouvante un journaliste de Libération : “Le PS affirme qu’il annulera la création du RFF(Réseau ferré français) s’il revient au pouvoir en 1998. Pour Ségolène Royal, déléguée aux services publics, il faudra “tout remettre à plat”(Libération 5/2/97). Quelques semaines plus tard, la gauche plurielle arrive au pouvoir. Elle maintient la loi Pons et accélère le dépeçage de la SNCF.” (Le Plan B n°6; www.leplanb.org)
Quant à Sarkosy, on peut le considérer comme un spécialiste du reniement, ce n’est pas un scoop !...

Seule une révolution paraît donc à la hauteur de cette exigence de “changement”...d’où sans doute, croyant répondre et combler une lacune dans le raisonnement, cette pirouette bovérurienne : “insurrection électorale,” autrement dit, votez transformation contre réformisme. Raisonnement par l’absurde s’il en fut, un oxymore de plus ou de moins en politique, ce n’est pas une affaire d’Etat, tout au plus espère-t-on prévenir un risque d’incendie.
Mais de révolution personne ne veut parler, même pour la conjurer, même pour la brocarder sauf sous la forme d’une plaisanterie de comptoir. Pourtant l’idée d’une révolution, lointaine et incertaine à ce stade du pressentiment, commence à prendre du relief. Bové et ses conseillers peuvent écrire insurrection dans et par les urnes, on en pense pas moins. Lui et ses conseillers caressent la bête engourdie dans le sens du poil électoral. Mais il n’est pas en leur pouvoir d’arrêter le cours de l’histoire, le capitalisme porte en lui sa propre fin comme chacun couve sa propre mort annoncée. Rien, ni personne, ne semble devoir échapper à cette dialectique depuis que le monde est monde, lequel en finira lui aussi... Seule incertitude : le moment, chacun s’en inquiète, la manière, chacun s’en effraye ; alors pourquoi ne pas le dire clairement à propos d’un simple régime, frivole et arrogant, quand on a la chance de pouvoir le faire et d’être entendu : la mort du système qui vous a vu naître et prospérer est à l’ordre du jour, mesdames, messieurs, c’est une question de survie pour l’humanité !
Pourquoi contenir l’effervescence et tenter de ramener le troupeau au bercail ? Il parle de “transformation sociale” et se présente à côté des Socialistes réformistes qui parlent, comme lui, de changer la société en la voulant plus solidaire, plus attentive à l’environnement, ouverte à la différence, féministe sans conteste, pourquoi ?
Pour ne pas paraître - ou ne pas être - Fou comme Antonin Artaud qui avait “ contre la société actuelle 3 ou 4 dents / capitales / qui ne sont pas près de tomber” ? “...le conflit n’est pas entre des corps qui ne se connaissant pas n’ont pas de haine directe, il est entre les états d’esprit.
Car ce que la conscience dit de près et en corps fermé n’est rien à côté de tout ce qu’elle succube et incube dans les espaces, et c’est là beaucoup plus que dans la mort que la conscience du vidangeur de tinette pèse d’un poids plus lourd que celle du poète le mieux inspiré parce qu’elle est plus mal intentionnée.”
Quand Bové appelle tout le monde à cuisiner le même brouet électoraliste, il fait un mauvais calcul électoral. Quand il se présente il divise. Quand il opère, dans une naïve confusion mentale, une synthèse entre ceux qui voudraient “que la vie change vraiment” - la marque et son logo sont déposés au Panthéon depuis 1981 : une rose délaissée sur le tombeau de Jaurès - avec ceux qui pensent qu’une “alternative est possible”, entre “ceux qui ne croient plus à la gauche traditionnelle et qui se sont insurgés en votant “non” au projet de traité constitutionnel”, avec ceux des quartiers populaires en révolte, ceux qui ont dit non au CPE, il obscurcit ce qui est clair. Quand il appelle tous les candidats responsables des partis à la “gauche de la gauche” à le rejoindre il se se montre encore plus naïf qu’on le croirait...mais je ne crois pas en sa naïveté ni en celle de ses succubes et incubes qui l’accompagnent...
“Une vraie gauche” claironne-t-il parce que l’autre, la fausse gauche a “refusé de rompre avec la logique économique libérale” de quoi parle-t-on exactement : en quoi “la logique économique libérale” se distinguerait de la logique du capitalisme en général ? Partir à l’assaut de la logique économique marchande capitaliste (dite libérale expression timorée qui dénonce une reculade au moment de l’assaut), cette machine de guerre totale qui extermine tout ce qui entrave sa marche folle, partir à l’assaut de ce monstre avec les armes d’opérette que sont la “transformation sociale et démocratique” agitées par les porteurs de bonnes intentions, relève de l’acte suicidaire ou de la mascarade. Personnellement je pencherais plutôt vers la seconde hypothèse.
“Nous voulons que les citoyennes et citoyens soient démocratiquement appelés à conduire et à contrôler la transformation sociale” Mesdames, Messieurs les capitalistes, laissez-vous faire, n’entravez pas la marche résolue et citoyenne vers son émancipation, nous avons gagné au jeu électoral le droit de révolutionner la société bourgeoise, nous vous prions de bien vouloir déposer là, aux pieds de nos Elfes, acteurs-actrices du changement social, vos propriétés, vos armées, vos appétits et vos ambitions. C’est le jeu. Nos électeurs et électrices vont se réapproprier l’exercice du pouvoir : tombez de vos fauteuils parlementaires, quittez les hémicycles, descendez de vos perchoirs, poussez-vous de là que nous nous y mettions.
D’ici nous ferons ce que nous avons dit première ment, deuxième ment, troisième ment, quatrième ment aussi etc....

Ainsi serait redéfini, car c’est de définition que nous manquons, comme la langue polonaise manquait de voyelles, selon Topor, le “type de croissance “etc... Ainsi nous attaquerions-nous à la “toute puissance des firmes transnationales et des marchés financiers”, tremblez car tout étant re-défini, vous serez barrés dans le grand livre de l’Univers...

À quoi ressemblerait un langage de vérité aujourd’hui ? L’exemple est vieux de plus de cinquante ans et il n’a rien perdu de sa force parce qu’il n’a rien perdu de son actualité. Il suffira, vous allez le voir, de quelques translations minimes : quand vous lirez “Europe” dites “Monde”, “continent”, vous l’écrirez au pluriel, “gestapos”...vous avez le choix infini depuis Guantanamo jusqu’aux geôles à perte de vue d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Europe.
Nous quittons les cheminements retors et les approches timides pour aller voir la réalité en face, dans le cheminement “du poète le mieux inspiré”, la sentir triturée par une langue juste, sans complexe, la regarder enfin pour ce qu’elle est : dépouillée, par le génie du poète, de ses pacotilles.
Ceux qui le connaissent regretterons que ne soient pas cité la totalité du discours sur le colonialisme d’Aimé CÉSAIRE, ceux qui ne l’auraient pas encore lu voudront s’y précipiter.
“...il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veine de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
{...} Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries...”
Extraits du “Discours sur le colonialisme”, Aimé CÉSAIRE, 1954.
Robert

PS (sans mauvaise intention sur le sigle) : suite à une discussion que j’ai pu avoir avec l’un des “honorables correspondants”, il ressort de ce dialogue que je n’ai pas voulu intervenir sur un choix électoral.
Je cherche, comme à l’accoutumée, à démasquer les intentions réelles dissimulées derrières les ruses du langage qui provoquent à terme une dégénérescence du sens, une perversion de la syntaxe et donc une dissimulation de la réalité.
Ces distorsions n’empêchent pas que l’on puisse imaginer une stratégie destinée à prendre les discoureurs à leur propre jeu. Bové, puisque c’est de lui qu’il s’agissait, peut attirer les voix de ceux qui pensent investir non pas sur sa personne, ni même sur son cercle rapproché, mais sur les forces contestataires qui l’auraient porté jusque là... et ainsi les faire exister aux yeux du plus grand nombre.
Je vous livre ici l’argument de mon interlocuteur, je ne pose aucun jugement critique sur son opinion.
Quant à José Bové, il va de soi que je ne me sens pas le droit de porter de jugement quel qu’il soit sur sa personne.

DÉCLARATION DE CANDIDATURE
DE JOSÉ BOVÉ
blog de José Bové (cliquer sur la photo)


La France n'a jamais été aussi inégalitaire.

Un grand patron gagne 300 fois ou plus qu'un smicard. Les plus riches désertent leur devoir fiscal quand 100.000 personnes dorment dans la rue. Les stocks-options récompensent les licenciements boursiers.

Il est temps de mettre fin à un système qui entraîne la grande majorité des salariés vers la précarité et l'insécurité sociale. Il est temps de décréter l'insurrection électorale contre le libéralisme économique.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes m'ont proposé d'être candidat à l'élection présidentielle. J'ai décidé d'accepter que mon nom incarne, sur le bulletin de vote, la volonté commune de battre la droite et l'extrême droite et de redonner l'espoir d'une alternative à gauche.

J'ai décidé d'accepter, pour que continue le combat de rassemblement de toutes les forces de la gauche de la transformation sociale, solidaire, écologiste, antiraciste et féministe. Nous ne nous résignons pas à la division actuelle de ces forces. Nous voulons être le trait d'union entre toutes celles et tous ceux qui veulent que la vie change vraiment.

Je ne suis pas le candidat d'un parti. Je ne suis pas un professionnel de la politique. Ma candidature est celle d'un rassemblement de forces et de citoyens issus du mouvement social, du monde syndical, de courants politiques et des associations de l'immigration qui aspirent à l'unité de cette gauche-là. Cette candidature est une candidature collective portée par de nombreuses voix.

J'appelle aujourd'hui les élus communistes, écologistes, alternatifs, socialistes anti-libéraux, à nous permettre, grâce à leurs parrainages, de participer à la campagne officielle.

Nous voulons être les porte-voix des sans-voix, de ces millions de citoyennes et de citoyens qui souffrent de la précarisation sociale et des discriminations. Nous voulons leur dire que l'abstention ou le vote Le Pen conduisent tout droit à l'élection de Nicolas Sarkozy.

Monsieur Sarkozy est un homme dangereux pour notre pays. Sous couvert de promesses multiples, son projet est d'aller encore plus loin dans la voie d'une logique économique qui favorise les plus forts et pénalise les plus faibles. Il est le candidat du MEDEF, du contrat précaire généralisé, du démantèlement progressif du code du travail et des services publics, de la suppression de fait de l'impôt sur les fortunes, de l'insulte contre les jeunes des quartiers, du mépris conter les agents des services publics. C'est l'homme de la dissolution de l'Etat social et de sa transformation en Etat policier et carcéral. Cet ami de Blair et de Bush nous prépare une République communautariste et atlantiste.

Nous voulons aussi défendre un projet et des solutions pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent que la vie change vraiment. Nous voulons dire qu'une alternative est possible à celles et ceux qui ne croient plus à la gauche traditionnelle, qui se sont insurgés en votant massivement « non » au projet de traité constitutionnel européen, en se révoltant dans les quartiers populaires, en rejetant le CPE.

Madame Royal incarne une gauche qui a renoncé. Face au social-libéralisme qui a conduit toute la gauche au désastre électoral en 2002,face au projet d'un parti socialiste autiste, qui manifeste un refus de rompre avec la logique économique libérale, nous voulons opposer une gauche de transformation sociale et démocratique, une gauche antiraciste, féministe et écologique. Une vraie gauche.

Notre projet est le fruit d'une expérience et d'une réflexion menées par les militants et les acteurs du changement social. Il résulte d'un travail collectif sans équivalent, qui a rassemblé toutes les composantes de la gauche antilibérale. Il n'est pas le résultat d'une approche technocratique qui vise à concilier les dures lois du profit avec un peu d'ordre juste. Nous voulons que les citoyennes et les citoyens soient démocratiquement appelés à conduire et à contrôler la transformation sociale. Notre programme est un outil à la disposition des électeurs et des électrices pourqu'ils se réapproprient l'exercice du pouvoir.

Premièrement, nous voulons l'élaboration d'un plan d'urgence sociale. La réduction massive du chômage et de la précarité est une priorité, ce qui suppose de développer des activités utiles, créatrices d'emplois, d'imposer une stricte réglementation des licenciements et d'instaurer un système de sécurisation professionnelle tout au long de la vie. La revalorisation des minima sociaux et des bas salaires doit être accompagnée d'une fiscalité fortement progressive pour les hauts revenus afin de limiter les inégalités indécentes de revenus. C'est l'exigence de nouvelles relations dans le travail et de nouveaux droits sociaux que nous voulons porter. C'est la nécessité de lutter contre la spéculation financière et de contrer la puissance de l'actionnariat.

Deuxièmement, nous voulons instaurer un nouveau modèle de développement.
C'est à la redéfinition du type de croissance, de production, d'échange et de consommation qu'il faut s'atteler. Il faut s'attaquer à la toute-puissance des firmes transnationales et des marchés financiers, car leur soif de profit et leur mépris de l'humanité mettent la planète en péril. La question du nucléaire comme celle des OGM doivent être soumises à un débat citoyen qu'il faut conduire et trancher démocratiquement, en toute transparence.

Troisièmement, nous voulons que les millions de personnes qui vivent dans les cités de banlieues, dans les quartiers populaires ? quelles que soient leurs origines et leurs croyances ? ne soient plus considérés comme des sous-citoyens dans ce pays qui est le leur. Ils ont droit à la justice, à l'égalité et à la dignité. Il n'est pas acceptable que l'accès aux droits fondamentaux, à la santé, à l'éducation, à l'emploi, au logement, leur soit restreint, et que la seule réponse aux problèmes qu'ils rencontrent soit celle de la répression policière et sécuritaire qui aboutit souvent, en toute impunité, à des violences, voire des morts.

Quatrièmement, nous réaffirmons que tout être humain, parce que c'est un être humain, doit être reconnu dans son humanité. Nous refusons qu'on continue de priver un être humain de sa dignité en le privant de papiers.

Cinquièmement, la transformation démocratique et sociale exige d'en finir avec le régime de la V°République. C'est la démocratie toute entière qui doit être vivifiée. Nous voulons une nouvelle République laïque, ouverte sur la société telle qu'elle est, ouverte sur le monde, une démocratie politique, sociale et citoyenne, qui élargisse le socle des droits fondamentaux, à commencer par les droits sociaux.

Sixièmement, dès 2007, dans la cohérence avec le « non » du 29 mai 2005, nous entendons que la France propose la refondation de la construction européenne sur des bases démocratiques et sociales. Nous demandons la fin des traités existants et nous proposerons un nouveau texte fondateur. Nous n'accepterons pas que la nouvelle politique qui aurait été choisie par notre peuple soit interdite par les décisions européennes. La présidence française de l'Union, au second semestre 2008, est l'occasion de porter largement l'exigence d'un tel changement.

Septièmement, nous nous engageons à pratiquer l'équité pour les départements et territoires d'outre-mer et leur laisser le choix de l'autodétermination.

Huitièmement, nous voulons, avec tous les peuples qui souffrent, combattre et faire reculer les politiques de libéralisation qui favorisent la guerre économique, l'exacerbation des concurrences, les privatisations et les déréglementations. Nous mettrons fin à la capacité de nuisance des institutions (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, Organisation Mondiale du Commerce) qui renforcent les inégalités et provoquent des souffrances à l'origine de guerres. Nous défendrons le droit à la souveraineté alimentaire et le libre accès pour tous aux bien communs de l'humanité, dont l'eau.

Enfin, parce que les femmes assument de multiples responsabilités, au travail, à la maison, vis à vis des enfants et des proches dépendants, parce qu'elles sont majoritaires parmi les chômeurs, les précaires et les bas salaires, nous voulons qu'elles soient les premières bénéficiaires de l'amélioration de nombreux services publics : de la priorité, accordée à un service public de la petite enfance, et des mesures contre le chômage et la précarité. L'objectif de l'égalité entre les femmes et les hommes doit être poursuivi dans toutes nos décisions.

Il est grand temps d'en faire une réalité.

Ce que nous souhaitons est possible, ici et maintenant, à condition de mettre fin au dogme économique libéral. Ce que nous souhaitons est possible, ici et maintenant, à condition d'assumer une véritable transformation sociale. Ce que nous souhaitons est possible, ici et maintenant, à condition que nous nous rassemblions, dans l'unité, pour faire avancer la gauche alternative, écologiste, antiraciste, féministe et solidaire.

José Bové, Saint Denis, 1 février 2007


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Cancions por la muerte de Trotsky

5 Février 2009 , Rédigé par grossel Publié dans #R.P.




Guevara-Trotsky's songs
envoyé par grossel

À Trotsky, nous devons les outils qui auraient permis de combattre et peut-être vaincre, le capitalisme, le fascisme et le stalinisme. Qu'est devenu cet héritage ?


ANDRÉ BRETON-LÉON TROTSKY-FRIDA KAHLO-MAURICE NADEAU
envoyé par MELMOTH


BRETON TROTSKY
 pour un art révolutionnaire indépendant
envoyé par MELMOTH



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